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Joseph Benoît Marcellin Champagnat

 

Compendium Vitae, Virtutum ac Miracolorum
- 1998

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Résumé de la vie, des vertus, des miracles et des Actes de la cause de Canonisation du Bienheureux Marcellin, Joseph, Benoît Champagnat Actes de la Congrégation pour la Cause des saints – Rome, 1998

NOTICE BIOGRAPHIQUE Prêtre de la Société de Marie et Fondateur des Petits Frères de Marie ou Frères Maristes des Écoles. Né le 20 mai 1789, à Marlhes, près de Saint-Étienne (Loire), en France. Benjamin d’une famille de dix enfants. De son père, Jean-Baptiste, imbu des idéaux de la Révolution Française, il apprit l’amour du travail et un esprit entreprenant. Sa mère, Marie, et sa tante religieuse expulsée de son couvent par la Révolution, lui inculquèrent la piété, la charité chrétienne et la dévotion mariale. Un jour, un prêtre lui dit: “Mon fils, il faut te faire prêtre, Dieu le veut”. Pleinement convaincu de sa vocation, il entre au Petit Séminaire de Verrières, puis au Grand Séminaire de Lyon. Au sein d’un groupe de camarades de Séminaire, surgit l’idée de fonder une association qui porterait le nom de “Société de Marie”. À cette association, il ajouta la branche des Frères pour l’éducation des enfants et des jeunes et fut chargé de mener à bien ce projet. Il fut ordonné prêtre le 22 juillet 1816 et nommé Vicaire de La Valla-en-Gier, paroisse de 2500 âmes. Le point de départ de sa décision de fonder la branche des Frères fut Montagne, un jeune homme de dix-sept ans qui se mourait ignorant tout des vérités de la foi et au chevet duquel il avait été appelé. Le 2 janvier 1817, il fonde l’Institut, avec comme premiers disciples deux jeunes paysans de quinze et de vingt-trois ans. En 1822, quand ses Frères dirigent déjà quatre écoles, le P. Champagnat eut à subir une violente campagne de critiques et de dénigrement sous l’instigation de ses frères dans le sacerdoce. Ce fut un moment très pénible. En 1824, il put se consacrer entièrement à l’oeuvre des Frères. L’année suivante, sans ressources pécunières mais plein de foi et de courage, il commence la construction de la maison de Notre-Dame de l’Hermitage. Peu après, il tomba gravement malade. Ayant recouvré la santé, il poursuivit sont projet. En 1836, il fit sa profession, en tant que prêtre de la Société de Marie qui avait été reconnue par le Saint-Siège. Sa devise: “Tout à Jésus par Marie, tout à Marie pour Jésus”, lui faisait voir en Marie sa Ressource Ordinaire. Il meurt le 6 juin 1840, à l’âge de 51 ans. JOSEPH BENOIT MARCELLIN CHAMPAGNAT - Prêtre de la Société de Marie. Fondateur des Petits Frères de Marie ou Frères Maristes des Ecoles. 1789-1840 Joseph Benoît Marcellin Champagnat naquit le 20 mai 1789 à Marlhes, près de Saint Etienne (Loire), et fut baptisé le lendemain, fête de l’Ascension. Il était l’avant dernier des dix enfants de la famille. Son père, Jean Baptiste, fut nommé pour exercer toutes les responsabilités pendant la période de la terreur et du Directoire, outre qu’en homme droit et conciliant, il était un promoteur convaincu des idéaux de liberté, égalité, et fraternité proclamée par la Révolution à tout le peuple. Malgré cela, il ne faisait pas grand cas des décrets républicains et protégeait les déserteurs et les prêtres poursuivis. Il a donné refuge dans sa maison à sa sœur qui était religieuse de la Congrégation de Saint JosepFr. Marcellin a appris de son père l’amour du travail et l’esprit d’entreprise. Sa mère et sa tante cultivaient en lui la piété et la dévotion mariale. LA VOCATION SACERDOTALE La tourmente révolutionnaire qui a complètement décimé le clergé une fois aPaysée, quelques prêtres commencèrent à chercher de nouvelles vocations pour le séminaire diocésain. L’un d’eux a dit à Marcellin : ”Mon enfant, tu seras prêtre, Dieu le veut” Sûr de sa vocation, Marcellin répondit avec une entière disponibilité. Comme la mort de son père a laissé la famille avec peu de ressources c’est lui-même qui a payé les dépenses que nécessitait la préparation de son trousseau avec l’argent qu’il avait économisé par la garde du troupeau. Il fut admis au séminaire de Verrières le 1er. Novembre 1805. Les premières difficultés des études une fois vaincues, il entra au grand séminaire de Lyon en 1813, qui était dirigé par les Pères de l’Oratoire. Le climat de ferveur qui y régna aidait beaucoup le séminariste Champagnat dans sa formation spirituelle, et la spiritualité sulpicienne lui convenait for bien. Dans ses longs entretiens avec Marie, il a compris que Dieu voulait le sanctifier et le préparer pour travailler au salut du prochain par une dévotion spéciale à la Sainte Vierge. A partir de ce moment il la considérait comme sa mère et le chemin qui le conduirait à Jésus. Sa devise était : ”Tout à Jésus par Marie, tout à Marie pour Jésus”. À l’approche de son ordination sacerdotale, il commença, en compagnie d’un groupe de séminaristes, à s’interroger sur les moyens d’apostolat plus efficaces pour libérer les fidèles de l’ignorance et de l’indifférence religieuse. Parmi ces moyens surgit l’idée d’une association qui porterait le nom de ”Société de Marie”, titre qui jaillit de la dévotion mariale de tous ceux qui faisaient partie du groupe. Cependant Marcellin pensait que l’objectif apostolique ne pouvait pas se limiter aux missions et aux adultes et insistait: ”Il faut aussi des Frères pour l’éducation chrétienne des jeunes”. Alors le groupe le chargea de réaliser personnellement son projet. VICAIRE DE LA VALLA Après son ordination sacerdotale, le 22 juillet 1816, Marcellin Champagnat fut envoyé comme Vicaire à La Valla-en-Gier. La paroisse avait une population de 2500 habitants qui vivaient dans le village même et dans 62 hameaux disséminés sur les pentes accidentées du Mont Pilat. Quelques-uns de ces hameaux étaient à une distance de deux heures du presbytère. Ayant trouvé une profonde ignorance religieuse et une pratique médiocre, il commença immédiatement son travail pastoral. Il faisait tout en parfaite obéissance à son curé, à qui il manifestait son respect et sa soumission, aussi bien en privé qu’en publique, supportant patiemment ses excès d’autoritarisme. Marcellin, que ne pouvait pas voir un enfant sans avoir le désir de lui faire le catéchisme, envisagea la rénovation de la paroisse avec la méthode qui passe pour fructueuses, d’atteindre les adultes au moyen des enfants. Ces derniers accouraient en nombre toujours grandissant pour l’écouter, et leurs parents ne tardèrent pas à les imiter. Ce prêtre-là les attirait et leur parlait de temps en temps sur les grandes vérités illuminait et touchait leurs cœurs si bien qu’il créait en eux le besoin de la réconciliation sacramentelle. Dans les conversations familières des dimanches après-midi, il compléta ses instructions, leur enseignant à sanctifier les fatigues des travaux agricoles, et aux mères de famille, à éduquer chrétiennement leurs enfants en s’inspirant de la Vierge Marie. C’est ainsi que se changèrent les coutumes et se déracinèrent les habitudes contraires à la pratique chrétienne, comme : le travail les jours de fêtes, l’ivresse, les bals et les lectures libertines. Dans son travail pastoral, Marcellin avait la préférence de l’assistance des malades. Il les visitait, les soignait et les aidait matériellement avec une tendresse paternelle. Quand il s’agissait de leur assurer les secours de la religion, rien ne le retenait: ni la nuit, ni les chemins, rugueux et gelés, ni la neige. Un jour en parcourant avec un ami un de ces endroits escarpés, il lui dit : ”Si on pouvait recueillir au fond de la vallée toute la sueur que j’ai répandue pendant mes randonnées, ce serait suffisant pour un bain ; mais je suis content car Dieu m’a accordé la grâce d’arriver toujours à temps pour administrer les derniers sacrements”. L’assistance d’un mourant de dix-sept ans qui ignorait les vérités les plus élémentaires de la religion, lui fit toucher du doigt la nécessité d’avoir des Frères éducateurs : ”Combien de jeunes à travers le monde se trouvent dans les mêmes conditions!” Convaincu de ce que la réalité présente de l’homme est l’heure de Dieu, il ne différait plus la réalisation du projet qu’il avait caressé depuis le séminaire. FONDATEUR DES FRÈRES MARISTES Le 2 janvier 1817 il reçut deux jeunes paysans de 15 et 23 ans qui n’avaient aucune instruction, dans une pauvre maison qu’il avait construite lui-même, ressemblant à celle de Nazareth, dont l’esprit commençait à s’animer très vite. La règle de la nouvelle communauté était brève : prière, travail manuel pour leur propre entretien et l’étude orientée vers l’évangélisation des enfants. Le tout accompli dans un authentique esprit de famille, d’humilité, de simplicité et de modestie. C’est ainsi que naquirent les Petits Frères de Marie. En 1822, après cinq ans de fonctionnement, la nouvelle institution avait dix membres et dirigeait avec succès quatre écoles rurales. Mais subitement s’élevait contre le Père une campagne de discrimination et de dénonciation de la part de ses confrères prêtres qui le jugeaient dépourvu de bon sens et de prudence. Suivirent après les menaces de la part de la Curie de disperser la communauté et de la soumettre à l’autorité de la Société de la Croix de Jésus, fondée par le Vicaire Général, le R. Claude Marie Bochard. Marcellin ne disait rien et se déclara disposé à obéir si ses supérieurs affirmaient avec sûreté que c’était la volonté de Dieu. Il fut rejeté même par son confesseur, bien qu’il ait toujours agit selon ses conseils. C’est ainsi qu’il commença une grande expérience de l’abandon du Christ. En 1824, Monseigneur Gaston de Pins, monté Administrateur Apostolique de Lyon, interprétant clairement les desseins de Dieu sur Champagnat, le releva de sa charge de vicaire de La Valla, lui permettant de se dédier complètement à son Institut qui, avec la bénédiction du Seigneur continua à prospérer et avait besoin d’une plus grande maison pour recevoir les nombreux postulants et novices. Dans la construction de Notre-Dame de l’Hermitage, commencée sans argent mais avec une grande confiance dans la providence, le bon Fondateur apparaissait comme un maçon infatigable parmi les maçons, ayant pour aides les frères et ses sujets en formation. Les critiques reprirent de plus belle contre celui que dans le milieu ecclésiastique du diocèse on désignant simplement comme “ce fou de Champagnat”. Un ”prêtre ouvrier” était considéré à cette époque comme un véritable scandale. En 1825, épuisé par le travail et par les visites aux dix écoles dirigées par les Frères, Marcellin tomba gravement malade. Comme si les difficultés venant de l’extérieur ne suffisaient pas, il fallait qu’il comptât encore avec celles qui venaient de quelques membres de la Société de Marie qui l’aidaient dans la formation des novices. Ils le menaçaient d’abandonner la maison et de laisser ses habitants entre les mains de ses créanciers. Tout particulièrement celui à qui on attribue lidée de fonder la Société de Marie, Jean Claude Courveille, essaya d’éloigner de lui les Frères et de le remplacer dans le gouvernement de l’Institut. Marcellin, convaincu que l’œuvre venait de Dieu et que lui-même n’était nullement indispensable, pria sereinement ses fils d’élire Courveille comme supérieur et de lui montrer leur respect et leur obéissance. Mais Dieu lui rendit la santé et délivra la communauté de la présence sombre et pernicieuse de Courveille. La Société de Marie obtint la reconnaissance du saint Siège en 1836 et Marcellin fut un des premiers à faire sa profession religieuse. Cela impliquait de régulariser sa condition comme supérieur des Frères Maristes. Jean Claude Colin jugea nécessaire de demander la démission de Marcellin. ”Tout le monde sait, observe un confrère témoin, combien les Fondateurs et les ex-Supérieurs aiment son œuvre aussi bien que sa décision de la diriger selon ses manières de voir”, cependant, dès que le Père Champagnat saisit ce que l’on disait avec tant de précaution, il répondit : ”Bien sûr que je donnerai ma démission, et je dois la donner ; mais la seule chose qui me déplaît, c’est qu’on prend tant de précaution pour me le dire. J’ai eu la grâce de commencer ; je n’ai pas les grâces d’état pour continuer”- Et il donna sa démission. (Coste, J. S.M. – Lessard, G., S.M., Origines Maristes, Vol. II, Doc. 752, p. 719). Il présenta sa démission dans un style très particulier et révélateur de son état intérieur : “Tendre Marie, ma Mère, je remets purement et simplement entre les mains de Monsieur le Supérieur de la Société de Marie la branche des Frères Maristes qu’on m’a confiée en 1816. Daigne, ô! Mère de Miséricorde, me pardonner toutes mes fautes en négligeant ou ne remplissant pas comme j’aurais pu le faire mes devoirs envers cette œuvre”. (Id.,Ib.,Vol. I., Doc. 416, p. 951) Son union spirituelle avec l’humble Servante, la Mère, la première Supérieure, la ”Ressource Ordinaire”, lui rendaient faciles et comme naturels les plus durs renoncements. ”Celui qui se met entre les mains de Marie, est efficacement aidé à porter sa croix”. ”Qu’arrive ce qui doit arriver, je serai en paix dans le Seigneur et dans sa sainte Mère et je bénirai leurs saints noms” (Lettre au P. Cattet). VERTUS Avoir l’expérience vécue du Christ comme Marie, tel fut l’idéal de Marcellin. L’idéal mûri par chaque événement avec un ”Ecce… Fiat” inconditionnel, et même, dans les moments les plus pénétrés par la croix, jusqu’au ”Tout est Consommé”. La foi dans la paternité de Dieu est la base du complet abandon en Lui et de la recherche de sa volonté dans le dialogue intime et de son accomplissement filial. “L’oraison était son habitat; il s’y consacrait avec tant de facilité et de joie qu’il semblait qu’elle lui était naturelle”. De la contemplation du mystère de Dieu qui “a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique (Jean 3, 16), et de la méditation des mystères du Rédempteur, l’incarnation, la passion et l’eucharistie, il tira le zèle ardent pour sa gloire et une grande capacité de service. Le plus grand désir de son âme était la pratique et la promotion de l’amour de Dieu et du prochain avec une totale abnégation. Le secret de son attitude était dans sa conviction que “Dieu seul mérite notre amour. Aimer Dieu et travailler pour le faire connaître et aimer, voilà ce que doit être la vie d’un mariste. Oh, que nous serions malheureux si nous n’aimions pas Dieu, la Bonté, la Beauté, le Bien par excellence, le seul capable d’assouvir et de remplir notre cœur créé pour le bien infini !” (Summ., p. 291-10). Il ne laissait passer aucune occasion sans stimuler et enflammer les cœurs de l’amour de Dieu. “Qui voulez-vous qui aiment Dieu sinon les fils de Marie ? Que vous avez de la chance, mes chers Frères d’être choisis pour apprendre aux enfants à connaître et aimer Dieu ! Parlez leur souvent de Notre Seigneur et de ses mystères. Plus vous le ferez connaître, plus vous le ferez aimer. (Summ., p. 292-12). Il ne se contentait pas de parler de l’amour de Dieu, mais plutôt il en rendait témoignage selon le commandement évangélique, l’aimant de toutes ses forces, de tout son cœur, de toute son âme et son esprit, de telle sorte qu’aucun aspect de sa vie ne manquait de cet amour, de même que son cœur ne désirait aucune autre chose. Son espérance surnaturelle n’est pas moins remarquable. “Son cœur était complètement détaché de ce monde éphémère et son espérance s’orientait continuellement vers la béatitude éternelle”. (Summ., p. 270-31;), se laissant porter par les paroles du divin maître et par sûreté de l’amour de Dieu et son aide a celui qui le sert: “Cherchez d’abord le règne de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné”. (Lc. 12,31; Summ., 288-26) Il se défiait complètement de ses propres œuvres étant convaincu comme le révèlent aussi ses enseignements, qu’il n’y a rien qui nuit tant aux œuvres de Dieu que la présomption, la confiance dans ses propres mérites et de compter trop sur ses propres capacités. (cfr. Summ., 287-23). Rien ne le retenait quand il était sûr de l’aide de Dieu par des prières ferventes et incessantes ; plus encore, moins il disposait de moyens humains, plus son espérance augmentait dans l’intervention divine : “Quand on a Dieu pour soi, quand on compte uniquement sur Lui, rien n’est impossible”. (Summ., 268-25). D’abondants faits prouvent sa confiance dans la Providence. Une preuve en est la réponse qu’il fit à quelqu’un qui lui reprocha d’être téméraire d’entreprendre une œuvre dont on était sûr qu’elle serait un échec. “Ce serait une imprudence inqualifiable si nous ne comptions que sur nous-mêmes, mais nous comptons sur la Providence qui ne nous a jamais fait défaut et qui a tout fait chez nous”. La vie théologale de Marcellin Champagnat était basée sur le bonheur de la pauvreté, c’est-à-dire, sur l’humilité profonde, le détachement intérieur. La fidélité au Christ souffrant fit de lui un agneau doux qui n’ouvrit pas la bouche devant ceux qui le tendaient. “pendant toute sa vie, rapporte un de ses premiers disciples et biographe, il fut contrarié, humilié et persécuté sous toutes les formes et jamais il ne chercha la satisfaction par amour propre, jamais il ne se plaignait de ses opposants et persécuteurs même pas pour se justifier. De plus, poussé par l’esprit d’abnégation, il parlait en bien des personnes qui lui faisaient tort et leur prêtait tous les services qu’il pouvait. (Vie, ed. 1989, p.399). Le Père Jean Louis Duplay, Recteur du Grand Séminaire, qui connaissait son intimité, dès qu’il apprit la mort du Bienheureux, écrivait : ”Le Père Champagnat eut ses épreuves ; je les connaissais. Cependant il continuait son œuvre avec un cœur libre à travers toutes les adversités. La raison en est qu’en tous ses efforts il regardait plus loin que ses intérêts personnels, il savait travailler pour Dieu et uniquement pour Dieu. Un des grands mérites de ce prêtre est sa patience dans la souffrance et le silence dans les moments amers” (Avit, Fr., Abrégés des annales, 1972, p.323). OUVRIER DU ROYAUME Le Bienheureux s’est toujours montré comme un fils fidèle de l’Église, animé par un grand respect envers le Pape en qui il voyait le Christ qui continue sa mission dans le monde. La lecture des encycliques se faisait debout en communauté, comme on le fait avec la parole de Dieu. Il croyait fermement dans l’infaillibilité du Pape et fut totalement contre toute prétention de gallicanisme. Pour mieux exprimer sa pensée, il employait souvent cette comparaison : ”Comme la lumière qui illumine la terre nous vient du soleil, de même toute la lumière qui illumine les hommes dans l’ordre surnaturel nous vient de notre Saint Père le Pape. Le Pape est pour le monde moral ce que le soleil est pour le monde physique”. L’esprit de soumission à l’Église hiérarchique se manifeste aussi en relation avec les Evêques : ”Peut-on craindre quand on est guidé et protégé par les successeurs des Apôtres, par ceux qui sont la lumière du monde, les colonnes de la vérité et le sel de la terre ? Les Evèques sont nos Pères et nous devons nous considérer comme leurs fils et leur donner en toute circonstance des signes profonds de respect et une totale soumission”. L’attitude de Champagnat envers les curés n’était pas moins filiale. Comme fondateur, il recommandait à ses Frères d’être très conscientes de leur tâche comme ”collaborateurs des pasteurs de l’Église” de vivre et de travailler en parfaite communion avec eux, parce que l’évangélisation et l’éducation des jeunes appartiennent â la mission même de l’Église. C’est ainsi que l’on comprend aussi la grande considération qu’il avait pour tous les constructeurs de Royaume : ”Je désire, chers Frères que la charité qui doit nous unir comme les membres du même corps, s’étende aussi à toutes les autres Congrégations. Je vous en conjure par l’infinie charité de Jésus Christ de ne porter envie à personne et moins encore à ceux que Dieu appelle à travailler comme vous, dans l’état religieux, à l’éducation des jeunes. Soyez les premiers à vous réjouir de leurs succès et à vous attrister de leur malchance. Recommandez-les souvent à Dieu et à sa très Sainte Mère: Donnez leur la préférence sans difficulté. Ne tenez pas cas des discours contre eux. La gloire de Dieu et l’honneur de Marie soient votre unique but et votre unique ambition”. (Testament Spirituel) Le Bienheureux Champagnat mit son charisme au service de l’Église. Son désir d’évangéliser avait toujours une dimension universelle, c’est pour cela qu’il lança son Institut vers un apostolat sans frontières : ”Tous les diocèses du monde entrent dans nos vues”. Son idée dominante et le but de toute son activité était que Dieu soit connu et aimé par tous, qu’il n’y ait bientôt qu’un seul troupeau et un seul pasteur, non seulement dans la région où la fureur de l’irréligion avait régné pendant si longtemps, mais aussi dans le monde entier. Le désir ardent des missions “ad gentes” accompagnait Marcellin toute sa vie et il y aurait répondu si l’obéissance ne lui avait pas demandé de rester en France. En 1836 le Saint Siège chargea la Société de Marie d’évangéliser l’Océanie et inaugura l’expansion missionnaire de l’Institut. Trois Frères Maristes furent les compagnons du Père Saint Pierre Chanel, protomartyr de l’Océanie, et d’autres furent envoyés par la suite. SES DERNIERS DESIRS APOSTOLIQUES ET SA MORT Dans les derniers mois de sa vie il eut l’idée de fonder une école pour sourds-muets. Toujours disponibles aux signes du Signer, il demanda à deux Frères de se spécialiser dans la tâche. Mais il n’eut pas la joie de voir son projet réalisé. Epuisé par le travail, le renoncement et l’infirmité, la vie de Marcellin s’éteignit à la Maison Mère de Notre Dame de l’Hermitage, le samedi 6 juin 1840, à 4.30 h du matin, au moment où les Frères commencèrent leur journée par le chant du Salve Regina. Marcellin avait donné de bons fruits comme un authentique bon arbre. (cfr. Mt. 7, 17). Pour continuer sa mission il laissa 200 religieux qui éduquaient 7000 élèves dans 48 écoles. Après sa mort, comme la semence semée, il révéla une fécondité prodigieuse (cfr. Jn. 12, 24). L’Institut se propagea à travers le monde entier. L’option préférentielle pour les moins favorisés, caractéristique originale de l’Institut, présente aujourd’hui un ample éventail d’activités : écoles primaires, secondaires, professionnelles et agricoles, des cures de soins, assistance aux lépreux et aux handicapés.

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