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Dimension mariale de la spiritualité de Marcellin

 


Seán D. Sammon - 2003

UNE RÉVOLUTION DU COEURLa spiritualité de Marcellin et une identité contemporaine pour ses Petits Frères de Marie (pp. 59-63). Rome 2003

La place de Marie

Un deuxième aspect de la spiritualité de Marcellin était sa dimension mariale. Le Fondateur était fortement attaché à la Mère de Jésus. Il nous a donné le nom de Ma-rie, il la considérait comme la première Supérieure Mariede l’Institut, et l’appelait notre Bonne Mère. Oui, il lui a donné une place centrale dans notre héritage spirituel.

La relation de Marcellin à Marie a mûri avec le temps. Sa confiance entière en elle et en sa protection s’est transformée en une union intime. Avec le temps, Marie est devenue sa confidente.

La dévotion du Fondateur à Marie s’exprimait extérieurement dans des sermons, des neuvaines et des lettres. Son message du 4 février 1831 aux Frères Antoine et Gonzague n’est qu’un exemple de cet aspect de sa vie spirituelle. Le Fondateur écrit : “Intéressez Marie en votre faveur, dites-lui qu’après que vous aurez fait votre possible, tant pis pour elle si ses affaires ne vont pas.” (Lettre 20) Marcellin avait une totale confiance en l’intercession de Marie : une fois qu’on l’avait implorée de notre mieux, c’était à elle que revenait le sort de notre cause.

Le Fondateur encourageait nos premiers frères à suivre son exemple dans leur dévotion à Marie. Par exemple, il leur demandait d’exposer son image ou sa statue dans leur maison, et il voulait qu’ils portent sur eux quelque chose qui leur fasse penser à elle. Plus tard, il a recommandé la touchante pratique d’offrir à Marie les clés de la maison. “C’est elle qui a charge de nous,” disait-il. “C’est notre patronne et protectrice.”

Marcellin conseillait aussi aux premiers frères de prendre Marie pour Mère. Elle devait être un modèle à imiter, et une personne de qui s’approcher avec la confiance d’un enfant. À l’Annonciation, la réponse de Marie à Dieu a été confiante et directe. Le Fondateur voulait que nous ne soyons pas moins généreux dans notre “Oui.” À la Règle de 1837 il a ajouté une prière spéciale : “Abandon à la Très Sainte Mère de Dieu.”

Qu’apprenons-nous de la personnalité de notre Fondateur en réfléchissant à sa dévotion mariale ? Beaucoup. Marcellin était un homme qui, avec le temps, était devenu de plus en plus conscient de ses li-mites. Il s’était rendu compte que les talents nécessaires pour l’aventure qu’il vivait dépassaient ses compétences naturelles. Comment alors expliquer son succès ? Avec une conscience sincère, notre Fondateur a don-né à Marie tout le mérite pour ce qui avait été accompli, parce qu’il avait toujours recherché son soutien et qu’il avait suivi son inspiration le plus fidèlement possible.

Marie des anawim, de Nazareth, du Nouveau Testament, d’aujourd’hui

Mais qu’en est-il pour nous aujourd’hui ? Quelle est la place de Marie dans la spiritualité de notre Institut, dans votre vie et la mienne, à l’aurore d’un nouveau millénaire ? D’abord, il est bon de reconnaître la riche diversité qui existe dans l’Institut quand il est question de Marie. Bien des pays se la représentent par des images adaptées ; ils ont leurs propres lieux de pèlerinage et jours de fête.

Cela dit, nous devons admettre cependant que notre compréhension et notre appréciation de cette extraordinaire femme de foi ne diffèrent pas tellement aujourd’hui de celles qu’avaient les croyants du 19e siècle. Cette constatation peut aider à expliquer pourquoi la dévotion mariale a décliné depuis Vatican II, à la fois dans notre Église et dans notre Institut. Nous avons 60 figé la mère de Jésus dans le temps, nous l’avons emprisonnée dans les images des artistes de la Renaissance, placée sur un piédestal, et mise hors de notre portée.

Maintenant, à l’aurore du 21e siècle, nous avons besoin comme Institut d’une nouvelle appréciation de Marie : une appréciation en accord avec les enseignements de Vatican II, et, en même temps, qui respecte les traditions riches et variées encore bien visibles parmi nous. Il est incontestable que cette femme de courage et de force, si importante pour Marcellin, a une place centrale dans notre spiritualité, comme elle l’avait dans la sienne.

Notre défi

Le monde du 19e siècle était très différent du nôtre. Par exemple, nous sommes beaucoup plus conscients de notre multiculturalisme et des différences qui existent parmi nous. Paradoxalement, nous nous sentons en même temps plus proches que jamais, et nous avons plus de chance de nous comprendre les uns les autres, que peut-être à n’importe quel autre temps de l’histoire. C’est pour ce monde et cette Église que nous devons inventer un nouveau langage pour parler de Marie. En quelques mots : ce qu’il nous faut aujourd’hui c’est une théologie mariale adaptée au 21e siècle. Et, pour qu’elle ait une réelle influence, elle doit être solide, elle doit nous affermir spirituellement et nous provoquer moralement.

Le Concile Vatican II nous a appris que la sainteté et l’absence de péché ne sont pas contraires aux choses simples et aux événements quotidiens de notre vie terrestre. Au contraire, la grâce de Dieu nous plonge tous au cœur du monde.

La vie de Marie a été un authentique périple humain. Le nier pour faire sortir Marie des rangs de notre humanité est injuste pour elle et pour nous. Cette femme de foi n’a jamais été, et ne sera jamais, divine. Continuer d’attribuer à Marie des titres qui l’apparentent à Dieu apporte de la confusion au lieu de la clarté.

Marie était une femme juive de son temps qui observait le Sabbat et toutes ses pratiques connexes avec la ferveur spéciale des anawim, des pauvres de Yahvé, parmi les-quels on la trouvait. Sa vie était ordinaire et cachée. Nous avons ici une femme qui cherchait, s’inquiétait, riait et pleurait, ne comprenait pas tout, et qui devait, en route, découvrir son chemin d’étape en étape. La vie ne l’a pas épargnée. Marie a vécu plutôt le lot humain qui nous in-combe à tous avec les larmes, la détresse, les ennuis, l’agonie et la mort, mais aussi, avec le courage et la grandeur.

Bien que des artistes nous la dépeignent, depuis des siècles, lisant le dernier livre de l’Ancien Testament, attendant avec espoir la visite de Gabriel, et la nouvelle qui assurerait sa place dans le premier livre du Nouveau Testament, Marie était, en toute probabilité, analphabète comme la grande majorité des hommes et femmes de son temps. Thérèse de Lisieux nous rappelle que nous aimons Marie, non parce que la mère de Dieu a reçu des privilèges exceptionnels, mais plutôt parce qu’elle a vécu et a souffert simplement, comme nous, la nuit obscure de la foi. Marie, fille de cette terre, a eu des passions et des joies humaines. Elle a partagé toutes les inquiétudes humaines que nous éprouvons aujourd’hui.
Mais Marie a aussi attendu avec espoir la venue du Messie. Et parce qu’elle regardait toujours le monde avec les yeux de la foi, elle a pu, peu à peu, le reconnaître dans le Serviteur Souffrant que son Fils était. Humaine comme nous tous, elle a fait avec courage des choix difficiles, et elle est devenue avec le temps la sœur aînée dans la communauté naissante de l’Église. Tout en tenant fermement à l’image de notre Bonne Mère, si chère à Marcellin, nous sommes de plus en plus conscients aujourd’hui que Marie est notre sœur dans la foi, et une prophétesse dans la Communion des Saints.

Personnellement j’espère souvent, qu’en enlevant à Marie le fardeau d’être la femme idéale ou quelqu’un de plus grand que la vie, qu’en la descendant du piédestal où nous l’avons placée, elle pourra enfin être elle-même dans notre Église et notre Institut.

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