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Nos trois premières places

 


Laurent Potvin, fms - 2013

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ChampagnatAlors que durant le temps de Noël 2012 je planifiais méditer par écrit sur la demande que  Marcellin Champagnat faisait   de trois premières places près de Jésus pour  ses Frères, je me suis trouvé dans la nécessité de   clarifier un aspect important :   dans quelles circonstances précises  notre Fondateur a-t-il fait une telle révélation à ses Frères?

J’ai cru bon, par souci d’efficacité et d’économie de temps, qu’il serait  utile de consulter là-dessus un confrère en utilisant un moyen moderne de communication : Internet. Ma question était la suivante : « Le Père Marcellin Champagnat, quand il voulait obtenir pour ses Frères trois premières places : à la crèche, à la croix, à lautel, quand et comment avait-il formulé cette demande? »

Quelques heures plus tard, grâce à la magie moderne des communications et à nos deux ordinateurs, mon  correspondant me faisait parvenir la réponse suivante :

« C’est avec plaisir que je réponds à cette demande de renseignement…
Question inattendue pour moi ! Car vraiment, toi qui me devances en connaissance de notre patrimoine, tu me poses cette BELLE question !
Pouvoir  répondre avec une précision absolue… je ne pense pas que j’en suis capable. Néanmoins, en toute fraternité, je  réponds bien volontiers comme je le puis.
Dans « Avis, leçons, sentences » au chapitre VI, le Père en a parlé un dimanche de juillet, dans une instruction sur l’Évangile de la fête de saint Jacques qui tombait le lendemain ; et l’instruction était une réponse à un Frère qui avait témoigné de son étonnement sur la demande de la mère des deux fils de Zébédée… Et il répond : « Vous trouvez que cette femme était trop ambitieuse ; je dois vous avouer que je le suis beaucoup plus qu’elle. En effet, elle ne demandait qu’une première place pour ses enfants, tandis que moi j’en désire et j’en demande trois tous les jours pour  tous les Frères. Savez-vous quelles sont ces trois premières places ? C’est la première place dans l’étable de Bethléem, la première place au Calvaire, la première place à l’autel.»
Deux constatations :

1. Une constatation précise :
En ce moment précis de l’instruction, selon l’écrit de Frère Jean-Baptiste, nous apprenons que le Père Champagnat souhaite ces premières places pour TOUS ses frères et nous savons qu’il en fait la demande TOUS les jours. Bien sûr, nous ne savons pas la date exacte quand il a commencé à porter cette intention dans sa prière. Mais nous savons qu’il en fait la demande pour TOUS  ET TOUS LES JOURS.

2. Une constatation par déduction :
Les Sulpiciens, en leur spiritualité, pratiquaient la dévotion de ces trois premières places. Il est pratiquement certain qu’ils transmettaient cette dévotion dans la formation de leurs sujets. Ainsi par exemple, le Bx Père Chevrier, fondateur du PRADO, aussi formé par les Sulpiciens et du diocèse de Lyon, a transmis cette dévotion à ses disciples. Cela se trouve écrit dans un livre LE DISCIPLE. Dans sa maison de formation, il y a avait trois petits endroits ou petites chapelles, chacune d’elles dédiée à Jésus dans la crèche, à Jésus sur la croix, à Jésus sur l’autel ou Jésus-Hostie. Et le Bx Chevrier y passait des heures.
Attention ! À la fin du texte dans « Avis, leçons, sentences » il est fait allusion aux Saints, dont saint Bonaventure, qui pratiquent la démarche ou qui fréquentent trois cellules ou trois demeures qui se transforment en trois foyers … Serait-ce faux ou exagéré de dire qu’il s’agit d’une tradition vivante… qui s’est transmise… ?
Par conséquent, sans que Champagnat l’ait dit nommément dans son instruction, nous pouvons penser et dire que certainement il a reçu cette dévotion de ses formateurs, sinon, au moins qu’elle lui a été inspirée par la formation ou la spiritualité sulpicienne.

Avec toute ma fraternité. »

Fr. Édouard. Kessel-Lo, Maison Regina Mundi, 7 janvier 2012.

Je remercie cordialement Frère Édouard Blondeel d’avoir rafraîchi ma mémoire en répondant de façon enrichie à ma question.  Comme recherchiste, il devient ainsi coauteur  de cet article qui nous permet de remonter aux sources d’un aspect important de la spiritualité de notre Institut.

Cette entrée en matière étant posée, méditons maintenant sur chacune des places que notre Fondateur a demandées pour  ses Frères : les Frères devant  lesquels il se trouvait lors de cet entretien historique ; ceux qui étaient à ce moment-là dans les écoles de l’Institut naissant ;  enfin,  tous ceux qui,  au cours des âges à venir, en feraient partie car ce Fondateur croyait à l’avenir de l’Institut qu’il avait lancé avec tant de  ténacité en réponse à de si grands besoins perçus chez la jeunesse.  Nous étions donc tous, à ce moment-là de l’histoire de l’Institut,  dans la pensée intime  de notre  Fondateur.

Maintenant, nous nous présenterons individuellement  devant la Crèche, devant la Croix et devant l’Autel pour y occuper  notre première place.

LA CRÈCHE. JÉSUS NAISSANT  DANS LA SIMPLICITÉ D’UN PETIT ENFANT

CrecheMe voici devant la toute première manifestation de Jésus ici-bas. Je vois et j’adore cet  enfant  naissant dans la pauvreté  d’une étable.
Les hommes ont vu Jésus devant eux dans la simplicité d’un petit enfant car il a voulu entrer dans la vie  comme l’un de nous.
Marie revêt son fils des langes qu’elle a soigneusement préparés et qu’elle a apportés lors de son voyage vers Bethléem – la maison du pain - afin de participer au grand recensement ordonné par l’autorité civile du temps.
Joseph avait sans doute  fait subir un brin de toilette  au pauvre réduit qui devenait la première demeure du Messie annoncé de longue date par les prophètes.
Je vois les bergers silencieux et souriants  devant ces trois membres de cette famille, eux aussi  silencieux : Marie, Joseph et Jésus. Quelques-uns de leurs agneaux sont entrés avec les bergers : humains et animaux  devant cet enfant.   Je suis là, silencieux, moi aussi, me posant  la question que tous les parents  se posent devant un nouveau-né: « Que sera cet enfant? »

Le Frère de Champagnat que je suis, c’est un éducateur. Le rôle que Marie et Joseph joueront auprès de Jésus en sera  un d’éducateurs. Ils vont lui apprendre à parler, lui enseigner à vivre avec eux et comme eux. Ils vont lui trouver des jeunes amis dans le voisinage. Ils seront surtout ses principaux éducateurs selon la Loi de Moïse.

Ô Marie, guidez-nous tous dans le travail délicat d’éducateurs de la jeunesse afin que nous soyons pour chacun de nos élèves des guides sûrs qui se mettent à leur  service.

LA CROIX
JÉSUS SOUFFRANT DANS UN CLIMAT D’HUMILITÉ

CruzLa Croix du Calvaire se dresse ici devant nous. C’est devant elle que notre Fondateur nous a invités à nous placer respectueusement devant Jésus souffrant toutes ces d’humiliations.

L’homme-Jésus  fixé sur la croix est un homme fatigué, épuisé moralement et physiquement. De quelles fatigues souffre-t-il?

Je m’arrête ici un instant devant les souffrances de Jésus, les avanies auxquelles il a été soumis. Il a accepté tout cela comme faisant partie de son rôle de rédempteur du genre humain.
Arrêt de nuit dans le Jardin par des  soldats armés.
Interrogatoires chez Pilate, Caïphe et  Hérode.
Accusations par des faux témoins. Flagellation et couronnement d’épines.
Port imposé d’habits écarlates comme moqueries.
Portement de la Croix exténuant.  Crucifixion entre deux voleurs.
Insultes de la part de la plèbe.  Vinaigre pour étancher sa soif.

Un réconfort : présence continuelle de sa Mère debout  au pied de la croix, présence de l’apôtre Jean et de Marie-Madeleine.

L’attitude de Jésus  en est une de noblesse devant la foule  et sous les yeux de son Père. Sur la croix, il poursuit sa prière. Il pardonne à ceux qui le mettent à mort : « Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font. » Sa dernière prière, une prière de confiance en son Père : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »

Vendredi Saint : mort de Jésus, victime de la haine.
Dimanche de Pâques : résurrection de Jésus, triomphe de l’Amour !

Comme Frère de Champagnat, je bénéficie des mérites des souffrances de Jésus, souffrances rédemptrices pour l’humanité car  Jésus se montre ici comme amour miséricordieux. De plus, il  est non seulement l’amour qui donne, mais l’amour qui pardonne. Je veux vivre au service de Jésus, dans le respect de  mes engagements  religieux et en poursuivant mon service d’’Église dans la fidélité à la parole donnée.

L’AUTEL
JÉSUS S’OFFRANT À NOUS
DANS LA MODESTIE D’UNE HOSTIE

AltarSous la forme eucharistique, une forme discrète s’il en est une, Jésus a voulu demeurer avec nous. En effet, j’ouvre à  la dernière page  l’Évangile selon saint Matthieu et je lis  dans quels termes il  a fait aux siens une promesse solennelle :  « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. »  (Matth.,  28, 20.)

C’est sous cette forme eucharistique que chaque messe dans l’univers nous rappelle que  Jésus  a fixé sa demeure  parmi nous.

Sous cette présence, Jésus  habite nos sanctuaires, nos églises et nos chapelles. Il s’offre à nous en ces lieux sous la forme eucharistique comme  une nourriture spirituelle. En adorateur,  je viens à l’autel pour y  prolonger ma présence priante à la messe quotidienne  et recevoir Celui qui est la Vie.

Les Frères de Champagnat, en adoration devant Jésus-Hostie,   peuvent  relire ces dernières paroles de Jésus : un solennel envoi  en mission qui s’adresse à ses  apôtres : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis  avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde. »  (Matth, 28, 18-21.)  Mais le monde est grand! Les apôtres se rendent vite compte qu’il leur faut des coopérateurs pour remplir leur vaste programme.  Les religieux éducateurs de Champagnat que nous sommes participent activement, auprès des évêques,  à cette mission mondiale. Et quand Marcellin Champagnat affirmait  que « tous les diocèses du monde entrent dans nos vues », il ne faisait que répondre à cet envoi  en mission que   Jésus avait adressé à ses apôtres réunis lors de son ascension.

Tout en nous quittant, Jésus demeure notre soutien,  notre guide et notre modèle  dans la vie quotidienne.
Notez bien
Sur cet autel qui se trouve actuellement  dans la chapelle du Conseil général, à Rome, notre Fondateur a très souvent célébré la messe. Je remercie cordialement  Frère Juan Moral pour l’envoi de cette photographie.

Conclusion

Notre Père et Fondateur s’est montré très exigeant en réclamant pour ses Frères et lui ces trois premières places privilégiées.

Nous nous  trouvons ici  devant trois lieux  qui nous rappellent  trois grands moments de la vie de Jésus.

La CRÈCHE de l’étable nous rappelle Jésus au début de sa vie. Nous admirons    la SIMPLICITÉ de son état de petit enfant.

 La CROIX du Calvaire nous remémore la fin de sa vie. Fin dans l’HUMILITÉ, la fin d’un  condamné à mort.

L’AUTEL où Jésus se présente sous l’aspect du pain et du vin – un rappel de la Cène - illustrant ainsi la MODESTIE qui nous cache sa vraie grandeur. 

Humilité, simplicité, modestie : trois petites violettes, trois vertus qui  doivent  toujours figurer comme les vertus préférées des Frères de Champagnat car elles étaient les premiers choix de leur saint  Fondateur, pour lui comme pour eux.

Notre fidélité à fréquenter  les trois premières places – la crèche, la croix, l’autel  - nous aidera à pratiquer ces trois vertus cachées – la simplicité, l’humilité, la modestie.
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Laurent Potvin, fms

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