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Vatican II après 50 ans - En réactivation chez nous dans l’esprit de Marcellin Champagnat

 


Laurent Potvin, fms - 06/01/2013

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« Les choses anciennes ont passé. Voilà que tout est devenu nouveau. »  2 Cor.  5, 17

Vatican II, un concile qui visait à l’aggiornamento de l’Église.  Le mot « aggiornamento » est un terme italien  signifiant littéralement mise à jour. Il fut utilisé à la fois par les évêques et les médias  pendant le concile Vatican II, de 1962 à 1965, pour désigner une volonté de changement, d’ouverture, de modernité. La mise en route de ce concile força et obligea les Institut religieux à effectuer chez eux de  profondes révisions.
Vatican II est un concile à réactiver pour utiliser un terme populaire et qui fait image  en électronique…
Il  est parfois question de refondation dans divers Instituts religieux. Plusieurs revues traitant de la vie consacrée ont  aussi employé ce terme, à  mon étonnement et à l’étonnement de plusieurs lecteurs ! Par le passé, dans l’Histoire de l’Église, on  a plutôt parlé de réforme d’un Ordre, d’un Institut. Mais  autre  réforme, ce retour à la forme initiale, ne serait-elle pas, elle aussi, une autre forme de  refondation ? À ma grande surprise, mon ordinateur me signale, par un souligné rouge entêté,  que refondation  n’est pas dans son dictionnaire… Je recours au Larousse qui me signale que refondation n’est pas français…du moins pas pour le moment !  Il s’agit donc d’un néologisme qu’il conviendrait d’abord de définir et d’apprivoiser.

 UN NÉOLOGISME ET SA DÉFINITION

Lors du Concile Vatican ll, on a parlé d’aggiornamento pour l’Église. On y parle aussi du renouveau de la vie religieuse dans le trop court Décret «Perfectae caritatis.»  Le mot Renouveau figure même dans le titre du Décret.  Dans le monde charismatique, il est aussi question d’un renouveau. On parle plus souvent de la modernisation d’un édifice.  On parle aussi de révision des  Constitutions, d’une charte, de réorientation d’un projet…  Dans tous ces cas, il n’est pas du tout question   des mêmes aspects dans la réfection, de la rénovation.
 J’estime, pour ma part, que le mot refondation signifie quelque chose de plus profond que tous les autres termes que l’on emploie quand on veut aborder ce sujet intéressant car il fait appel à un rajeunissement, à un nouvel élan,   à du  neuf : tout cela est bien propre à susciter, dans l’enthousiasme, un nouveau dynamisme. Je dirais que la refondation peut se définir ainsi :   un effort de mise à jour en profondeur.
Pour moi, refonder  un Institut, un Ordre,  exige de revenir à la base, revenir aux sources premières, aux données initiales qui ont poussé des personnes, sous la mouvance de l’Esprit, à mettre sur pied  tel ou tel mouvement, tel ou tel service d’Église.  Puis, deuxième opération plus délicate,  d’adapter ce mouvement aux réalités présentes dans notre contexte moderne du 3e millénaire.
Mais quelle était donc l’idée de base, l’idée  fondatrice, de Marcellin Champagnat ? Et qu’est-ce qu’une refondation  dans les années présentes  peut exiger  quand il s’agit d’un Institut  international placé sur ses bases  primitives  il y a près de 200 ans déjà ? En 2017, nous célébrerons notre 200e année d’existence comme Institut! Comment procéder sans  devoir remonter au Fondateur, à son projet,  à ses idées personnelles, à ses réalisations concrètes ?

L’ACTION DE MARCELLIN CHAMPAGNAT

Marcellin Champagnat s’est rendu compte de façon aiguë de l’ignorance religieuse dont souffrait la jeunesse de son temps. Il s’est dit : «Cela ne peut pas continuer ainsi.»
Il a tenu d’abord à remonter aux causes de cette ignorance. Parmi  ces causes : les profonds bouleversements produits par la Révolution française,  le travail de sape de la franc-maçonnerie, les bouleversements dans la société civile et dans la société religieuse de son pays. L’éducation des enfants avait été fort perturbée et même négligée. Il a vécu ces bouleversements, en a souffert lui-même dans son enfance  comme écolier, et il les a bien perçus dans son ministère pastoral.  Après avoir vu la situation  et  l’avoir déplorée, il s’est dit : «Il faut agir ! Je vais agir !» Il a donc travaillé à redresser la situation dans son milieu immédiat, selon les moyens qui lui semblaient le plus à même de donner des résultats : favoriser l’éducation chrétienne de la jeunesse. Mais tout seul, qu’aurait-il pu faire pour mener à bien cette entreprise?  Il s’est adjoint des Frères. Lui et ses Frères  -  Frères d’alors et Frères leur ayant succédé dans l’Institut  -   ont voulu entreprendre et poursuivre une action d’Église pour corriger cette situation, sans être prêtres eux-mêmes.  Ils étaient persuadés qu’une jeunesse élevée chrétiennement  par des éducateurs religieux préparerait à l’Église des chrétiens éclairés et attachés à la religion.
À partir du constat d’ignorance religieuse, il a choisi un moyen pour la corriger : il a fondé un Institut, avec des hommes de son temps, utilisant les structures du temps pour assurer l’éducation chrétienne. Cette fondation   répondait aux besoins du temps, en s’inspirant des Instituts qui existaient de son temps, surtout celui des  Frères des Écoles Chrétiennes qui n’enseignaient alors que dans les villes importantes

MAIS LA TERRE A TOURNÉ…

De 1817 à 2013, la Terre a beaucoup tourné sur elle-même… Le tissu social de la planète a subi de profondes modifications.  Cependant la pauvreté, l’ignorance religieuse, le travail de sape des sectes   et des autres ennemis de la religion se dressent toujours   comme menaces omniprésentes et agissantes.
À ce moment-ci de l’histoire, en l’année 2013,  nous devons nous poser deux questions :

  • Quel devrait être  aujourd’hui  notre Institut pour poursuivre le travail d’Église nécessaire  dans le monde d’aujourd’hui?
  •  Quel serait alors le genre de Frères aptes à s’acquitter de ce travail d’Église ?  Quelles seraient leurs principales caractéristiques ? Quelles en seraient les  priorités ?

 

SI NOUS REFONDIONS…

Nous formons actuellement un groupe de religieux éducateurs de la jeunesse.  Ce que nous sommes, nous le restons en nous considérant comme assurant  un service d’Église primordial auprès de la jeunesse.  Voilà ce que nous voulons être. Voilà ce que nous  devrions être toujours, je devrais dire ce que nous devrions rester.  Mais, cependant, avec adaptation au présent de l’Église et au présent du monde, AUX BESOINS  ACTUELS DU MONDE D’AUJOURD’HUI.
Pour Marcellin Champagnat, «les enfants  sont la pépinière  de l’Église; c’est par eux qu’elle se renouvelle, c’est par eux qu’elle conserve la foi et la piété.»  (ALS, P. 18) (1)
Vatican II (1964), pour sa part, signale le grand soin qu’il faut apporter à la formation chrétienne de la jeunesse, «espérance de l’Église.» (Déclaration sur l’éducation chrétienne, par. 2) (2)
 1817:    La jeunesse : pépinière de l’Église.
  1964 :   La jeunesse : espérance de l’Église.

Quel  surprenant rapprochement entre ces deux visions de la jeunesse !  Deux  visions identiques à deux  siècles de distance ! Cela nous donne une indication claire :
Refonder l’Institut veut donc dire  ceci : rester fidèles comme religieux et hommes d’Église  à ce travail d’éducation chrétienne de la jeunesse en l’adaptant au présent de l’histoire.

DES HOMMES ET UNE ORGANISATION

Pour cette œuvre primordiale, il faut encore et toujours des hommes et une organisation.

  • Pour réaliser ce projet, quels hommes  faut-il selon Marcellin Champagnat ?

1-  Pour Marcellin Champagnat, «un Frère est une âme prédestinée à une grande piété, à une vie très pure, à une solide vertu : une âme sur laquelle Dieu a des desseins particuliers de miséricorde.» (ALS p. 15)
2- Puis, comme caractéristiques de la spiritualité des Frères, il fixe trois lieux privilégiés, des lieux qui précisent les points majeurs de la piété, de la dévotion de ses religieux éducateurs. Le saint revendique pour ses Frères trois premières places : à la Crèche, à l’Autel et au Calvaire. (Avis, leçons, sentences, pp. 63-66)

  • À la Crèche pour s’y pénétrer  de l’amour d’un  Dieu incarné.
  • À l’Autel pour y puiser la force quotidienne que donne l’Eucharistie.
  • Au Calvaire pour s’y pénétrer de l’amour salvifique du Sauveur et l’en remercier.

Ces Frères seront donc des hommes d’adoration : adoration de Jésus Enfant, de Jésus Sauveur et de Jésus Pain de Vie.
3-  En se mettant à la suite de Jésus, chaque Frère se révèle comme celui qui préfère à toutes les choses du monde le Dieu dont il est le croyant, «le Dieu qui fait toutes choses nouvelles.» Il devient un homme de l’Évangile.  Il travaille comme un homme de l’Évangile. L’étude méditée et soutenue de l’Évangile l’invite à «revêtir» le Christ, selon l’expression de saint  Paul, et à se  laisser «saisir» par lui.
4-  Les Frères considèrent Marie, «la servante du Seigneur», comme  Modèle,  Première Supérieure et  Ressource Ordinaire, expressions chères au Fondateur. Ils se consacrent à elle. Comme leur Fondateur et modèle, les Frère aiment Marie et la font aimer. La dévotion à Marie est une de leurs caractéristiques.
5- Ces hommes qui vivent en communauté cultivent ce qu’on appelle «une vie de famille.»  Leur présence dans un milieu ne passe pas inaperçue.  Ils sont, pour leur entourage, la preuve qu’il est possible de travailler dans un esprit de coopération, dans un climat de fraternité vraie au bien de la société civile et religieuse en nourrissant un idéal commun. Les gens doivent pouvoir reconnaître dans nos vies une invitation à être des humains d’une nouvelle manière. C’est là une prédication muette de l’Évangile, mais combien éloquente ! L’exemple que donnent des gens qui ne se sont pas choisis mais qui travaillent dans un même idéal selon des valeurs religieuses de pauvreté, de chasteté et d’obéissance exerce toujours un impact sur les témoins qui ont les yeux ouverts.
6-  Ces hommes veulent, comme les premiers Maristes,  mener «une vie cachée avec le Christ» (Col. 3,3) et unir dans leur vie action et contemplation.

   Pour réaliser ce projet, que font les Frères au service de l’Église ?

Marcellin Champagnat répond : «Un Frère est le coopérateur de Dieu et l’associé de Jésus Christ dans la sainte mission de sauver les âmes.»(ALS  16) C’est là son travail pour l’avancement du Royaume, donc au  service de  l’Église.
Et il ajoute : «Un Frère est l’homme sage dont parle Isaïe, qui passe sa vie à jeter les fondements et à réparer les ruines.» (ALS  p. 17)  Et il développe cette idée. Mais  vous noterez facilement ici le rapprochement qu’il convient de faire entre fondation, refondation et fondement. Quels fondements le Frère doit-il mettre en place chez les jeunes et dans le milieu où il travaille? Et ces fondements ne doivent-ils pas se trouver d’abord  chez lui, dans sa spiritualité, dans son attitude fondamentale comme chrétien ?  «Fondements des vertus, de la crainte du péché, fondement religieux des paroisses,  du ministère ecclésiastique, de la prospérité des familles, de l’éternité de l’enfant.» (ALS pp. 17-19) Puis l’auteur commente brièvement chacune de ces tâches. Nous avons là une excellente synthèse de l’essentiel de  l’action du Frère et dans sa personne, comme chrétien, et dans son milieu d’action comme «serviteur de l’Église.»  L’essentiel est ce qui ne change pas, et ne devrait  pas changer !  L’essentiel est ce qui donne un sens, aujourd’hui, à la vie religieuse.
La mission ad gentes a été envisagée par le Fondateur  pour les Frères dès les débuts de l’Institut.  Ils ont participé activement avec les Pères Maristes au lancement des missions d’Océanie. La mission en terre étrangère doit rester une priorité pour l’Institut refondé et une possibilité pour ceux qui désirent faire  partie de l’Institut. Ces missions s’ouvriront même à la Chine immense et aux Indes, pays où le Christ est encore trop peu connu et servi.  Cependant, cette ouverture ne devrait pas nuire à la consolidation des nouvelles Provinces ou nouveaux Districts d’Afrique récemment créés.
Notre société souffre toujours, et de plus en plus - comme un malade dont l’état s’aggrave -  de l’ignorance religieuse tout comme au temps de Marcellin Champagnat. Dans une refondation, les Frères donneront priorité à la catéchèse, à l’enseignement religieux, d’autant plus que les maîtres laïques, qui sont en surnombre même, peuvent fort bien enseigner les matières profanes et que plusieurs de ces derniers admettent être sont fort mal placés pour assurer  l’enseignement religieux.  Les Frères recevront pour ce faire une formation de qualité dans les meilleures Écoles. À l’exemple de Marcellin Champagnat qui aurait voulu parler de Dieu à chaque jeune rencontré, le Frère, par son  enseignement catéchétique, ira vers les jeunes pour  dire à chacun : «Dieu t’aime; il a envoyé son Fils pour te sauver.»   Et, par sa présence et son enseignement, il pourra prolonger son action auprès d’eux pendant  des années.

LE RAYONNEMENT

Nos écoles doivent être des communautés éducatives en ce sens que tout le personnel, religieux et laïc, soit inspiré par les idées de Marcellin Champagnat, éducateur, par les principes de la pédagogie mariste, et par un souci de former autour d’eux des associés pour la cause de l’Évangile dans les milieux.
Aller vers les pauvres ne se limite pas à aller vers les pauvres de biens matériels, les démunis.  Il y a une forme de pauvreté encore plus grave : la pauvreté en connaissances religieuses.  Il faut aussi aller vers cette forme de pauvreté qui existe aussi bien dans les pays du tiers-monde que  dans les pays dits développés.
 Permettre à des petits groupes bien préparés, - des sortes de commandos -, de relever des défis comme  mettre au monde des activités éducatives nouvelle dans des lieux inattendus.
L’œuvre nouvelle de Desbiens, une activité  en coopération avec une idée provenant d’abord de laïcs s’inscrit tout à fait dans notre participation renouvelée  à l’éducation compte tenu des situations actuelles.  Saint Marcellin, lui, a su s’adapter aux besoins de son temps. Ceux et celles qui travaillent pour répondre adéquatement aux besoins du monde actuel s’engagent ainsi dans la perspective  réaliste de ce Fondateur de jadis.
S’il est vrai que, comme le signale le P. Bruno Chenu,  «les religieux veulent mettre en œuvre une certaine logique du baptême, une vie en Christ poussée jusqu’en ses ultimes conséquences», il faudra favoriser des initiatives qui vont dans ce sens et qui permettent de mener une vie évangélique plus radicale.
De même, les mouvements apostoliques des  écoles, petites ou grandes,  de notre Institut ouvriront les élèves aux réalités mondiales et ecclésiales pour devenir des pépinières de prêtres, de religieux et de religieuses.  Ces mouvements (Jeunes du Monde, Mouvement vocationnel, Scouts, Guides, etc.) favoriseront, dans les milieux  et autour d’eux, l’apostolat, la paix, de la tolérance, de la bonne entente, surtout dans les écoles polyethniques et dans les milieux où le tribalisme sévit toujours. Que les collèges maristes s’affichent comme des «centres de paix» car la paix doit  d’abord germer, s’enseigner et s’apprendre dès la prime jeunesse.
«Le Mouvement Champagnat de la Famille mariste» est une création providentielle à poursuivre et à développer parmi nos anciens, nos collaborateurs et collaboratrices,  leurs parents et  leurs amis. Notre action en Église se poursuit, se multiplie  par et avec  eux et elles
La reconnaissance envers les personnes qui travaillent ou ont travaillé de concert avec les Frères dans des tâches de services ou d’éducation s’est développée fort heureusement.  Des Affiliés, hommes et femmes, ont reçu de la  part de l’Institut une attention délicate. C’est à poursuivre.  C’est aussi compléter car des personnes ayant des états de service plus courts ont été refusées à l’affiliation bien qu’elles auraient fort apprécié cette marque de reconnaissance de notre part.  Il faudrait  donc créer une affiliation non à l’Institut comme prévu, mais  une  Affiliation à une Province et même à une Communauté. Ce serait une façon très appréciée de remercier ces personnes méritantes qui désirent rester en lien avec les Frères,  participer à leur apostolat. Cela permettra aux Frères d’un lieu de rester en contact avec des personnes dévouées qui nous ont rendu service par le passé.
Favoriser par une forme d’intégration à l’Institut la présence parmi nous de  Membres  associés grâce à des ententes  à durée variable afin que des laïques bien choisis puissent collaborer à l’éducation dans nos écoles et collèges, au pays même ou dans les pays de missions.

QUELQUES  ASPECTS MAJEURS À VALORISER

  • Comme Frères, Dieu nous a d’abord choisis; puis nous choisissons Dieu. Nous faisons alors une «alliance» avec lui. «Inclinez votre cœur vers Yahvé le Dieu d’Israël en disant : «C’est Yahvé notre Dieu que nous servirons…… c’est sa voix que nous écouterons.» (Josué, 24,  23) C’est là une attitude fondatrice de notre fidélité au Seigneur.
  • Nous acceptons la loi du disciple : «Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renonce lui-même, qu’il se charge de ma croix, et qu’il me suite.» (Marc 8, 34)  La croix attend le disciple; mais Jésus a su la porter nous donnant  l’exemple du courage.
  • Que le titre de «serviteurs de l’Église» soit notre fierté et nous invite à collaborer toujours plus étroitement avec le clergé au bénéfice de la communauté chrétienne.
  • Que chaque jour, durant l’heure fortement conseillée d’étude religieuse, - «lectio divina»- la Sainte Écriture soit entre nos mains pour que nous  retirions de sa lecture et de sa méditation «l’éminente science de Jésus Christ»  (Ph. 3, 8)
  • Le chapelet est une prière humble et facile qui doit rester parmi nos prières régulières. Sa récitation quotidienne s’accompagne de la méditation des mystères du Rosaire.
  • Hommes d’adoration, nous passons une heure chaque semaine en contemplation devant le Saint-Sacrement exposé en action de grâce adorant  Celui qui s’est fait  nourriture de notre vie spirituelle et qui veut faire toutes choses nouvelles.
  • La vie religieuse communautaire est une manifestation prophétique du   mystère de l’Église. Les Frères puiseront dans la vie communautaire soutien mutuel et équilibre, car  «Nul n’est une île.»  Vivre en une communauté, en frères, «avec un seul cœur et un seul esprit,» c’est vivre une autre image du moi, une autre façon d’être humain.
  • Le vœu de stabilité constitue un nouvel  engagement qui  lie de façon plus profonde le Frère envers le Seigneur et l’Institut.  Le valoriser comme il se doit.
  • Humilité, simplicité et modestie : trois vertus à privilégier dans notre manière de vivre et de parler.  Trois vertus qui favorisent ce qu’on appelle «les relations humaines.»
  • Refondre les Règles du Gouvernement qui ont, à toutes fins pratiques, été mises de côté au chapitre de 1967-1968. De telles règles sont indispensables dans un organisme important comme un  Institut international. Ce mouvement est amorcé et mérite de se poursuivre dans notre monde en mutation.
  • Centraliser noviciats et scolasticats par langues ou par pays afin de permettre une meilleure formation de groupe et de bénéficier de formateurs bien préparés.
  • Que les Frères célèbrent la sainte liturgie et le mystère eucharistique d’esprit et de cœur, suivant la pensée de l’Église. Que les communautés s’ouvrent volontiers à l’admission de fidèles du voisinage lors de leurs divers offices. Nos maisons peuvent devenir des maisons à la porte ouverte, des petits centres de prière dans un monde sécularisé.
  • Encourager fortement les Frères, dans un esprit de pauvreté, à se départir de leurs biens patrimoniaux. Que les communautés cherchent comment donner, dans la pratique, un témoignage collectif de pauvreté.  Ce témoignage peut aussi se donner par la charité, une charité éclairée. Notre pauvreté vécue nous permettra d’aider nos Frères du tiers-monde.  les pauvres, les démunis de nos milieux.
  • Le  Décret «Perfectae caritatis», à mon sens,  n’a pas été assez exploité par notre Institut. À l’étude, il pourra permettre d’ouvrir d’autres avenues vers une refondation dans une mentalité  d’Église. On peut en dire autant de «Vita consecrata
  • Que les études sur le Fondateur, ses vertus, ses idées, se poursuivent  et s’intensifient même.  Qu’ainsi il soit mieux connu de nous et des fidèles de nos milieux qui travaillent avec nous à l’extension du Royaume.
  • Rester très ouverts à des œuvres de jeunesse nouvelles : Résidences d’étudiants, Foyers de jeunes travailleurs, Centres de loisirs, Bibliothèques-jeunesse, Centres d’animation paroissiale, Groupes d’activité pastorale  rattachés aux diocèses, etc., etc.  Ces maisons,  ces groupements, ces œuvres  pourraient permettre  aux Frères de déceler  et  de cultiver des vocations religieuses et sacerdotales.

 

CONCLUSION

Les directives de Vatican II sont toujours d’actualité pour nous. Elles sont aussi à être réactivées  Du «Décret sur l’adaptation et le renouveau de la vie religieuse»,  paragraphe 6, je tiens à mettre en lumière des indications que je groupe ci-après  en nous les adaptant :  
« La vie que doivent mener les Frères maristes s’alimente aux sources pures et authentiques de la spiritualité chrétienne et si cette vie est «cachée en Dieu avec le Christ», elle brillera non seulement de la charité envers Dieu, mais aussi dans la charité envers le prochain surtout auprès des jeunes qui nous sont confiés. Copieusement nourris à la table de la parole et de l’autel, les Frères aimeront sincèrement et «fraternellement les membres du Christ» : dans un esprit filial, ils auront envers les pasteurs  respect et affection;  ils cultiveront le sens de l’Église et vivront toujours plus avec elle, se mettant toujours plus au service de ses missions,  en particulier celle de l’éducation chrétienne de la jeunesse. »
Nous renouveler signifiera donc pour nous, Frères Maristes, avoir conscience que c’est un devoir de nous réformer avec l’Église qui poursuit sa propre réforme depuis Vatican II, depuis cinquante ans!  Le temps du renouveau serait-il terminé?
La canonisation de notre Fondateur, en 1999, constitue pour nous tous une invitation à la sainteté et à une action dans ce sens. Cette invitation pressante de la part de  l’Église doit être aussi un des  buts de la refondation, de la réforme que nous envisageons  et à laquelle nous voulons travailler. Il convient de ne pas oublier que, pour saint Marcellin, «un saint est une lumière et un soleil qui éclairent et vivifient tous ceux qui l’entourent.  C’est un modèle pour tout le monde.» (ALS p. 202)
Si nous procédons à la refondation, à ce renouveau,  à ce retour aux sources, dans un souci de fidélité aux inspirations de l’Esprit Saint en action jadis chez notre Fondateur et encore de nos jours chez nous, ses disciples du troisième millénaire, l’Église en sera la première bénéficiaire car, comme serviteurs de l’Église, nous continuerons de travailler auprès de la jeunesse, espérance de l’Église.  Notre action contribuera à former des chrétiens qui durent, donc qui s’engagent à leur tour à la suite de Jésus, au service  de la nation et  au service  de l’Église, puisque nous poursuivrons toujours la pensée initiale de saint Marcellin : « former des bons chrétiens et des bons citoyens. » 

Références

 (1) ALS : Avis, leçons, sentences et instructions du V.P. Champagnat  expliqués et développés par un de ses premiers disciples.  Nouvelle édition, Librairie catholique Emmanuel Vitte,  Lyon-Paris, 1927, 470 pages.
(2) Les Actes du Concile Vatican II   Textes intégraux Les Éditions du            Cerf, Paris,  l966,  831 pages.
(3) P. Bruno Chenu, L’urgence prophétique, Dieu au défi de l’Histoire, Paris, Bayard, 1997, p. 262.
Voici, enfin,  quatre sources que nous pourrions  consulter avec avantage. Même si certains de deux de ces documents cités en référence sont de 1968 et de 1974, ils ont gardé toute leur valeur :
a/ Un groupe de spécialistes, La vie religieuse dans l’après-concile, LE POINT 1, Apostolat des Éditions,  Paris, 1968, 271 pages.
b/  Francis de Beer,  Témoin de l’homme,  Le religieux selon Paul VI, Éditions franciscaines, Paris, 1974,  165 pages.
c/  La Revue VIE CONSACRÉE,  No 3, 1999,  Namur,  pp. 177-199.
d/  LA VIE CONSACRÉE, Exhortation apostolique post-synodale de S.S. Jean-Paul II  25 mars 1996,  Médiaspaul,  Montréal.

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 6 janvier 2013
Laurent  Potvin, fms

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