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Circulaires 268

 

Br. Diogène
24/05/1921 - Vol. XIV, n. 12
Circular 268

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Retraites annuelles - Relation quinquennale – Frères astreints au service militaire - Décret ‘Inter reliquas’’ - Frères espagnols missionnaires - Diffusion de la prononciation romaine du latin -- Consécration de l'Institut à St Joseph - Causes du V. P. Champagnat et du vénéré F. François - Election d'un Frère Provincial – Visites triennales - Liste des Défunts.

268

21.2

 V. J. M. J.

 Grugliasco, le 24 mai 1921,

Fête de Notre-Dame Auxiliatrice.

        Mes Bien Chers Frères,

En ce jour anniversaire de l'élection qui m'a imposé la charge de vous gouverner, de vous édifier et de vous aider à parvenir au salut et à la gloire éternelle, j'ai le bonheur de vous convoquer aux saints exercices de la retraite annuelle.

Ces exercices seront donnés à la maison-mère, pour les membres de l'administration, pour les Frères Provin­ciaux d'Europe et pour les Frères qui y seront convo­qués, du dimanche 26 juin au dimanche 3 juillet. Les Frères Provinciaux fixeront les dates des retraites dans leurs provinces respectives, en juillet, août et septembre, pour les pays situés au nord de l'Equateur et en décembre et janvier pour ceux de l'autre hémisphère.

Si on lit attentivement l'article 67 de nos Constitutions et le chapitre XI° du Directoire Général, on en tire tout d'abord cette double conclusion : la retraite annuelle est un moyen d'avancer dans la perfection assurée par la Congrégation à tous ses membres ; il y a donc obligation de justice pour les  supérieurs de procurer ce bienfait à tous ceux qui dépendent d'eux : ils y ont droit ; mais ce droit leur impose le devoir d'employer toute leur bonne volonté à en bien profiter.

Est-il besoin d'insister, mes chers Frères, pour prouver que la retraite annuelle est un grand bienfait ? A part certaines grâces signalées et extraordinaires comme celle du baptême, qui nous vaut l'adoption de Dieu et tous les avantages d'enfants de la sainte Eglise, celle de notre première union avec Notre Seigneur Jésus-Christ au divin banquet de l'Eucharistie, qui laisse dans notre cœur et dans notre volonté un parfum et une force dont se res­sent toute notre existence, celle de notre profession religieuse, qui nous fixe autant qu'il est possible dans la voie de la perfection et nous purifie comme par un second baptême, acte réciproque d'amour de la part de l'âme religieuse qui s'immole sans réserve et de la part de la divinité qui accepte ce sacrifice et comble la victime de ses dons les plus précieux et les plus excellents ; à part ces événements qui marquent le commencement d'une époque dans notre vie, je ne trouve aucun bienfait com­parable à ce retour régulier de nos retraites annuelles.

Etre contraint périodiquement par la bonté divine et par les sages et rigoureuses prescriptions d'une sainte règle à faire trêve à toutes les préoccupations ordinaires, à toutes les distractions, à tous les soins d'une pro­fession charitable, apostolique même, mais qui a ses écueils, à quitter provisoirement le monde où tout est erreur, séduction, vanité, trop souvent corruption et péché, pour s'enfermer dans une solitude, asile de prière et de bon exemple, où tout est disposé de façon à faire converger nos facultés et toutes les puissances de notre âme vers Dieu, vers l'éternité et vers le salut, je vous le demande, est-il une nécessité plus avantageuse ? La miséricorde de Dieu, sa providence pouvaient-elles s'exer­cer à notre égard d'une manière plus paternelle ? Est-il un moyen plus efficace pour nous plonger dans la ré­flexion, pour nous forcer de nous considérer dans notre véritable état, et pour nous exciter enfin à prendre les moyens énergiques pour rompre avec le mal et pour marcher résolument dans le chemin qui aboutit au ciel ? Et si nous devons convenir que telles sont bien les faveurs de Dieu à notre égard, et que ce sont bien là les dons qu'il mettra à notre disposition pendant ces saints jours, laissons déborder notre cœur en un cantique de reconnaissance.

Oui, mes bien chers Frères, en union avec la sainte Vierge, notre bonne Mère, disons ce Magnificat aux ac­cents duquel le ciel devait être en admiration pendant que la divinité s'y complaisait elle-même : Mon âme aussi glorifie le Seigneur, et mon esprit a tressailli de joie en Dieu mon Sauveur ; parce qu'il a regardé ma bassesse ; parce que Celui qui est tout-puissant a fait en moi de grandes choses, et son nom est saint. Ah ! comme j'éprouve bien que sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras ; il a dissipé ceux qui s'enorgueillissaient dans les pensées de leur cœur. Il a renversé les puissants de leurs trônes et il a exalté les humbles. J'ai la ferme confiance qu'il réduira à l'impuissance et qu'il réunira dans la mort les persécuteurs de son Eglise et qu'il couronnera dans la gloire les apôtres de son nom et ceux qui auront enseigné sa doctrine. Il a rempli de biens les affamés, les pauvres en esprit et il a renvoyé les mains vides les riches selon le monde. Enfin, il m'a pris sous sa protection, se ressouvenant de sa miséricorde comme il me l'avait promis au jour de ma profession religieuse. Aussi, je rends gloire à Dieu, et je ne ces­serai de rendre gloire aux trois personnes de l'adorable Trinité dans les siècles des siècles.

 *

*      *

 La retraite n'est pas seulement un bienfait, elle est de plus une grande consolation pour le religieux qui mène une vie active et une occasion unique de faire provision de force et de courage pour le moment du danger.           

Ce n'est pas l'effet d'une générosité et d'une vaillance communes et ordinaires que de marcher a la suite de Jésus-Christ dans la voie étroite des conseils évangé­liques. Les temps dans lesquels nous vivons sont encore mauvais ; les traces de la persécution ne sont pas ef­facées. Notre chemin est semé de pièges et de dangers pièges du côté des enfants que nous instruisons, pièges du côté des personnes auxquelles nous avons parfois affaire, pièges même du. côté de certains confrères en compagnie desquels nous vivons ; séductions du monde, séductions de la rue, séductions de la ville et de la campagne, séductions des visites et des voyages, séduc­tions des livres et des journaux qui pénètrent trop faci­lement dans nos maisons ; et j'appelle sur ce point par­ticulier la plus attentive vigilance des Frères Directeurs et des Frères Provinciaux : il m'est arrivé des échos douloureux de négligences et d'abus sous ce rapport. Les malheureux qui ne pratiquent pas la maxime du saint Evangile : « Veillez et priez », mais qui s'aban­donnent et qui se laissent éblouir tombent lamentable­ment, parfois avec scandale pour le public. C'est par des prodiges de la grâce que certains sont debout après des imprudences, des actes de relâchement réitérés.

J'ai écrit le mot persécution qui fait penser a cette insécurité qui a pesé pendant des années sur les reli­gieux avec la menace nullement illusoire pour eux de se trouver un jour ou l'autre sans abri ; insécurité qui pèse encore plus lourdement sur les épaules des supérieurs qui ont la charge de pourvoir à toutes les nécessités. Qui pourrait assurer que ces temps sont passés pour jamais ? Elles ne sont pas des communautés religieuses ces catholiques familles irlandaises qui par centaines, peut-être par milliers, sont privées du modeste toit de chaume qui les abritait et qui ont vu flamber, avec leurs maisons, leur pauvre mobilier et jusqu'à leurs vêtements.

Et il n'y a que quelques jours que nos Frères de Samoun, après avoir vécu prisonniers pendant trois mois sous des menaces plus qu'inquiétantes, ont enfin été rendus à la liberté et ont réussi à gagner le centre de leur province dans le plus complet dénuement et après avoir subi des vexations et des humiliations de toute espèce. Ah ! qu'il est bon de méditer dans le calme et la retraite que nous sommes les disciples d'un Maître qui n'avait pas même où reposer sa tête.

Puisque je me suis laissé entraîner dans cette voie, je dirai encore un mot sur ce sujet, ce sera une citation. Les sectes ou plutôt la secte a jugé prudent de mettre, depuis quelque temps, une sourdine à la littérature anti­religieuse dans ce qu'elle a de grossièrement injurieux pour le clergé et pour les religieux. Mais voici ce qu'écri­vait son Eminence le Cardinal Mercier aux religieux et aux religieuses de ce pays pourtant privilégié qu'est la Belgique, puisque depuis près de quarante ans un gou­vernement catholique y répand les bienfaits qui sont l'essence et les résultats d'une législation chrétienne.

« Des adversaires du nom chrétien qui, dans les relations privées, ne se permettraient pas, je veux le croire, une injustice et s'interdiraient l'injure, ont sous le couvert de ce qu'ils appellent la politique déversé a jet continu la calomnie et l'outrage sur ceux et sur celles qui réalisent dans le monde le type le plus élevé de la grandeur morale et du désintéressement au service d'autrui.

« Religieux et religieuses, enfants préférés de l'Eglise, quand j'arrête le regard sur votre vie et que je vous vois vous priver de toute satisfaction superflue, supprimer de votre budget : fêtes, soirées, voyages de fan­taisie, réduire au minimum vos dépenses d'habillement, d'habitation, d'entretien, donner votre temps, votre cœur, vos forces au culte que l'humanité doit à Dieu, au service des enfants de nos écoles, au soin des ma­lades dans nos hôpitaux ou dans nos familles, au relèvement professionnel de l'ouvrier, de l'ouvrière, à la civilisation des noirs dans notre colonie, et quand je considère alors que des égoïstes qui ne seraient pas capables de se hausser, même en imagination, à votre niveau s'embusquent dans une loge de maçons, sous l'immunité parlementaire ou l'anonymat d'un journal impie pour vous lancer impunément une bardée d'injures, l'indignation me monte au cœur, et il me faut faire appel à toute l'énergie de ma foi chrétienne pour ne pas demander à Dieu, à l'instar des apôtres Jacques et Jean, de faire éclater la foudre du ciel sur ces misérables.

« Le renouvellement de ces procédés injurieux à votre égard ne risque-t-il pas d'émousser la délicatesse du sentiment public, et n'y a-t-il pas lieu de craindre par­fois que d'honnêtes gens n'en prennent commodément leur parti et ne les laissent passer avec indifférence ?

« A l'injustice des uns, au silence des autres, vous n'opposez que des paroles et des oeuvres de charité. » Puis suit toute une série de considérations sur la vertu et la sainteté des communautés religieuses desquelles le paternel prélat prend occasion pour laisser déborder son cœur en consolations de la plus suave tendresse.

Mais il est encore ramené à la même idée et il ne peut retenir cet aveu exprimé avec tant de vigueur : « La lutte est âpre entre le mal et le bien, entre la haine et l'amour », tant sa prévoyante et lumineuse in­telligence lui fait clairement entrevoir les dangers et les malheurs possibles.

Les graves réflexions de la retraite arment le religieux pour toutes les luttes et le préparent à supporter tous les outrages et à triompher de toutes les difficultés.

 *

*       *

 La retraite nous fournit aussi le moyen de nous re­nouveler dans la ferveur de notre vocation. Ne pourrait­-on pas malheureusement appliquer à certains religieux ce que disait Massillon aux prêtres de son temps : « Ce ne sera pas l'ignorance des devoirs de notre état qui nous perdra ; ce sera de les avoir toujours connus et de les avoir toujours négligés ; ce sera de nous être  familiarisés avec les plus grandes vérités de la religion ; et, à force de les avoir connues, de n'en avoir presque plus été touchés. Cette insensibilité qui se forme et s'augmente chaque jour au milieu de toutes les lu­mières et de toutes les terreurs les plus capables de réveiller la piété constitue la situation la plus dangereuse. »

Oui, mes chers Frères, il y a un esprit de dissipation inévitable dans les fonctions de nos emplois qui nous conduit à une certaine insensibilité si la prière et le recueillement ne préviennent ce malheur ; il y a même un dégoût attaché à ce qui se trouve de gênant, d'assujettissant dans notre règlement si un renouvellement dans l'esprit de notre vocation ne nous rend le goût et la consolation qui non seulement adoucissent les peines de notre état mais qui nous les rendent aimables.

Quelque innocentes qu'aient été nos jeunes années, quelque saintes qu'aient pu être les dispositions que nous avons apportées à notre profession religieuse, nous avons de la peine à nous maintenir ; nous constatons que nus résolutions s'affaiblissent, s'effacent ; des sentiments moins surnaturels, plus humains prendraient bientôt la place de notre générosité, de notre ferveur d'autrefois, si nous ne faisions de temps en temps un sérieux retour sur nous-mêmes. Ce sera dans le silence de la retraite que nous reconnaîtrons que nous sommes déchus de notre première charité, que nous étudierons les causes de cet affaiblissement et les moyens à prendre pour nous ré­tablir. Hélas  ! il n'est que trop vrai qu'en travaillant pour les autres nous avons presque toujours le malheur de nous oublier plus ou moins nous-mêmes. Cependant notre travail deviendra infructueux si nous ne sommes pas remplis de cet esprit de foi et de piété qui fait tout le succès de notre apostolat. Saint Paul ne craignait-il pas ce malheur pour son disciple Timothée lui-même, ce disciple dont l'enfance avait été si sainte, la jeunesse si pure, et accompagnée de témoignages si publics et si honorables des fidèles ; il l'exhorte cependant à rani­mer de temps en temps la grâce qu'il avait reçue par l'imposition des mains (II° Epître IX Timothée, chap. I, v. 6).

Enfin, mes chers Frères, chaque retraite annuelle est la dernière pour plusieurs d'entre nous ; et nous igno­rons quelle sera la dernière pour nous-mêmes. Il est salutaire pour nous de nous préparer à la mort pendant ces saints exercices.

Dieu, dit saint Augustin, a fait à quelques hommes la grâce non seulement d'attendre la mort avec courage, mais encore d'en faire l'objet de leurs vœux les plus ardents, tout en accomplissant sans trouble et sans tourment leur laborieuse carrière. Mais personne ne peut obtenir au milieu du bruit, des inquiétudes et du tracas des occupations l'immense bienfait de se familiariser avec l'idée de la mort. Cette familiarité si désirable est le fruit du calme et du repos à la faveur desquels on s'élève jusqu'à Dieu. Croyez-moi, ajoute-t-il, on a besoin d'être bien éloigné du tumulte de toutes les choses passagères de ce monde pour arriver à ne pas craindre la mort sans qu'il y ait de notre part ni au­dace, ni superstitieuse crédulité. C'est dans la tranquil­lité de la retraite seulement qu'on peut goûter cette joie durable, à laquelle nul autre plaisir ne peut se comparer. Et cette tranquillité d'âme à la considération de sa der­nière heure, l'homme l'éprouve d'autant plus qu'il se retire plus intimement dans le sanctuaire de son âme pour y adorer Dieu.

 *

*      *

 Aux intentions particulières et autres que nous appor­terons à la retraite, nous en joindrons deux dans l'in­térêt général de la Congrégation. Nous demanderons par l'intercession de la Sainte Vierge et de saint Joseph :

1° Que nos communautés ressemblent à la sainte Famille de Nazareth par la vigilance, la bonté et la cha­rité des Frères Directeurs ; par le respect, l'obéissance et la docilité des inférieurs ; par la régularité, la ferveur et le zèle de tous pour la gloire de Dieu ;

2° Que nos maisons de juvénat et de noviciat se remplissent de bons jeunes gens qui deviendront des religieux instruits et pieux.

Je rappelle à tous la neuvaine traditionnelle préparatoire à la retraite consistant en la récitation du Veni Sancte Spiritus et de l'Ave Maris Stella.

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Relation quinquennale. 

Conformément aux prescriptions du canon 510, nous avons rédigé, au Conseil Général, la relation que nous devons adresser au Saint-Siège tous les cinq ans ; et, après l'avoir tous signée, nous l'avons expédiée au C. F. Procureur Général qui l'a déposée au mois de novembre 1920. Je vous donne ci-après communication de la réponse que nous avons reçue.

     SECRÉTAIRERIE                                                                   Rome, 30 mars 1921.

de la S. C. des Religieux

 RÉVÉRENDISSIME FRÈRE,

La relation par laquelle, selon le devoir de votre charge, vous rendez compte de l'état de l'Institut que vous gouvernez, pour la période quinquennale 1915-1920, est régulièrement parvenue à cette Congrégation.

Cette même Congrégation est heureuse de louer ce qui, dans ledit Institut, s'est fait de bon et de pieux, et elle nourrit l'espérance que, non content de persévérer dans le bien, il progressera de jour en jour vers le mieux.

La S. Congrégation croit cependant devoir faire observer ce qui suit :

1° Le nombre des religieux qui sortent de l'Institut semble trop grand.

2° Il faudrait indiquer d'une façon plus précise le nombre des religieux qui demeurent dans chaque maison

3° Quatre immeubles ont été aliénés ; mais il n'est pas indiqué de quelle autorisation cela a été fait.

4° Les religieux qui ne portent pas le costume de l'Institut sont soumis à toutes les observances de la règle comme les autres.

5° Les conseils des maisons secondaires doivent être réunis régulièrement et fonctionner partout où ils sont établis.

6° Tous les Supérieurs locaux doivent traiter avec esprit de charité les religieux qui leur sont subordonnés.

Pour les encourager à poursuivre avec une activité toujours plus grande la fin de leur vocation, le Saint-Père donne affectueusement à tous et à chacun des membres de l'Institut la bénédiction Apostolique.

C'est là ce que, pour remplir un devoir de ma charge j'avais à communiquer à votre Fraternité, pour laquelle je demande, en attendant, à Dieu toutes sortes de biens. De Votre Fraternité,. le tout dévoué en J. C.

 MAURUS M, SERAFINI, Ab. O. B.

           Secrétaire. 

La première observation touche à une constatation douloureuse à laquelle les suites de la guerre ont donné plus d'actualité ; mais malheureusement cette constata­tion n'est pas nouvelle.

A ce sujet, et pour l'instruction de tous, je cite une partie d'un document adressé le 18 août 1915 par S. E. le Cardinal Préfet de la S. C. des Religieux aux Supé­rieurs des Ordres et des Instituts religieux :

 Extrait. - Voici les choses qui sont absolument nécessaires aux Ordres religieux : n'admettre au nombre des novices que les sujets qui, poussés par l'inspiration divine, songent à en­trer en religion pour des motifs vraiment dignes ; donner aux sujets admis une formation religieuse forte et solide ; que les profès persévèrent dans leur vocation, en obéissant aux régies de leur Institut, et surtout. en ne s'écartant jamais des pres­criptions du Saint-Siège.

Pour ce qui est de ces prescriptions, il est opportun de mentionner ici les Lettres apostoliques commençant par ces mots « Ubi primum », données le 17 juin 1847, par le Souve­rain Pontife Pie IX d'heureuse mémoire, à tous les Supérieurs des familles religieuses, dans lesquelles cet illustre Prince et Maître de la foi catholique a donné les préceptes les plus sa­lutaires et les normes les plus adaptées au sujet, lesquels, malheureusement oubliés par la suite des années et par la négligence des hommes, il semble très opportun de rappeler ici.

Voici donc ce qu'il dit des postulants à admettre au noviciat : Comme de la diligente admission des novices et de leur excellente formation dépendent le développement et l'honneur de chaque famille religieuse, nous vous exhortons avec les plus vives instances d'examiner d'abord soigneusement le caractère, les aptitudes, les mœurs de ceux qui se proposent d'entrer dans votre famille religieuse, et de rechercher avec soin de quels sentiments, de quel esprit, de quelles dispositions ils sont animés en embrassant la vie religieuse ...

Au sujet de la formation des novices à la vie religieuse, il écrit ce qui suit : « Après avoir reconnu qu'en embrassant la vie religieuse ils n'ont en vue que la gloire de Dieu, l'uti­lité de l'Eglise, leur propre salut et celui des autres, tous vos soins doivent tendre principalement à ce que pendant le no­viciat les novices soient élevés pieusement et saintement par d'excellents maîtres, d'après les règles de leur Ordre, et for­més parfaitement à toutes les vertus et aux pratiques de la vie régulière qu'ils ont embrassée.»

Enfin, en ce qui concerne la vigilance et la formation des profès, voici ce qu'il écrit : « Pour le poste que vous occupez, pour la charge dont vous êtes investis, ne négligez rien pour que les religieux qui vous sont soumis, considérant sérieuse­ment la vocation à laquelle ils sont appelés, s'y comportent dignement et s'efforcent d'observer toujours très fidèlement les vœux qu'ils ont faits à Dieu. Efforcez-vous d'obtenir par une vigilance continuelle que vos inférieurs, suivant les exem­ples illustres de leurs prédécesseurs, observant la sainte disci­pline, méprisant les séductions, les spectacles, les affaires du monde, auxquels ont ils renoncé, s'appliquent sans interruption à la prière, à la méditation des choses célestes, à l'étude, à la lecture, au salut des âmes suivant le but propre de leur Ordre ; et que mortifiant la chair mais vivifiant l'esprit, ils se montrent au peuple de Dieu modestes, humbles, sobres, bienveillants, patients, justes, irréprochables par leur intégrité et leur chasteté, enflammés de charité, honorables par leur sa­gesse, qu'ils ne soient une occasion de scandale pour personne, mais qu'ils donnent à tous l'exemple des bonnes oeuvres, de sorte que même leurs adversaires les respectent, n'ayant rien de mal à dire d'eux.

Ces règles et ces recommandations pleines d'utilité et d'à ­propos, Notre Saint Père le Pape Benoît XV les fait siennes, et il désire et recommande qu'elles soient exactement, con­stamment et soigneusement observées.»

  La quatrième observation rappelle la règle ci-après imposée en mars 1903 par la S. C. des Religieux, règle toujours en vigueur : Les religieux légitimement dispen­sés du port de leur costume pourront se revêtir d'habits laïques d'une couleur modeste, en conservant cependant sous les vêtements quelque signe de l'habit religieux. Ils observeront autant que possible la substance des vœux ; car on n'accorde la dispense que pour les règles et les constitutions incompatibles avec leur état nouveau.

Enfin, il faut convenir que nous avons un effort à faire concernant la tenue régulière des conseils dans les mai­sons où ils sont établis. Ces organes très sagement institués par le Code canonique et par nos Constitutions, sont un tempérament nécessaire au gouvernement des Supérieurs. Ils sont un contrôle qui imprime au règle­ment des affaires un caractère de calme réflexion et de sage prudence, et qui écarte toute détermination hâtive et précipitée cause d'erreurs parfois irréparables. Le conseil donne une grande sécurité a propos de la dé­cision adoptée après une étude approfondie des questions examinées sous tous les points de vue dont elles sont susceptibles. Enfin, et c'est la un très grand avantage pour le maintien de la paix et de l'union, le conseil partage la responsabilité. Les difficultés que les discussions peuvent quelquefois occasionner sont largement compensées par les grands résultats qu'elles assurent. 

Frères astreints au Service Militaire.

 Un certain nombre de questions m'ont été adressées concernant la situation, au point de vue de leurs vœux, de nos Frères soumis au service militaire ; plusieurs sont dans le doute à ce sujet.

Les cas généraux se trouvent résolus par le décret « Inter reliquas » du 1ier janvier 1911 et par les décla­rations et réponses de la S. C. des Religieux, a propos de ce décret, du 1ier février 1912, du 15 juillet 1919 et du 30 novembre 1919. En outre des renseignements nécessaires, ces documents renferment des conseils et des instructions utiles tant a nos Frères soldats qu'aux autres ; c'est pourquoi j'ai jubé convenable de les porter à votre connaissance. 

Décret " Inter reliques „ 

Au sujet des religieux astreints au service militaire.

 Parmi les autres difficultés dont souffre à notre époque l'Eglise du Christ, il faut aussi compter la loi qui oblige au service militaire même les jeunes gens qui se consacrent dans les familles religieuses au service de Dieu.

Personne ne peut méconnaître quel dommage cette funeste loi peut apporter, soit aux jeunes gens, soit aux sociétés religieuses elles-mêmes. En effet, tandis que les jeunes novices sont à-la caserne, ils peuvent facilement se laisser souiller par les vices ; et dans cette condition, ou bien négligeant de penser aux vœux qu'ils avaient émis, ils s'en iront dans le siècle, ou bien, ce qui est beaucoup plus fâcheux, ils rejoindront leur. maison religieuse, avec le danger de contaminer les autres.

C'est donc afin d'éviter ces maux que la Sacrée Congré­gation préposée aux Affaires des Religieux, dans une as­semblée plénière des Emes Pères les Cardinaux, réunis le 26 août 1910 au palais du Vatican, a décrété les points suivants :

I. - Quand, dans les Ordres réguliers à vœux  solen­nels, il ne ressort pas sûrement que les jeunes religieux sont libérés du service militaire actif, c'est-à-dire de ce service qu'ils doivent accomplir pendant un an ou deux après avoir été appelés une première fois sous les drapeaux, ces mêmes jeunes gens ne peuvent être admis aux saints Ordres ou à la profession solennelle, tant qu'ils n'auront pas achevé leur service militaire et que, cette tâche accomplie, ils ne seront pas restés au moins pendant un an, comme on va le dire, deus l'observation des vœux simples, en se conformant, pour les Frères lais, au décret Sacrosancta Dei Ecclesia, publié ce jour même.

II. - Dans les Instituts à vœux  simples, les jeunes gens dont il est question dans l'article précédent pourront seulement être admis à des vœux  temporaires jusqu'au moment de leur service militaire ; et ils ne pourront pas, pendant leur service actif, renouveler leur profession ; lorsqu'ils auront été con­gédiés du service, ils feront de nouveau profession an moins pour un an, avant de se lier par la profession perpétuelle.

III.. - Les jeunes gens faisant leur service prendront garde de ne pas perdre le don de leur sainte vocation, mais de vivre toujours avec cette modestie et cette réserve qui sied à des religieux. C'est pourquoi ils éviteront avec horreur les réunions et les lieux suspects, les théâtres, les danses et autres spectacles publics ; ils éviteront aussi la fréquentation des mauvaises personnes, les conversations dangereuses, les choses irréligieuses, les hommes professant des doctrines suspectes, les lectures contraires à la foi ou aux mœurs et offensant les enseignements du Saint-Siège, et toutes les autres occasions de pécher ; ils n'omettront .pas de fréquenter les sacrements, autant que cela leur sera permis, et d'aller aux cercles ou réunions catholiques pour distraire et cultiver leur esprit.

IV. - Partout où sera établie leur garnison, s'il se trouve dans la localité une maison de leur Ordre ou de leur Institut, qu'ils aient soin de s'y rendre souvent et d'être sous la vigilance immédiate de leur supérieur. Mais si cette maison ne s'y trouve pas ou s'ils ne peuvent pas y aller commodé­ment, qu'ils aillent trouver un prêtre désigné par l'évêque à cet effet, qu'ils se servent de ses conseils et soient en fré­quentes relations avec lui, en sorte que lorsqu'ils devront abandonner cette même garnison, ils puissent recevoir de lui un témoignage écrit attestant comme quoi ils ont observé toutes les prescriptions de l'article précèdent. S'il n'y a pas de prêtre qui soit désigné par l'évêque, ils choisiront eux­-mêmes un prêtre prudent et ils feront connaître tout de suite ce choix à leurs supérieurs : ceux-ci s'informeront, auprès de l'Ordinaire, des mœurs, de la science et de la prudence de ce même prêtre. De plus, ils établiront et entretiendront avec soin, autant que faire se pourra, une correspondance active et fidèle avec leur supérieur respectif ou avec un autre religieux ou Frère de leur Institut désigné pour cela ; ils lui feront connaître leur genre de vie et leur situation ; ils le tiendront au courant de leurs changements de garnison, et surtout du nom et du domicile du prêtre avec lequel ils sont en relations, et dont ils suivent les directions, comme il a été prescrit plus haut.   

V. - Les Supérieurs généraux ou provinciaux, même locaux, suivant la coutume de leur propre Institut, sont absolument tenus, soit par eux-mêmes, soit par un religieux délégué à cet effet (et revêtu du sacerdoce dans les Instituts de clercs), de s'enquérir de la vie, des mœurs et de la con­duite générale de leurs sujets durant le service militaire. Ils le feront surtout par l'intermédiaire du prêtre ou des prêtres dont il a été parlé, en se servant, s'il le faut, de lettres se­crètes afin de s'assurer qu'ils ne se sont pas écartés de la voie droite, de la foi et des mœurs, qu'ils ont observé les garanties prescrites plus haut, et qu'ils se sont montrés fidèles à la vocation divine ; sur ce point, la conscience des supé­rieurs demeure gravement chargée.

VI. - Lorsqu'ils auront définitivement été congédiés du service actif, ils devront chacun se rendre directement à leurs maisons religieuses, et là, si l'on est assuré de leur bonne conduite passée, comme il a été dit dans l'article précédent, ceux qui font partie des Instituts à vœux  simples seront admis, après quelques jours d'une sainte retraite, à renouveler leurs vœux  temporaires ; dans les Ordres réguliers, au contraire, ils seront placés parmi les jeunes clercs ou profès, ou tout au moins dans une maison où l'observance régulière est parfaite, sous la vigilance spéciale et la direction d'un religieux recommandable par sa piété et sa prudence ; dans les Instituts de clercs, ce religieux devra être prêtre. Dans cet état, ils devront passer tout le temps qui doit précéder les vœux  solennels ou perpétuels, conformément aux prescriptions apostoliques et aux constitutions de leur famille religieuse (ce temps ne peut être moins d'un an, suivant ce qui a été dit aux articles I et II) ; de telle façon cependant que l'on fasse entrer en ligne de compte le temps passé dans les vœux  jusqu'au départ de la maison religieuse pour le service militaire, mais non pas le temps qui a été passé au service.

VII. - Pendant ce temps-là ils devront s'appliquer aux études et à l'observance régulière ; les supérieurs immédiats et les religieux préposés à la direction des plus jeunes devront les examiner avec le plus grand soin, étudier leurs habitudes, leur ferveur, leurs goûts, leurs opinions, leur zèle à persé­vérer, afin de pouvoir, avant la dernière profession, rendre compte à leur sujet aux Supérieurs majeurs, sous la foi du serment.

VIII. - S'il en est qui, pendant ou après leur service militaire, mais avant leur admission à la profession solennelle, ou ne se sont pas soumis aux précautions prescrites pendant le temps du service, ou n'ont point gardé intègre la pureté de foi ou de mœurs, ils seront congédiés par leur Supérieur général, du consentement des membres de son Conseil ou de ses définiteurs, et leurs vœux  seront considérés comme annulés par l'acte même du licenciement. Que si les jeunes gens eux-mêmes désirent être déliés de leurs vœux, ou en font la de­mande, le pouvoir est donné aux dits supérieurs, comme dé­légués du Saint-Siège, de les délier de leurs vœux, s'il s'agit d'Instituts de clercs ; mais s'il s'agit d'Instituts de laïques, les vœux  seront regardés comme déliés par les lettres des Su­périeurs leur permettant de retourner dans le siècle.

IX. - A ces prescriptions sont tenues même les Sociétés d'ecclésiastiques qui, sans avoir de vœux, soit simples, soit solennels, font cependant de simples promesses par lesquelles ils s'obligent envers lesdites Sociétés.

X. - Dans le cas où quelque point nouveau non prévu dans ce décret serait soulevé, ou également quelque doute s'élèverait dans la manière d'entendre ce même décret, on aura recours pour chaque cas à cette Sacrée Congrégation. Notre Très Saint Père le Pape Pie X, sur le rapport du sous-secrétaire, a daigné approuver et confirmer toutes ces décisions, nonobstant toutes choses contraires.

Donné à Rome, à la Secrétairerie de la S. Congrégation des Religieux, le 1ier janvier 1911.

Card. Vivès, préfet.

Donat, archevêque d'Ephèse, secrétaire. 

 Déclaration au sujet du décret « Inter reliquas »

 sur le service militaire des religieux.

 A la suite du décret « Inter reliquas » paru le 1ier janvier de l'année dernière, concernant le service militaire des reli­gieux, un certain nombre de doutes se sont élevés, dont on a demandé la solution à la S. Congrégation des Religieux. Les voici :

I. - Les vœux  perpétuels émis avant la promulgation du décret « Inter reliquas » cessent-ils ipso facto des qu'on prend du service militaire actif ?

II. - Les vœux  temporaires cessent-ils ipso facto dans les mêmes circonstances ?

III. - Est-ce que la profession solennelle dans les Ordres et la profession perpétuelle dans les Instituts à vœux  simples sont valides, si ces professions sont émises de bonne foi par ceux qui se sont crus, à tort, exemptés du service militaire ?

IV. - Faut-il tenir pour valide la profession solennelle dans les Ordres, ainsi que la profession perpétuelle dans les Instituts à vœux simples, si elles sont émises avant l'écoule­ment d'une année entière à partir de la fin du service mili­taire actif ?

V. - Une année entière doit-elle s'écouler avant que soit admis à la profession solennelle ou perpétuelle celui qui pendant trois mois seulement a servi sous les drapeaux ?

VI. - Peut-on admettre à la profession solennelle ou perpétuelle les religieux qui, soumis au service militaire actif, ont cependant et manifestement la ferme résolution de se dé­vouer aux missions étrangères et d'y rester jusqu'au temps fixé par la loi civile pour l'exemption perpétuelle du service militaire, exemption qui, en Italie, par exemple, est à trente-deux ans ?

Les Eminentissimes et Révérendissimes Cardinaux de cette S. Congrégation des Religieux, réunis au Vatican en assemblée plé­nière, le 24 novembre 1911, ont jugé bon, après mûre délibé­ration, de répondre comme suit :

A la première question : Non.

A la seconde question : Non en soi, c'est-à-dire les vœux ne cessent pas ipso facto au commencement du service mili­taire ; les religieux peuvent cependant demander la dispense de leurs vœux  dès le premier jour du service militaire, con­formément à l'article 8 du décret « Inter reliquas », s'ils n'ont pas l'intention de persévérer ; s'ils veulent persévérer ils ne peuvent, en aucun cas, émettre une nouvelle profession, à moins qu'ils n'aient achevé leur service militaire, quand bien même le temps de la profession aurait expiré durant le service.

A la troisième question : Non.

A la quatrième question : Non.

A la cinquième question : Non, mais dans ce cas, il est né­cessaire et il suffit qu'il y ait un trimestre d'intervalle, ou tort autre court espace de temps dans l'année, correspondant au temps passé au service militaire.

A la sixième question : Non en soi. La S. Congrégation permet cependant que, durant la dernière année d'études, les jeunes gens qui doivent dans l'année partir aux missions puissent être admis à la profession solennelle ou à la profes­sion perpétuelle, suivant les cas, et être promus aux Ordres. Le candidat devra toutefois auparavant prêter le serment de se dévouer au service des missions jusqu'au temps déterminé par la loi civile pour jouir de l'exemption. La conscience des supérieurs est chargée relativement à l'exécution de ce serment.

Toutes ces réponses et chacune d'elles avant été rapportées à Notre Saint Père le pape Pie X, dans l'audience du 6 dé­cembre 1911 accordée au secrétaire soussigné de la S. Con­grégation, Sa Sainteté a daigné les approuver et les confirmer. Nonobstant toutes choses contraires.

 Donné à Rome, à la Secrétairerie de la S. Congrégation des Religieux,

le 1ierfévrier 1912.      Card. VIVÈS, préfet. 

 AUTRES DOUTES SOUMIS A LA S, CONGREGATION DES RELIGIEUX

à propos du décret " Inter reliquas ».

 Aux deux questions suivantes qui lui avaient été posés :

I. - Le Décret « Inter reliquas ", concernant les religieux astreints au service militaire, est-il encore en vigueur après la promulgation du Code de Droit Canonique ?

II. - Dans l'affirmative, les novices astreints au service mi­litaire, le temps de noviciat étant expiré, doivent-ils émettre les vœux  temporaires pour trois ans conformément au Canon 574 ? La Sacrée Congrégation des Religieux répondit, le 15 juil­let 1919 :

A la première question : Oui.

A la seconde question : Non ; mais qu'ils émettent des vœux  temporaires valables jusqu'au service militaire. Ces vœux  ces­sent le jour où le religieux est effectivement appelé sous les drapeaux et soumis à la discipline militaire, ou bien le jour où il est définitivement réformé. Seulement, dans ce dernier cas, il peut les renouveler tout de suite pour la période de temps qu'il lui reste à faire pour que ses trois ans soient ac­complis[1].

Enfin, à la question suivante

« Dans les Congrégations ou Instituts religieux, où les Constitutions prescrivent que des vœux  annuels soient émis à la fin du Noviciat, les novices peuvent-ils, leur noviciat ter­miné, être admis à la profession des vœux  annuels ? »

La Sacrée Congrégation répondit, â la date du 30 novem­bre 1919 : « Oui ; de telle sorte cependant que ces vœux  ces­sent si les Religieux sont appelés sous les drapeaux avant leur expiration, et cela le jour même où ils sont incorporés et soumis à la discipline militaire » .  

Frères Missionnaires de Nationalité espagnole,

 Ainsi que vous l'a appris la Circulaire du 2 février dernier, une Ordonnance Royale publiée le 30 janvier 1921 concède a nos jeunes Frères espagnols employés dans nos établissements de Cuba, du Mexique, du Brésil, de la République Argentine, du Chili, du Pérou, de la Co­lombie, du Maroc et de l'Extrême-Orient la faculté de faire valoir comme service militaire actif le ministère qu'ils exercent dans ces établissements.

Pour bénéficier de cet avantage, voici les formalités qu'il importe de remplir. Il faut :

1° Que le jeune Frère conscrit soit inscrit au con­sulat espagnol du pays où il réside.

2° Qu'au mois de juin le Frère Provincial fasse au Bureau de recrutement du Frère conscrit la déclaration que ce jeune homme est membre de notre Congrégation, reconnue par Ordonnance Royale du 30 janvier 1921 comme Congrégation « missionnaire. »

3° Qu'à l'époque où se publie l'Ordre Royal d'appel de la classe (octobre ou janvier) le même Frère Pro­vincial fasse connaître a quelle maison de Mission re­connue espagnole est affecté le religieux atteint par la conscription.

4° Enfin, qu'au mois d'octobre de chacune des trois années de service, le Frère Provincial certifie encore que le sujet continue d'exercer dans les missions.

Le Frère Directeur de la maison où se trouve le jeune Frère missionnaire doit donc veiller a ce que la première de ces conditions soit remplie sans retard.

Pour les trois autres, les Frères Provinciaux qui em­ploient ces Frères trouveront avantage à s'entendre avec le Frère Provincial d'Espagne, qui se fera un plaisir de leur donner ou de leur faire donner tous les rensei­gnements utiles, et même de faire parvenir aux Bureaux de Recrutement les certificats requis, pourvu qu'on lui envoie les feuilles d'état civil des intéressés.

Cet avis est très important ; faute de s'y conformer exactement, les Frères seraient portés insoumis a la loi militaire. 

POUR LA DIFFUSION UNIVERSELLE

de la prononciation romaine du latin.

 Le dernier Chapitre général a décidé que la prononciation romaine du latin doit être enseignée et suivie dans les maisons de formation de la Congrégation pour deve­nir progressivement l'habitude de toutes les communautés.

Les encouragements donnés par les Souverains Pon­tifes a cette mesure et les efforts avec lesquels ils en poursuivent la réalisation dans l'Eglise universelle nous imposent le devoir d'y donner notre plus complète adhésion et d'y prêter notre dévouée collaboration. C'est a cette fin que j'ai cru vous être agréable en même temps qu'utile à la cause en vous donnant com­munication des lettres ci-après ayant trait : à cette question. 

Trois documents du Saint-Siège.

 Nous lisons dans la Revue liturgique et monastique de Maredsous (fasc. de la Toussaint, 1920) :

S. Em. le cardinal Gasparri vient d'adresser la lettre suivante a M. l'abbé Jules Delporte, maître de chapelle de l'Institution Notre-Dame des Victoires à Roubaix, pour son opuscule sur la Prononciation romaine du latin. 

Du Vatican, le 10 jura 1920.

Monsieur l'Abbé,

Je n'ai point manqué de remettre au Souverain Pontife votre opuscule sur la prononciation romaine du latin. Sa Sain­teté, qui connaissait déjà les résultats décisifs obtenus sur ce point dans votre région, vous félicite d'y avoir contribué pour votre part. Unissant ses vœux  aux encouragements que vous avez déjà obtenus d'un si grand nombre d'évêques et d'il­lustres personnages de France, le Saint-Père souhaite à votre nouveau travail tout le succès que vous en escomptez et qui étendra encore plus largement cette unité de la prononciation du latin, prenant pour type celle-là même qui est toujours vivante au centre de la catholicité, et dont vous avez réussi à fixer très exactement et très clairement les moindres règles.

Le jour où les membres de la grande société qu'est l'Eglise parleront tous vraiment la même langue, ce n'est point seu­lement sur le terrain liturgique, c'est partout où ils se ren­contreraient que seraient assurées à leurs relations avec une agréable facilité les fécondités les plus opportunes.

Par cette unité de prononciation d'une langue déjà si lar­gement connue, les peuples d'aujourd'hui comme la Chrétienté de jadis, posséderaient enfin cette langue unique et univer­selle que l'on a si souvent et plus ou moins vainement cherchée ailleurs. Cette plus grande possibilité de rapports mutuels serait un attrait et un lien de plus pour cette Société des Nations que fait si ardemment souhaiter le désir et le souci de la paix durable.

Puisque votre opuscule tend aussi à ce but, le Souverain Pontife ne peut que souhaiter à vos travaux les plus larges succès, dont la récompense et la garantie seront la Bénédiction Apostolique qu'il me charge de vous transmettre.....

 *

*     *

 Cette lettre si explicite en faveur du retour à la pronon­ciation romaine du latin n'est pas la seule. Le cardinal secré­taire d'Etat adressait en 1919 les deux lettres significatives que nous publions ci-dessous au R.mePère Dom Adéodat Marcet, abbé coadjuteur de Montserrat, près Barcelone. Nos lec­teurs se rappellent que ce fut dans cette abbaye que se tint en 1915 le Congrès liturgique de la province de Tarragone ; six évêques y prêchèrent, ce qui suffit à montrer l'importance qu'attache à la liturgie la hiérarchie de cette province, et S. Exc. le Nonce Apostolique le présida. C'est à l'occasion de ce Congrès que fut activement poussée la réforme de la pro­nonciation du latin locale et son remplacement par la pronon­ciation romaine.

Ces lettres paraissent un peu tardivement. Elles avaient été tout d'abord regardées comme n'appartenant qu'à l'usage privé du monastère ; mais un désir formel du Saint-Père, exprimé au destinataire de ces lettres dans une audience privée le 24 avril 1920, modifia cette conception et les lettres pontifi­cales turent livrées au public. En voici la teneur : 

Secrétairerie d'État de Sa Sainteté

Du Vatican, le 31 juillet 1919.

 Mon Révérendissime Père,

 L'esprit plein de sollicitude et de vigilance du Saint-Père n'a pas perdu le souvenir reconnaissant de l'opportune ini­tiative, prise il y a quelques années par Votre Paternité d'in­troduire dans son monastère la prononciation romaine du latin, afin d'y obtenir l'uniformité désirée.

Ayant maintenant décidé d'insister sur ce point, soit en Espagne, soit ailleurs, Sa Sainteté désirerait apprendre de vous l'accueil reçu par cette sage réforme.

Le Saint-Pére, qui se souvient d'avoir jadis parlé la langue espagnole, a souvent pensé que, pour l'Espagne, la pronon­ciation romaine du latin est nécessaire, afin d'éviter que la prononciation espagnole ne fasse énoncer des concepts entièrement différents de ceux que veut l'autour, et peut-être même gravement erronés.

En outre, il faut considérer que, s'il est vrai que pour bien parler la langue castillane il faut la prononcer comme elle se prononce en Castille, il est également vrai que, pour bien parler le latin, il est nécessaire de le prononcer suivant l'usage de la capitale du Latium.

Dans l'attente d'une réponse de votre part, qui me mette en état de donner à l'Auguste Pontife le renseignement dé­siré, lequel sera pour Sa Sainteté, j'aime à le croire, un nouvel encouragement à ajouter à celui qui lui a été donné déjà par l'expérience faite jusqu'à présent, au sujet de l'opportunité et de l'utilité de sa décision, je profite de l'occasion...

Card. GASPARRI. 

Secrétairerie d'État de Sa Sainteté

 Du Vatican, 13 septembre 1919.

   Mon Révérendissime Père,

J'ai reçu la lettre du 12 août dernier par laquelle Votre Paternité Révérendissime, donnant réponse à ma dépêche n° 94363, en date du 31 juillet, me fait connaître l'accueil qui a été fait à la prononciation romaine du latin dans son monastère, où elle a été introduite avec succès, et est maintenant suivie et pratiquée presque à l'unanimité, étant regardée comme une chose naturelle, bien plus, comme une source de satisfaction.

Je n'ai pas manqué de rendre au Saint-Père un compte soigneux de -tout ce que Votre Paternité n'a communiqué dans la lettre susdite ; et Sa Sainteté, pleine de joie, n'a chargé de faire parvenir l'expression de ses félicitations, non seulement â Votre Paternité, comme ayant acquis la plus grande part du mérite de cette réforme, en ce qui concerne le monastère, nais même aux autres religieux de l' abbaye, qui, en secondant cette initiative, ont fait preuve d'une sou­mission filiale et éclairée aux désirs du Pontife Romain, et d'un véritable attachement au Saint-Siège Apostolique.

Le Saint-Siège, en même temps qu'il rend grâces, par non entremise, de ce beau témoignage de vénération, fait des vœux  pour que le louable exemple de l'abbaye de Montserrat trouve partout de nombreux imitateurs, et fasse naître, con­formément à ses désirs, une sainte émulation dans toute l'Espagne catholique pour seconder l'opportune réforme. .

   Card. GASPARRI,

 *

*      *

 Au début de cette même année 1919, le Saint-Pére avait approuvé, par lettres du 15 février, les sages dispositions prises en cette matière par S. Em le cardinal Dubois pour son archidiocèse de Rouen ; et plus tard encore, le 26 août, Mgr l'Archevêque d'Alger était félicité et encouragé par Sa Sain­teté pour ses efforts en faveur de la prononciation romaine du latin.

Il y a donc de la part du Siège Apostolique une volonté très nette, très agissante, désireuse d'assurer le succès de cette réforme. Le cardinal Gasparri le dit expressément dans sa lettre du 31 juillet.

Le dessein data du pontificat de Pie X. Dès le 10 juillet 1912, le grand Pontife adressait un témoignage de sa satisfaction à S. G. Mgr Dubois, archevêque de Bourges, l'actuel cardinal archevêque de Paris, à l'occasion de l'activité déployée par ce prélat tant dans le diocèse de Verdun, qu'il venait de quitter, que dans celui de Bourges.

Au reste, dans le sujet qui nous préoccupe, les opposants à la prononciation romaine sont de plus en plus rares, et leur abstention leur nuira à eux-mêmes en tout premier lieu.

Notons enfin que le Pape ne distingue nulle part entre tel ou tel son de la prononciation romaine ; il demande et réclame la prononciation romaine intégrale, avec le tch inclusivement ; il veut le latin du Latium, et non pas celui du Portugal, qui ignore bien l'u et impose l'ou, mais qui se contente du c et repousse le tch italien. Ce système ne satisfait pas les désirs du Pape tels qu'ils sont exprimés dans les documents pontifi­caux ; il faut aller jusqu'à la méthode romaine complète.  

Consécration de l'Institut à Saint Joseph.

  Un membre du dernier Chapitre général avait proposé de consacrer l'Institut a saint Joseph. Les Frères capi­tulants, dans la pensée de renouveler la consécration de la Congrégation au Sacré-Cœur, ne jugèrent pas alors opportune cette proposition, tout en témoignant de notre traditionnelle dévotion au glorieux Epoux de Marie. Mais depuis, un fait nouveau et très important est intervenu. Le Souverain Pontife a publié un jubilé à l'oc­casion du cinquantenaire du Patronage de saint Joseph sur l'Église universelle. Conformément aux recommanda­tions du Saint-Père et de son Éminence le Cardinal Ar­chevêque de Turin, les communautés de la maison-mère se sont préparées à la solennité du Patronage par un Triduum de prières ; et le dimanche, 17 avril, ces exercices ont été clôturés par la bénédiction d'une belle statue du saint Patriarche, qui orne maintenant notre modeste parc.

C'est le R. P. Hilléreau, notre vénéré et bien-aimé Aumônier depuis plus de trente ans, qui nous avait dis­crètement laissé entendre qu'une statue de saint Joseph produirait bon effet entre celles du Sacré Cœur de Jésus et de Notre-Dame de Lourdes. Un généreux donateur, le plus ancien membre du Conseil Général sollicita l'honneur de faire les frais de l'érection de la statue de son saint Patron.

C'est encore le Révérend Père qui me suggéra l'idée de consacrer tout l'Institut à notre premier Patron. Le souvenir de la proposition faite au Chapitre me revint. alors a la pensée, et je soumis la question au Conseil, qui fut unanime pour l'affirmative. En conséquence, je prononçai cette solennelle consécration a la chapelle en rentrant de la procession organisée pour la bénédiction de la statue.

Daigne saint Joseph agréer nos pieux hommages et exaucer nos ardentes supplications  ! 

Consécration à Saint  Joseph.

 Ô Bienheureux Joseph, digne entre tous les saints d'être vénéré, aimé et invoqué, tant à cause de l'excellence de vos vertus que pour l'éminence de votre gloire et la puissance de votre intercession auprès de Dieu ; en présence de Jésus qui vous a choisi pour son Père nourricier et de Marie qui vous a accepté pour Époux, je viens en ce jour solennel et à l'occasion du jubilé semi-centenaire de votre Patronage sur l'Église universelle, me consacrer à vous et vous con­sacrer tous les religieux de l'Institut ainsi que nos écoles et toutes nos oeuvres.

Ô grand Saint, obtenez-vous à tous le don d'oraison et une grande fidélité à la grâce ; puissions-nous, marchant sur vos traces, aimer comme vous l'obéissance, l'humilité, la vie cachée, le saint exercice de la présence de Dieu, afin que notre existence soit pleine de mérites et employée tout entière à glorifier Jésus et Marie.

Que toutes nos communautés ressemblent à la Sainte Fa­mille de Nazareth par le recueillement, l'application au travail et par la plus par faite charité. Que tous ceux qui détiennent à un degré quelconque l'autorité se modèlent sur la sagesse, la bonté et la prudence avec lesquelles vous avez constamment gouverné la Sainte Famille ; que les inférieurs à l'exemple de Jésus et de Marie soient soumis en esprit de foi à leurs Supérieurs ; que ceux qui ont la mission d'élever et d'instruire la jeunesse témoignent aux enfants qui leur sont confiés le respect et l'amour que vous pro­fessiez pour l'Enfant-Dieu, et qu'ils les conduisent conformément aux enseignements du saint Évangile dans la voie qui mène au salut.

Vigilant pourvoyeur de la Sainte Famille, nous vous recommandons tous nos besoins : rendez prospères nos écoles ; peuplez nos noviciats et nos juvénats ; rendez notre jeunesse docile, appliquée, généreuse et vertueuse ; assistez nos ma­lades ; soutenez le courage de tous nos religieux a fin qu'ils surmontent les tentations et triomphent de tous les obstacles et que nous arrivions tous, après une sainte vie et une heureuse mort, à la glorieuse éternité. Ainsi soit-il.  

Causes du V, P, Champagnat et du vénéré F, François.

 Depuis le 11 juillet dernier, nous demandons au Seigneur de manifester la sainteté de son serviteur le Vénérable Père Champagnat par des miracles. L'ardeur de nos désirs de voir notre V. Fondateur placé sur les autels s'est fortement accrue par la publication de l'héroïcité de ses vertus ; j'en ai la preuve dans les nombreuses correspondances qui touchent a ce point. Les prières, les actes de mortification, la régularité de nos communautés, le zèle de nos Frères pour la gloire de Dieu et de Marie ne peuvent que hâter le jour de la Béatification.

Associons nos élèves et nos familles a nos efforts personnels dans le but d'aboutir a un heureux et prompt résultat.

Pour faire connaître davantage le Vénérable, le T. R. F. Stratonique, avec l'avis favorable du conseil, avait confié la rédaction d'une nouvelle vie du Vénérable Père Champagnat à Monseigneur Laveille, vicaire général du diocèse de Meaux. Ce prélat, lauréat de l'Académie Française, a écrit plusieurs autres ouvrages de ce genre ; et il y a obtenu de grands succès. Ses écrits sont a. juste titre aussi appréciés dans le monde littéraire que dans le monde religieux. Cet ouvrage, actuellement sous presse, et spécialement destiné au public, sera livré dans quelques semaines. Nous espérons qu'il nous viendra en aide pour l'avancement de la cause.

Avec cette bonne nouvelle, j'ai le plaisir de vous communiquer plusieurs lettres relatant des faveurs de­mandées par l'intercession du Vénérable Père Cham­pagnat et du vénéré Frère François, et par lesquelles leurs protégés se proposent de témoigner leur reconnaissance et de faire connaître leur crédit auprès de Dieu. I.

Saint Laurent, 7 mai 1920.

Au cher frère Petrus-Emile, Beauceville (Canada).

 Bien Cher Frère,

Quoique je n'aie pas encore reçu le reste des objets deman­dés et que tu dois m'envoyer, je viens te dire un grand merci pour ta bonne lettre ainsi que pour les images enrichies d'une parcelle des vêtements de votre vénérable Père Fondateur ; cela redouble ma confiance ainsi que celle de mes compagnes qui le prient. Oui, notre confiance né peut que s'accroître, car il semble exaucer les demandes que je lui fais en faveur des autres.

Samedi dernier, nous terminions une neuvaine pour une novice qui était dans une chaise roulante depuis deux mois, elle ne pouvait marcher sans verser des larmes de douleur ; tout à coup dans l'après-midi, les douleurs disparaissent ; aussitôt elle quitte sa chaise, Bile marche sans douleur et se pro­mène sur la galerie une demi-heure sans s'arrêter ; quand on m'a avertie de la chose, une larme est partie de mes pau­pières, tant j'en ai ressenti de la joie ; cette novice a promis de publier cette faveur.

Ta grande sueur qui t'aime et prie pour toi.

Sœur MARIE de St-Apollinaire.

 Voici sa lettre :

Saint Laurent, 7mai 1920.

Au Cher frère Petrus-Emile, Beauceville (Canada).

  Mon Bien Cher Frère,

C'est une tâché bien douce que l'on m'impose aujourd'hui, et je suis tout heureuse d'employer les forces acquises pour honorer et pour témoigner ma profonde gratitude envers votre Vénéré et Vénérable Fondateur, le P. Champagnat.

Sœur Marie de St-Apollinaire vous a donné à peu près tous les détails de la maladie, mais puisqu'il faut e renoncer en reconnaissance du bienfait reçu et obéir pour faire plaisir à ma compagne, je résumerai donc en peu de mots le change­ment opéré en moi au cours de la neuvaine du 9 au 17 avril.

Pour la troisième fois, en septembre 1917, j'ai dû subir une opération. Jamais rien qui concernait l'estomac, mais le bistouri laisse toujours un indice de sa visité, on me mit au rang des chlore-anémiques. Je suis restée faible et languissante, c'est alors que la digestion se fit de plus en plus mal. En juin 1919, je fus obligée de prendre le lit : le pain sec, le beurre et le thé, et cela en très petite quantité, devinrent ma seule nour­riture. Depuis septembre dernier, je ne prenais que deux pe­tits repas par jour afin de pouvoir reposer un peu la nuit.

A la suite d'un examen, le médecin a déclaré que le pylore était très rétréci à l'intérieur et se dilatait à l'extérieur. Vers la mi-janvier 1920, toute nourriture, tout breuvage me fatiguaient ; impossible de décrire les nuits que je passais ; enfin, le 18 février, après une faiblesse et une raideur qui dorèrent trois heures, je fis mon apparition à l'infirmerie, et comme ces mauvaises secousses revenaient souvent et que chaque fois j'étais en danger de mort, on jugea à propos de m'admi­nistrer les derniers sacrements.

Trois semaines de vomissements inexplicables. J'avais une masse dure qui remplissait tout l'estomac, même l'œsophage était tellement gonflé que je croyais étouffer à chaque instant.

Dieu seul sait ce que j'ai souffert ...  ce cher bon Dieu ne nous abandonne pas au plus fort de la tourmente, croyez-moi, en voici une preuve.

On me donnait quelques jours, une semaine tout au plus de vie ; cependant, les 7 et 8 avril, une voix intérieure me disait : Fais donc une neuvaine, avec SR M. de S. Apollinaire, au P. d'Arthur ; comme vous voyez, je ne me souvenais même plus du nom de votre Vénéré Fondateur.

Par chance, le 8 au soir, ma sœur gardait à l'infirmerie et après une crise, je lui exposai mon désir ; aussitôt dit, aus­sitôt fait, elle, à genoux, les bras en croix (vous connaissez sa foi et son ardeur), et moi, à moitié morte, nous commen­çâmes la neuvaine. Le lendemain, je reçus une relique, et le 12 après midi, les douleurs, l'enflure, la dureté, tout avait disparu. Depuis lors, je mange du pain, de la viande, des oeufs, sans rien ressentir.

Avons-nous fait notre part de confiance, de foi, de géné­rosité envers votre bon Père, oui, n'est-ce pas ? Eh ! bien, à vous de faire la vôtre à mon égard. Tant de vomissements ont causé de l'irritation qui se manifesté dans l'estomac par des picotements, et dans la bouché par de petits ulcères qui me font beaucoup souffrir. Je vous laissé ce travail à faire, et pendant la neuvaine, que nous commencerons le 12 pour finir le 20, anniversaire de la naissance de mon bienfaiteur, il faut à tout prix que cela disparaisse. Commandez au Père comme le fait votre sœur et faites-vous obéir comme elle. Vous m'entendez, il le faut.

Papa a payé deux messes privilégiées pour le premier et dernier jour de la neuvaine.

Votre reconnaissante,

                     Sœur MARIE de St.-Georges. 

II.

 Larache (Maroc espagnol), 6 juillet 1920.

  Le 16 octobre 1918, ma fille Thérèse tomba malade de la terrible grippé. On lui injecta, en quantité considérable du sérum de cheval et cependant aucun mieux ne se remarquait dans l'état de l'enfant. On lui fit des injections de sérum ar­tificiel ; à plusieurs reprises eurent lieu des consultations com­posées des Docteurs D. José del Buey, directeur de l'Hôpital Militaire ; D. Pedro Torves, médecin du Régiment de Taxdir et D. Julio Turné, médecin chargé du Dispensaire Espagnol.

Depuis le 16 octobre jusqu'au ter novembre, l'état de ma fille alla en s'aggravant malgré les interventions des Docteurs dont je viens de parler.

Voyant que l'action des hommes était ou pouvait être con­sidérée comme inutile, nous eûmes recours à nos voisins les Frères Maristes. Ils nous donnèrent une image à laquelle était attaché un fragment du vêtement porté par le Vénérable Père Champagnat, fondateur de leur Ordre ou Institut, et une neu­vaine fut commencée dans leurs classes et dans notre famille. Chose prodigieuse : à peine ma fille, qui se montrait aussi indifférente aux injections et aux applications de médicaments que si elle avait perdu la sensibilité, eut-elle entre ses mains l'image du Père Champagnat munie du petit fragment des ha­bits du Vénérable, elle se sentit tant de forces que je ne puis l'attribuer qu'à l'intercession du serviteur de Dieu et à la foi avec laquelle elle demandait un miracle. Comme père de l'en­fant qui endura tant de souffrances, je crois et je déclare que je ne conçois pas sans un vrai miracle que ma fille ait échappé à la grippe qui mit fin à tant d'autres vies, et, si je l'ai en­core, je ne le dois qu'à l'intercession du Vénérable Fondateur des Petits Frères de Marié, Marcellin Joseph Benoît Champagnat, pour qui j'ai depuis lors une véritable dévotion et une grande confiance en son crédit auprès de Jésus-Christ notre Seigneur.

C'est ce que proclame un Capitaine d'Infanterie de Marine qui se nomme

RAFAEL FRANADOS.

N.B. - Nous regrettons de n'avoir pu donner, au lieu du texte espagnol, que cette traduction française ; mais notre im­primerie ne possède pas les caractères particuliers à la langue castillane. 

III.

 Je soussignée, femme Julie Pellicier, née Duc, certifie avoir souffert longtemps d'une phlébite à la jambe. Le 8 du mois d'août 1920, la douleur devint telle que je ne pouvais plus y tenir.

Me souvenant avoir reçu du frère recruteur des Petits Frères de Marie une image avec relique de leur Vénérable Fondateur, le Père Champagnat, je la pris et la plaçai sur la partie malade, et aussitôt j'ai ressenti un grand soulagement qui a persisté.

En foi de quoi je suis heureuse de donner le présent certificat.

Fait à Gravier (Savoie), le 28 octobre 1920.

                    JULIE PELLICIER.

 Je soussigné, Pellicier Joseph-Marie atteste parfaitement exacte la déclaration de ma femme Julie.

PELLICIER JOSEPH-MARIE.

 IV.

 Carmel de la Réparation, Roanne, 16 novembre 1920. . ....

Mon cher Frère,

laissez-moi vous raconter ce qui vient de se passer chez nous.

Le 4 de ce mois, une de nos jeunes sœurs converses (26 ans), depuis quelques semaines à l'infirmerie en proie à des douleurs et des malaises qui la torturaient de la tête aux pieds, était prise de violentes crises d'étouffement. Notre bon Docteur appelé le lendemain diagnostiquait un commencement de méningite avec des symptômes très alarmants d'un mal foudroyant. En sortant il me dit : « Faites vite administrer cette petite sœur car cela peut aller rapidement ». Désolée à la pensée de perdre notre chère petite sueur Marie-Dosithée, une véritable enfant d'obéissance, l'édification de notre monastère, qui depuis cinq ans n'a donné que joie et consolation à sa Prieure et à ses sœurs ; je m'en allais disant ma peine au bon Dieu, quand tout à coup la pensée me vint de recourir à votre Vénérable Fondateur, dont le portrait et la relique sont à demeure  à l'infirmerie. .

Je plaçais donc sur la tête de notre malade l'image que vous m'avez envoyée dans votre dernière lettre et la Communauté commençait de suite une neuvaine au Vénérable Marcellin Champagnat.

Quand le Docteur revint le lendemain, tout symptôme de méningite avait disparu ; restaient les étouffements qui durèrent encore trois jours, trois longs jours d'agonie ! Mais la relique-image était sur la poitrine de la petite malade et notre confiance ne faiblissait pas. Au bout de ce temps, notre souriante sœur pouvait enfin se dégager de peaux épaisses qui malheureusement n'ont pas été conservées par l'infirmière, mais qui ont confirmé les craintes du Docteur. Il nous avait dit : « Je crains la croup s. Depuis ce moment, la malade est en convalescence et ne ressent plus les douleurs qui l'ont fait souffrir si longtemps. J'ai dit plus haut, mon cher Cousin : malheureusement. les pièces à convictions n'ont pas été con­servées, car notre Docteur très surpris de l'amélioration les a demandées. Sans elles, il a déjà dit : « Ce n'est pas moi qui ai guéri la malade ». Quel regret de ne pouvoir avoir quelque chose de mieux qu'une parole ! Votre Vénérable Fondateur aura néanmoins la reconnaissance de nos cœurs. La Commu­nauté a promis une offrande pour sa béatification ; elle tiendra sa promesse. En attendant, mon cher Cousin, veuillez nous aider à obtenir de votre Père la complète guérison de notre sœur Marie-Dosithée ; je veux du parfait, et aussi - aux Saints on peut tout demander la guérison d'une jeune sœur qui est très fatiguée depuis quelques jours.

       Sœur THÉRÉSE-AIMÉE-Noël de S. Raphaël. 

V.

 Berck-Plage (Pas-de-Calais), France, ce 15 décembre, 1920.

 Au Révérend frère Supérieur Général des Frères Maristes, Grugliasco, Italie.

 Mon Révérend Frère,

Après avoir attendu trois mois, pour constater le fait, je viens vous prier d'enregistrer une faveur concernant le Père Champagnat.

Il s'agissait de suites fâcheuses survenues à la naissance d'un petit ange.

Sans doute, en toute autre circonstance, l'opération devenue urgente n'avait rien de bien grave. Mais la malade tellement affaiblie par les hémorragies, pouvait très bien passer au grand sommeil.

Vous décrire l'angoisse des chers parents, du jeune époux, près d'un berceau dans lequel la petite Thérèse ne demandait qu'à vivre, et d'un lit où semblait morte la chère maman, est inutile, je n'y arriverai pas.

Ne sachant plus à quel saint cous adresser, j'envoyai sur-le-champ un télégramme à Nazareth (pension de famille à Lille, .où ma belle-sœur, religieuse de l'Enfant-Jésus, est Di­rec­trice), réclamant les prières de la communauté. La réponse de Mme la Directrice fut celle-ci : « Nous commençons une neuvaine au R. P. Champagnat, unissez-vous avec nous. Ci­-joint l'image relique .. »

Aussi, je ne puis passer sous silence ce qui me semble être le résultat de nos prières confiantes. Et du fond du cœur, nous adressons au R. P. Champagnat un merci que l'on ne peut exprimer en lettre.

La chère maman est debout, se promène, voyage ; et le petit ange sourit, lui aussi. Plus tard, nous lui parlerons de cette grande faveur.

En attendant, veuillez, mon Révérend Frère, nous aider à remercier Notre-Seigneur. Que l'heureuse intervention du R. P. Champagnat dans les causes matérielles et physiques, nous obtienne la conversion de tous les pécheurs, pour la plus grande gloire de Dieu.

                     ALICE TOBOT,

                                     petite belle-sœur de la chère maman, et marraine de Thérèse. 

 VI 

V. J. M. J.          

N.-D. de l'Hermitage, ce 10 octobre 1920.

.Mon Révérend Frère Supérieur Général,

Je suis heureux de porter à votre connaissance le fait sui­vant, tout à la gloire de Dieu et de son serviteur, notre vé­néré Frère François.

Notre bon Frère Clet, né Guillaume Redon, le 2 février 1853, à Aix-la-Fayette (Puy de Dôme), commença à éprouver, en janvier 1919, une certaine gêne au gosier. Le mal alla en s'accentuant peu à peu, si bien qu'il éprouvait une grande difficulté à avaler la nourriture, au point qu'il ne pouvait plus même faire la sainte Communion.

Le Docteur Riolacci de St-Étienne diagnostiqua une tumeur à l'épiglotte et prescrivit une opération chirurgicale pour laquelle il désigna lui-même le célèbre Docteur Garel.

Vers le 20 octobre 1919, le Frère Clet se rendit, à cet effet, à l'Hôpital St-Luc, à Lyon, où il fut opéré par le Docteur Garel et son gendre le Docteur Ginioux. Les deux Docteurs et la Sœur infirmière travaillèrent pendant une heure et, en six fois, enlevèrent au patient des morceaux de cette tumeur. L'opération avait très bien réussi. Après cinq jours d'hôpital et une courte station à Saint-Genis-Laval, le F. Clet nous revint. Il pouvait manger normalement.

Mais depuis trois mois environ, le F. Clet éprouvait de nouveau les mêmes douleurs et inconvénients. En septembre dernier, il alla voir le Docteur Lorcin de St-Chamond, une première fois ; puis une deuxième fois une huitaine de jours après, le 20 septembre 1920. Le Docteur jugea que cette se­conde tumeur était à point pour être opérée. Le F. Clet, à ce moment, était dans un état général de santé très affaibli ; on hésitait à l'envoyer à la clinique. Néanmoins, le mal empirant de jour en jour, force fut bien de se décider.

Donc, le mercredi, 6 octobre 1920, il partait pour Lyon... et le lendemain, jeudi, 7 octobre, il nous revenait. Jugez de mon étonnement lorsque je l'entendis me dire tout joyeux, en entrant dans ma chambre : « Je suis guéri... et sans opération... C'est le vénéré Frère François qui m'a guéri. »

Alors il me raconta que, redoutant fort cette seconde opé­ration, tant à cause des souffrances qu'elle allait lui causer que pour les suites funestes qu'il craignait, il avait fait une neuvaine au Frère François et s'était recommandé aux priè­res des Juvénistes. Le mardi soir, veille de son départ pour Lyon, il était allé sur la tombe du vénéré Frère François, dans notre cimetière, et lui avait exposé en toute ferveur et confiance, et avec larmes, ses ennuis et appréhensions.

Et voilà qu'à son arrivée à Lyon, dans le parcours entre la gare de Perrache et l'Hôpital S. Luc, il se sent tout à coup changé : ses craintes ont disparu, il est tout transporté de quelque chose d'indéfinissable. Il entre allègrement à l'hôpital et se présente (le Docteur Garel étant absent) au Docteur Ginioux qui avait aidé à l'opération l'année dernière. Deux autres Docteurs l'assistaient et la même Sœur infirmière. - Tiens, vous revenez, lui dit le Docteur Ginioux » . - « Oui, répond le Frère, et pour la même chose que l'année dernière. » - « Bien, asseyez-vous. » Le Docteur prend ses instruments et regarde le fond du gosier ; il ne voit rien d'anormal. Il passe ses instruments successivement aux deux autres docteurs qui ne voient rien non plus. « Enfin, voyons, j'ai la berlue aujourd'hui, s'écrie le Docteur Ginioux. » Et de nouveau il regarde très attentivement. Finalement il avoue au Frère qu'il n'y a pas lieu à opération puisqu'il n'y a pas trace de tumeur. Le Frère Clet, tout confus d'avoir dérangé trois Docteurs pour rien, n'osa pas révéler aux Docteurs sa ferme conviction qu'un docteur céleste venait de le guérir.

En sortant de l'hôpital, le Frère Clet ouvrit sa valise où il avait mis quelques petites provisions et se mit à manger, car il était midi : à sa grande joie, il constata qu'il n'éprouvait aucune difficulté, aucune douleur.

II se rendit alors à St Genis-Laval, où le Frère Infirmier, qui l'avait vu l'année dernière avant la première opération, lui fit ses félicitations d'avoir échappé à l'opération, car, lui dit-il, cette seconde fois, elle aurait pu vous être funeste.

Depuis, Frère Clet mange à la table commune et fait hon­neur à tout ce qu'on y sert, et avec appétit,

Le vendredi 8 octobre, lendemain de son retour, je l'ai en­voyé chez le Docteur Lorcin, pour qu'il lui demande un cer­tificat de maladie et de guérison.

Voici la copie exacte de ce certificat : 

DOCTEUR LORCIN

4, Place Dorian                                                   Saint-Chamond, le 8 octobre 1920.

Saint-Chamond (Loire)

      Rayons X

Téléphone 185

 Je, soussigné, docteur en médecine, certifie que le frère Clet, habitant à l'Hermitage, commune de St Martin-en-Coailleux, précédemment opéré pour une tumeur à l'épiglotte, était de nouveau atteint vers  le 20 septembre d'une tuméfaction de l'épiglotte déterminant de la dysphagie et pour laquelle je t'ai adressé au chirurgien qui l'avait déjà opéré à Lyon. Ce 8 oc­tobre, je constate que la tuméfaction a disparu avec les phé­nomènes de dysphagie.       Dr Lorcin.

 Peut-être, mon Révérend Frère, serait-il bon d'avoir un certificat du Dr Ginioux, attestant qu'il n'a pas fait l'opération que le F. Clet allait lui demander ?...

J'ai fait ce rapport très sérieusement et consciencieusement, après avoir interrogé à plusieurs reprises le F. Clet et lui avoir demandé si tout est bien exact. Néanmoins, je compte sur votre sagesse, mon Révérend Frère Supérieur, pour ne faire de ce rapport que l'usage que vous croirez bon, car je com­prends bien qu'en.ces sortes de choses, il faut éviter la crédulité et l'emballement.

D'ailleurs vous pourrez en juger par vous-même lors de votre prochaine visite promise et que nous attendons avec une filiale impatience.

Dans l'espoir et le grand désir que cette relation puisse être de quelque utilité pour la cause de béatification du vénéré successeur du Vénérable Champagnat,

Je vous prie d'agréer, mon Révérend Frère Supérieur Gé­néral, l'hommage de mon entière et respectueuse soumission.

            Frère JEAN-ALPHONSE.

 Le bon F. Clet est toujours vivant a N.-D. de l'Hermitage, où il travaille sans se ressentir du mal dont il déclare avoir été guéri par l'intercession du vénéré Frère François, en qui il a toute confiance.  

Election d'un Frère Provincial.

 En vertu d'un indult de la S. Congrégation des Re­ligieux, en date du  ? 1 avril dernier, le Conseil Général a réélu pour une nouvelle période de trois ans a la charge de Provincial du Brésil Méridional le Frère MARIE­-LIÉVIN qui était arrivé depuis quelque temps déjà au terme de sa seconde période. 

Visites triennales.

 Les chers Frères Flamien et Marie-Odulphe sont heu­reusement rentrés de leur visite au Brésil Septentrional et au Brésil Méridional. Le soleil les a bien un peu brunis ; mais, grâce a Dieu, ils sont en bonne santé, et leurs forces se sont maintenues pendant tout le cours de leurs longs et pénibles voyages.

Le Seigneur les a comblés de joie et de consolation ; ils ont présidé les retraites annuelles et passé quelques jours dans toutes les communautés. Ils ont admiré la bonne volonté, la régularité, l'esprit d'abnégation, le zèle et la charité de ces Frères qui mènent une vie cruci­fiante, non seulement sans se plaindre, mais en travaillant avec ardeur à étendre toujours davantage leurs oeuvres pour le plus grand bien de la jeunesse qui leur est confiée. Et nous n'avons qu'à louer la Providence des bénédictions visibles par lesquelles elle récompense leurs efforts.

Mais le bonheur de ces Frères a été bien plus grand encore de recevoir la visite de leurs supérieurs, dont ils étaient privés depuis près de dix ans. Quelles charmantes lettres et quelles effusions de gratitude je reçois de par­tout, même de quelques-uns qui, avec des félicitations bien méritées, ont reçu de sages avis. Il y a partout des tempéraments faibles qui ont besoin d'être soutenus par la force des Supérieurs ; il y a des inférieurs qui souffraient d'une froideur réelle ou imaginaire ; la visite a dissipé les malentendus ; il y a des natures très sensibles, j'allais écrire trop sensibles, elles attendent celui qu'elles ne connaissent pas, mais c'est l'envoyé de Dieu, d'avance il a leur confiance, et elles lui confieront leurs peines, leurs inquiétudes pour être rassurées et encouragées. Tous sont heureux de constater qu'on reconnaît leur dévouement, leurs progrès personnels et ceux de leurs oeuvres ; c'est l'extension du règne et de la gloire de Dieu  !

Puis viennent les beaux et grands projets pour les­quels il faudrait beaucoup de ressources mais surtout toujours plus de bons religieux. Ces désirs sont bons et avantageux bien qu'il ne puisse pas y être donné immé­diatement satisfaction : ils provoquent de louables et gé­néreux efforts en vue des résultats a atteindre.

Le T. R. F. Stratonique a passé du Brésil Central au Brésil Méridional puis en Argentine et au Chili ; d'après son itinéraire il doit se trouver actuellement au Pérou. Les Frères des Etats-Unis l'attendent ; if ne tardera pas à arriver chez eux. Pourtant, sa charité l'incline encore vers la Colombie. Nous n'avons toujours qu'à remercier Dieu qui veille sur sa merveilleuse santé ; nous nous réjouissons de l’œuvre qu'il accomplit ; il fait le bien en grand, et la grâce divine féconde son travail.

Le cher Frère Angelicus est arrivé en Amérique après une traversée rapide et heureuse ; il a surtout joui et bénéficié abondamment à bord des secours religieux, la Messe et la sainte Communion. Il commence ses visites et il présidera les retraites annuelles dans les deux pro­vinces des Etats-Unis et du Canada. Daigne le Seigneur combler ses désirs et bénir son travail !

Le cher Frère Michaélis nous a envoyé les meilleures nouvelles des communautés de la province d'Espagne et de la prospérité des collèges ; plusieurs réclament des agrandissements immédiats.

Le cher Frère Columbanus a été retenu pendant plus d'un mois à Sydney par la grève des gens de mer ; il n'a pas pu présider les retraites en Nouvelle-Zélande comme nous l'avions espéré. Il est probablement en ce moment aux îles Samoa et Fidji. Son arrivée dans l'Afrique du Sud se trouve aussi retardée, et les retraites qui de­vaient avoir lieu en juillet sont reportées en décembre dans l'espoir qu'il pourra les présider. Les courriers postaux sont rares pour ces pays ; dans sa dernière lettre, le cher Frère Assistant nous disait qu'il était en bonne santé et qu'il continuait normalement ses visites.

Les chers Frères Elie-Marie et Augustin-Joseph sont arrivés respectivement à Constantinople et à Beyrouth après une heureuse traversée ; ils poursuivent aussi régu­lièrement leurs visites et nous espérons qu'ils seront de retour a la maison-mère vers la mi-juin.

Cet important travail des visites triennales, forcément suspendu pendant la guerre, a été, comme on le voit, mené très activement ; et à la fin de cette année, il ne restera plus que quelques provinces qui n'en auront pas encore bénéficié, et elles ne tarderont pas a avoir leur tour. 

Frères décédés depuis la Circulaire du 2 février 1921

 

NOMS DES DEFUNTS            Lieux des décès         Date des décès

 

F. Herminio                   Profès temp,   Lujan (Rép. Argentine)           17 mai 1020

    Han .Pierre                Juvéniste         Pékin (Chine)                          1 févr.. 1921

F. JustinStable                                       Bailioboro Irlande)                  18        »          »

F. Amidéi                       "                        St Genis-Laval (Rhône)          27       "

F. Marie-Savinien         Profès perp.    Champier (Isère)                    12 mars »

F. Laetus                        Stable              Apia (Samoa)                          17 »     "

F. Daniel-Autonin          Profès perp.    Pékin (Chine)                          26        "           "

F. Riquier                       Stable              Ruoms (Ardèche)                    26        "           "

F. Didier                         Profès perp.    St Bonnet-les-Oules (Loire)   27 "      "

F. Landolf                       Stable              Antibes (Alpes-Maritimes)     3 avril « 

F. Forgeai                      Profès perp.    N. D. de l'Hermitage (Luire)   5          »

F. Vincenzo-Giuseppe     «                       Amchit (Lïban)                         7

F. Concordius                         »          Varennes-s/-Allier (Allier)              13      "    "

F. José-Roberto            Profès perp.    Maceio (Brésil)                        18 "

    Vila Pedro                  Juvéniste         Las Planas (Gerona)              19        »

F. Laurent                       Profès temp.   Catins (Lot)                              17        »

F. Renaud                      Profès perp.    Ruoms (Ardèche)                    2 mai   "

 

La présente circulaire sera lue en Communauté à l'heure ordinaire de la lecture spirituelle.

Recevez, M. T. C. F., l'affectueuse assurance du tendre et religieux attachement avec lequel je suis, en J. M. J. Votre très humble et tout dévoué serviteur 

                     Frère DIOGÈNE, Sup. Gén.

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[1]: Je dois faire remarquer que, conformément à nos Constitutions, nos frères sont soumis à cinq années de vœux  temporaires (Note du R. F. S.).

 

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