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Calendario marista - marzo

Circulaires 271

 

H. Diogène
24/05/1922 - Vol. XIV, n. 15
Circular 271

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Retraites annuelles - Centenaire de la Société de Marie – Lettre du Souverain Pontife Pie XI - Documents de Rome - Lettres testimoniales - Faveurs attribuées au V. P. Champagnat - Cause du vénéré F. François - Chapelle de Rome - Visites triennales - Elections - Erection de noviciat - Liste des Défunts.

271

22.2

 V. J. M. J.

Grugliasco, le 24 mai 1922.

Fête de Notre Dame Auxiliatrice.

      Mes Bien Chers Frères,

C'est pour la deuxième fois que je m'acquitte du grave devoir de vous convier tous à la retraite annuelle et de  rappeler aux Frères qui gouvernent les districts et les provinces leurs obligations et leur responsabilité à ce sujet, conformément aux prescriptions de nos Constitu­tions et du Code canonique.

Ces exercices auront lieu, à la maison-mère, pour les membres de l'administration générale, pour les Frères Provinciaux d'Europe et pour les Frères qui y seront convoqués, du dimanche 18 au dimanche 25 juin. Les Frères Provinciaux fixeront les dates des retraites dans leurs provinces respectives en juillet, août et septembre pour les pays situés au nord de l'Equateur et en décem­bre et janvier pour ceux de l’autre hémisphère.

L'obligation pour nous de faire trêve, chaque année, pendant une semaine à toute autre occupation pour nous adonner uniquement et dans le recueillement à la mé­ditation et à la prière découle des besoins de notre âme. Tous sommes si convaincus de cette nécessité qu'elle ne demande pas de nombreuses preuves  : je veux néanmoins appeler votre attention sur quelques considérations qui sont de nature à fortifier ces convictions et à nous dis­poser ainsi à mieux profiter des grâces que Dieu nous prépare pendant ces saints exercices.

Les fautes sont inévitables dans les fonctions de nos divers emplois ; c'est pendant la retraite que nous nous en rendons compte à nous-mêmes, que nous les déplo­rons devant Dieu et que nous devons prendre les réso­lutions et les mesures pour les éviter à l'avenir. Au cours de tant d'occupations extérieures, la ferveur se relâche, les forces spirituelles s'affaiblissent et s'usent : la nature, le vieil homme reprend peu a peu le dessus sur le religieux ; c'est l'effet des saintes réflexions de ranimer l'homme surnaturel et de nous renouveler dans la ferveur des jours bénis de notre première consécration à Dieu ou de notre profession perpétuelle.

 *

*      *

 Toutes nos journées, notre vie entière doit être sainte conformément à notre profession ; la réception journa­lière de la sainte Eucharistie, nos entretiens répétés avec Dieu dans la prière, l'éducation chrétienne de nos élèves demandent des dispositions si pures ! Il est difficile aux religieux même les plus fervents d'être toujours pénétrés de cet esprit de foi, de cette ardente charité sans lesquels Dieu ne nous souffre qu'avec dégoût sous les yeux de sa majesté sainte. Ce sont là de ces fautes qui ne ré­veillent pas la conscience, dit Massillon, à qui je fais de larges emprunts pour ces lignes ; elles nous ôtent une certaine bienveillance tendre de Dieu, et nous laissent pourtant toute notre tranquillité ; elles nous dépouillent peu a peu de ces dons parfaits qui font les saints reli­gieux, et nous rendent pourtant insensibles à nos pertes. Je ne parle pas de la patience, de la douceur ; de la charité que nos fonctions mettent souvent à l'épreuve et où il est difficile d'être toujours en garde contre soi-même.

Que de moments où l'humeur, la rudesse, l'impatience prennent la place du zèle et de la charité ! Que d'occa­sions où le dégoût, la paresse, peut-être des antipathies secrètes, quelque mécontentement personnel nous font refuser ou rendre de mauvaise grâce des services à nos confrères ou à nos élèves que leurs besoins ou nos emplois exigent de nous ! Que de circonstances où notre docilité a été en défaut, où notre obéissance n'a pas été à la hauteur de la vertu que, par profession, nous devons pratiques ! Et comme notre conduite n'échappe pas au public, combien de fois ceux qui nous observent ne peuvent-ils pas avoir été choqués de notre manque de décence, d'édification et de sainte gravité qui sont les caractères d'une vie vraiment religieuse.

Cependant les occupations extérieures et continuelles de nos fonctions nous cachent à nous-mêmes cet état d'infidélité, ou ne nous laissent pas le loisir d'en appro­fondir la difformité ainsi que l'obstacle qu'elles mettent aux bontés de Dieu pour nous et au succès de notre apostolat. Nous amassons peu à peu un trésor de colère que nous ne connaissons pas, un fonds opposé aux des­seins de Dieu sur nous ; qui, n'offrant rien de marqué par de grosses chutes, ne trouble pas notre fausse paix et, comme les ténèbres sont toujours la juste peine de nos infidélités, plus nous les multiplions, plus nous nous calmons ; parce que les lumières divines qui devaient nous ouvrir les yeux s'éteignent. voilà, mes chers Frères, la source la plus commune du dérèglement, puis de la défection de ceux que Dieu a appelés à l'état de perfec­tion. Plus Dieu demande et attend de nous, plus il se refroidit et s'irrite quand nous lui manquons ; plus nous lui sommes consacrés, plus la moindre tache nous souille et nous rend difformes à ses yeux.

Or, c'est pendant la retraite que ces infidélités qui avaient comme disparu au milieu du tumulte de nos occupations reparaissent à nos yeux. C'est dans ces saints loisirs que, repassant à la lumière de la foi l'année écoulée, nous découvrons les lieux, les occasions, les circonstances où notre fidélité s'est démentie ; nous sentons que, malgré l'opinion des hommes, même de nos supérieurs, et les louanges qu'ils donnent parfois à quelque extérieur de régularité qu'ils voient en nous ou an résultat de nos travaux, il s'en faut bien que nous soyons de fervents religieux : La distance que nous trouvons entre ce que nous sommes et ce que nous devrions être, entre la sainteté de notre état et les faiblesses, les misères de notre vie nous frappe, nous humilie, nous effraie. Nous gémis­sons devant Dieu sur nos fautes passées ; nous formons d'énergiques résolutions, de sérieux projets d'une vie plus surnaturelles, mieux employée ; nous rentrons en nous-­mêmes pour aller jusqu'à la source du mal, pour découvrir quels sont en nous les penchants qui ont aidé aux occasions et facilité nos épates ; nous préparons les remèdes et les précautions nécessaires pour n'être pas de nouveau surpris. Ainsi nous recommençons une nouvelle année prévenus contre les dangers qui nous attendent, plus défiants de nous-mêmes, mieux armés pour la lutte à soutenir.

liais, mes chers Frères, quand nous aurions été assez heureux pour passer peut-être des années exempts de ces infidélités journalières presque inséparables de la faiblesse humaine et de la dissipation même de nos occupations, n'éprouvons-nous pas que notre première ferveur se re­lâche, que ce goût tendre de piété s'use, que ce qui nous avait d'abord paru des obligations indispensables nous paraît maintenant un état de perfection ou seules. les natures d'élite peuvent atteindre ; et qu'enfin nous ne marchons plus qu'avec langueur dans la voie où nous avancions autrefois avec une rapidité édifiante.

Oui, ce relâcheraient dans la piété et la ferveur est comme une maladie secrète qui nous mine et qui nous conduirait insensiblement audépérissement. Ces maux ne se manifestent point par des symptômes visibles et marqués ; néanmoins nos forces s'affaiblissent graduellement. Malheureusement, tout ce qui nous entoure dans lesfonctions ordinaires de nos emplois, loin de remédier à ce mal, est plutôt de nature à l'aggraver. Le. danger de cet état est d'autant plus grand qu'il n'a rien qui nous effraie ; et nous risquons de nous endormir dans cette habitude de langueur et d'affaiblissement, Ce ne sont pas les grands crimes tout seuls que nous devons le plus craindre, dit Massillon  : un fonds de religion,une éducation sainte, une réputation établie de régularité, le respect pour la sainteté de notre profession suffisent généralement pour nous préserver de ces chutes honteuses ; ce qu'il y a  de dangereux pour nous, c'est de laisser éteindre cette première ferveur, cet esprit de piété si' essentiel à notre état c'est de nous endormir dans une vie toute naturelle, molle, insensible aux choses du ciel, accompagnée d'une régularité apparente et destituée d'es­prit et de vie intérieure. Nous ne voyons pas que cet état éloigne de nous la bienveillance particulière de Dieu et ces grâces spéciales qu'il réserve aux religieux fervents.

Mais dans la retraite, nos yeux se rouvriront a ces vérités autrefois connues mais qui commençaient à s'ef­facer ; Jésus-Christ nous manifestera de nouveau tout cequ'il attend de nous de piété, de charité, de désintéressement et de sacrifice. Nous deviendrons comme des hommes nouvellement créés ; nous. sortirons de ces saints exercices embrasés d'une ardeur toute nouvelle ; et, dans notre apostolat, le succès répondra à la nouvelle ferveur avec laquelle nous nous y livrerons.

 *

*      *

 Enfin, la situation de notre famille religieuse, ses besoins généraux et particuliers attendent des retraites annuelles d'heureuses solutions, de bienfaisants et nécessaires ré­sultats.

Notre chère Congrégation se maintient-elle dans l'esprit du Vénérable Fondateur ? Ses oeuvres, ses entreprises, les travaux de ses membres sont-ils conformes au but prin­cipal et au but secondaire qu'il s'était proposés ? Les vertus par lesquelles le Vénérable Père Champagnat et ses premiers disciples ont mérité le merveilleux succès de notre institution sont-elles partout en honneur comme il convient ?

Ne perdons jamais de vue, mes chers Frères, qu'il importe avant tout que nos religieux visent à la perfec­tion, à la sainteté par l'emploi des moyens mis à notre disposition par nos Constitutions. Tous les obstacles à ce but doivent être impitoyablement écartés, supprimés ou surmontés. De même, l'éducation chrétienne des enfants est le premier et le principal de nos devoirs professionnels. Sans doute, l'enseignement des sciences profanes doit être suivi et contrôlé de manière à donner toute satis­faction aux familles, mais sans jamais prendre la place de la religion qui est la première : Ces graves réflexions qui engagent à un si haut degré notre responsabilité ont leur place toute marquée à l'occasion de la retraite.

Avec le développement de nos provinces, et malgré la reprise de notre recrutement, et, en général, la marche prospère de nos oeuvres de formation, la pénurie de personnel se fait cruellement sentir, et les besoins demeurent toujours bien supérieurs a nos moyens ; c'est encore dans le recueillement de ces saints jours que nous examinerons les meilleurs moyens de résoudre cette dif­ficulté ; c'est surtout dans les ardentes supplications à Notre-Seigneur et a la Sainte Vierge que nous demanderons de bons et nombreux collaborateurs, ainsi que la conservation des vocations  : les défections toujours trop nombreuses continuent malheureusement de nous affliger en dépit de nos efforts pour les diminuer.

 *

*      *

 Voilà, diront plusieurs, mes préoccupations, chaque année, pendant la retraite. Chaque fois, j'en sors amélioré, satisfait de ma bonne volonté, surtout content de Dieu, de son infinie miséricorde et de sa bonté sans limites ; mais pourquoi faut-il que mes beaux projets de chan­gement de vie s'évanouissent au bout de quelque temps, et que je retombe dans les mêmes fautes que j'ai pourtant amèrement regrettées et dont j'ai pris la sincère réso­lution de me corriger ?

Les auteurs attribuent à trois causes principales le manque de durée de notre conversion : les précautions négligées, les résolutions violées et enfin les réparations omises.

1° Il y a des précautions nécessaires, comme la fuite de certaines occasions d'elles-mêmes toujours dange­reuses ou qui nous ont été funestes lorsque nous nous y sommes trouvés. On se fait mille raisons spécieuses pour ne pas les éviter ; on se promet à soi-même plus d'attention et plus de fidélité lorsque la circonstance se présentera ; on se persuade qu'en  y portant des dispo­sitions plus saintes le danger sera moindre. On oublie que toute occasion qui conduit au péché doit être évitée, et que la première disposition que l'Esprit de Dieu met en nous, c'est la défiance de nous-mêmes et de notre  faiblesse ; on  ne tient pas compte de l'oracle du Saint­-Esprit : Celui qui s'expose au danger y périra ; enfin, on néglige la précaution nécessaire, et, comme c'était à prévoir, on tombe.

2° Il y a des précautions de pure sûreté. Une âme gui sort fervente de la retraite après avoir parfaitement purifié sa conscience doit se regarder comme un malade qui a été plus ou moins atteint dans toutes ses puis­sances : dans le cœur, dans l'esprit, dans l'imagination, dans la volonté. La grâce qui a lavé ses souillures et guéri ses plaies lui en a laissé des impressions et des faiblesses ; cette grâce ne peut se conserver que par des précautions et des soins. Il se tromperait celui qui croirait que se convertir c'est seulement ne plus retomber, le changement du cœur ne va pas sans le renouvellement de l'homme et sans un changement de conduite. Quand même nos résolutions seraient plus ferventes qu'autrefois, et notre cœur plus touché, il ne faut pas oublier que ce qui nous fait persévérer dans la grâce ce n'est pas la vivacité des sentiments qui nous q rappelle mais c'est plutôt la fidélité des précautions qui nous y soutient. II serait donc téméraire de juger de soi par certaines ar­deurs qu'on éprouve dans la résolution de mener une vie plus parfaite ; les impressions de la grâce, en certains cœurs surtout, sont toujours vives et ardentes ; mais la vie parfaite, plus encore que la vie simplement chré­tienne, n'est pas dans des sentiments passagers, elle n'est que dans une fidélité constante et durable.

La seconde cause de nos rechutes c'est la facilité avec laquelle nous violons nos résolutions.

Les résolutions prises après mûr examen, souvent après consultation, renferment certainement des moyens de per­sévérance ; c'est une illusion de se flatter qu'on persé­vérera tandis qu'on néglige les moyens auxquels notre persévérance est attachée. Il y a plus, c'est Dieu qui nous avait inspiré ces résolutions, il nous avait donc fait connaître que c'était par ces voies que nous devions avancer. vers la perfection ; en violant nos résolutions ; nous quittons donc les routes par où la grâce voulait anus mener. Enfin, la conscience, en s'accoutumant à violer tranquillement ses résolutions, s'accoutume peu a peu à tomber sans remords dans d'autres fautes.

Enfin, la troisième cause de nos rechutes est l'omis­sion des réparations. La satisfaction, si importante au point de vue pratique, puisqu'elle est la sanction de la toi divine, est. aujourd'hui bien méconnue et presque sacrifiée. Beaucoup de chrétiens la font consister unique­ment dans la pénitence, imposée par le confesseur, c'est-­à-dire le plus ordinairement, en quelque courte prière. Combien de religieux ignorent ou au moins oublient que le rôle de la satisfaction est plus étendu et qu'il est double : acquitter entièrement la dette et réparer efficacement les désordres que le péché laisse toujours après lui. Ah ! combien serait utile, même nécessaire l'étude de la vie des saintes et des saints pénitents !

Nos actions ont déplu à Dieu pendant toute l'année ; et une pénitence d'une journée, de moins encore, acquit­terait totalement notre dette envers sa majesté sainte et sa justice infinie ? Qui oserait le soutenir ? Pendant une année entière, peut-être pendant plusieurs, nous avons scandalisé nos confrères, nos inférieurs, par nos manque­ments à la charité en actions et surtout en paroles, par nos négligences dans l'observation de nos règles, par des transgressions fréquentes de nos constitutions ; et cette conduite si nuisible au prochain autant que pré­judiciable a nous-mêmes ne demanderait aucune répa­ration ? Et je pourrais continuer cette énumération par bien d'autres fautes. Mais ces indications suffisent pour nous rappeler la nécessité de la réparation pour passer  à une vie plus fervente et pour nous y maintenir. Voulons-nous donc ne plus retomber et persévérer dans la ferveur au service de Dieu, ne négligeons pas les précautions qui garantissent la sûreté de notre pénitence ne violons pas dès résolutions qui sont l'appui de notre faiblesse et n'omettons plus dès réparations qui sont un remède à nos fautes passées.

 *

*      *

 En réfléchissant depuis quelque temps à ce que je pourrais vous suggérer comme fruits principaux a retirer de la retraite et dès efforts de l'année, la pensée de la sainte volonté de Dieu se présente avec insistance à mon esprit,

Trois sources fécondes de chagrins forment tous les malheurs et toutes les inquiétudes de la vie humaine dit Massillon : les vaines prévoyances sur l'avenir, les agi­tations infinies sur le présent, et les regrets inutiles sur le passé. Or, la soumission a la volonté de Dieu nous fait attendre l'avenir sans inquiétude ; pour le présent, si rien n'arrive presque jamais selon nos désirs, une âme fidèle trouve, dans une soumission entière aux ordres de Dieu, une ressource toujours prête aux embarras de sa situation présente ; et quant au passé, au contraire de tant d'hommes qui se rappellent les événements fâcheux de leur existence avec dès retours amers qui en empoi­sonnent le souvenir, le religieux fervent étudie les volon­tés adorables de Dieu sur sa destinée, les ménagements ineffables de sa providence ; l'ordre, la sagesse, la bonté du Créateur faisant tout servir à sa sanctification ; et il retire de cette considération une parfaite sécurité jointe à une douce et inappréciable consolation.

L'amour de Dieu, le véritable amour, a une marque certaine, mais une seule, dit le Père Desurmont ; cette marque pourrait s'appeler l'orientation de l'âme vers la volonté de Dieu toute seule, toute pure. Si, m'occupant de mon Dieu, je songe à lui beaucoup plus qu'à moi-même, à ses divins intérêts plutôt qu'a ceux de ma personne à sa gloire et non pas à la mienne, je l’aime ; je l'aime sans fiction, et il est content de mon cœur.

Or, qu'on le remarque bien, l'intérêt, le plaisir et la gloire du Seigneur résident uniquement dans l'accom­plissement de sa volonté.

Je pense, mes chers Frères, qu'en traduisant ces deux pensées en une formule pratique, et en nous efforçant de la reproduire dans notre vie, nous aurions l'avantage de constater, au bout de l'année, que nous aurions réa­lisé de sérieux progrès dans la voie de la perfection :

1° Dans toutes les circonstances et à propos de tous les événements, m'abandonner complètement a la volonté de Dieu ;

2° En toutes choses, chercher à découvrir quelle est la volonté de Dieu pour y conformer la mienne. Je prie instamment la Sainte Vierge et Saint Joseph de. vous inspirer à propos de ces résolutions et des autres qu'il conviendra a chacun de prendre.

Conformément à nos usages, je rappelle à tous la neuvaine traditionnelle préparatoire à la retraite consistant en la récitation du Veni Sancte Spiritus et de l'Ave Maris Stella

Centenaire de la Société de Marie.

 Voici ce qu'écrivait à ce sujet le Très Révérend Père Raffin, Supérieur Général, dans sa Lettre-Circulaire du 2 février dernier :

« A côté dès centenaires qui, célébrés dans le cours de cette année 1922, auront un éclat extraordinaire et un retentissement mondial, en raison de l'importance des événements, dont ils évoquent le souvenir, et de la noto­riété dès Institutions dont ils attestent la pérennité bien­faisante, il en est un qui, pour être comme inconnu et ignoré du monde, doit nous être plus cher à nous, Religieux Maristes, parce qu'il rappelle et fixe un point fondamental de l'histoire de notre Famille religieuse.. Vous L'avez deviné, mes bien chers Confrères, il s'agit du cen­tenaire de la naissance officielle de la Société de Marie au regard de l'Eglise et aux yeux des hommes.

A la vérité, le 23 juillet 1916, entouré de quelques Pères Maristes, dans l'antique sanctuaire de Notre-Dame de Fourvière, je célébrais une messe d'actions de grâces, en mémoire du solennel engagement pris devant la Sainte Vierge, un siècle auparavant et au lendemain de leur ordination sacerdotale par le Vénérable Père J.-Cl. Colin, le Vénérable Père M. Champagnat, les Pères Déclas et Terraillon et quelques autres jeunes Prêtres, de s'emplo­yer sans réserve à fonder la Société de Marie. Mais c'é­tait dans l'intimité familiale que nous avions voulu com­mémorer cette date du 23 juillet 1816, qui manifestait le projet, montrait l'idéal devant se réaliser et recevoir, six ans après, du saint Pape Pie VII, ce qu'on peut appeler son état civil, sous le nom de Société de Marie.

En effet, la Lettre adressée, le 9 mars 1822, par Pie VII, de bienheureuse et immortelle mémoire, aux deux Pères Colin, curé et vicaire de la paroisse de Cerdon, qui, dans une missive du 25 janvier de la même année, avaient exposé au Saint-Père leur dessein d'établir une nouvelle Congrégation religieuse, qui se nommerait Société de Marie, était pour eux un précieux encouragement à poursuivre leur louable et pieuse entreprise ; aussi de quels senti­ments de joie, de reconnaissance et de confiance et aussi d'humilité et de confusion ne furent-ils pas pénétrés, en recevant ce témoignage touchant de bonté paternelle, de bienveillant intérêt et cette réconfortante Bénédiction Apostolique de la part du Vicaire de Jésus-Christ sur la terre  ?

Sans doute cette Lettre pontificale ne peut pas être strictement appelée un Bref de louange, mais elle en  tient lieu, et elle peut et doit être considérée comme l'acte authentique de la naissance de la Société de Marie, signé par le Représentant de Notre-Seigneur, comme la première bénédiction de Saint Pierre donnée à l'Institut et comme le premier lien qui le rattache a Rome, centre de l'unité catholique.

Dès lors que le 9 mars 1822 doit être regardé comme la date officielle de la fondation de la Société de Marie, n'est-ce pas pour nous, qui par un choix gracieux avons été appelés au bonheur de lui appartenir, un devoir filial de célébrer le centenaire de ce jour béni ? Pour le remplir, ce devoir, nous ne saurions mieux faire que de rappeler ce que le Vénérable Père Colin, ses vingt premiers compagnons et ceux qui les ont suivis, ont, par l'acti­vité de leur zèle, la générosité de leur dévouement, l'intensité de leur esprit religieux mariste, l'héroïcité de leurs vertus et la sainteté progressive et diffusive de leur vie, accompli pour asseoir sur des bases inébranlables la Société de Marie, favoriser son accroissement et son expansion, et ainsi pour le salut des âmes, l'honneur de Marie et la gloire de Dieu.

Que l'on considère les générations de jeunes chrétiens éclairés, convaincus et pratiquants qu'ils ont formés dans leurs maisons d'instruction secondaire et d'éducation chré­tienne ; les fidèles nombreux qu'ils ont ramenés a Dieu, affermis dans la foi et poussés vers l'idéal chrétien par leur ministère sacré dans les villes et surtout dans les campagnes ; les innombrables infidèles, dispersés dans les îles perdues de l'Océan Pacifique, arrachés aux supersti­tions païennes et conquis à la religion catholique, puis amenés graduellement à la pratique des vertus chrétien­nes, aux habitudes de piété, voire même pour quelques-uns aux exigences de l'état religieux et aux devoirs su­blimes du sacerdoce par des phalanges de Missionnaires d'une vaillance héroïque, portée parfois jusqu'au martyre, il faut bien confesser hautement que la première bénédic­tion apostolique du successeur de Saint Pierre donnée a l'humble Société de Marie a produit des fruits abondants et durables dans la Sainte Eglise de Dieu.

Ce tableau esquissé à grands traits des labeurs accom­plis, des difficultés vaincues, des obstacles surmontes, des souffrances acceptées, des persécutions subies, et des magnifiques résultats obtenus, avec le secours de la grâce divine et l'assistance de la Vierge Immaculée, par nos vénérés devanciers, durant un siècle, ne doit-il pas faire monter de nos cœurs à nos lèvres le cantique de la recon­naissance, et nous être une invitation pressante de mar­cher sur leurs traces, d'imiter leurs exemples et de conti­nuer leur oeuvre sous l'égide du nom de celle que, avec eux, nous aimons et invoquons comme notre Fondatrice et notre première et perpétuelle Supérieure ?

C'est pourquoi, mes bien chers Confrères, afin de nous préparer à la fête de l'Humilité de la Sainte Vierge, le 9 mars prochain, heureux centenaire de la Lettre du Pape Pie VII à notre Vénérable Fondateur pour le féli­citer et l'encourager en son dessein d'établir la Société de Marie, un Triduum aura lieu dans toutes nos Maisons sans exception, en vue de remercier Dieu et la Vierge Marie des grâces accordées à notre Famille religieuse, depuis sa fondation et de les conjurer de les lui conti­nuer toujours.

Pendant ce Triduum on récitera, chaque jour, en com­mun, le Magnificat, puis les invocations suivantes : Cor Jesu sacratissimum, miserere nobis ; Regina Angelorum, ora pro nobis ; Regina Pacis, ora pro nobis ; Regina Societatis Mariae, ora pro nobis ; Sancte Joseph, ora pro nobis ; Beate Petre Aloysi Maria, ora pro nobis.

Dans le but de donner à la célébration de ce Cente­naire plus de solennité, j'avais prié  Notre Révérend Père Procureur près le Saint-Siège de solliciter de Sa Sainteté Benoît XV une double faveur : celle d'une lettre à l'occasion de notre centenaire mariste, puis celle de la Béné­diction Papale avec Indulgence plénière à donner par le Supérieur de chaque maison dans toutes nos églises et chapelles, après le Triduum de prières fixées par le T. R. Père Supérieur Général.

Mais hélas ! le 20 janvier, jour où Monseigneur le Sub­stitut de la Secrétairerie d'Etat devait avoir son audience du Saint-Père et lui présenter notre demande, Benoît XV était sur son lit d'agonie.

Toutefois, m'écrit le R. P. Copéré, ma demande reste sur « le bureau de Monseigneur le Substitut ; elle sera présentée au nouveau Pape, dès la première audience possible, c'est-à-dire vers le 15 ou le 20 février ; alors seulement j'aurai une réponse. Vraisemblablement il me sera accorde ce que j'ai demandé. »

 Au reçu de la circulaire du Très Révérend Père Supé­rieur Général, nous nous sommes empressés de nous associer aux Révérends Pères de la Société de Marie à l’ occasion de ce mémorable et heureux événement, et nous avons adressé au Très Révérend Père Raffin la lettre ci-après.

« Grugliasco, le 5 mars 1922. 

« Très Révérend Père Supérieur Général,

Dans votre lettre-circulaire du 2 février dernier, dont vous avez eu la bonté de m'adresser un exemplaire, nous avons vu avec la plus grande satisfaction que vous invi­tez toutes les maisons et tous les membres de l'a Société de Marie à commémorer par un Triduum d'action de grâces l'heureuse date du 9 de ce mois, centenaire de la Lettre pontificale que vous appelez si bien « l'acte authentique de la naissance de la Société de Marie.»

Laissez-moi venir vous dire, Mon Très Révérend et bien cher Père Général, que ce jour-là nous serons de tout cœur avec vous pour nous réjouir saintement et pour remercier avec toute la ferveur dont nous serons capa­bles la Très Sainte Vierge des grâces si abondantes qu'elle a daigné répandre, au cours de ces cent années, sur la chère et si méritante Famille religieuse qui venait de se former sous ses auspices, et qui reçut en ce jour la pre­mière bénédiction du Vicaire de Jésus-Christ ici-bas.

Vraiment, quand on pense au bien immense déjà opéré par la Société de Marie dans l'Eglise de Dieu et à la somme de générosité, de dévouement et de toutes les vertus apostoliques qu'ont déployée le Vénérable Père Colin, ses vingt premiers compagnons et ceux qui les ont suivis pour asseoir cette bienfaisante Institution sur les bases si solides où nous la voyons aujourd'hui, on ne saurait se défendre d'un sentiment d'admiration reconnaissante pour les effets véritablement merveilleux de cette première bénédiction que lui donna, il y a cent ans, le Pape Pie VII, de sainte mémoire.

Fils du Vénérable Père Champagnat, nous serons d'au­tant plus heureux, le 9 de ce mois, de nous laisser aller â ce sentiment d'admiration reconnaissante pour tant de bien fait aux âmes par la Société de Marie que nous y avons eu notre part. Non seulement c'est à un de ses premiers et plus saints membres que nous devons notre institution et l'esprit qui nous anime ; mais une grande partie d'entre nous - et c'est un bienfait qu'ils apprécient grandement - ont reçu des bons Pères Maristes, aumôniers de notre maison-mère et de plusieurs de nos maisons pro­vinciales, leur première formation religieuse, sans parler des autres grands et nombreux services que les fils du Vénérable Père Colin, nous ont rendus à plusieurs autres points de vue, notamment comme prédicateurs de nos retraites.

Ici, à la maison-mère, nous nous ferons une joie de famille de réciter, chaque jour du Triduum, les mêmes prières que réciteront en même temps tous les membres de la Société de Marie ; et si j'ai un regret, c'est de n'avoir pas su la chose lors de la publication de ma dernière circulaire  : j'aurais invité toutes nos maisons à faire comme nous faisons ici, je suis sûr qu'elles s'y seraient portées avec le même plaisir, et nos deux familles religieuses, qui ont entre elles une si étroite parenté, auraient été unies dans le même sentiment sur la terre, comme le sont certainement dans le ciel, auprès de Marie, leurs Vénérables Fondateurs.

En union de prières, de sainte joie et d'action de grâces pour cette heureuse occurrence, je vous prie d'agréer, mon Très Révérend Père Supérieur Général, le respectueux hommage de mes sentiments religieusement dévoués en J. M. J.  

F. DIOGÈNE, Supérieur Général ».

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 Je suis heureux, mes chers Frères, de pouvoir vous donner communication du document historique du 9 mars 1822, ainsi que de la lettre si paternelle et si élogieuse adressée par Sa Sainteté Pie XI au Très Révérend Père Raffin 

                    Lettre de S. S, le Souverain Pontife Pie VlI.

« PIUS PP. VII

Dilecte fili,Salutem et Apostolicam Benedictionem. Exiis quae Nobis, ana cum duobus Sociis tuis, exposuisti, co gnoscere potuimus egregium certe esse scopum, quo tendit illa de qua loqueris Institutio, proptereaque non possuit mus, quin hoc Animi tai propositum, vehementer inDomino commendemus. Judicium tamen de ea ferre, multoque minus « eam Nostra possumus Auctoritate roborare, nisi amen,  acceptam Societatem illam Ordinariis Locorum, praecipue a autent Dioecesis istius, ut asseritur, esse, authenticis docu mentis Nobis probetur, et ipsius Societatis Regulae Nostro subjiciantur examini. Ad hoc facilius exequendum, expe dire fortasse posset, ut Tu, out aliquis e Sociis tuis, de tota hac re, cum Parisiensi Nuncio Nostro con ferret, ut a ipse deinde ad Nos de hoc negotio referat.

Haec ad tuas lifteras, die 25" januarii datas, rescribi mus, et cum Paterna charitate Tibi Apostolicam Bene dictionem impertimur.

 Datum Romae apud S. Mariam Majorera

die 9a Martii, Anni 1822

                   Pontificatus Nostri Anno XXII.

                                  R. MAZIO

                                 SS.miD.niab epistotis latinis. » 

TRADUCTION.

PIE VII PAPE

« Bien-aimé fils, salut, et bénédiction apostolique. Par tout ce que vous Nous exposez, vous et vos deux asso­ciés, Nous avons pu connaître que le but où tend l'in­stitution dont vous parlez est sans doute excellent. C'est pourquoi Nous ne pouvons que recommander vivement dans le Seigneur le projet que vous avez formé dans votre esprit : Cependant Nous ne pouvons porter un ju­gement sur cette affaire, et beaucoup moins encore la con­firmer par Notre autorité, sans qu'il soit auparavant prouvé, par des documents authentiques, que cette Société est bien accueillie, comme vous l'assurez, par les Ordinaires des lieux, surtout par celui de votre diocèse, et aussi sans que les Règles de cette Société soient préalablement soumises à Notre examen.

Pour arriver plus facilement â ce résultat, il serait peut-être expédient que vous ou l'un de vos associés, eussiez une entrevue à ce sujet avec Notre Nonce de Paris ; afin que lui-même puisse ensuite Nous faire un rapport sur cette question.

Telle est la réponse que Nous faisons à votre lettre en date du 25 janvier. Et Nous vous accordons, avec une paternelle charité, la bénédiction apostolique.

Donné à Rome, au palais de Sainte-Marie-Majeure,

le 9 mars de l'année 1882, la vingt-deuxième de Notre Pontificat.

                            R. MAZIOU »

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Lettre du Souverain Pontife Pie XI

au Très Révérend Père Supérieur Général de Ia Société de Marie,

à l'occasion du Centenaire de cette Société.

  A notre cher Fils Jean Raffin

 Supérieur Général de la Société de Marie

 Pie, XI, Pape

« Cher Fils,

Salut et Bénédiction Apostolique.

Ce sera assurément un jour de bonheur et de joie parmi vous, que ce neuvième du présent mois, car il verra s'achever prospère le siècle écoulé depuis les let­tres adressées par Notre Prédécesseur Pie VII d'heureuse mémoire à la Société que vous gouvernez avec zèle.

C'est depuis ces lettres, comme sous une influence et un présage céleste, que votre Institut a vu s'accroître la si féconde moisson de ses fruits excellents.

Pour Nous, à qui la charge apostolique n'impose pas de souci plus pressant que le salut des âmes et l'expansion du royaume de Dieu, Nous saisissons avec joie cette occasion de vous féliciter hautement et de l'abondance des dons que Dieu vous a accordés et de votre délicate fidélité à correspondre à sa bienveillance.

Ce n'est pas, certes, sans une particulière assistance de Dieu que votre Société a pu former les hommes illustres, parmi lesquels, outre le Bienheureux Pierre Chanel, protomartyr de l'Océanie, le Vénérable Jean-Claude Colin, votre Père et Législateur, et le Frère Coadjuteur Blaise Marmoitan, nous aimons à signaler ici les Véné­rables Serviteurs de Dieu, Marcellin Champagnat et Julien Eymard, qui, à leur tour, fondèrent, en temps opportun, de nouvelles familles religieuses, pour l'utilité de la Sainte Église.

Combien favorable vous a  été pendant ce temps l'assistance divine, on peut le mesurer par le grand nom­bre de vos religieux et par la grandeur des oeuvres accomplies. Nous savons, en effet, a quel point votre ac­tivité s'est appliquée soit à l'éducation. de la jeunesse, soit à la prédication de la parole de Dieu, non seulement chez les nations civilisées, mais encore dans les îles inhos­pitalières de l'Océanie, où vous avez établi de nombreu­ses missions, consacrées souvent par le sang même des missionnaires.

Tout ce passé donne l'espérance que dans l'avenir aussi vous vous efforcerez encore plus, chaque jour, de bien mériter de l'Eglise et de la civilisation, encouragés par cet heureux succès à entreprendre avec une nouvelle ardeur les oeuvres les plus utiles à la gloire de Dieu.

Vous y serez aidés et par votre dévotion particulière à la Vierge Mère, dont votre Institut porte le nom, et par la piété remarquable dont vous avez la coutume d'honorer le Siège apostolique.

Vous trouverez le présage des dans célestes et le témoignage de Notre paternelle charité dans la Bénédiction apostolique que nous accordons, de tout cœur à vous, cher Fils, et à toute la famille religieuse que vous gouvernez.

Donné à Rome, à saint Pierre,

calendes de mars 1922 de notre Pontificat l'an I.

                              Pius PP. XI.

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Élection du Souverain Pontife Pie XI. 

Dès que nous a été connue l'heureuse élection du Souverain Pontife Pie XI, nous lui avons adressé la lettre ci-après: 

V. J. M. J.          

Grugliasco, le 8 février 1922.

« Après avoir rendu au Seigneur les plusvives actions de grâces pour le grand bienfait qu'il vient d'accorder a la Sainte Église, en lui donnant, en votre auguste personne, un Pasteur Suprême selon Son Cœur, le Supérieur Général des Petits Frères de Marie est heureux de se faire l'interprète des membres de son Conseil et de tous les Frères de l'Institut pour venir déposer aux pieds de Vo­tre Sainteté le filial hommage de sa respectueuse vénération et de son inaltérable dévouement au Saint-Siège. En même temps, il ose implorer humblement pour lui et pour toute la famille religieuse dont il a la charge, le bienfait de la Bénédiction apostolique.

De Votre Sainteté,

         Très Saint Père,

                    Le très humble et très dévot fils et serviteur

Frère DIOGÈNE,Supérieur Général »

 *

*      *

 Le 20 mars 1922, Son Eminence le Cardinal Secré­taire d'État daignait nous envoyer la réponse suivante

SEGRETERIA DI STATO                                     Dal Vaticano, 20 Mars 1922..

DI SUA SANTITÁ 

   TRES Honoré Supérieur Général,

« Notre Saint Père le Pape Pie XI a eu pour bien agréable l'hommage des sentiments et des vœux de piété ­filiale que vous avez voulu Lui adresser, en votre nom et au nom de votre famille religieuse, à l'occasion de­ Son avènement au suprême Pontificat.

En vous remerciant de ce témoignage de dévoue­ment et d'attachement, Sa Sainteté vous accorde de cœur, comme gage des faveurs divines, pour vous, pour les membres de votre Institut et pour vos oeuvres, le bien­fait de la Bénédiction apostolique.

   Veuillez agréer, Très Honoré Supérieur Général, l'ex­pression de mon religieux dévouement en Notre Seigneur

                                                       P. C. Gasparri »

Au Très Honoré Frère DIOGÈNE

 Supérieur Général de l'Institut des Petits Frères de Marie

Grugliasco

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 Documents de Rome.

 Depuis quelque temps, j'avais reçu des renseignements concernent certaines émissions de vœux faites dans des conditions telles qu'elles pouvaient en entraîner la nullité. C'est pour régulariser ces situations que j'ai prié le cher Frère Procureur Général près le Saint-Siège de déposer à la Sacrée Congrégation des Religieux une demande en sanation générale dont je reproduis le texte, ainsi que la réponse qui y a été faite, pour la sécurité autant que pour l'instruction de tous en cette grave et importante matière. 

   « Très Saint Père,

Le Supérieur Général de l'Institut des Petits Frères de Marie, humblement prosterné aux pieds de Votre Sainteté, Lui expose ce qui suit :

 Il ressort de divers rapports, enquêtes et vérifications des doutes sérieux et nombreux dont plusieurs concernent la validité même des vœux.

I. - Depuis la consultation de Mgr Battandier (An­nuairePontifical, année 1920, page 19), dans plusieurs noviciats les premiers vœux ont été émis au cours du dernier jour du noviciat, mais les novices ne sont partis que le lendemain. II semble donc que l'année de noviciat a été complète ; mais les vœux sont-ils valides ou sont-ils nuls ?

II. - Dans certaines provinces éloignées, â cause des irrégularités de la poste, le plus souvent, mais peut-être aussi par manque de diligence de la part de ceux qui en ont la charge, les délibérations des conseils provinciaux portant admission aux premiers vœux annuels, à leur ré­novation, ou à l'admission aux vœux perpétuels, n'ont pas été soumises a l'approbation du Frère Supérieur Gé­néral, ou ne l'ont été que tardivement ; et les Frères Provinciaux ou les Frères présidant les retraites annuelles ont cru devoir procéder à l'émission de ces vœux même sans être munis de cette approbation nécessaire sous peine de nullité des vœux.

III. - Dans certaines circonstances très rares, des Frè­res présidant les retraites annuelles, ont reçu les vœux émis par les aspirants, au nom et à la place du Frère Supérieur Général sans être munis d'une délégation à cet effet.

IV. -- Enfin, nous avons eu mobilisés, à la dernière guerre, 1.037 Frères dont les deux tiers environ étaient de vœux temporaires. Parmi eux, il y en avait un certain nombre avec lesquels il était impossible de correspondre. Il faut le dire aussi, le décret Inter reliquas était peu ­connu, et ceux qui le connaissaient doutaient sur plu­sieurs points de son application. Il est résulté de cette situation des irrégularités, c'était inévitable.

« C'est pourquoi, Très Saint Père, le dit Supérieur Général pour sa tranquillité et celle des autres Supérieurs et des Frères, sollicite respectueusement de Votre Sainteté une sanation générale de toutes les professions qui, jusqu'à ce jour, pour les causes ci-dessus indiquées ou pour d'autres analogues auraient pu ne pas être valides. Et que Dieu…

 « Vigore facultatum a SS.moDomino Nostro concessarum, S. Congregatio Negotiis Religiosorum Sodalium praceposita, attends peculiaribus rerum adjunctis in casu concur­rentibus, benigne annuit pro gracia sanationis eorum qua ; sanabilia sunt ac sanatione indi­gent juxta preces.

In posterm auteur sedulo serventur proescripta Codicis J : C. nec non Constitutionum.

Contrariis quibuscumque non obstantibus ».

            Datum Romae, 17 Februarii 2922.

Theodorus Cardinal VALPRÈ di Bonzo, Praefectus 

V. La PUMA, Subsecr. 

TRADUCTION

 « En vertu des pouvoirs à Elle accordés par N. S. Père le Pape, la S. Congrégation préposée aux affaires des Religieux, attendu les circonstances exposées ci-dessus, a bénignement accordé, par grâce et selon la demande, la sanation de ce qui en est susceptible et qui ne l'a pas encore reçue.

Mais qu'à l'avenir, on observe soigneusement les prescriptions du Code de droit canonique et des Con­stitutions.

Nonobstant toutes choses contraires.

Rome, 27 février 1922.

THÉODORE Cardinal VALFRÉ DI BONZO, Préfet.

V. LA PUMA, Sous-Secrétaire » 

Nous obtenons donc, mes chers Frères, la sanation des irrégularités dont les émissions des vœux, jusqu'au 17 février 1922, auraient pu être entachés. Mais il im­porte essentiellement de nous conformer exactement, dans la suite, aux prescriptions du Code de droit canonique et de nos Constitutions, afin d'éviter toute nouvelle infraction a ces lois. A cette fin, j'ai cru utile de porter à votre connaissance les canons 572 et 556, le premier selon la teneur de nos Constitutions dont nous espérons pouvoir vous fournir le nouveau texte approuvé par le Saint-Siège pour la date des prochaines retraites annuelles. CANON 572. - Pour la validité de n'importe quelle  profession religieuse, il est requis :

1° Que celui qui la fait ait l'âge légitime, c'est-à-dire 16 ans accompli pour la profession temporaire, 21 ans accomplis pour la profession perpétuelle ;

2° Que le sujet soit admis à la profession par le Su­périeur légitime, c'est-à-dire par le Frère Provincial et son conseil, avec approbation du Supérieur Général ;

3° Qu'il ait eu auparavant un noviciat valide, com­mencé a l'âge d'au moins quinze ans, de la durée d'une année entière et continue passée dans une maison de noviciat ;

4° Que la profession soit faite sans violence, ni crainte grave, ni dol ;

5° Qu'elle soit exprimée en termes formels ;

6° Qu'elle soit reçue par le Supérieur Général ou par son représentant ;

7° Enfin, pour la profession perpétuelle, qu'elle ait été précédée de la profession temporaire pendant le temps prescrit par les Constitutions.

CANON 586. - 1. La profession religieuse nulle par suite d'un empêchement extérieur n'est pas convalidée par les actes subséquents ; mais il faut obtenir du Siège Apostolique une convalidation ; ou bien, la nullité connue et l'empêchement écarté, faire de nouveau une profession légitime.

2. Si la profession était nulle par suite d'un défaut de Consentement purement intérieur, il suffit de donner le consentement pour la rendre valide, pourvu toutefois que le consentement n'ait pas été révoqué de la religion.

3. S'il existe des arguments sérieux contre la validité de la profession religieuse, et que le religieux refuse d'y remédier soit en renouvelant sa profession, soit en sollicitant une sanation, on déférera l'affaire au Siège Apostolique :

Pour le même motif, je crois nécessaire de rappeler encore deux prescriptions concernant, la première, nos Frères qui ont été astreints au service militaire, et la seconde, les Frères qui sont dispensés du service militaire actif soit parce qu'ils se trouvent hors d'Europe, soit parce qu'ils exercent dans les pays considérés comme missions (dans ce dernier cas, les Frères Espagnols).

1° Lorsque les religieux auront, définitivement été congédiés du service actif, ils devront chacun se rendre directement à leurs maisons religieuses ; et là, si l'on est assuré de leur bonne conduite passée, ceux qui font partie des Instituts à vœux simples seront admis, après quelques jours d'une sainte retraite, à renouveler leurs vœux tem­poraires. Dans cet état, ils devront passer tout le temps qui doit précéder les vœux perpétuels conformément aux prescriptions apostoliques et aux constitutions de leur famille religieuse, ce temps ne peut être moins d'un an, de telle façon cependant qu'on fasse entrer en ligne de compte le temps passé dans les vœux jusqu'au départ pour le service militaire, mais non pas le temps passé au service.

Pendant ce temps-là, ils devront s'appliquer aux études et à l'observance régulière. Les supérieurs immédiats et les religieux préposés à la direction des plus jeunes devront les examiner avec le plus grand soin, étudier leurs habitudes, leur ferveur, leurs goûts, leurs opinions, leur zèle a persévérer, afin de pouvoir, avant la dernière profession, rendre compte à leur sujet aux supérieurs majeurs, sous la foi du serment (Décret inter reliquas).

2° QUESTION. -- Peut-on admettre à la profession per­pétuelle les religieux qui, soumis au service militaire actif, ont cependant et manifestement la ferme résolution de se dévouer aux missions étrangères et d'y rester jusqu'au temps fixé par la loi civile pour l'exemption perpétuelle du service militaire, exemption qui, en Italie, par exemple, est à 32 ans ?

RÉPONSE. - Non en soi. La Sacrée Congrégation permet cependant que durant la dernière année d'études, les jeunes gens qui doivent, dans l'année, partir aux missions puissent être admis à la profession perpétuelle. Le can­didat devra toutefois auparavant prêter le serment de  se dévouer au service des missions jusqu'au temps déterminé par la loi civile pour jouir de l’exemption. La consciencedes supérieurs est chargée relativement à l'exécution de ce serment (Décision de la S. Congrégation des Reli­gieux, 1ierfévrier 1912.

 *

*       *

 En même temps que nous sollicitions une sanation pour certaines émissions de vœux, nous déposions une autre demande à l'effet d'obtenir aussi la sanation pour quel­ques dettes contractées sans l'autorisation du Saint-Siège alors que cette autorisation était requise. Le 20 mars 1922, nous recevions de la S. Congrégation des Religieux une réponse favorable à cette deuxième demande.

Et, â ce sujet, la connaissance du canon 534 qui règle les opérations de ce genre, ne peut être que très utile.

CANON 534. - 1° Demeurant fermes les dispositions du canon 1531 : quand il s'agit d'aliéner des choses précieuses ou d'autres biens dont la valeur dépasse trente mille francs, ou de contracter des dettes ou obligations au-delà de cette somme, le contrat est sans valeur si l'on n'a pas obtenu au préalable l'autorisation apostolique ; dans les autres cas, est requise et suffisante la permission écrite du Supérieur, selon les constitutions, avec le consentement de son Chapitre ou Conseil, donné au scrutin secret.

2° Dans les suppliques pour obtenir l'autorisation de contracter des dettes ou obligations, on doit mentionner les autres dettes ou obligations, dont se trouve grevée à ce jour la personne morale, religion, province ou maison ; sinon la permission obtenue est sans valeur.

Le dernier Chapitre Général a modifié, en les rendant plus explicites, les règles de notre administration financière. Je n'ai, pour le moment, mes chers Frères, qu'une seule recommandation à faire à tous ceux qui ont la charge d'administrer les biens de la Congrégation, c'est celle de se pénétrer de l'obligation rigoureuse qu'il y a pour eux de se conformer exactement aux prescriptions de nos Constitutions. C'est. la condition suffisante mais nécessaire pour que les Supérieurs majeurs puissent accepter la responsabilité de leur gestion. 

Lettres testimoniales.

 L'importance que le Saint-Siège attache aux lettres testimoniales ressort suffisamment de l'insistance du Code de droit canonique a préciser tout ce qui les concerne ; je me contenterai donc de citer le Code en y ajoutant deux décisions de la Sacrée Congrégation des Religieux postérieures  à sa publication.

CANON 544.- 1° Dans toute religion, tous les aspirants doivent présenter, avant d'être admis, l'attestation de leur baptême et confirmation.

2° Les aspirants hommes doivent, en outre, présen­ter des lettres testimoniales de leur Ordinaire d'origine et de l'Ordinaire de toute localité ou, après l'âge de quatorze ans accomplis, ils auront passé plus d'une année moralement ininterrompue : tout privilège contraire étant supprimé.

3° Quand il s'agit d'admettre des aspirants qui ont été dans un séminaire, un collège, dans le postulat ou le noviciat d'une autre religion, sont requises, en outre, les lettres testimoniales délivrées, suivant les cas, par le recteur du séminaire ou du collège, après avis de l'Ordi­naire du lieu, ou par le Supérieur majeur de la religion.

5° Pour un religieux profès qui passe par indult apostolique à une autre religion, il suffit de l'attestation délivrée par le Supérieur majeur de la religion d'où il vient :

6° Outre ces attestations requises par le droit, les Supérieurs qui ont le droit d'admettre les aspirants à la religion, peuvent en exiger d'autres, si elles leur semblent nécessaires ou opportunes.

Canon 545. - 1° Ceux qui, d'après le droit, doivent donner les lettres testimoniales, les remettront, non aux aspirants eux-mêmes, mais aux Supérieurs religieux ; ils les délivreront gratis, dans le délai de trois mois à compter de la demande, et fermées ; et quand il s'agira de per­sonnes qui ont été dans un séminaire, un collège, dans le postulat ou, noviciat d'une autre religion, ces lettres doivent être signées par le Supérieur sous la foi du serment.

2° Si pour de graves raisons ceux qui doivent donner les lettres testimoniales estiment ne pouvoir répondre, ils exposeront ces raisons au Saint-Siège dans le délai in­diqué.         

3° S'ils répondent que l'aspirant. ne leur est pas suffisamment connu, le Supérieur religieux y suppléera par la recherche sérieuse de renseignements dignes de foi ; s'ils ne répondent pas, le Supérieur qui a fait la demande informera le Saint-Siège qu'il n'a reçu aucune réponse.

4° Dans leurs lettres testimoniales, les Ordinaires et Supérieurs, après avoir fait des recherches diligentes, même par informations secrètes, devront donner les renseignements - dont ils ont une grave obligation de conscience â contrôler l'exactitude - sur la naissance, la conduite, la nature, la vie, la réputation, la condition et la science de l'aspirant ; ils diront s'il a été l'objet d'enquête, s'il est sous le coup d'une censure, ou lié par une irrégularité ou autre empêchement canonique, si sa famille a besoin de son aide, enfin, lorsqu'il s'agira de ceux qui ont été dans un séminaire, un collège, dans le postulat ou lenoviciat d'une autre religion, pour quelles raisons ils auraient été renvoyés ou se seraient retirés spontanément

Canon 546. - Tous ceux qui ont reçu les renseigne­ments en question sont strictement obligés de garder le secret tant sur les renseignements eux-mêmes que sur les personnes qui les ont fournis.

En aucun cas, la S. Congrégation des Religieux ne permet que l'on passe outre à ces informations. Le 21 novembre 1919, elle répond à la question qui lui avait été adressée : Que faire si un Supérieur Religieux ou un Recteur de Collège ou de Séminaire se refuse à confir­mer par serment, ainsi que l'exige le Canon 545, les lettres testimoniales réclamées en vertu du Canon 544, en vue de l'admission d'un postulant ?

Réponse : Les prescriptions des canons devront être Observées. L'Ordinaire, s'il s'agit d'un Institut diocésain, ou d'un Collège, ou d'un Séminaire ; le Supérieur Général, dans les Instituts de clercs ou dans les ordres religieux, devront agir contre les Supérieurs qui refusent de donner ces lettres et les y obliger même par des sanctions pé­nales pouvant aller jusqu'à la privation de leur charge. Si, malgré la procédure ci-dessus, on ne peut obtenir ces lettres confirmées par serment, l'affaire sera déférée à la S. Congrégation.

Pourtant, si le postulant sort d'un Juvénat de l'In­stitut même dans lequel il désire entrer, les lettres testi­moniales de l'Ordinaire ou se trouve ce Juvénat ne sont jamais nécessaire. Ces Juvénats sont, dans un sens large, de véritables postulats (Décision donnée aux Frères des Ecoles Chrétiennes ; Rome, 28 juillet 1918).

Enfin, le Canon 2411 revient encore sur la question des lettres testimoniales en même temps qu'il prévoit les pénalités contre les Supérieurs qui auraient admis des aspirants au noviciat ou aux vœux sans s'être conformés aux prescriptions du Code canonique.

Canon 2411. _ Les Supérieurs religieux qui auront reçu au noviciat un candidat non idoine contre les pres­criptions du Canon 542 ; ou sans les lettres testimoniales requises contre la prescription du Canon 544, ou qui auront admis un novice à la profession contre la prescription du Canon 571, paragr. 2, seront punis selon la gravité de leur faute, au besoin même par la privation de leur charge.

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 Faveurs attribuées au V. P. Champagnat.

 Je suis heureux de vous communiquer, mes chers Frères, plusieurs déclarations et extraits de lettres rela­tant des guérisons ou améliorations dont ont bénéficié des malades après avoir invoqué notre Vénérable Fon­dateur.

Puissent ces faveurs augmenter notre confiance au Serviteur de Dieu et exciter notre ardeur et notre zèle pour obtenir l'heureuse et rapide issue de cette cause quinous est si chère. 

V. J. M. J.           Varennes, le 22 juin 1921.

Pour la glorification du V. P. Champagnat, permettez-moi de vous adresser quelques lignes à propos d'une faveur ob­tenue par l'invocation de notre V. Fondateur.

Un jeune homme de Chatillon-Coligny était abandonné des médecins et comme dernière ressource il fut envoyé à Calais et mis dans une gouttière. Une neuvaine de messes fut com­mencée et sur la fin de la neuvaine, le jeune homme sortit de la gouttière dans un tel état qu'il boitait à peine.

Ces messes furent dites pour obtenir la guérison par l'in­tercession du V. P. Champagnat.

De plus, la mère du jeune homme et une vingtaine de person­nes amies de la famille avaient pris part à la neuvaine et avaient communié aussi dans l'intention d'obtenir la guérison par l'intercession du Vénérable.

La guérison s'est bien maintenue depuis plusieurs années et le jeune homme est aujourd'hui ouvrier en horlogerie.

F. M. N.

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*      *

 Guarany (Brésil), le 6 décembre 1921

Ma fille, Maria Sarments Lima, âgée de 13 ans, était malade, gravement atteinte d'une pneumonie mortelle, j'eus recours à tous les efforts de la science. Le mal croissait malgré tout et l'enfant ne pouvait ni manger, ni dormir ; nous désespérions déjà de la voir guérir car elle arriva à la plus extrême souffrance.

Son visage était très pâle et avait perdu toute forme à cause de la maigreur à laquelle était réduit son petit corps. Une an­goisse ininterrompue ne lui laissait pas un instant de repos ; nous attendions un dénouement fatal d'un moment à l'autre. C'était presque un cadavre, lorsque Monsieur le Curé, le Père.Dario Moura étant venu nous visiter, nous conseilla de prier le Vénérable Père Champagnat qui avait opéré beaucoup de guérisons ; il plaça sous l'oreiller de la malade une brochure intitulée : Faveurs du Père Champagnat ainsi qu'une image qui avait une relique du Vénérable ; il recommanda à la malade d'avoir confiance en Notre-Seigneur et de demander sa guérison au Vénérable Champagnat. Dès lors, la petite malade et ses parents ne cessèrent de prier et de demander au Père Champa­gnat, dans une circonstance si douloureuse, de vouloir bien écouter leurs supplications. Ils ne se lassaient pas de répéter cette prière : Père Champagnat, délivrez-nous de ces douleurs et de cette affliction.

La nuit du même jour, les souffrances arrivèrent à leur com­ble, et on s'étonnait comment une créature si faible résistait encore. Ce fut en ce moment même que Dieu se plut à montrer le grand crédit dont jouit sou Serviteur, le Vénérable Père Champagnat. Peu de temps après qu'elle eut commencé les invocations recommandées par M. le Curé, l'enfant sentit un léger mieux, très lent, qui s'accentua peu à peu, jusqu'à com­plète guérison.

Aujourd'hui elle est forte et pleine de vie, grâce au grand et puissant Vénérable Marcellin Champagnat.

Pour donner plus de garantie à la vérité de ma narration, ma déclaration est signée par moi, par ma femme,par l'enfant, par M. le Curé et par les témoins ci-dessous.

Guaranay, le  5 décembre 1921

 FRANCISCO VIEIRA LIMA (père de l'enfant)  ;

ARNALDA SARMENTO LimA (mère de l'enfant)  ;

MARIA SARMENTO LIMA (malade guérie)  ;

PÈRE DARIO MOURA (Curé)  ;

RAYMUNDO VALLE DIAS (témoin)

JOSE ALMEIDA (témoin) ;

Je reconnais être vraies les six signatures ci-dessus.

Guarany le 6 décembre 1921

En foi de quoi je déclare la vérité.

                 ANTONIO DE ABREU SOBRINHE (Notaire public),

 Enoutre des signatures ci-dessus authentiquées, la pièce officielle porte les cachets de la paroisse del Divino Espirito Santo de Guarany, archevêché de Marlanna (Minas) et du Secrétariat de la Commune. 

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*      *

 V. J. M. J.                                                          Uberaba, le 28 décembre 1921.

Le 9 décembre 1917, je sentis une douleur assez vive à l'aine. Comment cette fatigue est-elle venue ? Quelle pouvait bien en être la cause ? je l'ignore absolument ; toujours est-il que mon embarras était bien légitime. Le 10, la douleur était bien plus forte à tel point que la marche devenait difficile et cela ne devait rester caché. Les Frères s'en aperçurent et me deman­dèrent : Mais qu'avez-vous pour marcher de la sorte ? Je ré­pondis que ce n'était rien ; un simple malaise. Dans le courant de la journée je restai assis, et de cette manière, la souffrance n'était pas trop forte. Mais dès que je voulais marcher cela me devenait presque impossible. Mon ennui était bien grand, car je ne voulais à aucun prix consulter un docteur.

La journée du 11 fut bien pénible. Heureusement que nous étions en vacances. Les Frères avaient pitié de moi, et je ne voulais pas dire ce qui me faisait souffrir,

La journée du 12 fut très mauvaise ; la partie malade n'était pourtant pas enflée mais cependant j'éprouvais de grandes souffrances surtout pour me traîner, d'un endroit à un autre. Je faisais des efforts surhumains pour me mouvoir et ne pas ma­nifester trop ouvertement la douleur que j'éprouvais. 

Voyant que la douleur ne diminuait point et que la fièvre commençait à m'envahir, c'était le soir, je résolus d'appeler le Vénérable Fondateur à mon secours.

J'eus bien de la peine à me rendre au dortoir après la prière du soir. Je tenais à la main l'image-relique qui m'avait déjà guéri d'un mal de dents très aigu et des plus douloureux. Je souffris beaucoup pour me mettre au lit ; une fois couché je pris l'image et je la mis sur la partie malade en invoquant le Vénérable Fondateur. Je lui ai bien dit cent fois : Vénérable Père guérissez-moi, secourez-moi, etc. ... Puis enfin je me suis endormi. Lorsque je me réveillai, je ne savais pas quelle heure il était. J'attendis que heure sonnât, c'était minuit. L'image était bien restée où je l'avais mise ; je touche la partie malade, aucune douleur, plus aucune ; j'étais guéri. Je me suis levé pour constater si c'était bien vrai, je me suis promené dans ma cellule pendant 5 minutes, je ne sentais plus rien.

Je ne pensais plus à dormir mais bien à remercier le Vénérable Fondateur de la grande grâce qu'il venait de m'accorder, Le lendemain matin j'étais tout à fait dispos ; les Frères en arrivant à la salle me regardaient d'un air curieux ; je leur avais dit la veille : Je crois que demain matin vous ne me ver­rez pas à la prière. J'étais fort bien à la prière ; je suis ensuite allé à l'église d'un pas alerte comme auparavant.

Depuis ce 12 Décembre 1917, je n'ai plus senti aucun mal de ce genre. .

Vous voyez que la guérison a été complète. Ma confiance envers le Vénérable Fondateur ne fait que s'accroître ; et depuis lors, j'ai éprouve en différentes circonstances les effets de son grand crédit auprès de Dieu,                  F. D.

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*       *

 V. J. M. J.                                                               Dumfries, le 29 décembre 1921.

Le Frère dont on attendait la mort d'un jour à l'autre, est en bonne voie de guérison. Il peut prendre ses repas avec la communauté. Il fait une petite promenade tous les jours. Quand le médecin eut perdu tout espoir de le sauver, nous avons commencé une neuvaine au Vénérable Père Champagnat. A la fin de la neuvaine, son état a commencé à s'améliorer, et main­tenant il est à peu près complètement guéri. Le médecin dit que c'est un miracle. Il n'y comprend rien.

Depuis, lemalade a repris des forces, et il est à même de se livrer à son travail habituel. Reconnaissance au V. P : Cham­pagnat.     

                F. K.

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*      *

 Châtillon-Coligny (Loiret)

Je pense qu'après avoir beaucoup prié pour notre petit Jean, vous serez heureux de connaître le résultât de cette terrible opération. Le bon Dieu a bien voulu entendre nos supplica­tions, tout s'est passé aussi bien que possible ; l'enfant n'est pas encore complètement rétabli ; tout fait prévoir une solution favorable, j'espère que je ne tarderai pas à pouvoir vous deman­der nos Messes d'actions de grâces. J'ai de plus en plus con­fiance dans votre bon Père Champagnat  ; il a certainement fait un miracle en donnant à notre malade la résignation, le cou­rage et en lui épargnant les grandes souffrances des premiers pansements qui devaient être fort douloureux d'après l'avis du chirurgien ; le petit a pu les supporter sans presque se plaindre.

Veuillez donc encore vous unir à nous pour remercier le ciel et obtenir là complète guérison.

Mes enfants s'unissent à moi, cher Monsieur, pour wons offrir l'hommage de nos sentiments reconnaissants, pour vous et vos bons Frères.

Votre toute dévouée dans le cœur de Jésus et de Marie.                                  

           M. E.

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*      *

 V. J. M. J.

Alep, le 15 février 122.

Vous ne devineriez jamais quelle est la cause qui m'a enfin décidé à vous écrire ; c'est une faveur que j'ai obtenue par l'intercession du V. P. Champagnat. Voici en quelles circon­stances.

Le dimanche, 15 janvier, je ressens subitement des douleurs dans l'abdomen ; je n'y prête d'abord aucune attention ; mais la nuit suivante est mauvaise, et le lundi matin, je ne puis me lever avec la Communauté. Dans la journée vient le docteur qui déclare reconnaître les symptômes de l'appendicite. Effec­tivement les douleurs augmentent, et le lendemain, mardi, elles sont insupportables. On parle d'opération, mais on pré­fère attendre. La fièvre baisse peu à peu les jours suivants, mais la douleur persiste. Voyant que cela traînait, le vendredi21, on commence une neuvaine au Vénérable Père Champagnat ; et l'on me remet une image portant une parcelle de ses vête­ments. Le samedi ; rien de changé, le docteur s’étonne ; le dimanche, les douleurs augmentent. Vers le soir, quelques minutes avant les prières de la neuvaine, elles sont très vives. Je redou­ble mes invocations au Vénérable Père. Soudain alors, les douleurs cessent ; la partie qui était si douloureuse devient insen­sible. La nuit est excellente. Le lundi, le docteur vient et il est fort surpris de cette disparition instantanée de la douleur. Depuis, je n'ai plus ressenti aucun mal.

Sans doute, ce fait n'est pas un miracle de premier ordre ; néanmoins il m'a donné une confiance illimitée au V. P. Cham­pagnat,                                                         F. G. A.

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 Une jeune fille (des environs de Lille), âgée de 17 ans, atteinte d'une forte congestion au cerveau, a été guérie par l'intercession du Vénérable Père Champagnat.

Le docteur avait déclaré que la fièvre durerait plusieurs se­maines et qu'il fallait craindre les suites. La jeune fille délirait jour et nuit, mais au bout de la première semaine, c'est-à-dire au commencement de la neuvaine, la fièvre diminua sensi­blement, et dix jours plus tard, elle était complètement guérie. Restait à reprendre des forces, ce qui s'est produit de jour en jour.

Aujourd'hui, la jeune fille est en pleine santé.

                       H.C.

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*      *

 Ma sœur Raymonde, atteinte d'une crise de rhumatismes articulaires était dans un état désespéré. Nous avons commencé une neuvaine au Vénérable Père Champagnat : dès le deuxième jour de cette neuvaine, nous avons pu constater une amélio­ration sensible et quelques jours après, la malade était hors de danger.

Que le Vénérable Père Champagnat daigne compléter cette guérison !    

                  M.D.

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Une enfant de constitution délicate fut prise de violents maux de tête. Le docteur appelé craignait une méningite tuberculeuse. Des prières furent adressées au Vénérable Père Champagnat en vue de conjurer le mal. Les douleurs diminuèrent sensible­ment. L'enfant retrouva le sommeil sinécessaire et se trouve­ aujourd'hui relativement bien après 6 mois écoulés.

Hommage et reconnaissance au Vénérable Père Champagnat.               

                                   A. T. (Lille).

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 Je soussignée Blanche Basset, reconnais avoir été guérie d'un phlegmon à la gorge, pendant les premiers jours d'une neuvaine commencée au Vénérable Père Champagnat, en vue d'obtenir ma guérison.

Un oncle, qui devait subir une opération douloureuse et dé­licate a été également soulagé par son intercession. Reconnaissance au Vénérable Père Champagnat.

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*      *

Une dame axée de 88 ans était atteinte de congestion pul­monaire. Le docteur appelé constata que l'état de cette dame était très grave et même désespéré.

Une neuvaine fut commencée au Vénérable Père Champagnat pour obtenir sa guérison. Depuis ce moment le mieux s'est accentué de jour en jour avec une rapidité surprenante ; la neuvaine s'achevait et tout symptôme alarmant avait disparu, et maintenant elle se trouve aussi bien qu'avant sa maladie.

La famille de l'heureuse privilégiée garde une très grande reconnaissance au Vénérable Père Champagnat.

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 Cause du Vénéré Frère François.

 Cette cause, dont le C. F. Candidus est le Postulateur Général et qui avait avancé si rapidement grâce au zèle­ ardent ; au pieux dévouement et a l'infatigable activité du C. F. Marie-Junien, Vice-Postulateur, a subi comme­ un temps d'arrêt depuis la mort du regretté Frère, surtout à cause de difficultés provoquées par la guerre. Le C. F. Procureur Général s'occupe en ce moment de réunir certains documents et il prend toutes les dispositions nécessaires a l'effet de poursuivre la marche de cette importante affaire :

Vous apprendrez avec une grande joie, je n'en doute pas, mes chers Frères, que le Très Révérend Frère Stratonique a bien voulu accepter de remplacer le C. F. Marie-Junien dans la charge de Vice-Postulateur de la cause. Les lettres l'accréditant dans cette fonction sont datées du 31 janvier de cette année.

Personne n'était plus désigné pour continuer ce travail que le Très Révérend Frère : mieux que personne il connaît tout ce qui a trait à la cause. Il a vécu de longues années dans l'intimité du Serviteur de Dieu  ; il a été personnellement en relation avec la plupart des témoins qui ont déposé devant le tribunal archidiocésain de Lyon Je ne parlerai pas de son activité que les ans n'ont aucunement diminuée ; ni de son habileté et de son succès dans la gestion de tant d'affaires qu'il a fait heureusement aboutir pendant sa longue et laborieuse carrière. Je bénis la Providence qui nous fournit un tel ouvrier pour une si belle œuvre ; et je prié Dieuet Notre Dame de l'assister et de leconserver pour la mener à terme.

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 Chapelle de Rome.

 Dans sa Circulaire du 2 février 1911, vol. XI, page 533, le Très Révérend Frère Stratonique écrivait : « Nous sentons la convenance et même la nécessité d'avoir à Rome ; en notre collège Saint-Léon-le-Grand ; une cha­pelle qui soit suffisamment vaste, qui soit belle et riche comme le voulait notre Vénérable Père, de telle façon que nous puissions la lui offrir. comme un beau présent à l'occasion de sa béatification, et enfin  qu'elle soit comme un monument commémoratif de la célébration du premier centenaire de l'Institut.

Nous avons pensé que ce serait bien d'y faire contribuer toutes nos maisons des diverses parties du monde. Après avoir conféré avec les membres du Conseil Général et en avoir aussi entretenu les Frères Provin­ciaux et autres qui se trouvaient à la dernière retraite du Régime, nous avons déterminé que de tous nos établissements, on serait autorisé, pour cette année et pour l'année prochaine, a envoyer au Frère Supérieur Général un prélèvement de dix francs par Frère au minimum ou de vingt francs par Frère au maximum. Chacun fera en sorte d'économiser le plus possible de manière que ces prélèvements ne nuisent pas aux ver­sements ordinaires à la Caisse commune et à la Caisse provinciale.

Les Frères qui, pour contribuer à cette bonne oeuvre, pourraient et voudraient disposer d'autres fonds tels que revenus patrimoniaux, sont autorisés à le faire en cette année 1911 et l'année prochaine »

Les circulaires du 18 mai 1911, du 2 février 1912 et du 2 février 1914 rendent compte de la marche de cette souscription et indiquent les obstacles rencontrés a la réalisation du projet.

Les fonds ainsi recueillis ont été placés à intérêt et constituent une somme qui aurait été, avant la guerre un très sérieux appoint pour l’œuvre a laquelle ils sont destinés ; mais qui, aujourd'hui, avec la hausse des prix des matériaux et de la main d’œuvre, est tout à fait insuffisante.

Or, la prospérité du collège Saint-Léon-le-Grand et d'autres motifs ne nous permettent pas de différer davantage cette construction. C'est pourquoi le Conseil Gé­néral a jugé à propos de renouveler un appel analogue à celui du 2 février 1911 à toutes les maisons de l'Institut en faveur de la chapelle de Rome. En conséquence, il a été décidé que de tous nos établissements on serait autorisé, pour les deux années 1922 et 1923 à envoyer au Supérieur Général un prélèvement de vingt francs au moins par Frère et de quarante francs au plus. Le Conseil Général fait sienne aussi la recommandation que chacun fasse en sorte d'économiser le plus possible de manière que ces prélèvements ne nuisent pas aux versements ordinaires à la Caisse commune et à la Caisse provinciale,à cause des besoins croissants de nos oeuvres et surtout de nos maisons de formation.

Les Frères qui, pour contribuer à cette bonne oeuvre, pourraient et voudraient disposer d'autres fonds, tels que revenus patrimoniaux, sont autorisés à le faire en cette année 1922 et l'année prochaine.

Les élèves de nos écoles ont fourni autrefois un sérieux appoint pour l'édification de la chapelle de Saint-Genis­-Laval ; ils, pourront être invités de même à apporter leur offrande à l'érection de la chapelle de Rome qui est des­tinée à voir bientôt, nous l'espérons, les fêtes de la béatification de notre Vénérable Fondateur.

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 Visites triennales.

 Le cher Frère Elie-Marie, Assistant Général, continue la visite de nos Communautés en Chine. Malgré des voyages longs et pénibles et des modes de transport auxquels il n'était pas plus accoutumé qu'au régime chinois, sa santé et sa bonne humeur se maintiennent. Dieu en soit loué !

Nos dévoués Frères missionnaires qui attendaient leur Supérieur depuis longtemps, le reçoivent partout avec une grande joie. Les résultats de leur entrevue avec le cher Frère Assistant Général se traduisent en des lettres charmantes, admirables qui expriment leur bonheur et les consolations que la visité leur a procurées. Ils sont comme animés d'une nouvelle ardeur pour travailler à l'extension de leurs oeuvres partout en pleine prospérité. Ah ! que n'avons-nous à"leur envoyer une centaine de religieux pieux et bien formés ! Le contingent de Frères chinois entré dans le service actif après les dernières retraites annuelles est déjà d'un précieux secours ; mais il est bien insuffisant pour lesbesoins de cette province qui voit encore tant de bien à accomplir et quiest dans l'incapacité de l'entreprendre.

 Les chers Frères Augustin-Joseph et Marie-Odulphe visitent, de leur côté, les provinces de N. D. de Lacabane, de Varennes et de Beaucamps. Je recommande ces Frères Délégués à vos charitables prières. Daignent Notre Seigneur et la Sainte Vierge leur venir en aidé, bénir leurs travaux eten rendre les fruits  durables !

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Élection d'un Frère Économe Général.

 Comme vous le savez, M. T. C. F., par suite du décès du regretté Frère Pierre-Joseph, sur qui le dernier numéro du Bulletin de l'Institut vous a donné une courte notice, la charge importante d'Économe Général était devenue vacante. Pour la remplir, ,lé Conseil Général, dans sa séance du. 21 février dernier, a élu d'une voix unanime le C. Frère Louis-Marie, longtemps Directeur de nos maisons de Scutari et d'Athènes, et en dernier lieu Éco­nome du Lycée Léonin, dans cette dernière ville. Nous faisons dés vœux pour que la divine Providence daigne nous lé conserver longtemps.

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Élection de Frères Provinciaux

 D'autre part, depuis la Circulaire du 25 décembre der­nier, plusieurs Frères Provinciaux étaient arrivés au terme ­de la période triennale pour laquelle ils avaient été élus, et le Conseil Général avait à pourvoir par une nouvelle élection au gouvernement dés provinces respectives. C'est ce qu'il a fait, à mesure du besoin :

Le 13 janvier 1922 par la réélection du C. Frère Conon comme Provincial du Brésil Nord ;

Lé 17 avril 1922 par la réélection du C. Frère Fleury comme Provincial d'Espagne ;

Le 9 mai 1922, par l'élection du C. Frère Eldrad, à la chargé de Provincial des Iles Britanniques ; par la réé­lection du C. Frère Clement à celle de Provincial d'Australie,  et par la réélection du C. Frère Exupéranceà celle de Provincial du Brésil Central.

La réélection du C. Frère Conon et celle du C. Frère Clement, qui  tous deux avaient déjà fait deux périodes consécutives, ont eu lieu : la première en vertu d'un indult spécial du St.-Siège, et la seconde en conformité avec le nouveau texte dés Constitutions, d'après lequel les Frères Provinciaux peuvent être réélus deux fois consécutivement après l'expiration de leur première période triennale.

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Erection  d'un nouveau Noviciat.

 Faute d'un personnel suffisant pour pouvoir donner aux fondations primitives les développements qu'elles ré­clameraient, et surtout pour pouvoir faire un accueil favorable aux demandes de fondations nouvelles, relati­vement nombreuses, notre oeuvre de Madagascar n'a pu progresser jusqu'ici que fort lentement.

Elle présente pourtant un intérêt de premier ordre ; car, sans compter le grand besoin d'éducation chrétienne qu'ont les enfants de la population immigrée, il y aurait grand espoir de voir bientôt, dans la population indigène, une chrétienté florissante, si les ouvriers apostoliques, missionnaires et religieux éducateurs, étaient assez nombreux pour recueillir cette moisson que la Providence semble faire mûrir.

C'est ce qui nous a portés à ouvrir à Bétafo, dans la région centrale de l'île, évangélisée par les RR. Pères de N. D. de la Salette, un noviciat destiné à favoriser le recrutement local et auquel la S. Congrégation dés Re­ligieux, par rescrit du 10 avril dernier, vient d'accorder l'érection  canonique.

Nous comptons sur les prières de tous les membres de l'Institut pour obtenir de Dieu et de la T. Sainte Vierge sur ce nouveau foyer de vocations la bénédiction spéciale, qui le fera correspondre aux espérances que nous fon­dons sur lui.

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Frères décédés depuis la Circulaire du 25 Décembre 1921.

 

 NOMS DES DÉFUNTS                  LIEUX DES DÉCÈS          Date des décès

F. Andrès-Leopoldo     Profès temp.   Tuy (Espagne[1])                       19 déc. 1921

F. Jaime-Valerio           .                       Lugo (Espagne)                      21 "      "

F. Maixent                      Profès perp.   Lagny (Seine-et-Marne)         22 "      "

F. Crescensio-José      Profès temp.   Las Avellanas (Espagne)       8 janvier1922

F. Jean-Etienne .           Profès perp. . N. D. de l'Hermitage (Loire)   16        "           "

F. Numérien                   Stable              La Clayette (Saône~et Loire)  18      »          "

F. Polycarpus                Profès perp.    St-Genis-Laval (Rhône)          20        "           "

F. Lazaro                        Novice             Sahagun (Espagne)               20 »     ".

F. Marie-Etienne           Stable              St-Genis-Laval (Rhône)          22        "           " .

F. Enrique-Esteban      Profès temp.   Anzuola (Espagne)                 24        "           "

F. Pierre-Joseph           Stable              Grugliasco (Italie)                    28        »          "'

F. Philip                                                Mittagong (Australie)              2 février           "

F. Firmilien                     Profès perp.    Langes (Hérault)                    5          "           "

F. Marie-Zénon.                                     Arlon (Belgique)                      10 "      "

F. Petrus                        x                        St-Genis-Laval Rhône)           1 mars »

F. Pierre-Léon               Novice             Pommeroeul (Belgique)         8          "           "

F. Amedeus                   Profès perp.    Alger (Algérie)                                     16        "           "

F. Alberto-Anastasio    "                        Tuy (Espagne)                         27        "           ".

F. Juventius                                "           St-Genis-Laval (Rhône)          10 avril "

F. Mandas                      "                        Varennes-s/-Allier (Allier)       14        "           "

F. Joseph-Emeric         Stable              St-Hyacinthe (Canada)           20        "           "

F. Pedro-Estanislao     Profès temp.   Mendes (Brésil).                      20        "

F. Eusèbe                      Profès perp.    N.D. de l'Hermitage (Loire)    26        "           "

F. Adrie                          "                        St-Genis-Laval (Rhône),         7 mai "

F. Angilbertus                "                        "                                                 9   "

 

La présente circulaire sera lue eu Communauté à l'heure ordinaire de la lecture spirituelle.

Recevez, mes très chers Frères, l'affectueuse assurance du tendre et religieux attachement avec lequel je suis, en  J. M. J.

Votre très humble et tout dévoué serviteur

              Frère DIOGÉNE, Sup. Gén.

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[1] : Exceptionnellement nous  notons une particularité. Quelqu’un, dont nous ignorons l’identité, a biffé le mot Tuy et a ajouté, à l’encre rouge, Dans la gare de son village. NDLR.

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