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Circulaires 106

 

H. Louis-Marie
25/01/1873 - Vol. IV, n. 15
Circular 106


- Engagements décennaux de la classe de 1872. - Dettes et emprunts. - Les Novi­ciats. - Demande de Frères pour Nouméa (Nouvelle­-Calédonie). - Pratiques pour remercier Dieu de la dis­pense du service militaire

106

51.02.01.1873.1

 1873/01/25

 V. J. M. J.

 Saint-Genis-Laval (Rhône), le samedi, 25 janvier 1873.

Fête de la Conversion de saint Paul.

 AVIS DIVERS

                         Mes très chersFrères,

 Obligé de m'absenter de la Maison-Mère et, par suite, empêché de vous donner, au temps ordinaire, la Circulaire d'usage, je réunis ici quelques avis qu'il est bon que vous ayez sans retard.

 I

 Nous venons de recevoir la nouvelle formule de l'engagement décennal, arrêtée par une circulaire ministérielle, en date du 23 janvier 1873. Grâce à Dieu, elle n'est que la confirmation pratique du sens très large et très heureux de la loi du 27 juillet 1872 sur nos dispenses du service militaire.

 Les Frères Directeurs Provinciaux sont chargés de faire remplir toutes les formalités prescrites; mais il est nécessaire que les contractants y apportent aussi toute l'attention possible : car « les Conseils de révision, dit  la circulaire ministérielle, ont pour devoir de n'admettre, qu'après les plus scrupuleuses investigations,  les dispenses du service militaire. »

 Voici donc les points que nous rappelons à l'attention des contractants :

 1° L'acte d'engagement étant préparé à la Maison provinciale, chacun doit le signer de son nom de famille et de ses prénoms, ayant bien soin de les écrire dans le même ordre et avec la même orthographe qu'ils ont dans l'acte de naissance et qu'ils doivent avoir dans l'engagement.

 La moindre irrégularité dans l'orthographe des noms et prénoms, ou même dans l'ordre et la place qu'ils occupent, peut rendre l'engagement nul.

 2° La signature du contractant doit être légalisée par le maire ou par un adjoint de la commune où  il réside ; qu'on n'oublie pas de faire apposer, à la suite, le sceau de la mairie.

 3° La signature du maire ou de l'adjoint doit être légalisée par le préfet ou par le sous-préfet de l'arrondissement. On ne doit pas oublier non plus de faire apposer, à la suite, le sceau de la préfecture ou de la sous-préfecture.

 4° Ces formalités remplies, la pièce doit être retournée à la Maison provinciale, qui reste chargée de faire compléter le dossier.

 Les Frères, agréés comme maîtres-adjoints, ayant leur domicile légal dans la commune même où ils exercent, devront dater leur engagement de cette commune et y remplir les formalités susdites. Quant à ceux qui ne sont pas agréés, on peut, comme à l'ordinaire, les faire résider dans la Maison provinciale et dater de là leur engagement.

 5° En cas de décès ou de changement de domicile de leurs parents ou tuteurs, les contractants auront soin d'en prévenir le Frère Directeur provincial, et de donner une adresse très exacte, afin qu'il n'y ait point de retard dans la formalité du consentement.

 Comme le temps presse pour tous et qu'il importe de prévenir la moindre erreur et le moindre oubli, nous recommandons encore aux Frères Directeurs de veiller, avec le plus grand soin, à ce que les contractants, qui sont sous leur dépendance, ne mettent aucun retard à toutes nos prescriptions.

 II

 Je vous ai fait connaître, aux dernières Retraites, le besoin urgent où est l'Institut de faire un effort suprême pour éteindre ses dettes, et surtout pour couvrir un emprunt de trois cent mille francs, dont l'échéance est au 11 décembre 1875, c'est-à-dire, dans moins de trois ans.

 Nous nous sommes assuré que cet emprunt ne pourrait être renouvelé qu'à grands frais (plus de trois mille francs) ; et l'on nous fait pressentir, en outre, que le taux de l'intérêt, qui est de 4 et ½, sera porté à 5 % : double raison pour vous et pour nous de nous acquitter au plus tôt.

 Or, pour éteindre cette dette et les autres, dont les intérêts sont si lourds à nos maisons de Noviciat, voici les ressources dont nous pouvons disposer avec le zèle et le dévouement de chacun :

 1° Les dons volontaires et personnels des Frères, pris sur leurs biens patrimoniaux ou obtenus de leurs familles.

 Pour nous, point d'aumône plus agréable à Dieu, parce que nulle autre ne répond mieux au but de notre vocation, à l'esprit de famille qui doit nous unir tous.

 2° Les bénéfices sur les classiques et autres objets de procure.

 C'est un nouveau motif pour tous de se fournir, exclusivement, dans nos maisons de procure comme il a été réglé par le Chapitre Général.

 3° Les bénéfices provenant de la vente des deux produits dont nous avons toléré l'exploitation momentanée, précisément dans le but d'éteindre nos dettes.

 La Procure générale se contentera de rentrer dans ses déboursés; et nos Frères Directeurs se prêteront, de tout leur pouvoir, au placement de ces produits, toujours cependant dans la mesure de leurs occupations, de l'observation de la Règle, et des convenances à garder soit avec le publie, soit avec les Autorités.

 4° Les économies réunies de la province du Centre et de la province de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

 La province du Nord et celle de Viviers continueront à appliquer leurs économies à l'extinction de leurs propres dettes, y compris les dettes de classiques à la Maison-Mère.

 5° Les dons, legs et offrandes des personnes pieuses et charitables, des élèves mêmes, surtout des pensionnaires.

 Voici dans quels termes Son Eminence feu Mgr le Cardinal de Bonald, avait la bonté de recommander notre œuvre, le 15 mars 1869

 « Nous Nous plaisons à recommander à la bienveillance des personnes charitables l’œuvres des Petits  Frères de Marie, approuvés par l’Eglise et par l'Etat.

 « Ces bons Frères, Nous aimons à le reconnaître,  font un très grand bien dans le diocèse et au dehors,  par l'instruction qu'ils donnent à une multitude  d'enfants.

  « Nous verrons avec bonheur, comme un service rendu à la Religion, qu'on les aide, par une généreuse  offrande, à éteindre les dettes considérables que laisse à la Congrégation le transfert de la Maison-Mère, opéré  avec notre approbation et la sanction du Gouvernement. »

 6° Les Frères Directeurs sont invités, dans toutes les Provinces, à payer à la Maison Provinciale, dans le courant du 1iertrimestre de 1873, ou, au plus tard, à Pâques, leurs classiques et la redevance annuelle d'usage.

 Ce versement, toutefois, ne devra se faire que dans la mesure des ressourcesde chaque Maison. Il ne sera pas permis d'emprunter, même sans intérêts, pour y faire face. Tout au plus pourrait-on retarder de quelques mois le paiement des fournisseurs qui y consentiraient.

 Vous vous rappellerez que les envois de fonds, par la poste, doivent se faire par lettres chargées, et en déclarant sur l'adresse même toute la valeur contenue dans le pli.

 Cette valeur ne doit être déposée que sur un reçu du bureau de poste : il y a à payer un droit fixe de vingt centimes par chaque cent francs.

 7° Enfin, que personne n'oublie les ressources d'ordre, de sage économie et de bonne administration qui sont rappelées dans la Circulaire du 26 juillet 1872 :

 I. Un soin extraordinaire de tous les objets de vestiaire, et autres, à l'usage de la Communauté.

 II. L'attention à les entretenir en bon état, à les réparer convenablement et à temps,

 Ill. L'exactitude à faire, à temps, la rentrée des dettes actives, le paiement des dettes passives et l'achat des provisions nécessaires.

 IV. L'abandon, par esprit de pauvreté, de certaines parties de vestiaire dont on peut, sans trop de gêne, ou se passer ou retarder la demande.

 ----------------------------------

 En faisant cet appel à la Congrégation et en rappelant ces avis, je compte, M. T. C. F., sur l'excellent esprit qui vous anime tous, sur votre dévouement à l'Institut, et sur l'ardent désir que vous avez, comme nous, de consolider, d'étendre et de perfectionner notre œuvre.

 Vous le savez, nous avons nos vocations à conserver et à multiplier, nos écoles libres à soutenir et à faire prospérer, nos différentes Maisons de Noviciat et de Pensionnat à achever, des fondations importantes à préparer, pour assurer le développement et la marche régulière de la Congrégation : toutes œuvres qui ne peuvent s'accomplir que par le concours persévérant et dévoué de tous les membres de l'Institut ; toutes œuvres aussi, nous pouvons le dire, qui s'accompliront sûrement, facilement, et même dans un avenir pou éloigné, si nous arrivons, partout, à la bonne administration qui vous est recommandée.

 A cette heure, où toutes les pensées et toutes les préoccupations se tournent vers l'enseignement catholique, les unes pour le favoriser et l'étendre, les autres pour l'entraver et le circonscrire, que pouvons-nous faire de mieux, je le répète, nous Frères instituteurs, que pouvons-nous faire de plus utile à la Religion, de plus utile aux âmes et qui soit mieux dans l'esprit de notre état, que de consacrer tous nos efforts, toutes nos ressources personnelles, toutes les ressources de l'Institut, à l’œuvre par excellence de l'éducation chrétienne de la jeunesse : œuvre que Dieu nous a confiée et que l'Eglise nous confirme, d'une manière toute spéciale.

 Pour moi, je vous l'avoue, je ne comprendrais rien à l'esprit d'un Frère, qui, connaissant les besoins de l'Institut, connaissant le nombre et l'importance des fondations qu'il a à faire ou à compléter, connaissant l'excellence et l'impérieuse nécessité de l'enseignement chrétien, sachant, d'autre part, que c'est à cette œuvre que Dieu l'a appelé et qu'il s'est engagé par ses vœux : non, je ne comprendrais rien à l'esprit du Frère qui, malgré ces considérations, porterait ses affections et voudrait appliquer ses aumônes à d'autres œuvres, même très bonnes en elles-mêmes.

 J'espère donc que vous vous prêterez tous, et dans toute la mesure de vos moyens, à améliorer, le plus promptement et le plus efficacement possible, la situation financière de l'Institut. Qui ne serait heureux de voir retourner, et, pour sa part, de faire retourner bientôt, au profit de nos Noviciats et des autres maisons de la Congrégation, les trente à quarante mille francs que nous sommes forcés, dans nos trois provinces du Centre, du Nord et de Viviers, de consacrer et de perdre, chaque année, à payer des intérêts?

 La Procure générale et toutes nos Procures n'ont, en ce moment, que ce seul et unique but. On se fait un devoir d'éloigner absolument toute dépense, quelle qu'elle soit, qui en retarderait la réalisation.

 III

 J'ai la consolation de vous dire que, par une protection visible de la sainte Vierge et de saint Joseph, nos Maisons de Noviciat reprennent peu à peu leur courant ordinaire pour les vocations. Le nombre de nos postulants est bientôt à son ancien chiffre, il dépasse même dans quelques maisons.

 Que Dieu soit béni de cette providence toute spéciale, sur notre œuvre ! Elle doit d'autant plus exciter notre reconnaissance envers Dieu, ranimer notre confiance et enflammer notre zèle pour l'éducation chrétienne des enfants, que les demandes d'établissements se multiplient en même temps. De toutes parts, en France et à l'étranger, on sent le besoin de l'enseignement religieux, et on nous demande des Frères pour le donner : preuve sensible, redisons-le, en ces temps si difficiles, que Dieu protège nos écoles et qu'il les veut.

 Dans ce moment, la demande qui nous préoccupe le plus, et que je dois vous faire connaître à tous, c'est celle que nous recevons de M. le Ministre de la Marine et des Colonies, sous la date du 15 de ce mois, pour les possessions françaises de la Nouvelle-Calédonie.

 « Monsieur le Gouverneur de la Nouvelle-Calédonie,  m'écrit Son Excellence, a demandé à mon département l'envoi, dans la colonie, de Frères instituteurs, pour y être chargés de l'enseignement dans les écoles  fondées et entretenues par l'Administration locale.

 « Le service du culte est assuré à la Nouvelle-Calédonie par la congrégation des Pères Maristes; il me parait naturel que l'éducation de la jeunesse du pays  soit confiée à des religieux qui ont avec cette Congrégation une communauté d'origine et d'excellents  rapports. Je sais, d'ailleurs, le dévouement et les soins  dont vous entourez les enfants que vous instruisez  et, par ces motifs, je désirerais qu'il vous fût possible de prêter votre concours à l’œuvre de moralisation entreprise par la Mission mariste à la Nouvelle-Calédonie. Le cas échéant, je vous serais obligé d'examiner, dès à présent, et de me dire à quelles conditions il vous serait possible de le faire.

 « Je crois devoir, à titre consultatif, vous donner connaissance de la situation faite aux Frères de la  Congrégation de Ploërmel, qui est chargée de la tenue  des écoles dans notre autre possession de l'Océanie. »

 Suit le détail des conditions que nous propose M. le Ministre ; puis Son Excellence ajoute :

 « Si vous étiez disposé à accepter, dans ces conditions, ou dans des conditions équivalentes, la mission  que j'ai l'honneur de vous offrir, je vous serais obligé  de vouloir bien mettre le plus tôt possible à ma disposition quatre de vos Frères, pour être dirigés sur  Nouméa, par une des prochaines occasions, de bâtiment de l'Etat.

 Recevez, etc.

 

 Le Vice-Amiral de la Marine et des Colonies.

« Pour le Ministre et par son ordre

« Le directeur des Colonies,

« Signé A. BENOIST-D'AZY. »

 Le 19 de ce mois, j'ai fait à dette excellente lettre la réponse ci-après :

            « Monsieur le Ministre,

 « Je remercie Votre Excellence de l'honneur qu'elle nous fait de nous demander des Frères pour les Possessions Françaises de la Nouvelle-Calédonie.

 Très volontiers, Monsieur le Ministre, nous prêterons tout notre concours à l’œuvre de moralisation entreprise dans cette colonie par les Révérends Pères Maristes, et si heureusement soutenue par l'Administration.

 « Votre Excellence veut bien, à titre consultatif, me donner connaissance de la situation faite aux Frères de Ploërmel, dans notre autre possession de l'Océanie. Nous l'acceptons, dans les mêmes conditions, pour les Petits Frères de Marie, persuadés que l'Administration, qui a étudié toutes choses sur les lieux, avec les Frères de l’Instruction chrétienne, a sagement combiné et coordonné les intérêts des écoles, les intérêts des Frères et ses propres intérêts.

 « Je vous prie néanmoins, Monsieur le Ministre, de me donner un mois ou deux pour préparer les quatre Frères que vous me demandez. Je vois déjà que je n'aurai que l'embarras du choix : car, dès la première annonce de cette fondation lointaine, les demandes se multiplient, pour en faire partie ; mais je tiendrais particulièrement à ne donner que des sujets capables, très dévoués et très sûrs.

 « Prochainement, je vous demanderai, Monsieur le Ministre, de vouloir bien m'admettre à conférer avec Votre Excellence de cette fondation, de ses conditions et des moyens d'en assurer le succès.

  Daignez agréer, etc. ... »

 L'annonce dont je parle à M. le Ministre n'a été faite qu'à la Maison-Mère, et c'est à la Maison-Mère que les demandes se sont produites aussitôt ; mais, avant de fixer notre choix, j'ai voulu vous faire connaître à tous l’œuvre nouvelle que la Providence nous ménage, afin de donner à tous la faculté de demander à y concourir.

 Je désire même que ces demandes nous soient adressées au plus tôt[1], et me permettent de donner à M. le directeur des Colonies toutes les assurances qu'il pourra désirer.

 Ce qui doit rassurer et exciter ceux que le zèle des Missions saisira, c'est que, non seulement la Nouvelle-Calédonie, possession importante et qui tend à grandir chaque jour, leur est ouverte, mais l'Australie encore et une partie considérable de la Nouvelle-Zélande.

 C'est pour ces Missions, au moins, pour toutes les stations confiées à la Société de Marie, ou pour celles qui en sont le plus rapprochées, que je fais appel au zèle et au dévouement de ceux à qui Dieu donnera le désir de s'y consacrer.

 Je me réserve de vous parler, plus en détail, dans la prochaine Circulaire, de notre nouvelle école de Saint Patrick à Sydney ; niais, dès à présent, je suis heureux de vous dire qu'elle prend une importance extraordinaire et qu'elle inspire le plus vif intérêt.

 Nous aurons certainement besoin que Dieu multiplie parmi nous les vocations aux missions étrangères, pour pouvoir répondre aux demandes que, déjà, cette première fondation a fait surgir, tant dans l'archidiocèse de Sydney que dans le diocèse de Bathurst qui l'avoisine.

 Unissons-nous tous pour recommander à Dieu ces Missions, pour obtenir que le zèle apostolique qui y conduit nos Révérends Pères, se communique également à nos Frères, et en détermine un bon nombre à aller partager leurs travaux, et immoler, comme eux, au salut des âmes, les affections de parents, de connaissances et de pays.

 Nous continuerons à prier, en particulier, pour notre cher Frère Vial, de la Province du Nord, qui va, à Apia, donner secours aux bons Frères Ulbert et Landry ; et pour notre cher Frère Ange, de la province de Saint-Paul-Trois-Châteaux, qui va à Sydney, seconder nos chers Frères de Saint-Patrick.

 Dans les Maisons de Noviciat, on dit l'Ave Maris Stella, à leur intention, à la visite de onze heures et demie, jusqu'à ce qu'on ait appris leur heureuse arrivée dans la mission ; dans les postes, on offre spécialement le chapelet qui se dit avec les enfants.

 IV

 Le bon Dieu nous a fait, et a fait à toutes les Congrégations de Frères enseignants, une faveur immense, en rendant, sous la condition de l'engagement décennal, la dispense du service militaire à tous nos jeunes Frères, quelle que soit la nature de l'école dans laquelle ils exercent.

 Si la loi militaire du 27 juillet 1872, qui consacre le principe du service obligatoire eût consacré, en même temps, la dispense restreinte que nous imposait la circulaire ministérielle du 14 février 1866, c'était fait de nous, c'était fait de toutes les Congrégations, dans un avenir très prochain.

 Impossible, en effet, avec la suppression des bons numéros et de presque toutes les causes d'exemption, impossible de placer dans des écoles communales, non plus seulement le tiers ou la moitié, mais la presque totalité de nos Frères, atteints par la loi sur le recrutement de l'armée.

 C'est donc pour conjurer cette situation désastreuse que, tout en faisant, humainement parlant, de concert avec les Frères des Ecoles chrétiennes, tout ce qui était en notre pouvoir, nous nous sommes encore associés d'avance, dans la mesure qui nous conviendrait, à leurs vœux et à leurs promesses, pour implorer le secours du Ciel, et le remercier ensuite, si nous étions exaucés.

 J'ai sous les yeux la Circulaire où le T. H. Frère Philippe fait connaître à ses Frères tout ce qu'il a promis à Dieu, à cette occasion, pour lui-même et pour sa Communauté :

 1° Dans la chapelle ou oratoire de chaque maison, un tableau commémoratif de l'événement.

 2° Une neuvaine de messes en l'honneur de la Sainte Vierge, dans chacun de ses principaux sanctuaires de France près desquels l'Institut est établi.

 3° Une neuvaine de messes en l'honneur de saint Joseph, à Beauvais et à Valence.

 4° Une aumône, fixée par le Régime, à la Propagation de la Foi ; et une autre à l'église du Sacré-Cœur de Jésus projetée à Paris.

 5° A perpétuité, dans un orphelinat de l'Institut, une bourse pour un enfant pauvre.

 6° Une messe à faire dire par chaque communauté, à l'intention des âmes du purgatoire.

 7° Une neuvaine d'invocations au Sacré-Cœur de Jésus, à l'Immaculée-Conception de la Sainte Vierge et à saint Joseph.

 8° Tous les ans, le premier vendredi libre du mois de juin, une messe à faire dire, par chaque communauté, en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus, avec invitation aux Frères d'y faire la sainte communion.

 9° Enfin, trois jours de jeûne pour tous les Frères de l'Institut qui n'ont point d'empêchement légitime.

 La seule énumération de ces aumônes, de ces messes, neuvaines et fondation de messes, de ces prières et de ces jeûnes, vous dit toute l'importance que les Frères des Ecoles Chrétiennes attachaient à la discussion de la loi militaire, tout le besoin qu'on avait d'une décision favorable.

 Pour nous, nous la comprenions et nous la désirions comme eux ; mais les ressources de la Congrégation ne nous permettaient pas de les suivre dans les aumônes et fondations qu'ils promettaient à Dieu, pour implorer son secours et lui témoigner ensuite leur reconnaissance.

 Nous ne pouvions que nous proposer d'y suppléer, autant que possible, par la ferveur et la persévérance de nos prières et bonnes œuvres ; et c'est à quoi je vous exhorte en ce moment, vous recommandant à tous de remplir fidèlement et de votre mieux les pratiques qui suivent

 1° Dans toutes nos Maisons, au jour qui conviendra, on fera dire une Messe d'actions de grâces ; on y conduira les enfants et l'on tâchera d'y faire la sainte communion.

 2° Les trois premiers mercredis qui suivront la réception de cette Circulaire, seront des jours d'abstinence et de jeûne, pour tous ceux qui n'en seront pas légitimement empêchés. Ceux qui ne pourront pas jeûner, réciteront neuf fois le Magnificat à la place du jeûne.

 3° Pendant une année, à partir du 1ier février 1873, on ajoutera, à la suite du Salve Regina du matin, nos six invocations particulières au Cœur sacré de Jésus, au Cœur immaculé de Marie, à saint Joseph, aux saints Anges, aux Saints et Saintes de Dieu, aux Ames du Purgatoire.

 4° La pratique de ces invocations nous rappellera à tous, chaque jour, que, pendant cette même année, toutes nos prières et bonnes œuvres doivent être faites

    1° En actions de grâces de la faveur obtenue.

    2° Pour recommander à Dieu tous ceux qui nous ont aidés, en cette circonstance, de leur influence, de leurs talents et de leur vote.

 3° Pour demander à Dieu de nous continuer, à tous, sa protection spéciale au milieu des difficultés de tout genre que nous traversons; et, en particulier, pour que la loi sur l'enseignement primaire, si importante pour la religion et la société, nous soit aussi favorable que la loi militaire.

 4° Enfin, pour que le Seigneur multiplie et affermisse nos vocations; qu'il répande dans toutes nos Maisons l'esprit de grâce et de prière; qu'il nous assiste et nous soulage dans tous nos besoins temporels; et qu'il nous accorde tous les secours dont nous avons besoin pour atteindre la fin première de notre vocation : NOTRE SALUT ÉTERNEL ; et la fin essentielle de notre Congrégation : L'ÉDUCATION CHRÉTIENNE DES ENFANTS.

 Comme source de ces grâces et de ces bonnes intentions, comme témoignage de notre reconnaissance pour les vœux de bonne année que vous nous avez exprimés avec tant d'affection, et comme expression de ceux que nous ne cessons de former nous-mêmes pour chacun de vous, nous empruntons au grand Apôtre et nous offrons à Dieu, dans toute la sincérité de notre âme, le souhait admirable qu'il formait lui-même pour les fidèles de Corinthe : Que la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous. Amen. (Il Cor., XIII, 13.)

 Recevez la nouvelle assurance du tendre et respectueux attachement avec lequel je suis, en Jésus, Marie, Joseph,

 Mes Très Chers Frères,

 Votre très humble et très dévoué serviteur,

      Frère Louis-Marie.

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[1] : On peut nous les adresser pendant le, mois de février.

Nous recevrons avec plaisir, à cette occasion, de chaque Frère Directeur, avec un mot sur sa -Maison, la note présumée de ses versements : 1° comme redevance annuelle ; 2° comme classiques; 3°comme dons divers, personnels aux Frères, et autres.

Cette lettre dispensera d'écrire en mars, à moins de besoins particuliers.

 

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