a) Ecole de la Foi: Fribourg

05/Nov/2010

(Grand' Fontaine 33 – 1700 Fribourg. Suisse)

Depuis septembre 1969, fonctionne à Fribourg un nouveau centre de formation apostolique. L'initiative en revient et au Père Voillaume et au Père Loew. Actuellement c'est ce dernier qui en assume la direction.

Le but de l'Ecole: faire des hommes et des femmes heureux, aujourd'hui, de vivre et d'annoncer le mystère de Jésus-Christ. Elle ne vise à former ni des philosophes, ni des professeurs, ni des chercheurs, ni des dogmaticiens, ni même exactement des catéchistes, mais des « annonceurs » de l'Evangile qui auront à vivre cet Evangile au niveau des communautés de base où ils seront insérés, chacun selon sa vocation et son ministère, dans un esprit de sympathie profonde pour tout homme.

La définition: une école d'apprentissage de la Connaissance de Dieu et du Seigneur Jésus dans la vie de l'Esprit.

Les moyens: étude et écoute de la Parole, communion fraternelle dans le partage et les services mutuels avec révision de vie, fraction du Pain et prière en commun, communauté de tous les biens spirituels et matériels.

Soyons plus clairs: On ne trouve pas exactement à l'Ecole de la Foi l'équivalent d'une école de théologie de style universitaire. C'est plus proche de ce que nous avons appelé Second Noviciat ou maintenant Centre de Spiritualité.

Le style de vie est aussi contemplatif que didactique, car on vise à acquérir un regard de foi plus qu'un savoir, dans le cadre d'une vie communautaire de prière, de liturgie et d'étude.

Le programme des études, au lieu d'être divisé en traités: dogme, morale, exégèse, histoire de l'Eglise, cherche à s'unifier en la personne de Jésus-Christ. Il n'y a donc qu'un traité: celui du Verbe fait Chair où l'histoire des Alliances est relayée par l'histoire de l'Eglise, vue comme histoire du Corps de Jésus-Christ. La théologie s'étudie au fur et à mesure de la naissance historique des dogmes: Trinité, Nature du Verbe, Theotokos, etc. … A partir de la Parole de Dieu on arrive à comprendre l'homme, et des notions d'anthropologie facilitent cette compréhension. En outre il s'ajoute aussi un cours de réflexion pastorale puisqu'on prépare des « annonceurs » de l'Evangile.

Les grandes intuitions des sages (Bouddha, Confucius, Socrate, etc. …) s'étudient parallèlement à l'histoire des Alliances, et les théories philosophiques, surtout des derniers siècles, suivent aussi le sillon parallèle à l'histoire de l'Eglise. Bref, il y a volonté d'unifier l'étudiant et l'homme.

L'Ecole prévoit un cycle de 2 ans pour communiquer cet enseignement et cette vie. On ne peut rien dire encore de très catégorique puisqu'elle débute, mais elle prévoit aussi un deuxième cycle de 2 autres années.

Les heures de cours proprement dites sont volontairement réduites pour laisser la place à l'« écoute dialogante ».

Les étudiants vivent en petites communautés de 3 à 6 membres dans des logements modestes de Fribourg, insérés dans un quartier.

L’Ecole s'adresse aux laïcs, religieux, religieuses qui ont déjà l'expérience de la vie de travail et de l'insertion dans un milieu humain.

Age minimum: 22 ans. Aucune étude préalable n'est demandée. Une certaine vie d'Eglise fondée sur le partage fraternel et la révision de vie en petit groupe est peut-être la meilleure préparation.

Voici quelques réflexions d'un participant qui se trouve à l'Ecole de la Foi:

« J'ai été assez désorienté au départ par le nombre restreint d'heures de cours — 8 à 10 heures par semaine — alors que je venais de terminer une année universitaire chargée, avec plus de 18 heures de cours hebdomadaires (sans compter les heures de classe données à St Bonaventure, à Alger). Pendant les premières semaines, j'étais comme ces apprentis-chauffeurs qui mettent plein gaz sans jamais embrayer; vous connaissez le résultat! Depuis, cependant, il me semble que j'ai passé quelques vitesses! L'accent est donc fortement mis sur la contemplation de la Parole et le travail personnel.

Plusieurs réflexions m'ont aussi chatouillé qui nous mettaient en garde contre la mentalité " étudiant ", sur laquelle on plaquait les qualificatifs sonores " intellectuelle " ou " intellectualiste ". Cela me chagrinait d'autant plus que ma vie d'étudiant, encore toute fraîche, démentait ces slogans faciles. J'eus cependant vite fait de comprendre que nous ne mettions pas le même contenu sous le même mot. Morale de l'histoire: il est urgent, pour dialoguer en vérité, de rétablir le sens des mots.

C'est au niveau de la vie en fraternité que j'ai découvert beaucoup: d'abord que la vie fraternelle n'est pas l'affaire de l'homme mais de Dieu. Tous nos trucs — que nous croyons efficaces — ne sont souvent que du vent. Cette vie en équipe est exigeante et le plus dur c'est de durer. A ce niveau la révision de vie n'est pas un remède-miracle mais un long apprentissage et une purification de la foi au contact des événements les plus banals en apparence. Il est certain que la prière et l'Eucharistie sont les temps forts. Notre ambition est démesurée peut-être mais il est nécessaire d'avoir un but commun pour mobiliser toutes les énergies. Cette vie fraternelle est, certes, la plus difficile mais aussi la plus enthousiasmante ».

RETOUR

Centre de Formation Supérieure...

SUIVANT

Symposium sur le développement: lUNESCO...