Année Sainte

F. G. M.

11/Jun/2010

ANNÉE SAINTE

Les théologiens et les techniciens de la pastorale ont, ces toutes dernières années un travail un peu décevant. Ils avaient pris à tâche de tracer scientifiquement des routes à l'Esprit-Saint mais celui-ci passe à côté. Ils doivent donc souvent limiter leurs efforts à faire des corrections de parcours qui sont plus empiriques mais plus réalistes.

Le dernier cas est peut-être celui de l'Année Sainte. Ils n'ont pas pu s'empêcher d'être un peu irrités du manque de consultation, et de dire tout ce qu'avait de folklorique, de suranné, d'erroné ce retour à l'obscurantisme des indulgences. Et puis, peu à peu, ils sont revenus à un réflexe de santé: l'Année Sainte romaine aura lieu; préparons-la par l'année sainte des diocèses comme nous le demande le pape, car nos gens, spécialement les moins intellectuels, iront de toute façon à Rome en pèlerinages assez considérables: on y attend pour 1975 deux ou trois fois plus de pèlerins que les autres années (25 millions!).

La recherche théologique a suivi et on est tout surpris de voir que le thème de la RECONCILIATION commence à susciter des études et des orientations pastorales déjà très remarquables. L'inquiétude est même maintenant à rebours: l'année sainte des diocèses, sérieuse et fervente, sera-t-elle continuée par une année sainte romaine de la même valeur?

Ce que je peux dire c'est que les congrégations religieuses présentes à Rome commencent à s'en préoccuper sérieusement, en prenant même des initiatives qui ne leur avaient pas été demandées. La revue F.M.S. sera un moyen commode de tenir tous les Frères au courant de ce qui sera fait.

Mais pour cette fois je ne parlerai pas de cette activité des congrégations religieuses. Je ne parlerai même pas du travail du Comité de personnes nommé par le St-Siège et qui a la charge officielle de préparer l'Année Sainte.

 

I. – Le « Convegno » de Rome

Une chose me semble plus importante, et c'est la rencontre diocésaine suscitée par le Cardinal Poletti, vicaire de Rome qui vient d'avoir lieu du 12 au 15 février 1974. Le terme même de l'Année Sainte n'y a pas été prononcé souvent, mais c'est bien pourtant le but qui est visé: «réconciliation avec Dieu et avec les hommes…», plus l'homme se laisse convertir et réconcilier par Dieu, plus il est à même d'aimer son prochain et de travailler pour lui. (discours d'ouverture)

 

1. – En quoi consistait cette rencontre?

En quatre journées ou parties de journées consacrées à la prière et à l'étude en commun des grands problèmes de Rome.

 

2. – Qui participait?

Entre 4.000 et 5.000 personnes qui s'étaient inscrites avant une date limite. Il y avait 5 groupes correspondant à la répartition de Rome en 5 zones. Beaucoup de participants ont été seulement auditeurs. Mais ceux qui le voulaient pouvaient s'inscrire au début de la journée pour une intervention de 5 à 10 minutes. Il y a eu 740 interventions.

 

3. – De quoi parlait-on?

Chacun de ceux qui demandaient la parole faisaient connaître les situations religieuses, sociales, ecclésiales de Rome qui leur étaient le mieux connues et qui méritaient soit critique, soit au contraire louange. Cette mise en commun a pris 2 jours entiers.

Ces deux journées avaient été précédées le 1er jour d'une liturgie de la parole, simple mais remarquable, et suivies le 4ème jour d'une liturgie de l'eucharistie au cours de laquelle le Cardinal Poletti allait tirer les conclusions. Ces deux cérémonies avaient lieu dans la basilique de S. Jean de Latran.

La cérémonie du premier jour donnait le thème des débats: la réalité sociale de Rome et la responsabilité des chrétiens face à cette réalité.

Après une proclamation de la parole de Dieu, deux orateurs entraient en jeu pour prendre la suite d'Isaïe, de St-Paul et du Christ: un sociologue et un théologien.

Le sociologue allait dresser de Rome un croquis sans ménagement, mais plein de courage. On en jugera par ces quelques éléments: Rome a de 30.000 (chiffre officiel) à 100.000 (chiffre officieux) personnes vivant dans des baraques. Par rapport aux autres villes d'Italie, elle est celle qui loge le plus mal ses habitants. Il est vrai qu'elle reçoit à elle seule autant d'émigrés que Milan, Florence et Naples ensemble.

Face à ces « baraccati » elle a 64.000 de ses habitations qui ne sont pas utilisées, leur prix n'étant pas abordable à ceux qui en auraient besoin.

Elle a un pourcentage élevé de tuberculose, malgré une proportion de médecins et de cliniques (privées surtout) très supérieure à celle de l'Italie.

Le pourcentage des indigents y est le double de celui du pays De façon générale, on peut dire que les services sociaux sont bons pour ceux qui ont les moyens de se les payer, mais que les services collectifs de base, nécessaires aux pauvres, sont gravement insuffisants.

La proportion des chômeurs est plus haute (4%) que la moyenne nationale (3%). On y remédie par un prolongement de la scolarité, ce qui aggrave les « adolescences prolongées ».

En plus des 4% il faut ajouter 13% de travailleurs qui sont en situation marginale (emplois temporaires …).

L'agriculture et l'industrie étant faiblement représentées à Rome, c'est le secteur tertiaire qui devient hypertrophique (69% contre 40% dans le reste de l'Italie).

Cette hypertrophie provoque naturellement des phénomènes de bureaucratisation: irresponsabilité, défense farouche des privilèges.

On comprend aisément que ce sombre tableau, dont on ne donne ici qu'une légère idée, est destiné à provoquer une révision de vie. De même en est-il pour le second tableau qui concerne l'aspect théologique et pastoral de Rome.

La religion des Romains est trop coupée de la vie, trop formaliste et personnaliste. On n'a pas assez le sens du bien commun et les religieux de Rome donnent aussi l'exemple de trop tenir à leurs intérêts particuliers. Rome n'a pas assez d'inquiétudes sociales, en particulier parce que les chrétiens s'endorment dans une catéchèse qui reste sans conséquences pratiques.

Devant l'énoncé brutal de ces « quatre vérités » il faut donc réagir, car Rome est appelée l'année prochaine à donner au monde, l'exemple d'une ville qui avait peut-être beaucoup à faire, mais qui aura su faire beaucoup, d'une ville qui aura su retrouver le sens qu'avait le Christ du primat de l'homme sur la loi, donc d'un homme libéré et qui devient libérateur de ses frères.

Il y a à Rome des scandales qui crèvent les yeux: la pornographie, la prostitution. Mais il y a une pornographie de la misère sociale et une prostitution des individus et des groupes à des intérêts économiques et politiques qui doivent inquiéter au moins autant.

Les deux journées de travail en commission de zones, pendant lesquelles ont eu lieu les 740 interventions sont revenues sur tous ces problèmes. Il ne s'agissait pas de conférences contradictoires, car dans ce cas, le Romain moyen aurait été livré à ses démons familiers : rhétorique et absence d'écoute. Il s'agissait simplement d'exposer les problèmes réels, que l'on fût de droite ou de gauche, car rien n'empêchait que l'orateur fût un communiste ou un néo-fasciste.

Le cardinal Poletti a ensuite convoqué le 25 février les religieux de Rome qui avaient participé à la rencontre pour commencer avec eux un premier échange, car le but de la rencontre est d'inaugurer un nouveau style de relations qui peut se définir ainsi: s'habituer à agir en Eglise.

Une commission: Justice et Charité a été constituée pour donner une voix à ceux qui n'ont pas de voix. Mais c'est aussi d'une façon plus générale qu'il faut s'habituer à réagir en Eglise.

Le cardinal a, par exemple, souligné l'énorme proportion du clergé contestataire (1/3) mais devant ce phénomène il estime qu'il faut étudier les critiques; si elles sont erronées, les redresser en Eglise; si elles sont justes, se convertir en Eglise. Le temps des réponses faciles données par un spécialiste ou un cardinal n'est plus. C'est l'Eglise locale de Rome qui, par le moyen des organismes existants, s'efforcera de réagir.

Cela ne veut pas dire que la Réconciliation soit faite, mais que Rome a entrepris un cheminement de réconciliation qui pourrait être un modèle pour les autres Eglises.

 

II. – La Doctrine de la RECONCILIATION.

Voici maintenant quelques idées sur le thème même de la réconciliation.

1. – Ce mot jusqu'ici réservé au domaine de l'amitié et de l'amour humain, se met à proliférer dans la littérature religieuse où il était à peu près inconnu. Les dictionnaires de théologie les plus volumineux ne le mentionnaient pas. Mais ces derniers temps on s'est mis à parler de sacrement de la réconciliation, de réconciliation des ministères, etc. Et finalement l'Année Sainte a été mise sous l'angle de la réconciliation.

2. – Le mot, à vrai dire, était bien connu de St. Paul qui présente la réconciliation comme un don de Dieu à accepter: Laissez-vous réconcilier par Dieu (2 Cor. 5,20). Le ministère de l'apôtre est une ambassade au nom du Christ destinée à proclamer cet appel.

3. – Pour St. Paul la réconciliation est une expérience et une espérance. Il ne s'agit pas seulement de se réconcilier avec les hommes, mais aussi avec Dieu; car les obstacles sont mystérieux. Il les appelle: la tyrannie d'une loi de mort, les puissances, les éléments du monde, le vieil homme et ses convoitises. C'est cela qui échappe à notre prise. Par exemple, on est désarmé contre le racisme, contre tant de réactions viscérales où la raison n'entre pour rien? Or St-Paul propose (ou plutôt proclame) la réconciliation Juifs-Païens, Grecs-Barbares.

On est désarmé aujourd'hui aussi devant les conflits sociaux: on ne veut la fin d'une inégalité qu'en en créant une autre; on ne fait l'unité que contre quelqu'un. La position chrétienne au contraire refuse de croire que le mal est nécessaire et qu'il faut en faire seulement un élément de dialectique. Elle invite à se réconcilier avec le donné de l'existence. Mais comme ce donné vient de Dieu, le plus court chemin passe par lui. La haine est déjà tuée dans la mort du Christ (Eph. 2,16); il ne faut donc pas l'entretenir; cependant il ne faut pas confondre la haine avec la lutte qui, elle, est nécessaire.

4. – L'état de lutte, de tensions, de conflits ne doit donc pas être trop redouté. Réconciliation évoque conflit préalable. Jésus a vécu dans un constant conflit. Il ne l'a guère évité. Eviter les conflits est le plus souvent une faiblesse. Je cite ici un long texte de Jean Girette (Je cherche la justice).

« La vraie question est celle-ci: comment parvenir à la réconciliation à travers les conflits? Comment se conduire dans ceux-ci, comment les vivre en gardant l'amour de celui qu'on est porté à considérer comme un ennemi? Il n'y a pas de recette. Mais il est certain qu'il y a des chemins qui en éloignent et que ceux qui y mènent sont remplis de difficultés et de croix. L'ouverture à l'autre, l'écoute de l'autre, le respect de l'autre sont fondamentaux; par conséquent le dialogue vrai, car la réconciliation ne se fait pas à distance. C'est un des lieux où se joue la compétence évangélique des Eglises. Il n'y a sûrement pas de réconciliation possible en dehors d'un grand effort d'humilité et de lucidité dans le regard. Les conditions décisives posées à l'avance et unilatéralement constituent sûrement des obstacles infranchissables à la réconciliation. Exiger la justice avec rigueur, c'est dire implicitement qu'on la connaît de façon précise, qu'on est capable de la pratiquer: c'est s'enfermer dans une raideur qui tourne le dos à la justice de l'Evangile. Et l'on en revient en fin de compte à la nécessité de la conversion personnelle de tous comme base de changement des cœurs dans les relations sociales ».

L'auteur de ces lignes, merveille de sens humain, est un polytechnicien, un VIP qui a voulu pendant 7 ans devenir simple ouvrier-tourneur pour connaître les deux côtés de la barricade sociale. Comme on le voit l'essentiel de sa découverte est la conversion, l'acceptation de l'autre. Hélas! Combien de religieux ne se posent même pas le problème, et en arrivent alors à des vies parallèles dans un silence apparemment sans heurt, mais où l'on a renoncé à toute démarche l'un vers l'autre. C'est peut-être là l'inverse de la réconciliation, plus même que la guerre ouverte.

5. – Si Jésus n'évite pas le conflit, c'est qu'il sait que tout doit se résoudre dans l'amour trinitaire qui est le modèle parfait de l'humanité. Les personnes de la Trinité sont différentes, justement pour aller vers l'autre dans un amour total qui fait leur unité.

 

III. – Considérations Historiques.

Reste à dire ce que font ici les fameuses indulgences qui ont causé la rupture de l'Eglise? Eh bien il faut connaître un peu d'histoire de l'Eglise pour redimensionner ce drame. En gros on peut le schématiser ainsi. (Pour une doctrine plus précise des Indulgences, voir Circulaires vol. 24, p. 92-107).

1. – Les lapsi des premiers siècles sont réadmis à la communion de l'Eglise grâce à l'intercession des martyrs encore vivants (torturés mais non mis à mort) qui leur servent de patrons pour plaider leur réadmission.

2. – Ce que peuvent faire les martyrs vivants, les martyrs défunts doivent le pouvoir à plus forte raison; d'où pèlerinage aux tombeaux des apôtres, spécialement à la catacombe St-Sébastien où ont été transportées vraisemblablement les reliques de Pierre et Paul, au 3ème siècle.

3. – Avec la confession privée, s'introduit l'habitude d'une peine temporelle imposée aux pécheurs.

4. – Comme peine temporelle, on peut imposer la croisade, considérée au moins dans l'intention comme l'équivalent du martyre.

5. – En 1291, avec la prise de St-Jean d'Acre par les Musulmans le temps des Croisades est fini.

6. – En 1300, création de l'indulgence du Jubilé. Au lieu du pèlerinage au tombeau du Christ, on remet l'accent sur le pèlerinage aux tombeaux des apôtres.

7. – La déviation s'introduit de la façon suivante. De même que pour la Croisade, il y avait ceux qui se croisaient et ceux qui donnaient l'argent pour financer la croisade; de même pour l'indulgence, il va y avoir ceux qui font le pèlerinage et ceux qui donnent l'argent pour la construction d'églises à Rome, puis pour la construction de palais pontificaux. C'est évidemment très regrettable que cette déviation n'ait pas su être évitée, mais enfin il ne faut pas oublier non plus tout ce qu'il y avait de positif dans l'intention elle-même de ces grands moments de la vie de l'Eglise. Par exemple, quand St. Louis part en croisade, il prend l'habit et le genre de vie du moine pour bien indiquer que sa croisade est une œuvre de pénitence et en même temps il envoie des inspecteurs dans les Provinces pour faire rendre justice aux gens qui ont trop payé d'impôts.

 

IV. – Année Sainte et Jubilé biblique.

Quant à la référence de l'Année Sainte aux années jubilaires juives, elle est aussi bien susceptible de faire réfléchir. Le Jubilé Juif a un aspect de réconciliation sociale très souligné: affranchissement des esclaves juifs, rémission des biens (Lév. 25,8) et par ailleurs le Deutéronome 15 connaît aussi une dîme triennale qui joue ce même rôle social pour la veuve, l'orphelin, etc. … C'est même étrange de voir que cette dîme triennale équivaut finalement à ce 3% dont la statistique d'aujourd'hui fait état pour dire: Si les peuples riches consentaient à donner 3% de leur PNB, ce serait suffisant pour faire démarrer le Tiers-Monde; mais en réalité les peuples riches donnent 0,30%.

Pierre qui a le droit de lier et de délier, peut-il orienter son pouvoir vers cette justice à l'égard de 800 millions de misérables dénués de tous les moyens élémentaires de vivre en hommes (chiffre donné par Mc Namara) comme il l'a jadis orienté vers le jeûne, l'abstinence, la croisade, l'indulgence?

En tout cas chaque pays chrétien peut trouver les actes qui s'imposent pour une réconciliation au niveau interpersonnel, national et international.

Le slogan: « changer la vie » est très beau. Aux chrétiens et aux religieux de s'unir aux autres hommes de bonne volonté pour le réaliser pendant l'Année Sainte, même par des gestes prophétiques.

F. G. M.

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THE HOLY YEAR

Though poorly received in the first instance, the Holy Year is beginning to be regarded as an exceptional occasion for theological reflection and spreading the Gospel.

Religious, male and female, particularly at the level of the Major Superiors (Superiors General and Assistants General) are seeking to find their place in this work of the Church through which the Holy Spirit can exert a powerful influence.

F.M.S. will keep its readers up to date concerning the initial steps taken with regard to this.

The Diocese of Rome has given the surest pointers to RECONCILIATION which is the central idea of the Holy Year. For a period of four days freedom of speech was granted: all wishing to take advantage of this in order to express what they considered the pros and cons in the existing state of affairs, religious and social, in their own cities.

A commission entitled Justice and Charity has been drawn up for the purpose of voicing the opinion of those unable to do so.

This re-assessment of life which has taken place ought little by little to have for its end practical ideas for bringing about reconciliation among the classes of our society so full of preconceived ideas about one another.

The doctrine of RECONCILIATION is to be found essentially in 2 Cor. 5, 18-20 and Col. 1, 20-22. It is more a question of a gift to be welcomed from above than an effort at human level.

There is no need to be alarmed by conflict. Christ Himself did not shun this. He knew that the answer to the problem lies in the Trinitarian love resulting from the differences in the divine Persons who consider themselves different and are thus the model of the goal to be sought by human beings.

Doubtless the question of indulgences can be a stumbling-block with regard to ecumenism but by putting this matter back into its historical context and recognising the deviations it has caused one can take the drama out of a situation, which must be accepted as well, for reconciliation also reaches out to those of past eras with whom we should likewise be in communion.

The Biblical origin of the Jubilee can also help to capture fittingly the social hallmark of combined help for the most wretched of human beings.

* * *

AÑO SANTO

Mal acogido en un principio, el Año Santo comienza a ser considerado como una ocasión excepcional de reflexión teológica y de evangelización.

Los Religiosos y Religiosas, especialmente a nivel de reuniones de Superiores Generales y de Asistentes Generales, tratan de descubrir el papel que les corresponde desempeñar en esta obra de Iglesia, en la que el Espíritu Santo puede actuar poderosamente.

F.M.S. tendrá a sus lectores al corriente de las iniciativas que surjan en este sentido. Ya desde ahora es interesante notar lo siguiente:

– La diócesis de Roma ha realizado un gesto altamente sincero, referente a la Reconciliación, tema propuesto para el Año Santo. A lo largo de 4 jornadas, ha dado la palabra a todos los que lo han deseado para que pudieran expresar sus puntos de vista respecto a los aspectos positivos y negativos de las realidades religiosas y sociales de la ciudad, conocidas por ellos.

El fin ha sido despertar las conciencias, sin rehuir el riesgo de que ese despertar fuera en ocasiones brutal y traumatizante, para empujar a los cristianos a reaccionar «en Iglesia». Una Comisión, Justicia y Caridad, creada con tal ocasión, quisiera «dar voz a todos los que carecen de ella».

La revisión de vida que se ha llevado a cabo debe conducir poco a poco a realizaciones concretas para reconciliar entre sí a las clases sociales, llenas de prejuicios recíprocos.

– La doctrina de la Reconciliación se encuentra esencialmente en 2 Cor. 5, 18-20; Col. 1, 20-22. Más que un esfuerzo humano, se trata de un don hay que estar dispuestos a recibir de lo Alto.

– No hay que temer el conflicto. Cristo no lo evitó. El sabía que la solución del problema está en el Amor Trinitario, fruto de las diferencias entre las Personas Divinas, que asumen el hecho mismo de ser diferentes entre sí, y son a la par el modelo del objetivo que hemos de perseguir las personas humanas.

– Sin duda, la cuestión de las indulgencias puede ser una piedra de tropiezo para el ecumenismo, pero encuadrándola en su contexto histórico y reconociendo las desviaciones que ha causado, podemos desdramatizar una situación que debe ser también asumida en el conjunto de la Reconciliación, ya que ésta ha de extenderse incluso a los hombres del pasado, con los que debemos estar en comunión.

– El origen bíblico del Jubileo puede asimismo ayudarnos a descubrir el carácter social, a través de una ayuda a los más miserables.

* * *

O ANO SANTO

Nao muito bem recebido no inicio, o Ano Santo está comecando a se tornar urna ocasiao excepcional de reflexao teológica e de evangelizacao.

Os religiosos e religiosas, em particular ñas reunioes de Superiores e de Assistentes Gerais, procuram o lugar que devem ocupar nesta obra eclesial onde o Espirito Santo possa agir com toda sua forca.

FMS fará o possível para ter seus leitores ao corrente das iniciativas que venham a ser tomadas neste sentido.

Já é interessante observar o que se faz no momento.

A diocese de Roma praticou já um gesto significativo de RECONCILIACÁO, tema do Ano Santo. Durante quatro dias, foi dada a palavra a quem quisesse exprimir o que visse de positivo ou de negativo ñas realidades religiosas ou sociais conhecidas em Roma. Sua finalidade era a de despertar as consciéncias (mesmo sendo as vezes, brutal e traumatizante) para levar a urna resposta em IGREJA. Urna comissao «Justica e Caridade» foi constituida para «dar a palavra aqueles que nao podem falar». A revisao de vida (que também foi feita) deve entao finalizar pouco a pouco em realizacoes concretas para reconciliar entre si as classes sociais cheias de preconceitos recíprocos.

A doutrina da Reconciliacao se encontra essencialmente em 2 Cor. 5,18-20; Col. 1, 20-22. Mais do que um esforco humano, trata-se de um dom a ser recebido e acolhido do Alto.

Nao é preciso temer o confuto. Cristo nao o evitou. Sabia que a solucao do problema residía no amor trinitario feito das diferen§as das Pessoas divinas e que assumem estas diferencas, sendo assim, para os homens, o modelo do fim a atingir.

O facto das indulgencias pode ser um impecilho para o ecumenismo; mas se o re-situarmos em seu contexto histórico e reconhecendo os desvíos causados por aquela questao, podemos romper esta barreira que também deverá ser assu-mida, pois a reconciliacao se estende até aos homens do passado com os quais devemos estar em comunhao.

A origem bíblica do Jubileu pode também ajudar a reconhecer o caráter social de urna entre-ajuda aos mais miseráveis.

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