Assumpta est !

L. P.

14/Sep/2010

Lorsque la lune orientale,

Du Liban quittant les vallons,

S'élève blanche et virginale

Entre les palmiers de Sarrons,

Le cortège argenté des nues

Vient en phalanges suspendues

Au devant de son globe d'or,

Et, sous une brise éternelle,

On voit s'incliner devant elle

Les sombres forêts du Thabor.

 

Ainsi la Vierge immaculée

Sortit des ombres du trépas ;

Un blanc nuage l’a voilée

Et la terre a fui sous ses pas :

Le chœur mélodieux des anges,

Les séraphins et les archanges,

Déployant leurs ailes de feu,

Au son de la harpe céleste,

Ravirent la Vierge modeste

Jusqu'au trône enflammé de Dieu.

 

Elle monta, belle et sereine,

Et le ciel radieux et pur,

Sous les pas de sa souveraine

Déroula son immense azur.

Dans ses solitudes profondes

Tous les soleils et tous les mondes

S'arrêtèrent silencieux ;

L'ange se voila de son aile.

Et, pour marcher au devant d'elle.

L'Eternel descendit des cieux.

 

Je te salue, Eve sublime,

Toi que salua Gabriel,

Vierge des vierges de Solyme.

Lis entre les lis d'Israël

Le soleil luit devant ta face :

La lune, reine de l'espace.

Est ton céleste marchepied

Douze étoiles sont ta couronne

Et ton trône est auprès dit trône

Où le Dieu des foudres s'assied.

 

 

A ton front l'auréole brille

Et Jéhovah, le roi du ciel,

Jéhovah t'appelle sa fille,

Et ton Fils est l'Emmanuel.

Tu parles : l'étendue écoute ;

Tu marches : partout, sur ta route.

S'entrouvrent les plaines de l'air

Tu souris : ton sourire arrête

Le bras du Très-Haut qui s'apprête

A lancer le terrible éclair.

 

L'aurore qu'un ciel bleu reflète,

Le zéphire après l'aquilon.

L'arc-en-ciel après la tempête

Sont moins propices que ton nom :

L'oasis, île de verdure,

Respire une haleine moins pure

Au milieu des sables déserts :

Moins doux est l'hymne qui s'élance…

Des bois de cèdre que balance

Le souffle harmonieux des mers.

 

Au vieillard dont le front se penche

Ce nom rend la force et l'espoir

A genoux sur sa couche blanche.

L'enfant le redit chaque soir.

Quand le jour meurt ou vient d'éclore,

Aux premiers rayons de l'aurore.

Aux derniers feux de l'horizon,

Du haut de la tour ébranlée.

L'airain le dit à la vallée

Le vallon le dit au vallon.

 

L'homme, dans sa vie éphémère,

Ne t'implora jamais en vain.

Et tu souris comme une mère

Au pâtre comme au souverain ;

Dans les royales basiliques .

Comme dans les temples rustiques

Où vient prier le laboureur :

Dans l'oratoire à l'humble voûte.

Dans le vieux chêne de la route

D'où tu bénis le voyageur,

                                                                   L. P.

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