b) Méthodes et moyens déducation

05/Nov/2010

Ce symbole a été créé par l'artiste français d'origine hongroise : Victor Vasarely. il été offert à l'Unesco par l'Association Internationale des Arts Plastiques. Les cercles concentriques composent une tête abstraite de l'Homme illuminé par la connaissance.

 

Méthodes et moyens d'éducation

(contribution d'un groupe de responsables d'Education – Rome 1970)

 

INTRODUCTION

Peu après 1950, le monde entier a connu l'explosion scolaire et l'enseignement est devenu la plus grande des entreprises nationales.

Mais.

1. – En dépit des efforts, l'accroissement démographique se traduit par une augmentation du nombre d'adultes illettrés

dans le monde.

2. – Une crise mondiale de l'éducation se manifeste. Trois mots la caractérisent: mutation, adaptation, décalage.

Face à cette crise, que doivent faire les religieux?

Par formation, étant souvent plus exécutifs que créatifs, ils se trouvent inquiets vis-à-vis du « quoi faire? ». Cette inquiétude peut les amener à découvrir leur rôle: être médiateurs comme le Christ.

Pour eux, s'ajuster à renseignement c'est mesurer d'abord toute l'ampleur de celui-ci qui doit s'entendre aussi:

a) de « l'éducation non scolaire »: vulgarisation industrielle et agricole, alphabétisation fonctionnelle – formation dans l'entreprise et en cours de service, extension universitaire, cours de recyclage professionnel;

b) de la formation à l'environnement: mass media, presse, radio, cinéma, télévision et surtout influence éducative de la vie familiale.

 

I. – EDUCATION SCOLAIRE.

1. – Il semble essentiel d'intégrer l'établissement dans un cadre d'éducation permanente, qui le situe comme une vaste entreprise de formation générale et culturelle, en collaboration étroite avec les autres organismes de la cité. Le sens principal de cette optique est de diriger l'éducation vers l'homme tout entier et toute sa vie.

2. – Au lieu de l'examen final, il faut s'orienter vers un système d'options libres, avec des possibilités réelles de changer d'option.

3. – Pour lutter contre l'excès de l'individualisme, on propose:

de supprimer le principe du classement;

de substituer aux notes, des indications de niveau générales (A, B, C, D, E, par exemple);

de développer les travaux de groupes, intégrés dans le temps de la vie scolaire.

4. – Le travail de l'élève doit être organisé d'une manière à la fois plus logique et plus humaine:

réserver du temps pour le travail individuel et la formation culturelle;

ne pas aboutir à un horaire d'élève plus lourd que celui d'un adulte;

faciliter le travail par un service de documentation, des salles bien aménagées, des conseillers qualifiés;

individualiser le rythme de la progression, le contenu des disciplines fondamentales étant réparti par cycles et non par années scolaires. (Cela suppose une étude approfondie des possibilités de l'enseignement programmé, des ordinateurs et même des satellites pour l'enseignement);

organiser des équipes de professeurs adoptant une stratégie pédagogique concertée, et travaillant avec un personnel annexe: psychologue, documentaliste, bibliothécaire, représentant des services médicaux et sociaux;

aboutir à une vraie communauté éducative entre professeurs, parents, élèves, responsables professionnels et culturels de la cité, tant pour la gestion que pour la vie de l'établissement;

et tout cela en choisissant la souplesse plutôt que les cloisonnements rigides, et, à court terme, en utilisant simplement tous les moyens dont on dispose pour une rénovation pédagogique.

 

II FORMATION INITIALE ET FORMATION PERMANENTE DES MAITRES.

La formation initiale devrait comporter 2 aspects:

1. – Une formation fondamentale dans une université rénovée et diversifiée, qui comporte, entre autres, un entraînement à la communication et à la recherche.

2. – Une formation professionnelle dans des conditions réelles.

La formation permanente demande une ouverture sur le demain, dans le sens de créer l'avenir au lieu de le subir.

Les Religieux pourraient avoir le rôle particulier de préparer des maîtres dans les écoles normales, et d'assurer des cours de recyclage.

On n'oubliera pas un élément important dans le choix des stagiaires en cours: les qualités humaines et la personnalité sont un critère aussi important que les capacités intellectuelles.

 

Ill – ENSEIGNEMENT NON SCOLAIRE.

De plus en plus se fait sentir le besoin d'un enseignement non scolaire que l'on désigne par les termes d'éducation des adultes, formation accélérée, perfectionnement agricole ou industriel, etc. …

1. – Pratiquement les pays industrialisés ont au moins trois réseaux de formation, à côté du système d'éducation scolaire et officiel:

l'un relève des entreprises privées;

le deuxième, de l'armée;

le troisième, des bénévoles.

 

Cet état de choses montre que la période proprement scolaire est seulement un point de départ, et que sa mission devrait être surtout d'apprendre à apprendre, de produire des gens éducables.

2. – Dans les pays en voie de développement, la problématique n'est pas du tout la même.

L'une des tâches prioritaires, est d'apporter à la multitude des paysans, ouvriers, artisans et autres qui n'ont jamais mis les pieds à l'école, les techniques et les notions capables d'améliorer leur sort.

Une autre tâche est d'accroître la compétence des gens partiellement qualifiés — notamment des enseignants. C'est peut-être la meilleure formule pour faire progresser tout un ensemble. Il y a tout un investissement presque improductif de jeunes dotés d'une certaine formation (primaire, secondaire) mais qui sont sans emploi et pourtant trouveraient un métier, moyennant une brève période d'enseignement spécialisé.

Ces pays ne peuvent guère se permettre des cours d'adultes répondant à des goûts personnels. Leurs priorités doivent aller à l'éducation – investissement, et donc aux personnes capables de faire fructifier cet investissement au profit de tous. Pratiquement cela signifie:

alphabétisation au sens large;

formation agricole;

services de vulgarisation;

promotion d'animateurs et innovateurs ruraux.

Dans les pays en voie de développement, l'Eglise a le rôle très important de surveiller et de partager les programmes préparés au niveau de la coopération internationale.

 

CONCLUSION.

« La situation, a dit Paul VI, dans Populorum Progressio exige des programmes concertés… Un programme… dépasse les perspectives de la croissance économique et du progrès social: il donne sens et valeur à l'œuvre à réaliser. En aménageant le monde il valorise l'homme ».

(Le présent article est le résultat d'une journée de réflexion d'un Comité de religieux éducateurs — prêtres, frères, sœurs — qui s'appelle Educ-International).

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