Belle prière de Saint Anselme à Marie

24/Sep/2010

O Vierge souveraine, immaculée Mère de Dieu, ma très glorieuse Maîtresse, plus élevée que les cieux, plus pure que les splendeurs du soleil et supérieure en dignité à toute l'armée céleste; vous qui êtes la joie des saints, la consolation des justes, le secours des pécheurs et la mère des orphelins,… placez-moi, je vous en conjure, sous les ailes de votre toute-puissante protection.

Gardez-moi, pour que Satan, ce maudit et perfide ennemi, qui est l'auteur de la ruine de tant de créatures, ne triomphe pas de moi. Ne permettez pas que votre divin Fils, créateur et conservateur de toutes choses, me réprouve à cause de mes péchés, mais faites plutôt qu'il m'attire à lui, qu'il me fasse entrer dans ce bienheureux séjour des saints où n'ont point d'entrée la douleur, la crainte, la tristesse, les larmes, la tribulation ni la mort, mais où règnent à jamais une joie inépuisable, le plaisir des justes, la délectation sans fin, les splendeurs, les délices, l'exaltation et la gloire.

Remplissez ma bouche de la grâce de votre douceur, afin que je vous chante des hymnes d'un esprit joyeux et d'un cœur dévoué. Retirez votre pauvre serviteur du péché et des affections corrompues; chassez de moi toutes ces pensées perverses que m'envoie le démon afin de faire tomber mon âme en enfer. Donnez-moi, ô très douce Vierge, la crainte de Dieu et son saint amour. Mettez en mon âme la charité, la patience, l'humilité, la pureté, le repentir de mes fautes et la grâce de m'en corriger.

Je confesse qu'il n'est ni juste ni digne que j'ose, pécheur misérable et corrompu comme je sais, regarder seulement votre image, ô vous qui avez toujours été la pureté et la sainteté mêmes; cependant, comme Dieu, que vous avez enfanté, s'est fait homme précisément pour appeler les pécheurs à la pénitence, recevez l'humble aveu de tant de péchés si graves et conduisez-moi vers Dieu votre Fils unique, le priant d'être indulgent pour mon rime misérable. Soyez auprès de lui ma Médiatrice; car, à cause de la grandeur et de la multitude de mes iniquités, je n'ose lever tes yeux vers lui pour implorer mon pardon.

Ayez pitié de mon avilissement, ô Vierge très pure. Vous avez toute puissance auprès de Celui qui est né de vous, vous pouvez tout comme Mère. Ne dédaignez donc pas mes larmes; ne rejetez pas la prière de mon cœur; ne confondez pas l'espérance que j'ai en vous, mais forcez par vos prières la clémence de votre Fils; faites que l'âme de votre indigne et malheureux serviteur retrouve son ancienne et première beauté, qu'elle renonce à la souillure des affections dépravées, qu'elle soit délivrée du péché, qu'elle serve Dieu dans la pureté et dans la justice, qu'elle se revête de sainteté, qu'elle meure au monde et qu'elle vive de la vertu.

Soyez mon inséparable compagne durant ma périlleuse navigation sur la mer démontée de ce monde, triomphant toujours des démons qui me combattent, me rendant circonspect pendant la veille, me gardant pendant mon sommeil, me consolant dans l'affliction, me ranimant quand je chancelle, me fortifiant dans ma faiblesse, me délivrant du péché, me rendant invincible aux ennemis visibles et invisibles de mon salut, afin que tous les démons qui exercent contre moi leur tyrannie injuste reconnaissent que je suis votre serviteur.

Exaucez, ô ma très sainte Souveraine, Mère de Dieu; cette humble prière que je vous fais; ne me confondez pas dans mon attente, ô vous qui êtes l'espérance de l'univers. Préservez-moi de toute souillure du corps, de l'esprit et du cœur; apprenez à ma langue à ne parler qu'utilement, instruisez mes yeux à voir clairement la droiture de la vertu; faites que mes pieds marchent assidûment dans les voies de la justice, et que mes mains soient saintes afin qu'elles puissent s'élever dignement vers le Très-Haut; purifiez mes lèvres afin: qu'elles invoquent avec confiance le Dieu terrible et très saint. Donnez-moi le temps de faire pénitence, de me convertir sincèrement; et enfin soyez avec moi au moment où ma pauvre âme se séparera de mon malheureux corps, soulageant cette violence intolérable, me consolant dans cette affreuse angoisse, me délivrant du terrible aspect des démons, m'assistant dans le formidable compte à rendre, me rendant Dieu favorable, me plaçant, au moment redoutable du jugement, à l'heureuse place de droite, me préservant des supplices de l'enfer et me faisant héritier des biens éternels de la cité céleste. Ainsi soit-il.

                             (Cf.. L'Abbé Barbier: La Sainte Vierge d'après les Pères; t. IV, pp. 45 et suiv.).

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