Brésil Méridional

02/Oct/2010

Le N° 69 du Bulletin a donné, en 1925, à l'occasion du 25ième anniversaire de la fondation de la Province du Brésil Méridional, des détails sur chacun de ses Etablissements. Des progrès ont été réalisés depuis, dont nous allons dire quelques mots, que nous emprunterons au Rapport du C. F. Marie-Odulphe, A. G. sur sa visite de délégation.

FONDATIONS NOUVELLES.

Rio Pardo. — Cet Externat, ouvert en 1925, a dépassé les espérances du zélé curé de cette paroisse qui voit dans le Collège des Frères et sa section du ''tiro'' (exercices de gymnastique et de tir qui dispensent du service militaire) une forteresse contre les entreprises des Méthodistes.

Collège Sao Pedro de Porto-Alegre. — Ouvert en 1925. Vrai Nazareth, presque Bethléem, dans un des faubourgs de Porto-Alegre. Merveilleux centre d'apostolat intense, grâce au zèle admirable du F. Directeur et de Mr le Curé, ancien élève de notre Pensionnat de Bom Principio. Il y a dans l'Ecole une petite Congrégation de l'Enfant Jésus qui compte 90 membres. Plus de 100 élèves assistent chaque jour à la sainte Messe. Situé au centre d'un quartier ouvrier et populeux, ce collège, fondé dans la pauvreté est riche déjà de résultats apostoliques.

Cachoeira. — Sur les instances de Mgr D. Attilio da Rocha évêque de Santa Maria, et du Vice-Président de l'Etat, notre ancien collège, abandonné il y a quelques années, vient de se rouvrir, dans un local agrandi et bien aménagé, sous le nom de Gimnase Roque Gonzalès.

Gasporé. — Un groupe de zélés catholiques, représentants de la population, désiraient, depuis quelques années, doter leur petite ville d'un Collège analogue à ceux de Villa Garibaldi Antonio Prado et Alfredo Chaves de la même colonie italienne. Ils s'offrirent à trouver l'argent, à construire l'édifice à des conditions avantageuses et à livrer le collège prêt à être occupé. Dans l'espoir de trouver des vocations, on a ouvert les classes en mars 1928.

Passo-Fundo. — Nous avions jadis dans cette localité une bonne Ecole que nous avons dû abandonner, mais qui fut continuée par les PP. Pallotins. Ceux-ci abandonnant la paroisse et le Collège, nous venons de reprendre ce dernier. La ville s'est considérablement développée, et les habitants aisés des plus lointains campos, désirant faire donner de l'instruction à leurs fils, on augure pour cette œuvre un magnifique avenir.

Comme on espère parmi ces bons colons allemands, trouver des vocations religieuses, on a réservé pour un petit embryon de Juvénat, une partie des locaux autrefois occupés par les pensionnaires.

VOCATIONS.

Les colonies allemandes et italiennes fournissent de bonnes vocations qui, par leur constance, ont jusqu'ici donné à la province un rang très avantageux dans l'ensemble de la Congrégation pour la moyenne des persévérances. Le Collège et les environs de Santa-Cruz méritent une mention spéciale pour le nombre de Juvénistes fournis. Une famille a donné à elle seule six de ses enfants à notre lnstitut: quatre sont religieux profès, deux sont Juvénistes. Une construction s'élève en ce moment qui donnera à ce Collège des locaux et un aspect plus en rapport avec sa situation, son importance actuelle et son avenir.

 

ŒUVRES SCOLAIRES ou POSTSCOLAIRES.

Dans plusieurs Ecoles, fonctionne au moins une œuvre : Congrégation, Croisade eucharistique etc. … qui donne d'excellents résultats. Le C. F. Assistant dit notamment avoir été très intéressé à une réunion de la Conférence de St Vincent de Paul, du Gymnase du Rosaire, et à Uruguayana, à un Cours du soir donné aux adultes noirs ou blancs par un jeune Frère aidé de quelques grands élèves : ce sont des leçons de lecture, d'écriture, de calcul et surtout d'histoire sainte et de catéchisme. On donnait ce soir-là une explication du catéchisme en images de la ‘’Bonne Presse'' de Paris. Ces petits ou grands enfants de 9 à 30 ans étaient littéralement captivés.

Les résultats de cette Œuvre ce sont des conversions, des baptêmes, des mariages régularisés, des communions, parmi ces malheureux, qui sans cela vivraient dans l'ignorance religieuse la plus grossière (Voir la photographie).

 

ENSEIGNEMENT ET EDUCATION.

Nos Ecoles sont très appréciées dans tout l'Etat du Rio Grande do Sul des autorités religieuses et civiles. Plusieurs sont devenues Gymnases municipalisés et jouissent de ce fait de certains avantages comme l'exemption des taxes municipales. Ce sont les Gymnases de Santa Maria, de Cachoeira, de N. D. du Rosaire à Porto Alegre, de Sant'Anna à Uruguayana, et de Sant'Anna do Livramento. Ces trois derniers ont élevé des constructions en rapport avec leur importance croissante. Les plus magnifiques succès récompensent le dévouement des maîtres. A Santa-Mafia, par exemple, notre Gymnase a eu 35 élèves déclarés bacheliers officiels à la fin de la dernière année scolaire.

L'éducation chrétienne n'est pas moins soignée. Un prêtre, éminent entre autres, déclarait en parlant des élèves d'un de nos Collèges: "ce sont lès jeunes gens les plus pieux et les plus chastes que je connaisse dans l'Etat". A.M.D.G.

Bref, il semble que dans la modeste province du Brésil M. on est resté fidèle aux traditions du V. P. Fondateur et que l'on y fait peu de bruit, mais beaucoup de bien!

 

VISITE EPISCOPALE.

Le 11 Janvier, à la suite de la finesse, S. E. l'Archevêque métropolitain de Porto Alegre, D. Joao Becker, accompagné du R. P. Gustave Schmidt, aumônier de notre Gymnase du Rosaire, vint à la Maison Provinciale présider la cérémonie de clôture de la retraite annuelle.

Dix-sept postulants revêtirent le saint Habit, et seize novices émirent leurs premiers vœux temporaires.

S. Exc., sous l'impression de cette cérémonie "à la fois simple et solennelle" comme il la qualifia, prononça un éloquent discours, plein d'onction et d'esprit surnaturel, où après avoir salué les supérieurs de la Congrégation, en la personne du C. F. Assistant délégué, il exalta la sublime mission du religieux éducateur et félicita les Frères Maristes du bien qu'ils font à la jeunesse du Brésil.

Après la cérémonie religieuse, les retraitants se rendirent dans la grande salle où l'on fit à S. Exc. une manifestation enthousiaste d'affection filiale et de respectueuse vénération.

Le vénéré Pasteur s'en montra extrêmement touché, et il y répondit en termes émus et empreints d'une bonté vraiment paternelle, assurant les Frères Maristes de sa haute protection et de son inaltérable dévouement. Puis il les bénit, eux, leurs maisons de formation, leurs Ecoles et leurs Elèves, faisant des vœux pour la prospérité toujours croissante de l'œuvre du V. P. Champagnat dans le monde entier, mais surtout dans son vaste archidiocèse1.

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1 Comme témoignage de sa haute bienveillance, S. E. remit au C. F. Assistant Général, un exemplaire en hommage, de son Livre "Viagens e Estudios'' œuvre magnifique qui a mérité les éloges des plus hautes autorités littéraires du Brésil.

 

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