Brésil Méridional. Vaccaria.

09/Oct/2010

Difficile fondation. — Il y a 25 ans que les Frères des Écoles Chrétiennes étaient venus ouvrir une école à Vaccaria. Hélas ! leur séjour fut de courte durée, car bientôt après la municipalité, trop peu religieuse, leur avait repris la maison où elle les avait installés pour en faire la mairie.

Toutefois ils avaient montré ce que peut faire une bonne école et après peu de temps une commission des notables se mettaient en quête d'une congrégation qui voulut bien reprendre l'œuvre interrompue avec tant de légèreté. Ce ne fut que vers 1920 que les pourparlers aboutirent avec nous et encore on ne put que trouver un terrain et y poser les fondations de la future école.

Deux intendants municipaux successifs continuant les efforts. commencés, on a pu enfin arriver au bout de la tâche et, fin janvier dernier, l'ouverture de l'école a eu lieu.

 

Premiers résultats. — La réception des Frères fut chaleureuse et en tout conforme aux us et coutumes du pays : musique, pétards, discours. Ce qui est préférable c'est que les Frères conquirent immédiatement la confiance des familles. Après deux mois le nombre des élèves s'élevait à 150 dont 20 internes.

Chose remarquable, en ce court laps de temps, on voyait se réaliser d'une certaine manière le songe de Saint Jean Bosco, En effet, les enfants de Vaccaria étaient réputés comme ingouvernables et même comme indésirables dans tous les collèges de l'Etat. Dieu aidant, il n'en est déjà plus ainsi.

Ils aiment à venir à leur école, se querellent relativement peu, ne pénètrent plus dans les vergers voisins, marchent en rangs avec une réelle docilité, à la grande satisfaction des parents, qui étaient devenus incapables de les gouverner.

Ainsi se trouve comblée la lacune qui restait au bien accompli depuis trente ans par les RR. PP. Capucins et les Sœurs de Saint Joseph. Dieu soit béni, ainsi que N. D. de l'Olivier, patronne de l'endroit, d'avoir eu pitié de cette intéressante population, perdue au milieu des pampas. Elle constitue une seule paroisse de 30.000 âmes, dont l'extension est de 7.200 kilomètres carrés, l'étendue, à peu près, d'un département français.

 

Le Pays. — La généralité des habitants est de descendance portugaise. Par ordre décroissant on trouve aussi des descendants d'indiens, d'africains, d'italiens, d'allemands et de syriens. A part les indiens et les nègres, les autres ne se distinguent plus, tant au point de vue des travaux que des mœurs et de la religion.

Depuis trente ans la pratique du catholicisme s'est intensifiée considérablement. Les Pères Capucins iront de ferme en ferme, devant parfois chevaucher la journée entière pour administrer les derniers sacrements à un mourant. C'est donc la mission en plein avec son héroïsme de part et d'autre.

La majorité des habitants s'occupe à l'élevage.

Le climat est excellent, vu l'altitude de plus de 1.000 mètres.

Dieu veuille que l'instruction et. l'éducation religieuse pénètrent de plus en plus an sein de ces populations et que les vocations se recrutent toujours plus nombreuses au Brésil Sud. Il en faut beaucoup afin qu'il soit possible, par les écoles paroissiales, de contrebalancer l'action préjudiciable des écoles laïques qui sont également devenues à la mode, ici comme en d'autres endroits.

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