Canada – JournĂ©e des Fondateurs

20/Oct/2010

II y a huit congrégations de Frères enseignants au Canada : Frères des Écoles chrétiennes, Clercs de Saint-Viateur, Frères de Sainte-Croix, de la Charité, du Sacré-Cœur, de l'Instruction chrétienne de Ploërmel, de Saint-Gabriel, et les Petits Frères de Marie.

Loin de se porter ombrage les uns aux autres, ils entretiennent entre eux des relations cordiales, pour mieux se soutenir dans la défense de leurs droits et s'encourager dans la poursuite de leur idéal apostolique.

Parmi les manifestations de cette fraternité spécifiquement chrétienne, on peut mentionner la journée des Fondateurs, A tour de rôle, une solennité est organisée qui permet de présenter le Fondateur de chaque congrégation. Cette année 1951, la journée était dédiée au Vénérable Marcellin Champagnat. Elle a été célébrée, avec un beau programme, le 30 mars, à Mont-Saint-Louis (Montréal), sous la présidence de Son Exc. Mgr Paul-Emile, archevêque de Montréal.

Les chants artistiquement préparés ont été exécutés avec brio par la chorale de la maison provinciale d'Iberville. Un Frère de la Charité, directeur d'école normale, prononça l'éloge du Vénérable Marcellin Champagnat, tandis qu'un Petit Frère de Marie rendit hommage à saint Jean-Baptiste de la Salle qu'un décret pontifical du 15 mai 1950 a proclamé Patron des éducateurs de la jeunesse.

Un numéro particulièrement instructif du programme donna les résultats d'une enquête mariale provoquée dans les diverses classes des écoles de la région de Montréal. Des pourcentages, à déchiffrer intelligemment, indiqueraient que l'instruction et la formation religieuse des adolescents dans les écoles du Canada, comme partout ailleurs, doivent être l'objet d'une sollicitude spéciale de la part des Frères enseignants.

Les scolastiques d'Iberville ont interprété, devant un auditoire sympathique, une série de scènes synthétisant la vie du V.P. Fondateur. Le Père Champagnat était représenté aux prises avec les contradictions, les incompréhensions, les humiliations venant de l'extérieur et de l'intérieur ; de la part de ceux qui normalement auraient dû l'encourager et le soutenir et qui se faisaient inconsciemment les instruments de la malice diabolique. Mais l'humilité, la foi, l'esprit de prière du Serviteur de Dieu font ressortir admirablement l'inébranlable confiance en Dieu et en Notre-Dame qui surmonte héroïquement tous les obstacles.

Le clou de la soirée, si l'on peut dire, fut la causerie de Son Exc. Mgr l'Archevêque de Montréal sur le thème suggestif : Marie dans l'éducation, dont on ne reproduit ici que quelques idées fragmentaires.

Après de paternelles réflexions préliminaires, Son Excellence aborde le sujet qui propose Marie comme éducatrice idéale. « II faudrait, dit le Prélat, d'abord bien mettre en relief que la Vierge Marie est dans la vie de tout chrétien… Marie interviendra dans la. théologie du Corps Mystique du Christ comme celle qui continue l'œuvre de l'Incarnation. Sa présence sera toujours nécessaire pour que le Corps du Seigneur se forme… C'est en elle que s'élaborera cette œuvre mystérieuse de la formation du chrétien total. Et ainsi l'œuvre éducatrice de Marie apparaît comme une œuvre maternelle… Marie intervient dans chacune de nos vies pour le développement de l'organisme surnaturel infusé en nous par la grâce de Dieu. »

La connaissance du milieu où doit lutter l'éducateur étant indispensable, Marie mettra en nos mains les armes adéquates. Son Excellence insiste sur le problème du milieu qui est aujourd'hui un problème d'âme. « Le paganisme n'est plus un problème de mission lointaine. Autrefois on partait en mission ; aujourd'hui, on est en mission partout… Il n'y a plus de pays chrétiens et de pays païens… Il y a un climat païen et un climat chrétien qui passe par-dessus les frontières et qui attaque tout homme venant en ce monde ou qui permet à tout homme venant en ce monde d'exprimer sa destinée surnaturelle… Il nous faut faire de notre vie chrétienne une atmosphère… »

Et Monseigneur d'indiquer que l'éducation, devant créer un milieu, la présence de Marie y aura un rôle exceptionnel. Il parle des armes spirituelles que l'éducateur devra employer pour combattre le matérialisme envahissant. Ce sont les vertus mariales, vertus oubliées, cachées, vertus d'humilité, les petites vertus qui demandent tellement de maîtrise de soi, de possession de soi, les vertus sociales.

Son Excellence parle longuement de ces vertus sociales et de la charité qui dans les éducateurs doit se doubler d'une vertu complexe et rare : la longanimité faite de patience, de résignation, d'acceptation des autres, de support mutuel… « La Vierge Marie a collaboré avec le plus lent des ouvriers qui est Dieu… et nous qui voulons faire des chefs-d'œuvre en un instant… Nous oublions que Dieu prend des siècles pour bâtir son œuvre… » La Vierge Marie nous apprendra la patience dans la pratique des vertus…

Monseigneur montre Marie éducatrice des Apôtres, de l’Eglise primitive et continuant à travers les siècles son œuvre maternelle : elle demeure la grande éducatrice du monde chrétien.

Puis il appuie sur le rayonnement des vertus de l'éducateur. « Le jour, dit-il, où dans une classe un maître de vertu se présente comme un idéal vivant de mariologie ; le jour où à. travers la chair devenue transparente d'un homme de Dieu qui est aussi et qui doit être un homme de Marie ; le jour où, dans cette chair transparente, il y a toute la pureté de Marie alors la jeunesse est subjuguée par ce fluide mystérieux qui arrive jusqu'à elle. »

Et le beau discours s'achève sur cette affirmation : « Éducateurs chrétiens nous avons l'impérieux devoir de faire régner autour de nous ce climat de grâce qui ne peut être engendré que par la présence de Marie, car elle seule a le pouvoir materne! de reproduire son Jésus, soit dans la tête, lui, le Christ historique, soit dans les membres, nous, son Église. Et ainsi elle demeurera pour les siècles des siècles l'éducatrice par excellence. »

Dans un tableau d'apothéose, l'œuvre actuelle du V.P. Champagnat était symbolisée par un gratte-ciel aux multiples étages représentant les pays divers où travaillent nos Frères et autour duquel se groupent les personnages figuratifs des Provinces de l'Institut des Petits Frères de Marie.

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