Chapelle de Notre-Dame de lHermitage

24/Oct/2010

Commencée à Marlhes en octobre dernier, la série des triduums de la Province se terminait par celui de la maison provinciale, à Notre-Dame de l'Hermitage, le 27 mai 1956. Le Triduum de l'Hermitage n'intéressait pas seulement la Province de ce nom, mais l'Institut tout entier. Et cela parce que la maison de l'Hermitage est la maison du Bienheureux Fondateur ; c'est celle qu'il érigea pour sa famille religieuse, celle que l'on a pu conserver malgré bien des vicissitudes, que l'on a restaurée et aménagée et qui a abrité longtemps son tombeau ; celle enfin où l'on vient de construire, grâce à la générosité des élèves des Frères Maristes du monde entier, une magnifique chapelle annexe qui contiendra le reliquaire de ses précieux restes. Même inachevée au moment de la clôture du triduum, cette chapelle ne manquait pas de laisser aux pèlerins accourus pour la fête, l'impression la plus favorable.

 

La chapelle. — Cette nouvelle construction s'adapte très bien avec la chapelle proprement dite. Depuis que l'on a dégagé les abords de la maison en abattant les murs qui bordaient la route, l'ensemble des bâtiments de l'Hermitage présente un aspect des plus accueillants. En entrant dans la chapelle par la porte du fond, celle des fidèles, on découvre à droite cette annexe à mi-chemin entre le fond et le chœur, juste en face de la porte d'entrée de la communauté. Large de six mètres environ, et semi-circulaire, elle est pour la forme, la réplique du chœur : même style, mêmes dimensions, même hauteur. Par ses sept vitraux, une lumière inconnue jusque-là inonde toute la chapelle. Ces vitraux semblables aux autres vitraux de la chapelle quant aux dimensions, en diffèrent totalement par les sujets qu'ils représentent et la façon dont ils sont interprétés.

 

Les vitraux. — Ils ont 5 m. 50 de hauteur par 1 m. 20 de largeur. Les sujets sont tirés de la vie du Bienheureux Fondateur. Chacun comprend deux scènes superposées et séparées par un motif symbolique : le symbole des trois vertus théologales pour les premiers et celui des trois vœux pour les derniers. Le vitrail du centre qui diffère des autres, forme un tout. Voici les scènes choisies : Premier vitrail. En haut : le jeune Marcellin garde les moutons au Rosey. En bas : appel à la vocation. Entre les deux : la Foi. Deuxième vitrail. En haut : le séminariste Champagnat fait le catéchisme aux enfants de Marlhes. En bas : le groupe de la Société de Marie à Fourvière. Entre les deux l'Espérance. Troisième vitrail : En haut : arrivée du jeune vicaire à la Valla. En bas : visite à un enfant malade. Entre les deux : la Charité. Le vitrail du centre forme une scène unique : il représente le Bienheureux accueilli au Paradis par la Vierge. Cinquième vitrail : En haut : le Père Champagnat reçoit Gabriel Rivat. En bas : le Souvenez-vous dans les neiges. Entre les deux : la Pauvreté. Sixième vitrail. En haut : la messe pendant la construction de l'Hermitage. En bas : le Père à l'œuvre de la construction avec ses Frères. Entre les deux : la Chasteté. Septième vitrail. En haut le Père Champagnat bénissant ses Frères de son lit de mort En bas : l'extension de l'Institut. Entre les deux : l'Obéissance.

La préparation de ces vitraux a été confiée à un grand artiste de Roanne, M. Hansen. Ce dernier est reconnu comme l'un des grands représentants de l'art du vitrail en France à l'heure actuelle. C'est à lui qu'a été confiée l'exécution des vitraux de la basilique de Montmartre. Comme il s'occupe de cette spécialité, depuis près d'un demi-siècle, il a de belles réalisations à son crédit. Il semble qu'il a su intégrer dans un art toujours en évolution, le meilleur des conceptions artistiques modernes.

Quelles sont les réactions des visiteurs en présence de ces vitraux ? Il en est qui restent perplexes n'osant pas dire qu'ils sont un peu déçus. Ils regrettent peut-être les jolies peintures sur verre que l'on faisait surtout dans la seconde moitié du XIX° siècle, mais qu'aucun artiste ne veut plus entreprendre de nos jours. D'autres sont séduits et admirent sans réserve cette belle réalisation d'art moderne Il faut sans doute une initiation pour tout comprendre. Mais on ne peut quand même rester insensible à l'harmonie des couleurs quand le soleil de l'après-midi inonde les baies de sa lumière : c'est un embrasement féerique, une splendeur. Aussi malgré les réserves de quelques-uns, nous pensons que c'est une réussite que l'on admirera de plus en plus, à mesure que l'on se familiarisera avec l'art nouveau.

 

La châsse et l'autel. — La châsse qui contient les précieux restes du Bienheureux donne aux visiteurs l'impression d'un chef-d'œuvre d'orfèvrerie. Elle est l'œuvre de M. Chéret, le grand orfèvre de Paris. C'est un coffret en bronze doré de un mètre de longueur par 50 centimètres de largeur et 60 centimètres de hauteur. Les deux faces antérieure et postérieure portent deux larges émaux de 32 centimètres par 22 et représentent, l'un le Bienheureux Champagnat au milieu des enfants et l'autre le Bienheureux accueilli par la Vierge. Les extrémités semi-circulaires portent respectivement en lettres d'or, en relief, les devises familières : TOUT A JÉSUS PAR MARIE et TOUT A MARIE POUR JÉSUS. Encadrant ces inscriptions, deux rangées horizontales d'une quinzaine d'émaux splendides aux couleurs variées ajoutent à la beauté de l'ensemble. Le coffret scellé en étain qui contient les reliques du Bienheureux depuis la reconnaissance des restes, l'an dernier, a été placé à l'intérieur de la châsse. Il ne sera pas ouvert avant la canonisation.

Cette châsse est placée sur un autel en granit gris de 2 m. 20 de longueur par un mètre de largeur, disposé au milieu de la chapelle assurant ainsi une circulation facile. Il repose en son centre sur un bloc massif de granit de même couleur, tandis que ses extrémités s'appuient sur trois colonnes de granit rose. On y accède par une seule marche au milieu de laquelle est incrusté en mosaïque le monogramme mariste. A l'occasion d'un pèlerinage, on peut dire la messe sur cet autel. Le lendemain de la fête, le R.P. Provincial des Pères Maristes de Lyon devait être le premier à la célébrer.

 

Salle de diorama. — On a profité des travaux actuels pour aménager sous la construction en cours, une vaste salle, contiguë à la salle actuelle des reliques, mais deux fois plus vaste, en vue d'installer plus tard, à l'usage des pèlerins, un diorama sur la vie du Bienheureux Père Champagnat.

 

La célébration. — Nous n'insisterons pas sur la célébration de la fête parce qu'au fond, toutes ont bien des analogies, bien que chacune ait son cachet particulier. C'est toujours Dieu qu'on veut glorifier dans son serviteur. Ici pourtant, en raison de la dévotion fervente et ancienne des populations dés alentours envers le Bienheureux Champagnat, la fête allait revêtir un caractère spécial et attirer une foule considérable de fidèles. Il ne fallait donc pas songer à une messe dans la chapelle. On l'aurait donc en plein air, dans la cour qui domine l'entrée de la chapelle, au niveau du troisième étage de la maison et à laquelle on accède par un chemin assez incliné, mais que des travaux récents de terrassement ont rendu plus facile. Sur un vaste podium prêté par la ville de Saint-Chamond, on avait érigé un autel.

A dix heures, Son Eminence le Cardinal Gerlier, accompagné de Son Excellence Mgr Bornet qui, tous deux ont déjà participé à tant de triduums dans le diocèse depuis un an, et du cortège des invités, prêtres et religieux, arrivaient, après quelques instants d'arrêt à la chapelle, sur le vaste plateau où attendait dans le silence et le recueillement, une foule que d'aucuns ont estimé entre deux et trois mille personne^. La messe solennelle fut célébrée par M. l'archiprêtre de St Pierre de St-Chamond, évoquant par delà plus d'un siècle les liens qui unissaient M. Dervieux au P. Champagnat. La chorale du Scolasticat et du Juvénat de St-Genis qui a apporté sa contribution à une dizaine de triduums, unie à celle de l'Hermitage et de La Valla, faisait les frais du chant. Toute la maisonnée de St Genis-Laval, à l'exception de quelques invalides de l'infirmerie, s'y trouvait. Il n'est pas exagéré de dire qu'il y avait bien trois cents Frères Maristes à la fête.

Après la messe au cours de laquelle Son Eminence fit une courte allocution sur le Bienheureux, on accorda quelques minutes aux invités pour inaugurer et visiter avant le dîner, l'exposition organisée dans les salles de l'ancien Scolasticat. A midi et demi, c'est l'heure du dîner et la centaine d'invités est dirigée vers le réfectoire des juvénistes, remis à neuf, il y a quelques mois. Nous ne nommerons pas les personnalités présentes au banquet : de nombreux ecclésiastiques, autant de religieux de Congrégations de la région, des civils amis et bienfaiteurs, sans compter les membres de l'Administration générale, de l'Administration provinciale et les principaux Frères de la Province. La chorale de St Genis-Laval vint agrémenter ce dîner en exécutant avec une rare perfection quelques morceaux de son répertoire.

Son Eminence et sa suite durent quitter la salle avant la fin, car à seize heures, il leur fallait être à la gare Perrache à Lyon pour prendre le train qui conduisait à Lourdes le pèlerinage du diocèse, avec plus de 400 malades.

A quinze heures trente, au même endroit que le matin, en présence d'une foule plus nombreuse encore qui avait envahi les terrasses s'étageant au delà de la cour, nouvelle cérémonie. Elle comporte le panégyrique par le R.P. Bouvet Provincial des Pères Maristes de Lyon, bénédiction du Saint-Sacrement et vénération de la relique. Ajoutons qu'en dehors des deux cérémonies qui eurent lieu en plein air, la chapelle de Notre-Dame de l'Hermitage a été presque continuellement remplie de pèlerins qui venaient admirer et prier. Décidément, l'Hermitage devient un centre de pèlerinage.

Un visiteur, après avoir admiré la nouvelle chapelle, ses vitraux, l'autel qui porte la châsse disait : « Les Frères des Provinces éloignées qui auront le privilège de visiter cette chapelle du Bienheureux Fondateur et de prier devant sa châsse, seront satisfaits et ils pourront dire à leurs confrères de retour chez eux, que les offrandes des élèves de l'Institut ont été bien employées ». D'ailleurs, une plaque en granit fixée sur le mur extérieur de la nouvelle chapelle, bien à la vue des visiteurs, porte cette inscription : « Cette chapelle a été érigée grâce aux dons des 250.000 élèves des Frères Maristes du monde entier ».

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