Chine

J. Joche-Philippe

07/Jun/2010

China interior (una carta)

La última noticia recibida en relación con nuestros Hermanos de China tiene ya más de dos años: era la muerte de un Hermano. El 1-12-1969 se ha recibido en Hong-Kong otra carta. Se trata de un Hermano que pide ayuda económica y vestidos, incluso usados, en previsión del invierno. Preferimos no señalar el nombre del interesado, que se dirige al H. Paul Gabriel León (Po Chia).

 

Chine intérieure. (Une lettre)

La dernière nouvelle reçue de nos Frères de Chine date de plus de 2 ans : c'était l'annonce d'un décès. Le 1-12-1969 une autre lettre a été reçue à Hong-Kong. C'est un Frère qui demande une aide financière et des habits même usagés, en vue de l'hiver. Nous préférons ne pas donner le nom de l'intéressé. Il s'adresse au Frère Paul Gabriel Léon (Po Chia).

 

China interior.

A última notícia lecebida dos nossos Irmãos da China data de há mais de 2 anos: era a comunicação dum falecimento. Em 1-12-1969 outra carta chegava a Hong-Kong. Era de um Irmão que pedia auxílio financeiro e roupas mesmo usadas, par o inverno. Preferimos não citar o nome do interessado. Dirigia-se ao Ir. Paulo Gabriel Leon (Po Chia).

 

 

Dear Comrade Po Chia (Bro. Paul-Gabriel Leon's name),

It has been a long time since I wrote you last. I wish you Good Health.

As I have got no work to do, I am not earning any salary. I find livelihood exceedingly difficult, especially now in Winter, coal is very expensive.

Your remittance of March, this year has been all spent by me during these ten months. I would like our Congregation to help me by sending me more financial assistance, please send me as soon as possible twice as much as the last time; otherwise I would not have enough.

If our Congregation has some old clothes to spare either of Summer or Winter, I would like to have them; I do not mind however old they may be. Old socks, old towels and old handkerchiefs are welcome, please be kind enough to send them to me.

Before sending me any money, please write to me first to let me know about it and in your letter please do not write foreign words, please write only in Chinese.

I cannot write you any more and (I wish you Good Health.

My kindest regards are conveyed to the Principal and other good Friends of the Congregation.

I wrote one letter yesterday and to-day again I write another lest the First One should not reach you.

Yours respectfully,

(Name)

1969-11-25.

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Où en est la Province?

A Província da China tem seus problemas: dificuldades por causa das línguas na Asia Suleste onde são muitas; multiplicidade também dos sistemas pedagógicos, dificuldades das nacionalidades; no entanto os governos são favoráveis e os missionários teriam certamente possibilidades dc ajudar seriamente a Província que tem dificuldades.

La Provincia de China presenta sus problemas: dificultades a causa de la multiplicidad de idiomas en el Sudeste asiático; asimismo diversidad de sistemas pedagógicos y a causa de las nacionalidades. No obstante los gobiernos se muestran favorables, y esta Provincia en dificultad podría ser ayudada con seriedad por los misioneros.

The Province of China has its problems: language difficulties in South-East Asia, where they are so numerous, equally numerous teaching systems, nationality difficulties. However, the governments are favourably disposed, and the missionaries should certainly be able to give great assistance to the Province, which has its troubles.

 

Le Bulletin n'a guère cessé de tenir l'Institut au courant de l'évolution de notre Province de Chine depuis que la persécution communiste a bloqué les uns en Chine même et amené les autres à étendre leur apostolat auprès de la diaspora chinoise. Des premiers nous ne savons rien, et une lettre, si banale soit-elle, comme celle que nous publions à la page 43 de ce même Bulletin, est tout un événement, tant la chose est rare.

L'Histoire de la Province, racontée par le Frère André-Gabriel, le livre « La Passion des Frères Maristes en Chine » des Editions Marie-Médiatrice, ont fait connaître en leur temps les débuts de la persécution. Aurons-nous un jour une histoire de tout ce qui s'est passé depuis en Chine intérieure? Restera-t-il des témoins vivants?

Mais si notre pensée va avec émotion vers ces amis que nous avons si bien connus et qui sont séparés de nous par un mur de silence, nous devons quand même continuer en leur nom à travailler à la conversion du monde là où nous sommes. C'est la présentation de ce travail que nous faisons ici.

Depuis 1949, diverses fondations ont été faites, puis maintenues ou abandonnées : on pourrait en dénombrer 32 dont 16 subsistent.

Ce n'était pas sans problèmes. En s'orientant vers Hong-Kong, la Malaysia, Singapour, Sarawak, Taïwan, on pouvait s'attendre à des difficultés de climat, de langue, de système pédagogique, d'examens, de citoyenneté, etc.

1. – Climat. Pour des Chinois habitués à un climat tempéré, la plupart des nouvelles fondations sont éprouvantes parce que situés à l'équateur ou aux tropiques.

2. – Langue. La langue est un autre problème. On parle anglais ou cantonnais à Hong-Kong, chinois à Taïwan, malais, anglais et chinois a Singapour et en Malaysia. Pratiquement nos jeunes Frères doivent avoir une formation en chinois et en anglais; c'est pourquoi nous les envoyons étudier en Amérique, en Australie ou à Ceylan. Après 20 ans, nous sommes presque à même de faire face à la situation. En Malaysia le gouvernement va imposer le malais comme langue véhiculaire dans les écoles où l'anglais jouait ce rôle. Dans les autres écoles, il n'y a théoriquement pas de changement imposé; mais pratiquement si, car l'examen final sera en malais. Donc après bien des efforts pour apprendre l'anglais, il faut maintenant se mettre au malais et préparer des diplômes dans cette langue. Le problème des langues est un ennui permanent pour l'enseignement en Asie du Sud.

3. – Système pédagogique. Il faut faire face à 5 systèmes d'éducation différents : En Malaysia, l'orgueil national est la langue. On ne passe pas de 3ième année du Secondaire en 4ème année, si l'on n'a pas réussi l'examen de malais. Même chose pour l'examen avant l'université. Et si l'on a échoué au test de langue malaise, on ne peut obtenir la citoyenneté malaise.

Le primaire est suivi de 5 ans de secondaire; et il faut être très bien classé pendant les deux années qui suivent pour être admis à l'Université. Actuellement nous avons 5 écoles secondaires et 4 écoles primaires en Malaysia.

A Singapour, la constitution prévoit la parité entre 4 langues officielles : anglais, chinois, malais, et tamil; donc il y a 4 systèmes d'éducation. Les parents peuvent choisir entre les diverses écoles primaires et secondaires. Mais au niveau supérieur il n'y a que 2 universités: une avec le chinois comme langue véhiculaire, l'autre avec l'anglais. Le secondaire comporte 4 ans, plus 2 ans de pré-universitaire. Comme seconde langue obligatoire, il y a l'anglais et le chinois. Nous avons 2 « high schools » à Singapour.

A Hong-Kong nous avons aussi deux écoles. La vie a été difficile quand nous sommes arrivés là. Il a fallu attendre 1953 pour que nos écoles soient aidées par le gouvernement. Mais le gouvernement est favorable aux écoles congréganistes, et les diplômes délivrés par nous sont reconnus par le gouvernement.

4. – Droit d'enseigner. Pratiquement il faut être naturalisé pour pouvoir enseigner. Et ce n'est pas facile. Il faut au moins 10 ans de présence dans le pays. Jusqu'à ce jour la plupart des Frères s'étaient fait naturaliser en Malaysia et à Singapour. Mais ceux qui ne l'ont pas fait ne sont acceptés que pour un temps, à la fin duquel ils doivent quitter le pays.

A Hong-Kong, le travail ne posait guère de problèmes pour un Chinois, mais maintenant il faut un visa pour y rester et travailler.

5. – Attitude du gouvernement. Jusqu'il y a 20 ans, les Frères Maristes étaient inconnus à Hong-Kong, Singapour et Malaysia. Maintenant nous avons dans ces pays déjà de nombreux anciens élèves dans les divers postes officiels. Les gouvernements nous sont favorables et volontiers des officiels mettent leurs enfants chez nous : même le fils du Premier Ministre à Singapour.

6. – Un Américain ou un Européen peuvent-ils travailler dans notre Province?

Moyennant diplôme reconnu du gouvernement, il n'y a pas de difficulté pour eux d'obtenir un certificat de travail ou un visa. Comme diplômes, en principe sont reconnus ceux du Commonwealth. C'est surtout vrai pour les grandes classes, à cause du manque de professeurs.

7. – Maison de Formation. Les Frères ont quitté la Chine en 1949. Le Juvénat a été inauguré en 1953. Il y a actuellement 15 Frères issus des nouvelles zones où nous nous sommes établis. Plusieurs sont profès perpétuels. Une fois par an il y a la journée de la Vocation Universelle; plusieurs fois par an a lieu aussi en divers endroits une présentation des vocations religieuses.

Pour notre Province, il FAUT trouver des vocations sur place si nous voulons survivre. Faute de Frères citoyens de Singapour par exemple nous n'avons guère espoir de conserver les 2 écoles, et en 15 ans, il n'y a pas eu de vocations à Singapour. En Malaysia et à Hong-Kong, il y a des juvénistes, donc de l'espoir. A Taïwan, nous venons d'arriver, mais là aussi il faudra trouver des vocations sur place. Même chose à Sarawak.

Voilà une petite idée de la Province. Sans doute, il dépend essentiellement de nous de faire l'effort maximum pour que là où nous sommes nous portions du fruit, et du fruit qui demeure, mais nous avons besoin aussi d'être aidés de l'extérieur par quelques bons Frères missionnaires, pleins de zèle et prêts à s'adapter à l'un de nos secteurs.

J. Joche-Philippe

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