Cinquantenaire de nos Ă©coles de mission en Colombie

27/Oct/2010

Le 29 septembre 1910, trois Frères Maristes arrivaient à Santiago, petite localité de Colombie, située en pleine forêt vierge, pays de mission. L'on peut dire que le travail de nos Frères durant ces cinquante années, a été fructueux et a contribué, non seulement au bien spirituel et intellectuel du pays mais aussi au bien matériel de ces populations primitives. Les fondateurs de cette école missionnaire furent les Frères Hermeland, Leonardo et Bautista. Ces bons Frères durent parcourir les derniers 46 kilomètres de leur voyage tantôt à cheval, tantôt sur les dos d'un vigoureux indien. Les P.P. Capucins qui dirigeaient et dirigent encore la mission vinrent les recevoir en triomphe, suivis du gouverneur local et de la plupart des habitants du village. Les annales de l'école racontent ainsi l'arrivée des Frères : « A 4 kilomètres de Santiago, nous eûmes l'agréable surprise de rencontrer le R.P. Préfet Apostolique qui en compagnie du F. Celso était venu à notre rencontre. A 1 km. de la localité, nous trouvions le gouverneur indigène, M. Francisco Tiroy, entouré de tout son conseil et des Pères de la mission. Avec eux se trouvaient de nombreux acteurs musiciens qui représentèrent en notre honneur quelques numéros de leur répertoire et nous accompagnèrent de leur musique le long du trajet. Nous passâmes sous de nombreux arcs de triomphe que les bons naturels avaient élevés pour nous recevoir dignement ».

L'actuel Vicaire Apostolique, Mgr Plácido Crous n'a pas voulu laisser passer inaperçu cet anniversaire. Pères et Frères ont organisé quelques manifestations simples pour commémorer la fondation de l'école. Les anciens élèves se sont cotisés pour apposer une plaque commémorative qui dit : « Reconnaissance éternelle de Santiago à ses Maîtres et Educateurs, les Frères Maristes. 1910-1960».

Les élèves de l'école, sous la direction des Frères, donnèrent une séance récréative qui attira toute la population.

Mgr l'évêque célébra une messe d'action de grâces. Avant la grand'messe, Mgr, suivi de la population, porta processionnellement la statue de l'Enfant Jésus, de l'église à l'école. Il prononça une allocution rappelant aux fidèles les bienfaits inestimables que l'école des Frères a valus à toute la population durant ses cinquante ans d'existence. Il fit cadeau aux Frères, d'un crucifix artistique qu'il s'était procuré à Rome, lors de sa dernière visite ad limina. Il donna aux élèves un football fort bien reçu.

La revue « Ecos de Familia » de Colombie prend occasion de cet anniversaire pour rappeler le dévouement et l'esprit de sacrifice des Frères qui se sont dévoués dans ces écoles de mission où la nature trouve peu de consolations. L'esprit de foi y est nécessaire peut-être plus qu'ailleurs, pour exercer un apostolat pénible. Le caractère sournois de l'indien, son vêtement peu esthétique, la rudesse des cerveaux revêches aux lettres, l'amour exagéré des naturels pour le bien d'autrui, autant de choses qui rendent assez peu agréable le séjour parmi eux. Les Frères qui se sont dévoués dans ces écoles se sont montrés, en général, animés d'un vrai esprit apostolique et ont certainement réalisé un bien immense. Dans les commencements, il fallut aux Frères une patience héroïque: Les parents refusaient d'envoyer leurs enfants à l'école, les enfants fuyaient les Frères qui durent les amadouer peu à peu par des ruses innocentes. Avant les lettres, on dut apprendre à ces enfants de la nature, les éléments de l'hygiène: 50% d'entre eux souffraient du goitre.

Que de religieux de bonne trempe ont gagné de précieux mérites pour le ciel parmi ces pauvres populations; que de Frères ont mis amoureusement leurs talents pédagogiques au service de centaines de ces indigènes rudes et peu ouverts à la science et aussi à la reconnaissance. Dieu les en aura récompensés.

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