Collège de Barranco, Pérou

30/Sep/2010

Il y a quatre ans, en terminant une petite notice sur le Collège Saint-Joseph du Callao, nous disions, après avoir constaté le grand bien opéré par cette florissante institution, qu'il n'était point chimérique d'espérer que, la grâce de Dieu aidant, le petit contingent de chrétiens solidement formés qu'elle verse annuellement dans la société péruvienne serait la mesure de levain dont la bonne influence finirait par y apporter une heureuse transformation. Et nous ajoutions: "Cette espérance serait encore plus solidement fondée si, au lieu de ce foyer unique, on pouvait en créer quelques autres dans la région environnante".

Or, juste à ce moment, la divine Providence venait de donner à ce présage un commencement de réalisation par la fondation du Collège Saint-Louis à BARRANCO, localité d'avenir située à peu de distance de Lima, et où se trouve une station balnéaire bien fréquentée.

La nouvelle institution commença petitement, le 1ier mars 1923, dans une maison de location, qui offrait des conditions acceptables pour un début; mais ne pouvait être — et n'était, en. effet, dans. la pensée de tous. — qu'un pis-aller provisoire. Elle n'en reçut pas moins, de la part de la population un accueil sympathique, qui fit bien augurer de l'avenir. Réduite d'abord à une quarantaine d'enfants, sa population scolaire monta dès la seconde année à plus de 130.

Il fallait songer sérieusement à se procurer un local plus ample; et comme, dans la localité, il n'était pas possible d'en trouver un qui offrit au degré voulu les conditions d'espace, de commodité et d'hygiène indispensables pour un établissement qui paraissait devoir prendre de l'importance, la seule solution vraiment pratique était une construction ad hoc.

Dans la zone d'agrandissement de la ville, quartier de La Condesa, ont trouva (avenida Pierola), un terrain d'environ 8.000 mètres carrés de surface qui, par sa situation topographique relativement rapprochée du centre de la localité, sa situation salubre, et la disposition du sol, permettait le facile établissement de cours spacieuses et ombragées et, muni des autorisations nécessaires, on se détermina à l'acquérir.

Depuis, sur ce terrain, dans un endroit bien choisi, s'est élevé un édifice sans luxe mais de lignes harmonieuses, abondamment pourvu d'air et de lumière, commodément aménagé, à l'intérieur, pour la commodité des mouvements et de la surveillance, et amplement capable de loger à l'aise ses trois cents élèves actuels, sans compter les possibilités d'agrandissement qui ont été ménagées pour le cas non improbable où cela deviendrait nécessaire.

L’inauguration solennelle s'en fit le 20 juin 1926, fête de son glorieux patron, Saint Louis de Gonzague, en présence d'un public nombreux et choisi composé principalement des familles des élèves. Le lendemain, le journal La Presse faisait de la pieuse cérémonie la description suivante :

"La solennité commença â 10 heures du matin par l'arrivée de Monseigneur Drinot y Pierola, Evêque de Basilinopolis, de signé pour bénir le local. A son entrée au Collège, il fut reçu par le Directeur et les Professeurs de l'Etablissement, puis se rendit en passant entre deux rangées d'enfants de chœur en costume d'acolytes, à la chapelle. Là il se revêtit de la chape, et procéda à la bénédiction de l'édifice, depuis le portail d'entrée jusqu'à la dernière chambre.

A l'issue de cette cérémonie, où faisaient office de parrain et de marraine M. C. A. Coloma et Mme J. S. Montori, Monseigneur Drinot, célébra dans la cour du Collège une Messe en plein air, à laquelle assistait une nombreuse affluence de personnes distinguées de la localité. La fanfare de l'Ecole militaire de Chorrillos agrémentait la cérémonie. A l'issue de la Messe, Monseigneur Drinot prononça un discours en rapport avec la circonstance; puis les personnes de l'assistance furent admises à visiter les différentes pièces de la maison: salles de classe, dortoirs, réfectoires et ne furent pas peu surprises de voir avec quel soin tout avait été prévu, disposé et aménagé de manière à allier la commodité avec tout ce que requiert pour l'espace, l'air, la lumière, la température, le mobilier scolaire, etc., la pédagogie la mieux entendue. Au dehors, de belles cours de récréation sont munies, de tout ce qui est nécessaire pour les jeux, la gymnastique et les sports".

Grâce aux libéralités d'un bon nombre de familles et de personnes distinguées de la localité, la chapelle a pu être coquettement ornée de manière à devenir la demeure aussi digne que possible du Saint des Saints qui daigne y résider en permanence ; et à favoriser la piété des Maîtres et des Elèves, qui ne manquent pas, les uns, et les autres, d'y prier aux intentions des généreux bienfaiteurs auxquels ils la doivent.

De leur côté, les élèves eux-mêmes s'intéressent à doter leur collège, dont ils sont fiers, de tout ce qui peut contribuer à l'utilité ou à l'agrément de ceux que le fréquenteront plus tard. C'est ainsi que l'année dernière, à l'occasion de la fête du Frère Directeur, ils se sont cotisés pour lui faire don d'une belle collection de planches de Botanique venues d'Europe, et qui méritent certainement de figurer en place d'honneur parmi ce qui s'est édité de mieux en ce genre. Ils contribuent pareillement cette année, à la création d'une bibliothèque où se coudoieront et se compénétreront mutuellement l'utile et l'agréable.

C'est qu'ils savent, au moins, par un vague instinct, que le collège où l'on se trouve le mieux, où l'on travaille avec plus de goût, de plaisir, d'ardeur et de fruit est celui où règne à un plus haut degré l'esprit de famille; où personne ne se regarde comme un étranger, mais où chacun, qu'il soit maître ou élève, se sent être chez soi, parce que, pour sa grande ou petite part, d'une manière ou d'une autre, il a conscience de ne pas travailler pour lui seul, mais, solidairement avec tous les autres, à une œuvre commune qu'on s'applique de concert à perfectionner afin de la léguer plus grande ou plus belle à ses successeurs.

Oh! le bon, l'heureux Collège, celui où règne un pareil esprit!

RETOUR

LAcadémie du Mont Saint-Michel, à Bronx (Ne...

SUIVANT

Une fête à Mendes...