Colombie – La Congrégation décorée par le Président de la Rép.

02/Nov/2010

Toutes les maisons de la Province de Colombie ont célébré par des manifestations solennelles les 75 ans de l'arrivée des Frères dans la nation (Voir Bull. N° 196, p. 302). Nombreux ont été les témoignages d'estime et de reconnaissance reçus par nos Frères en cette circonstance de la part des autorités, des anciens élèves et de la population. Mais parmi ces témoignages, il en est un qui honore grandement nos Frères de Colombie et l'Institut tout entier. C'est celui de l'imposition à la Congrégation, de la plus haute décoration de la nation, « l'Ordre de Boyacá ».

C'est M. Guillermo Valencia, Président de la République, qui, en sa qualité d'ancien élève mariste, a voulu imposer cette décoration en la personne du F. Provincial.

 Voici la communication qu'il fit lui-même au Supérieur de la Province pour lui annoncer sa détermination : « Mon intention, Cher Frère Provincial, était de me rendre à Popayán pour vous y imposer la décoration, mais de multiples engagements empêchent ce voyage. Or, comme je tiens à le faire personnellement, je vous prierais de vouloir bien venir à Bogota. La cérémonie pourrait avoir lieu au théâtre Colon, le 24 août, à 6 heures du soir ».

Il en a été ainsi. Le F. Provincial s'est rendu fidèlement dans la capitale, accompagné d'un public choisi. Il était entouré de nombreuses autorités ecclésiastiques et civiles, de Frères, d'anciens élèves, d'élèves et d'une foule d'amis. Le théâtre avait été brillamment orné par les soins des Frères de Bogota aidés de leurs élèves. La cérémonie se déroula dans un climat de sympathie et d'enthousiasme général.

Nous donnons ici le communiqué officiel accordant aux Frères Maristes cette haute distinction: «J'ai l'honneur de communiquer que le Gouvernement national a décidé d'accorder à l'illustre et très méritante Communauté Mariste, l'Ordre de Boyacá, sous sa forme la plus élevée, la " Croix d'argent ", telle qu'on l'accorde aux Institutions. En procédant ainsi, le Gouvernement rend un témoignage d'estime et de reconnaissance aux Frères Maristes qui, durant 75 ans d'un méritoire et fécond labeur, ont été à la tête des éducateurs du peuple colombien. Qu'ils daignent accepter mes félicitations les plus sincères » Valencia. Président.

 Le Président exprima à cette occasion son estime et son admiration. « Au nom du Gouvernement de la nation, dit-il j'ai la satisfaction de conférer à la Communauté des Frères Maristes la Croix d'argent de l'Ordre de Boyacá, établie par le Libérateur Bolivar, en vue d'honorer les personnes et les Institutions qui ont propagé dans le pays l'amour de la Liberté, de la Justice, de l'Education et de la Paix. Je remplis ainsi un devoir de reconnaissance envers l'honorable Communauté mariste. Voilà 75 ans que cette digne Communauté inaugura son action bienfaisante à Popayán, ma ville natale. Cette Communauté est composée de membres qui se distinguent par leur aimable humilité et par l'exercice constant des plus belles vertus chrétiennes. Par leur action silencieuse et sans ostentation, ils réalisent une œuvre féconde et digne d'admiration, provoquant partout la reconnaissance et l'estime…

Je tiens à affirmer que dans la pléiade d'hommes dévoués de cette Communauté qui ont déployé leurs efforts en Colombie, il s'en est trouvé un grand nombre de très méritants. Il me plaît surtout d'en signaler un qui fut mon maître incomparable, qui se montra constamment un saint, un savant et un éducateur hors-ligne, le Frère Urbano José, homme capable de pénétrer jusqu'au plus intime des cœurs des jeunes pour leur communiquer l'amour de la science et leur apprendre la pratique des nobles vertus dont il était, lui, le modèle achevé… ».

Le Président finit par un bel hommage rendu à la France, la noble nation d'où provenaient les pionniers qui plantèrent l'arbre mariste dans le pays, En terminant il s'écria: «Je ne trouve pas de mots pour exprimer ce que je ressens à l'égard des Frères Maristes, mais ils ne peuvent être ni plus ni moins que ce qu'ils ont toujours été et seront toujours: Fils de Marie, Mère de Dieu ».

Le F. Provincial répondit en des paroles pleines d'émotion, remerciant pour la haute distinction dont la Congrégation était l'objet en ce jour. « L'honneur de la plus haute décoration que la Colombie accorde, dit-il, aux meilleurs de ses fils, ne retombe pas sur moi, mais sur l'immense phalange de Frères Maristes qui, durant 75 ans, ont consacré leur vie à l'enfance et à la jeunesse de la patrie… Et les fruits de leur labeur se voient aujourd'hui. Grâce à la protection de Dieu et de la Vierge Marie, nous pouvons admirer toute une pléiade d'hommes sortis de leurs écoles et qui travaillent de nos jours dans les centres les plus divers. On les trouve dans le sacerdoce, l'administration, l'enseignement, l'industrie, le commerce et dans mille autres situations, pour assurer la marche de la Colombie vers un progrès toujours plus actif et bienfaisant… Que l'on me permette de rendre ici hommage aux premiers ouvriers de l'œuvre mariste chez nous, aux Frères qui laissèrent leur lointaine patrie pour venir se dévouer dans la nôtre qu'ils aimèrent comme leur seconde patrie et pour laquelle ils se consumèrent. C'est ici qu'ils ont voulu rendre leur dernier soupir, qu'ils ont voulu dormir leur dernier sommeil sous notre beau ciel bleu, bercés par la prière de leurs Frères. Ces apôtres de la jeunesse se sont efforcés, dès leur arrivée, de former d'autres apôtres qui ont poursuivi leur œuvre; et, grâce à eux, la Colombie compte de nos jours un ensemble de collèges qui prolongent leur action apostolique et où 14.000 enfants et jeunes gens reçoivent une éducation civique et chrétienne… ».

La cérémonie se continua par une séance familiale au cours de laquelle, dans une éloquente improvisation, M. le Ministre d'Education nationale fit un bel éloge des Frères et de leurs œuvres.

(Voir «Ecos de Familia», oct. 1965)

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