Confiance

14/Sep/2010

Le soir du jour où Jésus multiplia miraculeusement les pains dans le désert, il se retira seul sur la montagne pour y passer la nuit en prière Cependant la barque des apôtres voguait sur le lac de Tibériade et gagnait la rive opposée. "Tout à coup le vent leur devient contraire, les flots se soulèvent, la tempête éclate et le trouble en même temps s'empare de leurs cœurs "Hommes de peu de foi, leur dit le Maître venu sur les eaux pour les sauver, pourquoi donc avez-vous douté de mon amour ?"

Peut-être avons-nous accusé les apôtres. Ne connaissaient-ils pas le Sauveur : N'avaient-ils pas été l'objet de ses soins les plus tendres, de ses faveurs les plus insignes ? Et les voilà qui tremblent comme s'ils étaient abandonnés !

Leur défiance nous parait grandement coupable, puisqu'elle dépouille Jésus en quelque sorte de sa puissance et de sa bonté. Mais rentrons en nous-mêmes. Quand nous y réfléchissons, la défiance de Dieu nous parait souverainement déraisonnable ; et néanmoins dans la pratique, malgré tant de bienfaits que nous avons reçus malgré les signes admirables dont la Providence marque tous les jours de notre vie, malgré les promesses de Jésus-Christ et les nôtres, qu'il .faut peu de chose pour mous déconcerter ! Le plus petit nuage à l'horizon assombrit notre une, le plus léger vent qui souffle suffit à renverser nos résolutions, à éteindre les ardeurs de notre courage. Hélas ! nous nous imaginions avoir mis toute notre confiance en Dieu dans le fait nous comptions beaucoup trop sur nous-mêmes ; et de fragile échafaudage de l'orgueil s'ébranlant à la moindre secousse, il nous semble que tout est perdu. . .

Cependant, plus que jamais, il importe d'affermir dans notre cœur l'empire de la confiance. Une tempête bien autrement terrible que celle du lac de Tibériade nous enveloppe ; l'Europe frémit jusque dans ses entrailles ; les flots emportent les trônes et les couronnes ; les Etats sont comme de grands vaisseaux qui s'en vont à la dérive ; ceux qui les montent cherchent en vain le pilote qui doit les conduire au port. En vain des rêveurs viennent offrir à l'envi leurs systèmes comme des barques de salut ; tout s'abîme dans le naufrage, et, comme au temps des grandes invasions des Barbares, il en est qui croient déjà reconnaître les signes avant-coureurs de la fin des temps. Chose étonnante ! il est des hommes qui, pendant que tout tremble autour d'eux, semblent inaccessibles à la crainte. Et qui sont-ils, ceux-là ? Les méchants ! Oui les méchants osent tout, et cependant ils n'ont pas d'espérance, eux dont les regards ne vont pas au-delà de la terre et qui attendent tout de leur audace et du néant. C'est un véritable mystère que leur assurance quand le sol croule sous leurs pas ; mais un mystère plus incompréhensible encore, c'est la timidité des bons. Ils voient l'ancre du divin Navire fixée dans le roc immuable et, ils ont peur !

Confiance ! on ne perd la bataille qu'au moment où on la croit perdue. Ne trahissons pas notre cause par un lâche découragement. Confiance ! "La confiance de mes serviteurs m'est si agréable, disait un jour Notre-Seigneur à une sainte âme, que pour en jouir je voudrais prolonger leurs épreuves ; mais en même temps elle me touche si vivement que je ne puis différer de les secourir".

Quoi qu'il arrive, Jésus veille sur nous comme il veillait sur la barque de ses apôtres du haut de la montagne ; il viendra bientôt ; déjà même il apparait au loin, marchant sur les eaux qui nous apportent ainsi la paix sur les ailes de la tempête.

Est-ce que, nous aussi, nous allons le prendre pour un fantôme, à l'instar des apôtres ? La défiance ne voit partout que des fantômes, et c'est encore sous cette forme que Dieu même lui apparait. Non seulement elle le dépouille de ses attributs essentiels : de sa puissance, de sa sagesse, de sa bonté ; mais elle lui inflige cette nouvelle injure de lui prêter précisément ce qui répugne le plus à ses perfections infinies : elle le travestit indignement selon les caprices d'une imagination malade ; elle lui prête nos vues si courtes, nos sentiments si étroits, nos susceptibilités et nos rancunes.

Nous qui le connaissons, est-ce ainsi que nous allons le traiter ? Ne nous livrerons-nous pas à lui avec la simplicité et la sainte liberté d'un enfant ? Dans les bouleversements dont le monde est aujourd'hui le théâtre, nous ne verrions que sa justice armée de fléaux ? Ce serait nous faire de Lui un fantôme. Apprenons à mieux connaitre le Père que nous avons aux cieux. S'il frappe, c'est moins pour punir que pour sauver.

Que d'âmes se seraient perdues sans ces calamités bienheureuses qui les ont enfin arrachées à leur lâcheté, à leur indifférence de mort, à leur opiniâtre résistance ! Dieu, par la voix des révolutions et des guerres, rappelle à Lui les âmes égarées ; partout, sur cette mer soulevée au souffle de sa colère, sont tendus les filets de sa vérité et de son amour ! Dans ces flots troublés, il fait la pêche miraculeuse des élus ! Qu'ils sont à plaindre ceux que la défiance pousse dans les rets de la justice !

Quoi qu'il arrive, n'ayons donc pas peur de Jésus, Notre-Sauveur et notre Dieu. C'est lui dont le Prophète a prédit la bonté : "On n'entendra pas l'éclat de sa voix, tant elle sera douce ; il ne foulera pas le roseau brisé ; il n'étouffera pas la mèche qui fume encore". Voilà Jésus ; regardons-le bien afin de le reconnaitre toujours et de ne pas le "prendre pour un fantôme". Nous sommes dans un temps où la vie d'un homme peut, d'un jour à l'autre, être comptée pour rien, où il faut se tenir toujours prêt au grand passage ; eh bien, la confiance est le grand moyen qui confère leur efficacité à tous les autres.

Familiarisons-nous avec Jésus, habituons-nous au son de sa voix, écoutons-le nous dire comme à ses apôtres durant la tempête ; Ayez confiance ; c'est moi ; ne craignez point. C'est moi qui permets le soulèvement des flots pour vous donner une nouvelle preuve de ma Providence ; moi qui commande au vent et à la mer, et qui à cette immense agitation, le jour venu, saurai faire succéder un grand calme.

              (D'après le P. 0livaint : Conseils aux Jeunes Gens).

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