Congrès Eucharistique de Mexico

28/Sep/2010

Il va sans dire aussi que nos Frères de la Capitale et des environs ont pris part de tout leur cœur aux hommages rendus à Jésus Hostie dans le Congrès Eucharistique national de Mexico, qui s'est tenu du 5 au 12 du mois d'octobre dernier, et qui a dépassé en résultats heureux tout ce qu'on en pouvait attendre. Pour attirer plus sûrement sur cet acte solennel les bénédictions célestes, ses organisateurs avaient eu la gracieuse et touchante pensée de lui donner pour prélude deux actes éminemment propres à toucher le cœur de Dieu et de la Très Sainte Vierge. Ce furent: 1° le samedi 4 octobre, un pèlerinage des enfants au sanctuaire vénéré de Notre Darne de Guadalupe, qui de toute la journée ne désemplit pas; 2°, le lendemain matin, jour de l'ouverture du Congrès, une communion générale dans toutes les églises de la Contrée. Dans celles de Mexico, il y eut plus de 200.000 communiants, dont 50.000 d'enfants. Les hosties distribuées avaient été faites avec des grains de blé recueillis dans des urnes spéciales et représentant chacun une prière, un sacrifice ou un acte quelconque de vertu accompli en vue de plaire à Jésus comme préparation à ce grand acte d'hommage.

Le soir du même jour, à 4 heures, eut lieu dans la Cathédrale, en présence de vingt prélats en cappa magna, des représentants diplomatiques d'un bon nombre de nations amies d'Europe et d'Amérique, et de près de 10.000 congressistes venus de tous les Etats de la République, l'ouverture solennelle du Congrès, dont un des principaux actes fut la bénédiction du riche et monumental ostensoir de deux mètres de haut, où durant toute la huitaine, Notre Seigneur sera exposé jour et nuit à l'adoration des fidèles.

L'intention des promoteurs ayant été, en effet, que ce premier Congrès Eucharistique national du Mexique fût avant tout une semaine d'adoration, de supplications, d'amende honorable et d'action de grâces envers le très Saint Sacrement, où Jésus a concentré, avec l'immensité de son amour, l'abîme insondable de ses douleurs, et qui, en plus d'être méconnu, outragé, blasphémé par ses ennemis, est si souvent contristé par l'indifférence, l'oubli et l'irrévérence de ses fidèles eux-mêmes, tout y a spécialement tendu vers ce but suprême. Toutes les journées commençaient par une première messe célébrée à minuit, spécialement pour les hommes, et toute la matinée le saint sacrifice se répétait sur des centaines d'autels, soit dans la cathédrale soit dans les autres églises et chapelles de la cité; et il n'était pas de spectacle plus propre à réjouir et à raffermir la foi que de voir, au moment de la communion, l'empressement des fidèles à s'approcher de la Sainte Table. D'autre part, à toutes les heures du jour et de la nuit, les adorateurs, organisés par provinces ecclésiastiques, par groupements sociaux, par confréries, etc. se succédaient nombreux et fervents aux pieds de Notre-Seigneur.

Ce n'est pas à dire évidemment que le Congrès, comme tous ses analogues, n'ait pas eu d'autres buts très importants aussi. Dans des assemblées générales et particulières, tenues dans des locaux disposés ad hoc, ont été éloquemment exposées et soigneusement étudiées, tant au point de vue doctrinal qu'au point de vue pratique, des questions eucharistiques d'un grand intérêt pour l'extension et l'intensification de la vie chrétienne dans la République: Le Saint Sacrifice de la Messe continuation du Sacrifice de la Croix; l'Hostie purificatrice. La Communion des Enfants; la Communion des Hommes, etc. …

Particulièrement remarquable et chaudement applaudi fut le discours prononcé dans une de ces assemblées par un tout jeune homme, Louis Mier, porte-parole de la Jeunesse Catholique Mexicaine.

Après avoir fait le procès de la philosophie positiviste qui, enseignée dans les chaires officielles, a infecté l'âme de la jeunesse mexicaine, l'a courbée vers la terre, a étouffé sous le poids du sensualisme le germe de ses nobles aspirations, le jeune orateur fit en traits vigoureux le portrait du jeune homme tel qu'il doit être — marchant à la lumière de la foi, épris de pureté et brûlant de se dépenser pour une sainte cause —  puis, s'adressant à la partie de cette jeunesse encore saine et à celle que finit par écœurer l'ignoble refrain matérialiste, il montra dans la communion fréquente — aliment de le foi, de la pureté et du zèle — le moyen sine qua non de réaliser ce noble type de perfection.

A la vue d'un si beau talent uni à tant de jeunesse mis au service d'un grand idéal, l'auditoire ne put contenir sa sympathique admiration. Le brillant et mâle discours fut à chaque instant ponctué de ''bravos'', souligné d'enthousiastes applaudissements, et lorsque le jeune orateur descendit de la tribune, ce fut du délire: les jeunes de l'A. C. J. M. coururent à lui et le portèrent en triomphe (sic) jusqu'à l'estrade où présidaient NN. SS. les évêques. Et l'ovation continua pendant que chacun des prélats bénissait et embrassait paternellement celui qui venait, avec tant de brio, de se compromettre publiquement pour la cause catholique dont il sera — Dieu le veuille! — un ardent et habile champion.

Ce nous est une joie de pouvoir ajouter que ce jeune homme est sorti depuis deux ans seulement de nos Collèges de la Perpetua et de Morelos, qui l'ont gardé 9 ans. Daigne le Seigneur réaliser les espérances que ce beau début donne à la cause chrétienne dans le Mexique!

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