Congrès marial de Lyon

14/Oct/2010

Il n'est aucun Petit Frère de Marie qui ne connaisse le rôle de Notre-Dame de Fourvière dans la vie du Ven. Père Champagnat et dans le développement de notre Institut. C'est pourquoi le Bulletin mentionnera volontiers les solennités grandioses du Congrès marial qui s'y est tenu du 21 au 25 juin 1939. Une lettre pastorale de Son Éminence le Cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, précisait le but de ces fêtes sans précédent dans l'histoire locale : « A l'occasion d'un anniversaire émouvant, celui de la guérison merveilleuse des enfants de l'Aumône générale, le 6 avril 1638, célébrer trois siècles de bienfaits répandus par la Vierge lyonnaise sur sa ville et sur toute la région et exalter plus spécialement le rayonnement de Fourvière au XIX° siècle ; tendre essentiellement à provoquer un renouveau de dévotion vraie envers l'Immaculée, une compréhension toujours plus parfaite du rôle primordial qu'elle doit jouer dans toute vie spirituelle profonde ! »

Pour préparer dignement le Congrès, pendant trois semaines, les neuf principales Madones du diocèse parcourent la région où elles sont le plus honorées, provoquant de touchantes manifestations de piété.

Puis, ce sont les splendides journées où les foules se pressent en des cérémonies spéciales ; c'est l'embrasement de la colline où trône Notre-Dame ou encore la fête nautique nocturne sur la Saône avec le débarquement figuratif de saint Pothin, premier évêque de Lyon… Le jeudi 22 juin, des milliers et des milliers d'enfants (on a dit trente mille !) rassemblés sur l'esplanade du sanctuaire font des offrandes symboliques… Celle des campagnes d'abord… Des groupes gracieux défilent avec les présents, devant Son Éminence le Cardinal Gerlier et les prélats, sur la scène monumentale dressée aux flancs de la basilique. Le Père Perroy jette au micro des phrases où passe toute la poésie « des blés d'or tachetés de fleurs qui parlent de sang… des vignes au vin sentant le miel ou la pierre à fusil… des fruits au jus que la chaleur a sucrés… des fleurs des sommets et des plaines… des bruyères roses des monts de la Madeleine, des genêts d'or entre lesquels s'étire l'Azergue, des sapins de Saint-Rigaud, de la montagne des fées, etc. … Tous ces joyaux de notre terre en fête viennent vers vous, ce soir, comme des prières vivantes, pour que vous, ô Vierge, vous leur souriiez du sourire de la plus belle des reines !… » Et la litanie des périls menaçants, comme aux prières des Rogations fait crier aux enfants : O Marie, délivrez-nous !

Puis, c'est l'offrande des fleuves… Alors les péniches et les avirons des petits mariniers « dont la seconde patrie est l'eau des fleuves, des rivières et des canaux » passent sous les regards pendant que sont évoqués les charmes mais aussi les nécessités de la vie de ces petits auxquels « les fleurs, les étoiles, les jolis paysages, les levers de soleil, les ciels aux beaux nuages de pourpre sont quasi seuls à leur faire le catéchisme… » Oui, en vérité, Notre-Dame, ils ont grand besoin de votre bon secours ! Et contre les dangers de l'âme et du corps, les voix suppliantes clament : Vierge, protégez-nous !

L'offrande des villes présente à Notre-Dame les industries variées de la région. C'est surtout un vrai poème à la soie, la gloire de la grande cité lyonnaise qui tisse de belles robes à la Vierge… Et les enfants, habillés de bleu parce que le bleu est la couleur préférée de la Grande Reine, offrent cinq coupes de belle et riche soie aux couleurs liturgiques : blanc, rouge, vert, violet, noir. « Chaque couleur de notre soie vous dira, ô Marie, et l'allégresse et le merci de nos cœurs !… »

Le défilé se poursuit, tandis qu'à chaque symbole expliqué, la foule des enfants reprend en chœur : ô Marie, nous vous l'offrons I

Alors, viennent « les usines pleines de travailleurs qu'assourdit le marteau-pilon, qu'éblouissent les fourneaux blancs de chaleur et les gerbes d'étincelles de feu… » ; les ateliers où se fabriquent les mousselines et les cotonnades. Tous vous offrent leur métier quel qu'il soit, tous ont besoin de votre sourire dans leurs heures de labeur : Ô Marie, protégez-les !

Quand la féerique manifestation s'achève, les enfants entendent le Jeu de la Belle Aumône qui rappelle d'une manière délicate l'un des grands bienfaits de la Vierge à la ville en 1638 : les enfants pauvres sont délivrés du scorbut qui les décimait. M. Henri Ghéon, auteur de cette composition scénique s'est fait, comme chacun sait, une réputation pour des « Mystères » de ce genre.

Les journaux ont parlé de 3 à 400.000 personnes assistant, le dimanche 25 juin, au cortège des Madones du diocèse portées sur des chars. Celui de Notre-Dame de Fourvière termine dans une véritable apothéose le défilé dont la variété et l'ordre font l'admiration de la foule… Au sommet, la Vierge d'or environnée des soieries de la fabrique lyonnaise.

Des anges adorateurs sont prosternés et d'immenses rayons figurent la protection de la Vierge sur Lyon et son influence sur le mouvement missionnaire qui éclaire le monde… Que l'on songe aux œuvres qui ont pris naissance sous le regard maternel de Notre-Dame de Fourvière !… Cela explique la présence de délégations religieuses et aussi… des Petits Frères de Marie autour du char triomphal.

Quelques jours après, le Cardinal Gerlier constatait : « Nous savions bien qu'il serait beau notre Congrès marial I… Un Congrès à Lyon en l'honneur de Notre-Dame, pouvait-il n'être pas superbe ? Mais il a dépassé nos espérances. Une page splendide vient de s'ajouter à la merveilleuse histoire de Fourvière… » Puis, après avoir rappelé ces manifestations de toutes les classes de la population et remercié les ouvriers de ce succès magnifique… « Mais notre merci le plus ému va à Notre-Dame, n'est-ce pas Elle qui, en daignant leur sourire, a rendu féconds les efforts de tout un peuple pour la glorifier. N'est-ce pas Elle qui nous aidera tous à tenir la résolution issue du Congrès et qui se résume dans la volonté de chacun de lui appartenir plus totalement, afin de pouvoir mieux servir et aimer Jésus-Christ lui-même ! »

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