Culture des vocations Religieuses

Br. Quentin Duffy

08/Jun/2010

A la fin de la Conférence Générale des Provinciaux de mai 1971, le Frère Supérieur Général a fait un résumé des problèmes essentiels dans son adresse de conclusion (Cire. Vol. XXV, 1ier juillet 1971, p. 434 de l'Edition française).

Dans le No 7, p. 452, il aborde la formation et, dans le premier paragraphe, du besoin d'effort renouvelé pour la culture des vocations. « Il faut retrouver foi à la pastorale des vocations. Certains Provinciaux m'ont dit: " Ça et là, on estime immoral de parler de pastorale de vocations, parce que ce serait une violation de la liberté ". C'est une idée étrange. Il faut de nouveau nous relancer dans la pastorale des vocation avec sérieux, continuité, progression ».

C'est à cette lumière d'une consigne bien nette du Supérieur Général que je propose ces quelques réflexions.

 

INTRODUCTION

 

Le Concile a bien situé la Vie Religieuse quand il a dit qu'elle est dans la même ligne que la vocation chrétienne elle-même; qu'elle n'ajoute pas une forme différente de sainteté même si elle a sa valeur toute particulière. Selon les paroles du Concile, la vie religieuse est UN DON TOTAL de SOI à DIEU DANS UN ACTE SUPREME D'AMOUR. Tout en étant une prolongation de la consécration baptismale, sous certains aspects, elle va au-delà de cette consécration et en hâte la finalité.

Sans entrer dans les détails (il n'est pas question de faire un traité sur la Vie Religieuse) on peut se souvenir que la Profession Religieuse a:

— une harmonique christologique,

— un caractère ecclésial,

— et surtout un caractère eschatologique.

Ceci est affirmé non moins de onze fois par le Concile. Sans référence à la seconde venue du Christ, le vrai sens de la Pauvreté, de la Chasteté et de l'Obéissance religieuses serait perdu en grande partie.

Finalement, il y a aussi dans la Vie Religieuse:

— un élément de stabilité, on pourrait presque dire un élément éternel, au point qu'on peut le définir en termes, de parenté entre le Chrétien et Dieu.

Quelle est la conclusion de tout cela? LA VIE RELIGIEUSE DEPEND DE LA FOI A UN DEGRE EXTRAORDINAIRE… foi devant être entendu comme le seul moyen pour entrer dans les affaires de Dieu tant qu'on est sur terre.

 

STIMULER LES VOCATIONS CHEZ LES JEUNES

 

Voyons donc les problèmes auxquels nous sommes affrontés à l'égard des jeunes d'aujourd'hui. Notre époque n'est pas une époque de Foi. Il y a certaines vérités essentielles qui semblent aller de soi, mais dont il ne faut plus croire qu'elles vont de soi. Si donc, nous essayons de stimuler les vocations chez les jeunes, nous devons commencer par les former à ces vérités de foi fondamentales.

 

1. – L'existence de Dieu créateur. En ceci, par exemple, il semble évident qu'il n'y a pas à insister auprès des jeunes; et pourtant, il y a, sinon franche opposition, au moins des tiraillements entre le courant de pensée moderne et la notion de Dieu-Créateur-de-tout. Même chez les chrétiens, la pensée et le sentiment sont colorés par les attitudes du monde actuel technologique et sécularisé. Et c'est pourquoi, on ne comprend plus le besoin d'adoration. Adorer, c'est se tourner vers Dieu et agir envers Dieu considéré comme Dieu. Un tel acte présuppose que l'adorateur reconnaît l'aspect créé de la personne humaine et de tout autre être, et qu'il veut se reconnaître lui-même créature. Pas d'adoration sans conscience de cette entière dépendance d'un Etre Suprême de qui l'on tient soi-même son être et sa vie. C'est l'idée d'un don complet de soi qui est à la base de la Vocation Religieuse, et c'est cela qui va contre une certaine tendance du monde moderne.

 

2. – La certitude que l'âme est immortelle et qu'il y a une vie éternelle. Même parmi les chrétiens, et même les catholiques pratiquants, il y a maintenant comme un doute concernant la survie après la mort. Le matérialisme dialectique tend à nier cette survie. Or, comme la Vie Religieuse vise des valeurs eschatologiques, son progrès est menacé par ce manque de certitude. Il y a un dangereux dualisme dans notre vie chrétienne aujourd'hui. Nous nous accrochons à certaines vérités en espérance… mais pourtant, nous sommes atteints par un doute secret sur leur vérité. Beaucoup de jeunes voient la vie religieuse comme artificielle… « inauthentique ». Ils ne voient pas les réalités sur lesquelles elle est basée, et si la vie religieuse n'est pas basée sur des réalités qui sont tout aussi tangibles que le monde matériel de la science, pour eux, elle est artificielle. D'où l'erreur d'un si grand nombre dans leurs essais de renouveau. Ils changent la Vie Religieuse en une sorte d'entreprise au service de l'humanité et de son progrès. Pour faire éviter à la Vie Religieuse l'accusation d'artificialité, ils en évacuent le mystère et en font crouler les fondations surnaturelles.

 

3. – Foi dans la révélation.

 

Si nous regardons certaines vérités comme des réalités, c'est parce que Dieu nous les a enseignées. C'est toute la notion de Révélation. La crise qui existe aujourd'hui est dans la manière d'interpréter les vérités de la Révélation. Certaines images, certains moyens d'expression sont évidemment désuets. Il y a un besoin évident de mettre à jour la manière d'exprimer la foi religieuse, mais faute d'une philosophie chrétienne, on manque souvent d'étalon pour mesurer si on juge bien. On ne sait plus ce que veulent dire les mots. On a l'impression que l'on résout les problèmes en changeant les mots. Résultat: on fait des adaptations superficielles et artificielles seulement à partir d'un changement de vocabulaire. Mais en changeant de vocabulaire, on court le risque de ne plus savoir ce qu'on dit. Souvent les mots et les idées qu'ils expriment ne permettent plus de comprendre la nature de la réa- lité dont on parle. Nous sommes au milieu d'une crise intellectuelle où il est admis que n'importe qui peut sans gêne mettre en question des vérités et des attitudes dictées par la sagesse des siècles et que les plus grands penseurs de l'Eglise ont faites leurs depuis des siècles. Par suite, on ne peut plus tenir à aucune discipline, à aucune règle de vie, à aucun but apostolique, une fois que l'intelligence ne sait plus ce qu'elle doit croire et affirmer.

 

4. – Réponse chrétienne à la question: Quelle est la vérité sur l'homme?

 

Le monde est très polarisé dans sa réponse à cette question. Il y a la réponse chrétienne et la réponse marxiste. Le matérialisme athée joint à la science moderne donne à cette question une réponse « évolutionniste », l'homme étant encore en recherche des lois qui permettront cette réponse. On connaît assez les idées de mouvement, de changement, de progrès de l'homme. Le matérialisme conclut avec l'homme se créant lui-même, mais il ne sait pas où finira ce processus. La foi ne concerne pas une vérité objective, mais seulement une vérité changeante. Une telle attitude est commune, non seulement chez ceux qui adoptent explicitement cette philosophie, mais encore chez beaucoup qui sont profondément insérés dans le monde moderne sans aucune vraie philosophie. Tel est le cas de beaucoup de nos jeunes qui sont dans nos écoles seulement parce que leurs parents sont catholiques. Us ont étudié les principes de la science moderne sans un fond de philosophie chrétienne.

Peut-être pourrait-on aller plus loin, mais cela suffira pour montrer qu'il y a des vérités de base qu'il faut enfoncer avant de pouvoir faire aucun progrès dans la culture des vocations elles-mêmes. Si nous croyons à Dieu Trinité, si nous croyons à l'Incarnation, à la fin de l'homme, au jugement, à la résurrection… notre foi ne peut être changée parce que l'homme a marché sur la lune ou découvert une nouvelle manière de vivre. Cette vérité est indépendante. Elle est une vérité suprême qui ne peut connaître de changement en elle-même.

 

METTRE EN VALEUR UN SENS POSITIF DE LA VOCATION

 

Quand nous parlons de VOCATION, au niveau humain, cela implique choix libre d'une carrière, choix déterminé par certaines aptitudes spéciales, de sorte que, d'une part, on est attiré par une profession, mais aussi, on a la possibilité d'y réussir. Toute vocation humaine est conditionnée par beaucoup de facteurs qui ne dépendent pas de l'individu, aussi libre qu'il se croie, et notre vie est largement conditionnée par des circonstances de naissance, d'ambiance et d'éducation.

A l'intérieur de la vocation humaine, il y a la vocation du chrétien appelé par Dieu au salut en Jésus-Christ. Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans le mystère qui parfois choque et scandalise, quand on réfléchit à l'inégalité qui existe entre les hommes qui ont tous en définitive la même destinée surnaturelle.

N'insistons pas trop sur les nuances entre vocations sacerdotales et religieuses. Il sera question ici de vocation religieuse, la plus grande partie pouvant être identique pour la vocation sacerdotale. La Vocation Religieuse entraîne la consécration totale à Dieu de la vie et elle implique:

a) l'appel de Dieu,

b) la réponse de l'appelé.

Il faut ajouter… qu'il y a normalement quelque service concret dans l'Eglise… et quelque forme d'apostolat ou laïque.

 

a) L'APPEL de DIEU

 

Evidemment, pour la plupart des hommes rien à voir qui ressemble à l'appel de Saul. Mais cela veut dire en tout cas qu'il existe une grâce spéciale de Dieu, qu'il ne donne pas à tous. Dans l'Evangile, nous voyons le Christ appeler des apôtres de façon très spécifique. Il était plus que sceptique sur ceux qui s'offraient spontanément (Luc 9,57-58), surtout s'ils mettaient des conditions (Luc 9,59-62). En pratique, cela devra amener une soigneuse sélection de la part des responsables. Dans le cas de la prêtrise, il est généralement admis que l'appel de l'évêque est l'essence de la vocation. Certains même ont dû s'exécuter sans avoir désiré le ministère qu'on exigeait d'eux (cas de S. Ambroise ou de Saint Augustin).


b) LA REPONSE de l'APPELE

 

Une vocation n'est pas une chose statique. Ce n'est pas comme si Dieu émettait un décret éternel fixant la destinée de chacun, sans égard à sa liberté. Chacun doit répondre librement… et définitivement. Ceci est une difficulté pour beaucoup, de nos jours, qui ne voient pas comment un jeune peut s'engager à perpétuité. Sans traiter à fond cette question maintenant, qu'il suffise de dire qu'un engagement à perpétuité ne peut se réaliser que par des séries de choix progressifs. Quand on a dit oui à Dieu une fois, il faut le redire chaque jour. Ceci entraîne toute la question de fidélité et actuellement, il pourrait bien y avoir exagération dans la facilité avec laquelle on rompt ses engagements et on abandonne la vie religieuse. L'assurance d'un appel de Dieu peut nous aider dans les moments difficiles à honorer généreusement une invitation qui continue de nous être faite.

Ces deux éléments: appel et réponse, supposent que la Congrégation concernée a aussi son rôle à jouer.

Comme on l'a dit, l'appel n'implique pas un événement frappant. Normalement la volonté de Dieu passe par des voies très ordinaires. La tendance actuelle, vu que l'on parle tant de liberté personnelle et de réponse personnelle à l'Esprit, est d'être plutôt réticent sur le « recrutement » des vocations. Or, s'il faut éviter cet extrême qui consiste à faire pression, il faut dire aussi que chaque Congrégation a une responsabilité à cet égard. Une Congrégation religieuse est un corps vivant qui cherche développement et durée. De plus, elle n'existe pas pour elle-même, mais pour l'Eglise. Il est donc nécessaire qu'une Congrégation recrute sans cesse de nouveaux membres. L'Eglise s'est exprimée là-dessus clairement dans Perfectæ Caritatis, 24. Il faut ajouter qu'en adressant son appel, Dieu ne fait pas fi des prévisions ordinaires de sa Providence. Une vocation n'est pas un miracle. Elle doit être cultivée et nourrie dans une AMBIANCE FAVORABLE, si l'on veut qu'elle s'enracine et devienne assez forte pour s'épanouir en vie de la donation. Autrement, elle pourrait pousser très vite et mourir aussi très vite comme la semence sur le rocher.

La vie religieuse doit être mise devant le jeune comme un idéal possible. Ce n'est pas en minimisant les exigences de la Vie Religieuse que nous inspirerons des vocations. Il faut présenter la Vie Religieuse avec sincérité et ouverture en disant ce qu'elle est vraiment : un service à Dieu et à l'Eglise, avec toutes les exigences qu'implique ce service; mais il faut aussi justifier ces exigences et prouver leur authenticité. Rien ne doit voiler l'idée de donation de soi à Dieu, qui est l'essence de la Vie Religieuse. Il y a tant de besoins pressants dans l'Eglise et on a tellement mis l'accent sur la vocation laïque, que nous ne susciterons pas de vocations religieuses à moins d'être convaincus nous-mêmes et de convaincre ensuite en présentant notre idéal.

Mais l'information ne suffit pas. Parmi les facteurs qui aident à faire naître les vocations, se trouve l'influence exercée par la personnalité rayonnante de certains prêtres ou religieux. Les Supérieurs doivent choisir comme Directeur des Vocations un Frère qui a vraiment de l'influence sur les jeunes.

Un autre moyen efficace est l'influence de la Congrégation elle-même. Il faut que nous soyons capables de montrer par notre travail et notre vie que la Vie Religieuse est quelque chose qui en vaut la peine. J'ai toujours trouvé étrange qu'il y ait des Provinces qui ne trouvent pas de nouveaux membres parmi les jeunes auprès de qui travaillent les Frères. On va recruter parmi d'autres qui ne nous connaissent pas. Cela n'est-il pas la raison du taux peu élevé de persévérance parmi les recrues de beaucoup de Provinces. Par contre il y a des Provinces qui recrutent toutes leurs vocations parmi les élèves de leurs écoles et dans ces Provinces le pourcentage de persévérance à partir du juvénat jusqu'aux Vœux perpétuels est de l'ordre de 45%.

De nos jours, je ne pense pas que l'on soit d'avis d'amener trop jeunes des enfants, même pour un juvénat préparatoire; mais j'insisterais volontiers sur le besoin de cultiver les vocations au moins dès le début du Secondaire. Il devrait y avoir un programme de formation pour chaque année du Secondaire. De cette façon, on aura présenté à tous les enfants l'idéal de la Vie Religieuse, pendant leurs années de formation. Il est contraire à toutes les lois de la psychologie… et de la grâce… de s'attendre à trouver un jeune qui opte pour la vie religieuse vers 18-19 ans, s'il n'y a pas été préparé bien avant.

Ce programme devrait inclure, à un rythme convenable, la prière, l'instruction, l'entrevue personnelle, des jours de récollection, des retraites fermées, des contacts avec d'autres membres de la Congrégation, des contacts avec la Maison de Formation, des visites que feraient des Frères aux familles concernées, un contrôle des temps libres, des lectures, de la télévision, des congés, la participation à quelque travail apostolique charitable adapté à l'âge des jeunes…

Avant de passer à autre chose, encore un détail, plutôt sous forme de question, car je ne suis pas sûr que l'on ait déjà la réponse. On dit souvent de nos jours que les jeunes trouvent difficile de faire face à l'engagement qu'impose la Vie Religieuse. Cela veut-il dire peut-être que nous aurons plus longtemps à attendre et qu'il faut mettre davantage l'accent sur les vocations dites « tardives ». Si les jeunes autour de vingt ans doivent être considérés comme « trop peu mûrs pour se préparer à faire des vœux » alors oui, il faut être patient. Il faudra dans ce cas admettre les difficultés que présente la formation des gens plus âgés. Elle n'est pas facile… spécialement pour de futurs professeurs… mais surtout n'allons par faire l'erreur de croire que l'âge supplée à la formation. D'abord, il est inadmissible de dire à la fois que ces jeunes sont trop peu mûrs pour s'engager, et puis faire volte-face pour dire qu'ils sont assez âgés et donc n'ont pas besoin de formation! En d'autres termes, ne repoussons pas si loin le noviciat qu'il soit ensuite trop tard pour faire une formation avant les vœux perpétuels.

 

FORMATION THEORIQUE

 

Ce n'est pas le lieu d'entrer dans les détails de la Formation qui est nécessaire lorsqu'une décision a été prise en faveur de la vie religieuse. Le programme a été tracé par le Chapitre Général Spécial et on en trouve les détails dans le Document correspondant. Mentionnons cependant quelques points:

 

1. – Beaucoup d'études ont été faites ces dernières années sur le phénomène de l'adolescence prolongée. Le spectacle que donne la jeunesse à travers le monde est très compliqué. Sans entrer dans le problème, je pense qu'on peut être d'accord pour dire que lorsqu'un jeune est admis aux vœux, il ne doit plus être adolescent. Un jugement prudent serait bien nécessaire à cet égard dans tous les pays.

 

2. – Les méthodes de formation doivent être constamment révisées. Il semble être sage de prolonger la période avant le noviciat, de contrôler l'aptitude à un apostolat spécifique. Attention cependant que c'est la méthode qui est à réviser. Le but de la formation religieuse reste le même, mais il faut être bien prêt à recevoir des novices qui ne sont pas parfaits. Naguère, nous attendions des novices qu'ils observent minutieusement la Règle. Il ne faut pas, par réaction, donner l'impression que l'observance de la Règle n'a plus d'importance; mais il faut s'attendre à des progrès là-dessus plus lents. Il y a une tendance chez certains Religieux à dire: « Si les jeunes ne peuvent pas pratiquer la Règle… faire leurs prières… etc.. qu'ils s'en aillent ». Pouvons-nous, par hasard, être un peu plus patients? Pouvons-nous supporter quelques jeunes un peu excentriques pourvu qu'ils aient bonne volonté… au moins jusqu'au moment où ils devront s'engager définitivement? Ce n'est pas un prétexte pour une baisse de niveau, et avant la profession perpétuelle, il faudra vraiment faire une option. Peut-être y a-t-il là, un argument en faveur de « promesses » substituées aux vœux temporaires, et dans ce cas, nous pourrions tenir de façon plus solide et plus solennelle à la vraie profession religieuse qui aurait lieu au moment où on ferait les vœux.

 

3. – Ceci suppose un nouveau genre de MAITRE de la formation à bien préparer pour diriger ces jeunes. Il n'est plus suffisant d'avoir seulement un « très bon Frère » comme chargé de cette formation. Il faut que ce soit quelqu'un qui puisse avoir en main les jeunes d'aujourd'hui, qui nous viennent pour se donner à Dieu, mais avec beaucoup de confusion dans l'esprit.

 

4. – Cela veut dire aussi que la Formation ne s'achève pas avec le Noviciat. Elle devra se continuer pendant les années d'étude. L'expérience a déjà montré que si des jeunes au sortir du noviciat, font leurs études sans une formation religieuse continue, la plupart n'arrivent pas à la profession perpétuelle. Si l'on repousse la profession perpétuelle de 9 ans sans autre résultat que d'avoir un espace de temps plus long entre premiers et derniers vœux, ce n'est guère la peine. La mesure a évidemment été prise pour donner une plus longue période… de formation, avant l'engagement final.

 

5. – Finalement, il y a le problème de formation permanente. Ce concept de formation permanente a eu beaucoup de succès ces dernières années et peu à peu, il aura une influence sur nos méthodes scolaires. De même pour ta Formation Religieuse. La formation est un processus de progrès et puisque nous vivons en un temps d'activité aussi inique dans les disciplines religieuses, il serait désastreux d'en venir à penser qu'à un moment quelconque, on puisse cesser de se former. Ce devrait être le souci de toutes les autorités d'une Province de fournir aux Frères les possibilités de continuer leur formation. Quelques Provinces ont donné un exemple extraordinaire sur ce sujet depuis le Chapitre. D'autres ne semblent pas avoir fait grand-chose. Envoyons-nous davantage de Frères au Second Noviciat, au Centre Champagnat, aux Centres catéchétiques, aux Cours et aux sessions? Il peut se faire que ceux-ci ou celles-ci ne soient nécessairement orientés de façon complètement religieuse, s'ils nous aident à être plus pleinement humains, plus efficaces dans notre enseignement, ils valent la peine. Même s'ils servent simplement à mieux remplir les longs loisirs des années de la «vie montante», leur but est authentique.

 

CONCLUSION

 

Quoi que nous fassions, ne disons jamais: « Nous avons assez fait ». Nous devons faire preuve d'assez de foi dans les vérités que Dieu nous a révélées, et d'assez de confiance dans le charisme que nous a transmis le Bienheureux Fondateur, pour être non seulement contents de persévérer nous-mêmes, mais enthousiastes pour attirer les jeunes à prendre bientôt notre relève. Ne soyons pas trop désolés non plus de ce que beaucoup nous abandonnent. Car, on peut quand le appliquer à la grande majorité de ceux qui demandent la dispense de leurs vœux les paroles du Père Champagnat: « Si vous ne vivez pas en religieux, vous ne mourrez pas en religion». L'idéal que propose le Christ et l'application qu'en a fait le Bienheureux Fondateur sont toujours valides. Nous n’avons aucune raison de nous mettre sur la réserve à leur égard. Tous les diocèses du monde entrent dans nos vues, a encore beaucoup à faire, et une journée va encore recommencer. Mais «il faut aider l'aurore à naître».

 

Br. Quentin Duffy

Vicaire Général

 

 

PROBLEMES POST-CAPITULAIRES


Cultivating Religious vocations.

 

At the end of the General Conference of Provincials in May, the Brother Superior General summarised the main points of the Conference in a concluding address. (Circulars Vol. XXV, 1st. July 1971, page 434 of French Edition). In No. 7 of this address, page 452, he speaks of the matter of Formation and in the first paragraph of the need for a renewed effort in the cultivation of vocations. «We must re-find our faith in cultivating vocations. Some Provincials have said to me: ' Some people seem to think it is wrong to speak of cultivating vocations, for this would be to violate a person's liberty.' This is a strange idea. We must start out anew to cultivate vocations in a serious way, with a continued and progressive programme."

It is in the light of that clear mandate from the Superior General that the following thoughts are offered on the subject.

 

 

INTRODUCTION

 

The Council clearly situated the Religious Life when it stated that it is the same line as the Christian Vocation itself; that it does not add a different form of holiness although it has its own special value. In the words of the Council, religious life is A TOTAL DEDICATION OF ONESELF TO GOD IN A SUPREME ACT OF LOVE. While being a prolongation of one's baptismal consecration, under certain aspects it goes beyond that consecration and hastens its finality.

Without going into details here (for we do not wish to discuss fully the nature of Religious Life itself), we may recall that Religious Profession has

… a Christological overtone

… an ecclesial character

… and above all an eschatological character. No less than eleven times does the Council stress this. Without reference to Christ's second coming the true significance of Religious Poverty, Chastity and Obedience would be largely lost. Finally there is also in Religious Life

… an element of stability, one might almost say an eternal element, to the degre that it may be defined in terms of a relationship between a Christian and God.

All this leads to one conclusion: THE RELIGIOUS LIFE IS EXTREMELY DEPENDENT UPON FAITH

… faith being understood as the only means whereby we can penetrate the things of God while here on earth.

 

THE STIMULATING OF VOCATIONS IN THE YOUNG

 

This having been said we can see the problem with which we are faced in respect of the young people of to-day. It is not an age of Faith. There are certain essential truths, which seem to be self-evident, but belief in which can no longer be taken for granted. Hence if we are going to stimulate vocations among the young we must begin with a formation in these fundamental truths of Faith:

1. – The existence of God the creator. Even though this may seem to be able to be taken for granted in Christian youth, there exists a lack of harmony, if not outright opposition, between the present trend in modern thought and the notion of God, creator of all things. Even the thinking and feeling of Christians are coloured by the attitudes of the present technological and secularised world. That is why people no longer understand the necessity of adoration. To adore is to turn towards God and act towards God considered as God. Such an act pre-supposes that the adorer recognises the created aspect of his human person and of every other being, and that he is willing to acknowledge that he is a creature. There can be no adoration without awareness of one's entire dependence on a Supreme Being to whom one owes his very being and life itself. It is this idea of complete gift of oneself that is at the base of a Religious Vocation, and it is this which goes against a certain tendency of the modern mind.

 

2. – Certitude about the immortality of the soul and life everlasting. Even among Christians and even among practicising Catholics there is at present something like doubt as to survival after death. Dialectical materialism tends to deny the survival of a person after death. Since Religious Life is largely concerned with eschatological values its continued development is threatened by this lack of certitude. There is a dangerous dualism in our Christian life to-day. We cling to certain truths in hope… and yet there is a lurking doubt about their truth. Many young people see Religious Life as artificial… unauthentic. They cannot see the realities on which it is based and if Religious Life is not based on realities that are just as real to them as is the material world of science, then for them it is artificial. This explains the mistake that so many are making in their attempts at renewal. They are changing Religious Life into some sort of enterprise for furthering human progress and for serving humanity. In order to escape the accusation that Religious Life is artificial, they are taking away its mystery and allowing its supernatural foundations to crumble.

 

3. – Faith in Revelation.

If we look upon certain truths as realities, it is because God Himself taught these truths to us. That is the whole notion of Revelation. The crisis that exists to-day is in the manner of interpreting the truths of Revelation. Some images, some methods of expression are obviously obsolete. There is an obvious need to update the manner in which we express religious belief, but in the absence of a Christian philosophy we often lack the standards by which to determine the soundness of our judgement. People no longer know what words mean; they get the impression that they are solving problems merely by changing the words! The result is that superficial and artificial adaptations are made merely by changing the vocabulary. But by changing the vocabulary we run the risk of no longer knowing what we are saying. Oftentimes words and the ideas they express do not permit us to understand the nature of the reality to which they refer. We are in the midst

of an intellectual crisis where it is accepted that anyone can with ease question truths and attitudes dictated by the wisdom of the ages, which have been held for centuries in the Church by the greatest minds. Hence we cannot hold on to any discipline, to any rule of life, to any apostolic purpose once the intellect no longer knows what it ought to believe or affirm to be true.

 

4. – The Christian answer to the question: what is the truth about man? The world is being strongly polarised in its response to this question. The Christian answer and the Marxist one. Atheistic materialism joined to modern science gives an " evolutionary " answer to the question, the laws governing which, man is still trying to discover. We are very much aware of the idea of movement, of change, of the progress of man. Materialism ends up with man creating himself, but he does not know where the process will finish. There is no belief in objective truth, but only in changing truth. Such an attitude is common, not only in those who explicitly believe in such a philosophy, but also in many who are deeply involved in the modern world without any real philosophy. Such is the case with many of our young people who are in our Schools simply because their parents are Catholics. They have learned the principles of modern science without having a background of Christian philosophy.

Perhaps one could go further, but this will suffice to show that there are certain basic truths which we must hammer home before we can hope to make any progress with the cultivation of vocations as such. If we believe in a Triune God, if we believe in the incarnation, the last end of man, the judgement, the resurrection… our belief cannot be changed by the fact that man has walked on the moon or is discovering new ways of living. This truth is something independent. It is a supreme truth that can know no change in itself.

 

PROMOTING A POSITIVE SENSE OF VOCATION

 

When we speak of the word VOCATION on the human level it implies the free choice of a career, a choice that is determined by certain special aptitudes, so that over and above the attraction for a profession, there exists also the possibility of succeeding therein. Every human vocation is conditioned by a great many factors beyond the control of the individual, free though he be, and, in great measure our lives are shaped by circumstances of birth, environment and education.

Within the human vocation there is that of a Christian, called by God to salvation in Jesus Christ. It is not the place here to go into the mystery that sometimes shocks and even scandalises when we reflect on the inequality that exists among men who all have the same ultimate supernatural destiny.

Without wishing to distinguish too finely between the Priestly and Religious Vocation we wish to speak here of Religious Vocation, and much can be applied also to the Priesthood. Vocation entails the total consecration of one's life to God and implies:

a. a call from God

b. a response from the individual

More specifically… there is normally some service of a determined nature within the Church… and apostolate, sacerdotal or lay.

 

a. A call from God.

Obviously this does not imply for most people a striking event like the call of Saul. But it does mean the existence of a special grace from God, which He does not give to all. In the Gospel we see Christ very specifically calling his apostles. In fact he was more than skeptical of those who came to offer themselves spontaneously, (Luke 9,57-58), specially if they put conditions on their generosity, (Luke 9, 59-62). In practice this means a careful selection by those responsible. In the case of the Priesthood, it is generally agreed that the call by the Bishop is the essence of the vocation, some being even summoned without their wishing it, (e.g. St. Ambrose, St. Augustine).

 

b. A response from the individual.

A vocation is not a static thing. It is not as though God set an eternal decree fixing the destiny of each one, regardless of his freedom. Each one must respond freely… and for ever. This constitutes a difficulty for many these days, who cannot see how a young person can enter into a permanent commitment. Without going fully into this question at this point, suffice it to say that a permanent commitment can only be realised by a series of progressive choices. Once having said «Yes" to God a person has to keep saying it every day. This brings up the whole question of fidelity and at the present time there could be an exaggeration in the ease with which commitments are broken and religious life is abandoned. Assurance of God's call can help us in difficult moments to go on complying generously with an invitation that is always there.

Both of these elements… call and responses… imply a certain concern and action on the part of the Congregation concerned.

As we have said, the call does not imply a striking event. Normally the will of God is indicated to a person in very ordinary ways. There is a tendency these days, when so much is spoken about personal liberty and personal response to the spirit, to be rather reticent about " recruiting " vocations. Without going to the extremes of exerting pressure, each Religious Congregation has a responsibility in this regard. A Religious Congregation is a living body seeking development and perpetuity. Moreover it does not exist for itself, but for the Church. It is therefore necessary for the Church that a Congregation continually recruits new members. The Church has expressed itself clearly on this point in PERFECTAE CARITATIS, para. 24. This statement is clear enough. It should be noted moreover that in making His call, God does not disregard the ordinary provisions of Providence. A vocation is not a miracle. It must be tended and nurtured in a FAVOURABLE ENVIRONMENT if it is to become deeply rooted and strong enough to blossom into a life of devotion. Otherwise it might shoot up with great vigour at first but quickly die out, like a flower that shoots on a rock.

Religious Life must be put before the young as an attainable ideal. It is not by minimising the demands of Religious Life that we shall inspire vocations. We must present Religious Life with sincerity and openness in terms of what it really is: service to God and to the Church, with all the demands that that service implies; but we must also justify these demands and prove their authenticity. Nothing should overshadow the idea of a gift of self to God, which is the very essence of Religious life. There are so many pressing needs in the church, and so much emphasis has been put on the lay vocation, that we shall not inspire Religious Vocations unless we are first of all convinced ourselves, and then present the ideal to others with conviction.

But information is not enough. Among the factors that help produce vocations is the influence exercised by the radiant personality of certain priests or Religious. Superiors should choose as Director of Vocations a Brother who can really influence the young.

Another efficacious means is the influence of the Congregation itself. We should be capable of demonstrating by our works and by our lives that the Religious Life is something worth while. It has always seemed strange to me that there are Provinces in the Congregation who do not obtain new members from amongst those with whom they work. They go out to others who do not know them to find vocations! ! Could this not be the explanation of the low rate of perseverance found amongst the young that are recruited in many Provinces. On the other hand there are Provinces that recruit all their vocations from among the boys of their schools, and in these same Provinces the percentage of perseverance from the Juniorate to Final Profession is as high as 45%.

In these days I do not think that anyone would suggest taking boys into even a preparatory House of Formation at an early age; but I would like to insist on the need to begin cultivating vocations at least from the beginning of Secondary School. There should be a programme of formation for each year of the Secondary School, so that boys will not be left without the ideal of the Religious Life during their formative years. It is contrary to all the laws of psychology… and of grace… to expect that a boy will make an option for the Religious Life at the age of 18-19 if the preparation for that option has not been made over the years. Such a programme should include at suitable stages… prayer, instruction, personal interviews, days of recollection, closed retreats, contacts with other members of the Congregation, contacts with the House of Formation, visits by the Brothers to the families of those concerned, supervision of leisure time… reading, television, holidays, participation in some charitable/apostolic work suited to the age of the boys…

Before leaving the matter of recruitment, one further point… rather in the form of a question, for I am not so sure that we have the answer yet. It is often stated these days that the young find it hard to face up to the commitment involved in the Religious Life. Does this mean perhaps that we shall have to wait longer and that there may be more emphasis on what we have called " late vocations." If youths in their twenties are to be thought of as " too immature to prepare for the making of vows," then we shall have to be patient. We shall have to recognise the difficulties presented by the need to form those who are older. Such formation will not be easy… especially for a teacher… but we must not make the mistake of thinking that preparation is not necessary. We cannot accept in the first place that these people are too immature to make a commitment, and then turn around and say that they are old enough and do not need a formation! ! In other words, we should not put off the Novitiate so long that it is too late to continue formation before final vows.

 

FORMAL FORMATION

 

This is not the place to go into a detailed account of the Formation necessary once a decision is taken in favour of Religious Life. Such a programme has been outlined by the Special General Chapter and details can be sought in the appropriate Document. Perhaps we could mention just a few points:

 

1. – A fair amount of study has been done in recent years on the phenomenon of the prolongation of adolescence. The youth scene throughout the world is a very complicated one. Without going into this problem, I think we can all agree that when a young man is admitted to the vows he must no longer be an adolescent. A prudent judgement would need to be made in each country.

 

2. – Methods of Formation should be constantly under review. It seems a wise precaution that prolongs the pre-novitiate period, that tests the aptitude for the specific apostolate. Note, however, that it is the method that is under review. The goal of Religious Formation remains the same, but we may have to be prepared to accept Novices who are not perfect. Formerly we expected Novices to observe the rule in all its details. Obviously we cannot give the impression that the observance of the Rules is no longer important ; but we have to be prepared to go more slowly. There is a tendency amongst some older Religious to say: " If the young men can't keep the Rule, … can't say their prayers … etc. … let them get out." Can we afford to be more patient? Can we put up with odd young men… provided they have good will… at least till the time when they have to make a final commitment? This is not a plea to lower standards, and before final profession a true option must be made. Perhaps it is an argument in favour of Promises instead of temporary vows, and then we could hold more sacredly and more solemnly to the real religious profession that comes with the making of vows.

 

3. – This will call for a new kind of MASTER of Formation who would need to be well prepared to handle these young men. It is no longer sufficient to have just a " very good Brother " in charge of formation. He needs to be someone who can handle the youth of to-day, who come with all their confusions thinking to give themselves to God.

 

4. – It also means that Formation will not end with the Novitiate. It will need to go on during the years of study. Experience has already shown that if young men leaving the Novitiate continue their studies without a continuing religious formation, the greater number of them will not reach Final Profession. If the putting off of Final Profession for as long as nine years means nothing more than a longer time between first and final vows, no great purpose will be served. It is surely a measure to provide a longer period of preparation… of formation before the final commitment.

 

5. – Finally there is the matter of Continuing Formation. The concept of continuing education has gained much ground in recent years and will gradually have a big influence on our school methods. The same can be said of Religious Formation. Formation is an on-going process and since we live in a time of such vital activity in religious matters it would be disastrous if we were to think that at any stage we could stop forming ourselves. It should be the concern of all the authorities in a Province to provide the possibilities for Brothers to continue their formation. Some Provinces have given an extraordinary lead in this matter since the Chapter. Others do not seem to have changed much in this respect. Are we sending more Brothers to the Second Novitiate, to the Centre Champagnat, to catechetical Centres, to courses and Sessions. These may not necessarily be completely religiously orientated. If they help us to be more fully human, to be more effective as teachers, they have their place. Even if they serve simply to fill more effectively the longer periods of leisure of our declining years, they serve a real purpose.

 

CONCLUSION

 

Whatever else we do, let us never say, "We have done enough." We must display sufficient faith in the truths revealed to us by God, and sufficient confidence in the charism transmitted to us by our Blessed Founder, to be not only satisfied to persevere ourselves in our Vocation, but to be enthusiastic about engaging young people to take on the work which we shall soon have to leave aside. We should not be too dismayed by the fact that many are leaving the Congregation. For the great majority of those who ask to be dispensed from perpetual vows the words of Father Champagnat are applicable: " If you do not live as a Religious you will not die in Religion." The ideals of Christ, and the application of them as made by our Blessed Founder, are still valid. We have no reason whatever to hold back. All the Dioceses of the world come within our scope. There is much still to be done, and the day is still before us. Let us again quote the slogan given us by the Rev. Brother Superior General (May 1971): We must help the dawn to rise.

Br. Quentin Duffy

Vicar General

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