De lesprit de pénitence

F. Diogène

03/Sep/2010

Je devrais peut-être songer à présenter des excuses à des gens du monde si je venais leur apporter des considérations sur un sujet en apparence si fâcheux, et capable de troubler leur quiétude ou de déranger leurs plans de recherche de vie aisée et facile. Je n'ai à aucun degré cette préoccupation en m'adressant à des religieux qui considèrent la mortification comme une des vertus fondamentales de leur état. Je dirai cependant que c'est le temps du carême qui m'a porté à réunir ces notes puisées un peu partout comme on le remarquera. Elles comportent une partie de doctrine appuyée par des exemples et se terminent par quelques indications pratiques de nature à guider les débutants et parfois ceux qui sont plus avancés dans les voies de la pénitence. Je serais amplement récompensé si quelques âmes pouvaient puiser dans ces lignes l'idée d'achever la sainte quarantaine plus en conformité avec l'esprit de l'Eglise.

* *

Cette parole : « Renoncez à vous-même, prenez votre croix et suivez Jésus „ semble dure à bien des gens, dit l'auteur de l'Imitation. Mais il sera bien plus dur d’entendre au dernier jour cette autre parole : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel. ». Car, ceux qui maintenant écoutent et suivent de bon cœur la parole de la croix ne craindront point alors d'entendre cet arrêt de l'éternelle condamnation.

Si vous portez de bon cœur la croix, dit le même auteur, elle vous portera et vous conduira au terme désiré où vous cesserez de souffrir, mais ce ne sera pas en ce monde ; si vous la portez à regret, vous en augmenterez le poids, et cependant, il faudra toujours que vous la portiez. Si vous rejetez une croix, vous en trouverez infailliblement une autre, et peut-être plus pesante.

Croyez-vous pouvoir fuir ce que nul homme n'a pu éviter ? Jésus-Christ, lui-même, Notre Seigneur, n'a pas été une seule heure en sa vie sans souffrir de la douleur.

Or, le chrétien, et à plus forte raison le religieux, doit être un autre Jésus-Christ ; il ne peut donc se soustraire à la souffrance.

Le chrétien est un autre Jésus-Christ. En effet, il y a dans tout chrétien trois vies réelles et distinctes : la vie du corps, la vie naturelle de l'âme et la vie surnaturelle. La vie du corps nous est commune avec les animaux ; elle est périssable, et elle sera détruite par la mort. La vie naturelle de l’âme consiste dans la possession et l'exercice des facultés naturelles de l'Ame : la sensibilité, l'intelligence, le jugement, la mémoire, la volonté, la liberté. Cette vie est la même dans tous les hommes soit chrétiens soit infidèles. Elle est bien plus parfaite que la première ; mais les actes qui lui sont propres ne peuvent, par eux-mêmes, nous mériter l'amitié de Dieu et le salut éternel. La vie surnaturelle est celle que nous avons reçue au baptême. C'est la vie même de Jésus-Christ. « Je suis venu, dit ce divin Sauveur, afin qu'ils aient la vie et une vie abondante. » C'est aussi cette vie surnaturelle que saint Paul désignait à l'admiration vies fidèles quand il disait : « Je vis dans la foi du Fils de Dieu. Je vis, non ce n'est pas moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi ». Or, une telle vie suppose des opérations intérieures qui y correspondent et dont elle est la source. C'est pourquoi saint Paul dit : « Ayez en vous les sentiments de Jésus- Christ ». Et comme la vie opère non seulement à l'intérieur mais encore à l'extérieur par des œuvres, le grand Apôtre dit ailleurs : « Si donc nous avons intérieurement cette nouvelle vie toute spirituelle, il faut que nos œuvres extérieures en procèdent et en portent le caractère ».

Cette vie est très réelle ; car, de même que l'acte par lequel Dieu nous a donné la vie du corps et la vie naturelle de l'âme est une création véritable, de même aussi la communication de la vie surnaturelle est justement appelée création. « Vous avez été créés en Jésus-Christ, dit saint Paul, vous êtes une nouvelle créature ; et pour que vous sachiez que la vie qui est en vols ne cesse d'être en communication avec son origine, je vous annonce que nous tous, qui avons été baptisés en .Jésus-Christ, nous ne formons qu'un seul corps avec lui. Nous sommes les membres et il est le chef ».

Saint Augustin, remontant jusqu'à la première origine de l'union qui existe entre Jésus-Christ et nous, a dit cette belle parole : « La même grâce qui a fait Jésus-Christ notre clef a fait tous ses membres ».

Mais si le chrétien est un autre Jésus-Christ, que s'ensuit-il, sinon qu'il doit être victime connue Jésus-Christ

Demandons-nous pour quelle fin Notre Seigneur est venu sur la terre. Cette fin est évidemment la gloire de son Père ; et, pour procurer cette gloire, il a opéré le salut des âmes. Elle était la préoccupation perpétuelle de son esprit et de son cœur. Il le dit lui-même : « Je ne cherche pas ma gloire, mais la gloire de celui qui m'a envoyé Or, dans quel état et par quelle action principale a-t-il procuré la gloire de son Père ? C'est par son sacrifice qui est son action par excellence, et par son état de victime, le plus élevé, le plus parfait, le plus complet de tous ses états. Par cette action et par cet état, il a rendu à son Père, et surabondamment, tout l'honneur que le péché lui avait ravi. De quelle manière sublime n'honore-t-il pas la majesté de Dieu le l'ère, ce Dieu fait homme qui s'abaisse si profondément dans le mystère de l'Incarnation où il fait son oblation, et au Calvaire où s'immole ! Comme elle apparaît grande la sainteté de Dieu et immense sa justice dans une telle satisfaction, dans une si étonnante expiation ! Il n'est pas possible de concevoir un plus grand honneur rendu à Dieu, et c'est ce qu'exprime le Sauveur quand il dit à son Père au moment de son Incarnation : « Vous n'avez pas agréé les hosties et les oblations anciennes ; alors, vous m'avez donné un corps, et j'ai dit : me voici ! je viens, mon Dieu, pour faire votre volonté ».

Mais Jésus-Christ a voulu qu'à cette fin fût intimement lié le salut de nos âmes ; c'est-à-dire qu'il a voulu que les actes mêmes qui procuraient à Dieu le Père tant de gloire fussent le prix de notre rédemption. Il n'y a donc pas de doute possible, la fin pour laquelle Jésus est venu sur la terre, c'est la gloire de son Père ; et, à la réalisation de cette fin, il a daigné attacher le salut de nos âmes. Et ces deux grandes œuvres, il les a admirablement opérées et consommées par son sacrifice et par l'effusion de son sang. Il faut donc conclure qu'avant tout et par-dessus tout Jésus Rédempteur est victime. Et, puisque le chrétien est, en vertu de son baptême, un autre Jésus-Christ, il doit donc être aussi avant tout et par-dessus tout victime. Et il est manifeste que ses sentiments, ses dispositions, toute sa vie doivent être les sentiments, les dispositions, la vie d'une victime. Voilà la conclusion logique à tirer de ce raisonnement.

Mais si le simple chrétien est victime, combien plus le religieux ; car, au-dessus de l'état ordinaire et imparfait, il y a un état plus saint, une vie de perfection dans laquelle l'heureux fidèle qui s'y engage ne se contente pas de l'accomplissement exact des commandements, mais tend généreusement à la pratique des conseils évangéliques. Mais la ressemblance du religieux avec Jésus n'est parfaite que s'il est vraiment religieux, et comme Jésus et avec Jésus victime parfaite devant Dieu.

Saint Augustin, dans son bel ouvrage, la Cité de Dieu, dit expressément : « L'homme, qui étant consacré et voué à Dieu, meurt au monde et ne vit que pour Dieu seul est véritablement un sacrifice ».

Voici comment le pape saint Grégoire le Grand apprécie la profession religieuse ; et comment il exalte le religieux qui consacre à Dieu tout son être et pour la vie entière. Dans l'ancienne loi, on immolait la chair d'une victime étrangère ; mais par l'obéissance, le religieux immole sa propre volonté. A propos de la pauvreté, il ajoute : « Un homme a résolu de donner aux pauvres tout ce qu'il possède, il ne se réserve rien, et de plus il s'est enlevé la possibilité de posséder quoi que ce soit à l'avenir. De quel nom appellerons-nous son dessein ? C'est un holocauste ; sa dévotion lui fait offrir un sacrifice parfait ; car qui dit holocauste dit sacrifice universel » Et enfin, traitant de la chasteté qui est la matière du troisième vœu ; il dit : « Il y en a qui, s'étant consacrés à Dieu, sont arrivés à un tel degré de perfection que, par la volonté généreuse de garder la chasteté, ils sont devenus en quelque sorte inébranlables dans leur esprit et dans leur chair », Ainsi, la profession de la pauvreté, de la chasteté et de l'obéissance constitue le religieux dans un état de parfait sacrifice, puisque c'est lui-même et non un autre qu'il immole par cette profession.

Après saint Grégoire, saint Thomas, saint Augustin et beaucoup d'autres parlent dans les mêmes termes des personnes consacrées à Dieu par la profession religieuse.

Voici comment écrit saint François de Sales à une postulante : « Ma très chère fille, il faut que je vous dise que vous voilà tout doucement toute morte au monde, et le monde tout mort pour vous. C'est une partie de l'holocauste, il en reste encore deux : l'une est d'écorcher la victime, dépouillant votre coeur de soi-même, coupant et tranchant toutes ces menues impressions que la nature et le monde vous donnent ; et l'autre, de brûler et de réduire en cendres votre amour-propre et convertir tout en flamme d'amour céleste votre chère âme ». Et dans une autre circonstance, il dit encore à ses religieuses : « Pourquoi pensez-vous, mes filles que Dieu vous a mises au monde, sinon afin que vous soyez des hosties d'holocauste, pour être tout le temps de la vie des sacrifices d'oblation à sa divine Majesté, et des victimes qui se consument chaque jour en son saint amour ».

Quel langage ! n'est-il pas vrai ? Et se serait-on attendu à un enseignement aussi austère de la part du doux et indulgent évêque de Genève ? Ah ! c'est que pour lui, comme pour tous les saints, la vie religieuse est une vie d'immolation perpétuelle sans espérance aucune de quitter jamais l'autel du sacrifice.

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Mais passons de ces considérations un peu générales aux leçons et aux exemples que nous a laissés notre Vénérable Fondateur.

Toute sa vie, dit son biographe, ne fut qu'une perpétuelle immolation des facultés de son âme et de son corps à Dieu par le glaive de la mortification. Naturellement dur pour lui- même, il n'accordait à son corps en nourriture, en repos et en soulagement quelconque que ce qu'il ne pouvait lui refuser. Il s'était fait une loi de ne jamais rien prendre entre les repas, celà il l'a observée toute sa vie, même dans ses voyages. On l'a vu marcher des journées entières par des chaleurs étouffantes et refuser, en arrivant, toute espèce de rafraîchissement et jusqu'à un peu d'eau. Il disait, pour cacher sa mortification, qu'il n'était pas habitué à prendre quoi que ce soit entre les repas, et que ces sortes de soulagements étaient plus propres à ruiner la santé qu'à diminuer les petites incommodités que pourraient occasionner la soif ou le besoin de manger. Le corps se fait à tout, ajoutait-il, et c'est en refusant de le satisfaire qu'il devient moins exigeant. Au contraire, si l'on boit aujourd'hui parce qu'on a soif, demain à pareille heure le même besoin reviendra plus impérieux, et Si l'on est toujours à contenter la nature, où seront l'esprit de sacrifice et la vie chrétienne ?

Il a de même recommandé aux frères la sobriété et la mortification dans la nourriture. D'après lui, ce genre de mortification est l'a, b, c de la vie spirituelle ; et il tenait pour certain que celui qui ne sait pas réprimer la gourmandise triomphera difficilement des autres vices, et qu'il sera, toujours lâche dans la pratique de la vertu ; que celui qui ne sait pas commander à sa bouche, et qui est l'esclave de la sensualité, ne saura pas se faire violence lorsqu'il s'agira de résister à des tentations, plus délicates et plus dangereuses, et que l'impureté est toujours précédée de la gourmandise ou de la paresse.

Le Vénérable Père Champagnat taisait un grand cas des pénitences corporelles ; s'il ne nous en a point imposé d'autres que le jeûne du samedi, c'est qu'il a mieux aimé laisser ce genre de mortification à la disposition des particuliers et à la sagesse des supérieurs. Il y a lieu de considérer aussi que pour certains religieux à complexion délicate, les fatigues et les sacrifices de l'apostolat auprès des enfants peuvent tenir lieu de ces mortifications.

Mais les pénitences corporelles, grâce à Dieu, sont en honneur dans la Congrégation, et je n'apprendrai rien de nouveau à personne en disant que l'on trouve dans toutes nos maisons provinciales de ces instruments qui tiennent le corps dans la souffrance en même temps que l'esprit et la volonté en éveil. Ce sont d'honorables reliques, laissées, après leur mort, par les plus mortifiés et les plus fervents confrères, que le Seigneur a appelés à la récompense de leurs travaux et de leurs austérités.

Ces pratiques sont une réponse péremptoire au relâchement qui tend toujours à s'introduire dans les communautés et qui tente de tranquilliser les consciences par ce sophisme : les temps sont changés. Malheureusement oui, les temps sont changés, et ils deviennent même pires chaque jour. Mais ceux qui ont été nos modèles dans la vocation où nous sommes engagés nous disent : « Les voies de la sainteté sont toujours celles tracées par le saint Evangile ; acquittez-vous pendant la vie de vos dettes envers la justice divine ; ici-bas les plus fortes pénitences ne sont pas comparables aux tortures des âmes dans le purgatoire ».

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Mais, si avantageuses que soient les pénitences corporelles, elles doivent être accompagnées de la mortification intérieure, qui comprend la mortification des passions, principalement de l'orgueil, de l'amour-propre, de l'attachement à notre volonté et de l'affection déréglée aux créatures ; la mortification de l'emploi, qui consiste à se tenir dans une entière indifférence pour tous les lieux où l'on peut nous envoyer, et à apporter tous nos soins à nous acquitter parfaitement de la charge qui nous a été confiée ; les mortifications de l'état, c'est-à-dire l'exacte observance de nos règles. La fidélité parfaite au règlement immole tout le religieux à Dieu par un sacrifice de tous les instants. On comprend que pour se lever au premier son de la cloche, pour prier, étudier, garder le silence, pratiquer les veux et les vertus de l'état religieux, et cela tous les jours, il faut se faire une perpétuelle violence. Celui qui vit ainsi, dit le Vénérable Père Champagnat, fait une pénitence imperceptible aux yeux des hommes, mais infiniment agréable à Notre Seigneur et méritoire pour le ciel.

La mortification intérieure est encore ce sentiment de l'âme fait de douleur, de souvenirs, de honte, de regrets que l'Eglise appelle si bien la contrition, la componction, et que nous exprimons dans son effet quand nous disons que Dieu ne rebute pas le cœur contrit et humilié. Le pécheur ne consent pas que le passé soit jamais passé à ses yeux ; son péché est toujours devant lui, ne serait-ce que pour trouver dans ce souvenir l'assurance de son pardon. " Plus tu te souviens de tes péchés, disait Notre Seigneur à un saint missionnaire, plus je les oublie. – Du cœur, ce sentiment se manifeste dans la voix, le geste, le regard, il nous revêt d’humilité même dans l’exercice des plus hautes fonctions. Pendant les vingt-cinq années de son pontificat, saint Pierre a pleuré le reniement du prétoire.

Combien un pareil sentiment inspire de résignation à des religieux et les rend maniables dans la vie ! Toute plainte sur leurs lèvres leur parait une injustice, une insolence ; on ne peut leur faire tort. Tout est trop bien pour un religieux vraiment pénitent, et tout emploi est au-dessus de son mérite, serait-ce l'emploi le plus vil ; il s'estime, avec saint Paul, le plus grand pécheur de la terre. « Je ne parviens pas à comprendre, disait le père de Ravignan, qu'on ne me chasse pas de la Compagnie». Il parlait avec la sincérité et à la manière des saints.

Comme la religion, comme tous les sentiments humains, la mortification ne se renfermera pas dans l'âme ; elle se manifestera nécessairement au dehors. Elle répandra des larmes, dit Bossuet, inutiles partout ailleurs, utiles ici, puisque le péché est le seul mal que l'on guérit en le pleurant. La très Sainte Vierge ouvre la source de ces larmes : Faites que je pleure avec vous, que pendant tout le cours de ma vie, je compatisse à votre Fils crucifié, chantons-nous dans la belle prose Stabat Mater.

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Enfin, la mortification est tantôt passive tantôt active. Passive, elle reçoit les croix qu'il plaît à Dieu de nous envoyer. Ce sont les meilleures au dire de ceux qui s'y connaissent. « Il n'y a que Dieu, dit le bon Fénelon, qui sache crucifier. » Ces croix nous viennent avec les personnes, les événements, les saisons. Du moins, ne soyons pas à l'affût pour les éviter. Il y a la croix de la maladie ; il y a plus, celle d'une santé délabrée, intermédiaire entre le bien et le mal, plus voisine du mal que du bien. Il y a des religieux qui souffrent ainsi pendant des années, sans que l'on s'en aperçoive presque ; il faut parfois les surprendre tant ils mettent d'habileté à dissimuler leurs souffrances. Que de mérites amassés ! Il y a la croix de la vie commune, des permissions à demander. Il y a la croix du support mutuel ; vivre en paix avec ses confrères, avec ses supérieurs, avec ses inférieurs ; quel secret ! et quelle lutte pour certains caractères !'

En écrivant ces lignes, je ne puis empêcher ma pensée de se porter vers ces maisons, où nos vénérés frères anciens supportent avec une si religieuse résignation et même avec joie la privation de l'emploi de leur goût, les tristesses d'une existence qui manque de variété et les infirmités inhérentes à l'âge. Je pense aussi à d'autres qui se cramponnent à leurs devoirs et à la prière, et qui gardent strictement la clôture bien qu'ils soient privés d'une partie des avantages de la vie de communauté. Il y a là des héroïsmes inconnus qui réjouissent le ciel, et qui appellent sur leurs auteurs et sur toute la Congrégation les meilleures bénédictions de Dieu.

C'est un principe et un fait d'expérience que la crainte des croix augmente les croix. Lorsque saint François d'Assise était quelque temps sans souffrir ; il disait à Dieu : « Mon Seigneur, m'avez-vous oublié ? » Il faut donc que notre mortification soit active, ne serait-ce que pour montrer à Dieu qu'il nous traite avec trop de douceur et de bonté. Nous devons souhaiter aussi par là imiter davantage Notre Seigneur, et comme cet Agneau de Dieu, effacer les péchés du monde. Souvent la nécessité de faire pénitence, et plus pour les autres que pour soi, est la première raison d'une vocation. Il faut aussi dans les communautés des victimes pures pour expier la vie large et le relâchement des tièdes, le manque de générosité de quelques-uns, les blasphèmes, les scandales, les sacrilèges de gens du inonde. Heureuses les congrégations qui possèdent un bon nombre de ces âmes privilégiées ! Estimons-nous donc heureux les jours où nous aurons souffert quelque chose pour Dieu et en union avec Jésus-Christ ; estimons-nous plus heureux encore si l'action de la grâce nous porte à souhaiter la croix et la souffrance pour procurer plus abondamment la gloire de Dieu et opérer avec plus de certitude notre salut.

F. Diogène

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