DEnseignement Religieux en divers Pays

06/Oct/2010

Il est difficile, et d'ailleurs trop long, d'aligner ici des colonnes de chiffres concernant l'enseignement religieux dans tous les pays du monde. Mais on peut donner une idée de la vitalité des écoles catholiques, généralement tenues par des religieux, dans deux ou trois nations plus connues de nous, et qui seront une moyenne pour l'ensemble.

Cet enseignement est d'ordinaire aux prises avec toutes sortes de difficultés. Parfois même les pouvoirs publics cherchent à s'en débarrasser par des mesures vexatoires. Plus généralement il se trouve réduit, en pratique, aux ressources qu'il se procure par lui-même, sans aucune rétribution de l'Etat, dont pourtant il fait une partie du travail. Il doit alors être nettement supérieur, pour obtenir une préférence qui se traduit pour les familles, par un sacrifice d'argent.

C'est même une merveille qu'il arrive ainsi à vivre. Un auteur qui n'était pas suspect de tendresse irréfléchie pour les écoles congréganistes, puisqu'il s'agit du Docteur Lebon, savant matérialiste, avait étudié la question il y a quelques années, dans son livre : Psychologie de l'Education. Il s'y est déclaré tout à fait étonné de découvrir qu'alors que les écoles de l'Etat lui reviennent fort cher, il était possible d'en créer, moyennant les Congrégations religieuses, qui ne coûtaient rien et qui marchaient fort bien, « avec une supériorité écrasante », dit-il.

Sa conclusion fut logique, autant que clairement exprimée. La voici : « Je ne suis pas suspect de cléricalisme, mais si j'étais Ministre de l'Instruction publique, mon premier soin serait de nommer Directeur de l'Enseignement primaire et secondaire, le Supérieur des Frères des Ecoles chrétiennes, qui obtient de tels résultats ».

Evidemment l'idéal, en fait d'enseignement religieux, c'est, comme en Italie, Hongrie, etc. …, quand toutes les Ecoles sont nettement catholiques ou du moins, comme en Hollande, Alsace-Lorraine, Canada, etc. …, quand l'enseignement est confessionnel, c'est-à-dire, au moins religieux, en accord avec les différentes confessions dont se réclament les populations.

Mais, puisqu'il en est autrement en beaucoup de pays, où l'État se désintéresse de la religion, bien à tort assurément, tenons-nous en á quelques chiffres, pris parmi ces pays-là.

 

États-Unis. — Il y a aux Etats-Unis, dans les écoles catholiques 2.200.000 élèves pour l'enseignement primaire; il y en a 155.000 dans les écoles secondaires: séminaires et noviciats compris, et enfin 20.000 dans les Universités. Cela fait un total de 2.375.000 enfants ou jeunes gens fréquentant ces écoles, et c'est la grande majorité des enfants catholiques. C'est un magnifique résultat, eu égard aux difficultés surmontées et au budget à réaliser (Lugan, le Catholicisme aux Etats-Unis, 1930).

Si l'on établit un pourcentage avec la population scolaire totale, qui est généralement le huitième de la population globale, on obtient 10 %. C'est le chiffre qui représente la part de l'Eglise catholique dans l'éducation de ce grand pays.

 

Espagne. — En Espagne, on peut faire une constatation analogue, au moment où se joue le sort de l'éducation chrétienne de l'enfance. Le chiffre des enfants qui fréquentent des écoles congréganistes, primaires ou secondaires, était l'an passé (d'après le Debate) de 98.000 garçons et 190.000 filles, soit un total de 288.000 enfants. Il serait vain, sans doute, d'établir ici un pourcentage, en raison de la moindre nécessité qu'il y avait jusqu'ici dans ce catholique pays, d'avoir des écoles spécifiquement religieuses, puisque toutes l'étaient officiellement.

 

France. — En France, le total des enfants fréquentant ce qu'on appelle dans ce pays l'enseignement libre, qui est, en somme, celui que donne, ou fait donner l'Eglise, est, en chiffres ronds, de 825.000 pour l'enseignement primaire, et de 120.000 pour l'enseignement secondaire, soit un total de 945.000, non compris l'Alsace-Lorraine. Le pourcentage est ici de 19 %.

Ajoutons qu'en France c'est le diocèse de Lyon, celui qui nous intéresse le plus par les origines de notre Institut et où nous avons tant fait pour la cause de l'enfance chrétienne, qui arrive en tête de tous les autres pour l'enseignement libre, On trouve 51.000 enfants dans ses écoles primaires. Lille, qui vient après, en a 43.000, Rennes, Vannes, Arras, Nantes et Quimper en ont 30.000 environ, et Paris, 30.000.

Ces trois pays donnent, malgré des conditions toutes différentes un résultat assez ressemblant, celui-ci : que l'Eglise travaille partout, quelles que soient les difficultés, à distribuer à l'enfance l'inestimable bienfait. de l'éducation chrétienne, heureuse d'être aidée par l'Etat, quand cela a lieu, mais ne renonçant pas à sa noble tâche quand il ne lui est pas favorable.

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