Départ du C. F. Michaélis

F. M.

06/Sep/2010

Nous recevons, grâce à Dieu, de bonnes nouvelles du C. F. Michaélis, Assistant Général, qui, après avoir visité, sans éprouver d'accident fâcheux, nos établissements de la République Argentine, du Chili, et du Pérou, vient de terminer, dans des conditions également très bonnes, la visite régulière de ceux de la Colombie, et se prépare à faire celle des établissements du Mexique. Le 10 juillet dernier, sur le point de quitter le sol colombien, il adressait à tous les postes de la province une lettre circulaire, dont nous sommes heureux de reproduire les principaux passages, on l'on trouvera des aperçus intéressants, et des constatations encourageantes sur l'œuvre de nos Frères dans ce pays.

Mes très Chers Frères,

« Avant de quitter cette terre de Colombie, qui s'est montrée si hospitalière pour notre bien-aimée Congrégation, je sens le besoin de vous adresser un dernier salut et de vous résumer en quelques lignes mes impressions et mes désirs.

Tout d'abord le cantique de l'action de grâces jaillit de mon cœur pour l'heureux accomplissement de la mission que le Révérend Frère m'avait confiée auprès de vous, et pour la bonne marche de l'ensemble des oeuvres de la Province.

Grâce à Dieu et à l'expérience de mes dévoués compagnons de route, la visite de toutes les Maisons de la Province a pu se faire dans un temps relativement court et sans le moindre accident fâcheux. Par une providence toute particulière, malgré mon peu d'habitude de voyager à cheval, la maladie n'est pas venue une seule fois interrompre celte course de trois mois à travers tous les climats. Et si parfois la longueur du trajet ou l'inclémence de la température occasionnait quelque fatigue, l'accueil si cordial dont nous étions l'objet à l'arrivée ne tardait pas à la faire oublier.

Bien qu'un peu rapide, cette visite, en me permettant de prendre connaissance de la Province, m'a procuré de douces consolations et fait concevoir de grandes espérances. Le champ est vaste en Colombie pour le zèle de l'éducateur chrétien, et le moment semble opportun pour le travailler avec ardeur, pour jeter dans l'âme de toute une nombreuse jeunesse cette semence de principes religieux et d'habitudes vertueuses, qui la mettra sur la voie du ciel en môme temps qu'elle préparera le bonheur et la tranquillité de la nation.

" J'ai constaté avec plaisir que la régularité règne dans les Communautés, que les écoles en général sont prospères,… et les manifestations sympathiques dont nous avons été l'objet presque partout de la part des autorités nous ont dit que les Frères jouissent de l'estime et de la confiance des populations, ce qui leur donne plus d'influence pour le bien.

Il m'a été très agréable de voir que, dans plusieurs endroits, on travaille à établir des œuvres de persévérance. Ces essais méritent des félicitations et je prie Dieu de les couronner de succès. Plus que jamais, en effet, il devient nécessaire de soustraire la jeunesse à la séduction des plaisirs corrupteurs et aux manœuvres des ennemis de l'Église, de lui inspirer le courage de défendre ses croyances en groupant les bonnes volontés bien intentionnées mais faibles quand elles restent isolées. L'éducateur qui se préoccupe des intérêts de la Religion et de l'avenir éternel de ses élèves ne saurait trop se pénétrer de la parole de Léon XIII : ‘’Une œuvre de persévérance est le complément indispensable de toute école cathodique’’. N'oubliez pas toutefois que le zèle, pour être méritoire et béni de Dieu, doit être réglé par l'obéissance, et qu'il ne faut rien entreprendre sans l'approbation des Supérieurs.

Le développement de nos œuvres de formation m'a été, elle aussi, un sujet de bien douce satisfaction. Par les éléments qui les composent et la direction qu'ils reçoivent, le Noviciat et le Juvénat promettent de bons sujets pour l'avenir. Si le nombre des vocations ne répond pas encore à tous les besoins, il y a des efforts dignes d'éloges pour les multiplier et on est heureux de constater que presque tous les établissements y ont des représentants. Bientôt, espérons-nous, grâce à la bienveillance de Mgr l'Archevêque, un local plus commode et plus assuré, servant de Maison provinciale, abritera cette intéressante jeunesse.

Afin d'obtenir une prospérité toujours croissante de la Province et de rendre vos travaux plus fructueux, je vous recommande particulièrement, mes bien chers Frères, de fortifier sans cesse deux points essentiels : l'esprit religieux et les études. Un Frère est d'autant plus apte à bien remplir sa tâche d'éducateur, qu'il est plus animé de l'esprit de son saint état et que son savoir lui donne plus d'ascendant sur les intelligences.

C'est particulièrement par des exercices de piété faits avec exactitude et attention, par une bonne étude religieuse journalière et par la réflexion que l'esprit religieux se fortifie ; comme il se débilite par l'amour de l'indépendance, la recherche des commodités et la légèreté qui caractérisent le siècle.

Bien que le temps des études personnelles soit assez limité, quiconque sait s'astreindre à bien employer les moments libres, à étudier avec suite et méthode, finit par acquérir des connaissances assez étendues qui non seulement perfectionnent le professeur, mais honorent le religieux.

Travaillez avec ardeur à progresser dans la vertu et la science et votre apostolat deviendra plus efficace ; vos labeurs seront plus féconds pour étendre le règne de N. S. Jésus Christ et propager la précieuse dévotion à la bénie Vierge Marie.

Dieu merci, une ère de paix semble s'annoncer pour cette catholique et chevaleresque nation, et j'aime à espérer que vous pourrez exercer sans inquiétude votre belle mission parmi la Jeunesse. Mais de nouvelles agitations politiques vinssent-elles surexciter les esprits et entraver vos efforts, n'oubliez pas que, religieux et apôtres, votre sanctification et la formation chrétienne de vos élèves doivent uniquement vous préoccuper, absorber toutes vos énergies.

De grandes distances nous sépareront bientôt, mais je resterai toujours parmi vous par la pensée et par le cœur. Souvent je porterai votre souvenir au pied du Tabernacle et de la Vierge Immaculée, et de retour à Grugliasco, je serai heureux de dire au Très R. F. Supérieur qu'il a en Colombie des Enfants affectueusement soumis et vivement désireux d'être pour lui un sujet de consolation en travaillant constamment à devenir de véritables disciples du Vén. Champagnat. J'ajouterai même que ces Enfants seraient au comble de la joie s'il daignait les visiter un jour, et qu'ils attendent cette faveur à l’occasion du 15ième anniversaire de la fondation de leur Province.

Adieu, mes bien chers Frères ; je compte sur le secours de os bonnes prières pendant le reste de mon voyage et me redis affectueusement

Votre tout dévoué serviteur en Jésus et Marie. »

                                                                                          F. M.

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