District de la Nouvelle-Calédonie

F. M. J.

31/Oct/2010

C'est vers l'Océanie, comme l'on sait, que se portèrent les premiers efforts de nos Frères missionnaires. Du vivant du Bienheureux Père Fondateur et durant le généralat du Vénéré F. François, une trentaine de Frères partirent de Notre-Dame de l'Hermitage pour collaborer avec les Pères Maristes dans ces missions naissantes. Us furent les auxiliaires dévoués des Pères: forgerons, menuisiers, charpentiers, maçons, tailleurs, jardiniers, cuisiniers, ils mettaient la main à toutes les besognes. Ils étaient aussi catéchistes à l'occasion.

La Nouvelle-Calédonie eut sa part dans cette collaboration et l’on connaît le nom de trois Frères, ouvriers de la première heure, qui s'y dévouèrent de longues années durant: F. Bertrand, F. Aristide et F. Thérèse. Mais ce n'est qu'en 1873 que nos Frères y dirigèrent des écoles sous leur pleine responsabilité. En cette année, ils fondèrent l'école communale de Nouméa, devenue aujourd'hui le Collège du Sacré-Cœur. D'autres écoles s'y établirent et furent prospères. En 1903, nous dirigions dans l'île une bonne dizaine d'établissements. Les tracasseries du laïcisme de l'époque, le manque de personnel surtout, obligèrent les Frères à abandonner de très belles positions.

 

Les œuvres actuelles.

a) Le collège du Sacré-Cœur de Nouméa. Il compte 15 Frères et un millier d'élèves. Une vingtaine d'auxiliaires laïcs apportent leur concours à cette belle œuvre. L'emplacement de la maison laisse actuellement bien à désirer: étagée sur le flanc d'une colline, elle ne peut s'étendre davantage. Les conditions de vie et de travail sont difficiles, en raison du bruit d'une rue encombrée et bruyante. Il serait souhaitable de transférer ailleurs, au moins les classes du secondaire. Heureusement, il existe un espoir: les Frères ont acquis depuis quelques années un terrain de sport surnommé terrain Champagnat. Là, le collège pourra trouver une situation idéale, sur un plateau bien orienté et bien aéré, conditions importantes dans un climat comme celui de la Nouvelle-Calédonie.

Le collège du Sacré-Cœur tient une place importante dans le territoire, étant le seul établissement secondaire libre pour garçons.

 

b) Paita: Sainte-Marie. Cette école vient de faire peau neuve. Un bel immeuble s'étale sur un plateau bien orienté vers le vent. Il y a place pour 150 internes et bien davantage d'externes. L'école possède sept classes, ainsi qu'une école artisanale et deux autres classes d'enseignement complémentaire. Une vraie richesse que cette école artisanale! Elle forme des hommes pour l'avenir qui rendront service à la cause sociale. Déjà son appoint a été très important et a permis des économies considérables pour la récente construction: sous la direction du CF. Félix, bancs des classes et pas moins de 800 fenêtres sont sortis des ateliers de l'école.

Une section mécanique s'ouvre et apportera une part utile et considérable à l'économie générale: ateliers, garages, voitures…

Monseigneur Martin, évêque du lieu, souhaiterait une section de maçonnerie qui, on le saisit, amènerait, avec le temps, une amélioration considérable dans l'habitat.

Ecole sans prétention, mais qui socialement est très importante pour l'avenir du Territoire.

c) Vao, dans l'Ile des Pins, à son tour, connaît une poussée démographique. Cette école dirigée par trois Frères recueille tous les garçons de l'Ile, tandis que l'école des Sœurs groupe toutes les petites filles. Simple école primaire qui en mars 1964 passera de 144 élèves à 170. D'où crise de locaux. Jusqu'ici les six classes se logeaient dans des coins; il s'agit de faire mieux; un grand espoir réside dans l'administration du Territoire qui aidera sérieusement à l'extension souhaitée.

d) Enfin le Juvénat Sainte Thérèse de Paita Port-Laguerre rencontre une difficulté sérieuse pour l'organisation des cours. Pour une trentaine d'élèves, toutes les classes existaient l'année précédente, du Cours moyen à la classe de troisième. Pour 1964 il est question de jumeler Port-Laguerre avec Sainte-Marie, pour les classes supérieures. Les deux centres sont distants de quelques kilomètres.

Le Juvénat espère retrouver sa bonne trentaine d'élèves en mars, et de fournir un bon contingent au Postulat – Noviciat.

 

Avenir réconfortant.

Au cours de ces dernières années, le District a perdu plusieurs Frères qui, bien qu'âgés, rendaient encore de précieux services, tel le F. Louis-Josué qui a travaillé 60 ans durant sans jamais revoir la mère-patrie. Ces bons ouvriers n'ont pas été entièrement remplacés. Le recrutement sur place n'est ni abondant ni facile. En 1963, huit Frères seulement sont originaires du pays; petit groupe encore mais qui promet des lendemains plus riches.

Au moment de la prise en charge de la Nouvelle-Calédonie par la Province de Beaucamps, on a pu faire face en partie à bien des besoins locaux: envoi de missionnaires, échange de personnel, retour opportun des Frères en vue d'un repos nécessaire, formation des Frères calédoniens en Europe; tout cela s'effectue actuellement dans la mesure du possible. L'époque que nous vivons présente d'ailleurs des facilités insoupçonnées par nos devanciers. Les distances ont singulièrement diminué. En moins de 24 heures de vol, un Jet DC 8 amène un passager de Paris à Nouméa. Ces dernières années, 12 Frères du District ont traversé le Pacifique pour se rendre en Europe. Cinq Frères, dont deux Calédoniens, sont aujourd'hui en France. De temps à autre, des vocations missionnaires surgissent sous le souffle de l'Esprit-Saint. Des Frères de France viennent se dévouer dans ces terres lointaines et si attirantes. Puisse ce geste se renouveler souvent.

 

Bénédiction de la chapelle et des nouveaux locaux
de l'école Sainte-Marie à Paita
.

Le 2 janvier dernier, Son Exc. Mgr Martin, Evêque de Nouméa, bénissait la nouvelle chapelle et les locaux scolaires de l'école Sainte-Marie de Paita. A cette cérémonie assistait le CF. Louis-Martin, A.G., entouré de M. le Haut-Commissaire et des maires de Nouméa et de Paita. On y voyait aussi le CF. Vicaire Général des Frères du Sacré-Cœur et un grand nombre de Pères, de Sœurs, de Frères et d'amis de la maison.

La cérémonie se déroula sous un soleil resplendissant qui faisait ressortir les lignes sobres et harmonieuses du nouveau bâtiment dont la réalisation fait honneur à tous ceux qui y ont travaillé.

A la suite de la bénédiction, Mgr Martin y chanta la première messe et félicita les Frères du beau travail accompli par eux en Nouvelle-Calédonie. Au dernier Evangile, un vibrant Magnificat fit monter vers Marie, patronne de la maison, le merci de tous.

La messe fut suivie d'un lunch servi à tous les assistants. Les juvénistes de Port-Laguerre y firent entendre leurs belles voix. Puis le CF. Visiteur retraça l'œuvre accomplie par les Frères dans tout le pays et formula le vœu que cette nouvelle construction se remplisse rapidement d'enfants studieux qui sauront mettre à profit la situation incomparable qui va leur permettre de travailler dans d'excellentes conditions.

                                          F. M. J.

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