Documents historiques

13/Apr/2010

1). Correspondance du Bienheureux Père Champagnat

Le premier volume des Circulaires1, la « Vie de J.-B.-M. Champagnat » par le Fr. Jean-Baptiste, et plusieurs de nos livres ascétiques mettent sous nos yeux quelques lettres ou extraits de lettres que le Bienheureux Fondateur adressa aux Frères et à d'autres personnes, des documents divers (prospectus, statuts, circulaires, statistiques…) qu'il rédigea ou auxquels il apposa sa signature.

Un bon nombre de ces lettres et documents sont conservés aux Archives Générales, ainsi que d'autres non encore publiés. Voici un bref aperçu de cette documentation, d'après le classement suivant :

 

Lettres et circulaires adressées aux Frères.

Nous possédons actuellement une soixantaine de lettres autographes du Bienheureux adressées aux Frères, dont quatorze au Frère François, neuf au Frère Antoine, quatre au Frère Dominique, trois au Frère Barthélémy, trois au Frère Denis, etc..

II faut y ajouter une quinzaine de lettres circulaires, généralement lithographiées, contenant les souhaits à l'occasion du nouvel an, des directives pour les retraites et les vacances, diverses affaires ou nouvelles concernant la marche des écoles et la vie des établissements.

Les quatorze lettres adressées au Frère François sont écrites de Paris, sauf une provenant de Lyon. Elles sont généralement assez longues. On peut y suivre, dans leurs détails, les péripéties et incidents qui ont marqué, à diverses reprises, les démarches du Bienheureux Fondateur pour obtenir l'autorisation légale de son Institut.

Sept de ces lettres ont été publiées2.

On connaît3 la lettre autographe du P. Champagnat (29 août 1831) à Pierre-Alexis Labrosse (le futur F. Louis-Marie, deuxième Supérieur Général), en réponse à sa demande d'admission dans l'Institut des Petits Frères de Marie. Dans la reproduction de cette lettre, on a supprimé ce passage : « Les habillemens que cous aviez au séminaire ainsi que votre linge pourront vous servir dans notre maison et former votre trousseau. Pour votre noviciat 400 fs. si vous le pouvez. »

Citons de même la lettre autographe du 21 janvier 1830 destinée au Frère Barthélémy et à son « cher laborateur », publiée dans le premier volume des Circulaires4.

Parmi les lettres individuelles inédites, il faut mentionner :

La lettre du 1ier décembre 1823 écrite par le Bienheureux au Frère Jean-Marie (Granjon), alors Directeur à Saint-Symphorien-le-Château. C'est dans cette lettre que se trouve ce passage cité par le Frère Jean-Baptiste dans la « Vie » du Père Fondateur5 : « Quant à Lavalla il paroit que nous aurons cette année assez de vieillards et assez de pauvres, Dieu merci nous ferons comme nous pourrons pour les nourrir… »

La lettre porte l'adresse suivante6 : « Au très honoré frère Jean-Marie », expression que le Bienheureux Fondateur a employé très rarement dans sa correspondance avec ses Frères.

— La lettre de direction adressée à un jeune Frère et dont le présent article donne la photocopie.

— Une lettre adressée au jeune Frère Sylvestre, que l'histoire de la brouette a rendu célèbre7. En voici le texte dont nous respectons l'orthographe et la ponctuation :

 

Notre-Dame-de-l'Hermitage 25 9bre 1837.

Mon bien cher frere Silvestre,

Je souhaite bien, mon bon ami, que Jésus et Marie bénissent vos bonnes dispositions. Votre ouverture ne peut manquer d'être bénite, vous remporterez la victoire courage ; seulement soyez toujours dans la disposition de faire bien connoitre à vos supérieurs et directeurs vos dispositions.

Nous avons reçu une lettre de nos missionnaires qui sont en route pour l'Océanie nous vous en donnerons la copie sous peu de jours. Le pere Bret est mort dans la traversée a Valpareso les autres se portent tous bien et sont très contens de leur vocation ils soupirent ardamment d'arriver a leur destination, le zèle du salut de ces insulaires les intéressent d'une manière toute particulière prions mes chers frères prions pour leur salut et celui de ceux qui nous sont confié. F âme des francois est aussi bien le prix du sang d'un Dieu que celle des idolâtres. Dites a bien cher frère Louis Me8 que sa position ne sera pas bénédiction9.

Nous ne vous oublions pas ni les uns ni les autres. Nous faisons nos préparatifs pour Paris, recommandez fortement celte affaire au bon Dieu afin qu'il n'arrive que ce que le bon Dieu veut et rien de plus ; sa sainte volonté voila tout, en vain nous penserions autrement en vain nous nous agiterions. La volonté de Dieu toute seule, a Dieu mon cher ami, je vous laisse tous dans les sacrés cœurs de Jésus

J'ai l'honneur d'être

Votre tout dévoué pere

en Jésus et Marie

Champagnat

Sup d f M

— On ne lira pas sans émotion cet extrait de la lettre adressée le 4 février 1831 au Frère Antoine, directeur de Millery, et à son collaborateur le Frère Gonzague :

 

«… Mes bons amis, mettez-vous en quatre pour bien faire marcher votre école : ne perdez pas de vue le bien que vous pouvez faire ; voyez l'intérêt que le Sauveur du monde met à instruire les enfans, il commande à ses disciples de laisser approcher les enfans de sa personne divine. Dites à vos enfans qu'ils ont un grand bonheur d'être aussi cher a Jésus Ch. romme ils le sont. Oui ce Dieu de bonté les aime au point de faire ses délices dêtre avec eux, ils n'ont qu'à lui ouvrir leurs cœurs et Jésus et Marie les rempliront. Intéressez Marie en votre faveur, dites-lui qu'après que vous aurez fait votre possible, tant pis pour elle si les affaires ne vont pas… recommandez lui fortement vos enfans, faites une petite neuvaine avec vos enfans en son honneur : la petite prière Souvenez-vous… »

 

Signalons enfin que dans quelques lettres-circulaires et autres adressées aux Frères ou à d'autres correspondants, est imprimée en première page une vignette-effigie représentant Notre-Dame avec Jésus sur ses genoux et, tout autour, l'inscription : Marie a été conçue sans péché, puis au-dessous : Jésus, Marie, Joseph. A la suite, en gros titre :

ÉCOLE NORMALE DES FRÈRES DE MARIE

Notre-Dame-de-l'Hermitage, sur Saint-Chamond (Loire)

 

Lettres à l'abbé Mazelier.

Il nous en reste quinze, dont six autographes, les autres étant seulement signées par le Bienheureux.

Ces lettres ont tout spécialement pour objet de recommander à M. Mazelier les Frères Maristes atteints par la loi de la conscription et qui bénéficiaient de l'exemption du service militaire en restant quelque temps dans les établissements des Frères de l'Instruction chrétienne du diocèse de Valence dont l'Institut, plus favorisé en cela que celui des Petits Frères de Marie de Notre-Dame-de-l'Hermitage, était autorisé par ordonnance royale du 11 juin 1823.

On peut suivre, dans cette correspondance, les différentes étapes qui,,du vivant même du P. Champagnat, ont préparé l'union des deux Congrégations, union' consommée le 31 mars 1842, dès la troisième année du généralat du R.F. François.

Dans sa lettre du 8 mai 1836, le P. Champagnat déclarait déjà à M. Mazelier : « Il me semble toujours que nos deux établissemens peuvent marcher ensemble, que les règles sont a peu près les mêmes. Votre diocèse n'y prerdroit rien, nous établirions sous votre main un noviciat où nous pourrions de suite envoyer un certain nombre de novices. Nous nous trouvons dans la nécessité den venir là car notre maison est beaucoup trop nombreuse en ce moment-ci. Les sujets élevés dans ce noviciat seroient ensuite placés dans les environs selon le besoin, ce qui èviteroit les frais de voyage… en tout cela que la sainte volonté de Dieu soit faite. Nous ne voudrions dans cette union, qui me paroit faisable, que procurer la gloire de Dieu et étendre la bonne instruction… »

La lettre du 7 juillet 1836 est encore plus explicite à ce sujet et peut être considérée comme le document le plus ancien, voire même le plus important, concernant l'union des deux Congrégations. Nous donnons ci-après le texte intégral de cette lettre signée du P. Champagnat et à laquelle le R.P. Colin, considéré comme le Supérieur des Pères et des Frères Maristes, a ajouté quelques lignes écrites de sa main.

 

Monsieur,

Le Supérieur Général de la Société m'a fait part du projet de réunion dont vous lui avez parlé et que j'avois moi-même en vue depuis long-temps. Après en avoir conféré ensemble, nous avons cru que cette réunion tourneroit à la gloire de Dieu et au bien de la Religion.

Nous avons des deux côtés un même but qui est l'éducation chrétienne des enfants, et les moyens que nous employons pour y parvenir sont les mêmes, à quelques modifications près.

L'article 8 de votre Prospectus par lequel vous suspendez les placemens d'un seul Frère, et n'en laissez espérer dans la suite que pour des lieux très-rapproches d'un poste principal de votre Congrégation, nous paroit conforme à cet énoncé de nos Statuts : Quoique les frères n'aillent pas moins de deux, on pourra établir une maison centrale, d'où ils se détacheront un à un pour les communes rapprochées. Cet obstacle principal étant ainsi à peu près levé, je crois que nous nous entendrons assez aisément sur les autres articles de votre prospectus, que nous avons lu avec beaucoup d'attention ; mais je n'entre pas dans le détail, parce que je compte sur une entrevue qui facilitera nos explications.

Quant à la difficulté que vous trouvez au soutien de notre Etablissement avec la modicité du traitement que nous exigeons je la crois assez résolue par une expérience de près de dix-huit ans, qui, comme vous le sentez bien, n'ont pas été les moins pénibles. D'ailleurs, outre la grande ressource de la providence qui ne nous a jamais manqué, nous trouvons dans les bonifications que procurent les pensionnaires assez nombreux de plusieurs de nos établissements, des ressources pour ceux qui sont moins bien partagés, avantage que n'ont pas les frères des Ecoles chrétiennes.

D'un autre côté, les petites cessions que nos frères font de leurs droits légitimaires10 (10) à la maison mère sont un supplément à peu près suffisant au déficit que présentent les sujets qui ne peuvent payer leur noviciat.

Je m'en tiens à ce premier aperçu pour le moment. Je compte partir demain pour Lyon. Je me ferai un plaisir de remplir la commission dont vous m'avez chargé.

Recevez l'assurance des sentiments respectueux avec lesquels j'ai l'honneur d'être,

Monsieur,

Votre très humble

et très dévoué serviteur

Champagnat.

 

 

Notre-Dame-de-l'Ermitage 7 juillet 1836 Monsieur,

Je vous prie bien de m'excuser si j'ai retardé si longtemps a vous répondre ; j'ai voulu auparavant communiquer votre prospectus a Mr Champagnat et voir avec lui quels seroient les moyens de ménager une reunion, qui pourroit être avantageuse aux uns et aux autres ; cette reunion ne nous paroit pas bien difficile a exécuter, car le but des deux congrégations paroit être le même, les moyens différent peu.

Si donc Mgr votre Eveque y consent, et que vous n'y voyoit pas d'autres difficultés, il me semble que la reunion est tout a fait possible. Vous resteriez Supérieur de votre Maison, seulement nous nous entendrions ensemble pour diriger les deux maisons vers le même esprit, cependant cette affaire ne peut guère se terminer sans une entrevue ; si pendant les vacances, il etoit possible de nous voir, je ne doute pas que la chose ne fut bientôt terminée. De notre côté nous nous prêterons a cette entrevue avec le plus grand empressement.

Mgr V Eveque de Belley a reçu avec le plus grand plaisir votre prospectus ; il m'a chargé de le rappeler à votre souvenir et parle de vous avec le plus grand éloge.

Je serois singulièrement flaté, Monsieur, si nos rapports pouvoient devenir plus frequens, et surtout je suis bien aise de cette favorable occasion pour vous témoigner la plus vive reconnaissance pour le service important que vous rendez a notre petite congrégation de frères. Je me croirais bien plus Iieureux encore, si je puis me procurer l'avantage de vous exprimer ma reconnaissance de vive voix, et me dire avec le plus profond respect,

Monsieur

votre très humble

et très obéissant serviteur

Colin

S

 

Lettres du P. Champagnat à divers personnages.

Citons d'abord plusieurs brouillons de lettres, entre autres les suivantes :

— Lettre adressée le 8 septembre 1834 à M. le vicaire Général au sujet des prêtres de la Société de Marie établis à Valbenoîte (Saint-Etienne) où ils étaient aux prises avec bien des difficultés de tous genres.

Cette lettre montre le vif intérêt, disons mieux, l'amour passionné que le P. Champagnat portait à ses confrères et à la Société de Marie, comme en témoigne ce passage : « Je vous promets de nouveau que je ne laisserai manquer de rien mes confrères, fallût-il vendre ma dernière chemise… »

— Un autre brouillon de lettre du 29 mars 1835 « à M. le Supérieur » et donnant, avec beaucoup de détails, les conditions pour être admis dans la Congrégation.

— Un autre à Mgr. l'évêque de Belley sur diverses affaires, et à un député, au sujet de l'autorisation légale de l'Institut.

— Un autre à un curé qui demandait des Frères pour sa paroisse.

Enfin, à un autre Curé, au sujet du traitement des Frères. Ce dernier brouillon, une grande feuille, porte au verso une liste de placements des Frères pour l’année 1835. Il y avait alors 25 établissements, y compris l’Hermitage, les autres 24 étant : Lavalla (Directeur : Fr. Athanase), Marlhes (Fr. Joachim), Saint-Sauveur (Fr. Damien), Bourg-Argental (Fr. Jean-Baptiste), Boulieu (Fr. Hilarion), Peaugres (Fr. Maurice). Chavanay (Fr. Gonzague), Ampuis (Fr. Polycarpe), La Côte-Saint-André (Fr. Louis-Marie), Viriville (Fr. Matthieu). Neuville (Fr. Louis), Saint-Symphorien-d'Ozon (Fr. Paul). Mornant (Fr. Laurent), Saint – Symphorien – le – Château (Fr. Abel), Charlieu (Fr. Dominique), Valbenoîte (Fr. Benoît), Sorbier (Fr. Cassien), Lorette (Fr. Pie), Saint-Paul-en-Jarret (Fr. Xavier), Saint-Genest-Malifaux (Fr. Bernard). Sury (Fr. Chrysostome), Millery (Fr. Antoine), Terrenoire (Fr. Etienne) et Vienne (Fr. Jean-Pierre). 70 Frères étaient employés dans ces 24 écoles.

 

Parmi les lettres inédites, citons :

— Celle que le Bienheureux écrivit de Paris, le 16 mars 1838, à sa belle-sœur, au Rosey, pour la consoler de la mort de son mari, Jean-Barthélemy, père de 8 enfants. Voici quelques extraits de cette lettre :

« … Que cette vie est courte, quelle est peu de chose et que de misères qui en sont inséparables, il n'y a que deux jours, il me semble, que nous étions tous réunis dans la maison que vous habitez et que vous habiterez encore quelque jours si le Seigneur le veut. De treize ou quatorze que nous étions je reste le seul…

Ma chère belle-sœur, celui que vous pleurez et que je pleure moi-même, s'il ne vous a pas laissé de grands bien vous a laissé et à ses enfants l'exemple d'une vie bien chrétienne et c'est par là que j'aime a me souvenir quil etoit mon frère.

Je ne monte pas une seule fois a l'autel sans penser « lui. Tarderons-nous bien à le suivre dans la tombe le moment en est marqué, vous l’ignorez je l’ignore moi-même et il est peu important que nous le sachions, prévenons le par une vie toute pour Dieu et selon Dieu, que nos infirmités nos misères soient pour nous des occasions de nous rendre plus agréable a Dieu.

… Aussitôt que je serai de retour de Paris f irais vous voir dites en attendant à toute la famille combien je vous suis attaché. Dites à Margot que je serai content de faire sa connaissance que je suis bien aise qu'il soit votre bâton de vieillesse, au deux neveux que je les recevrai à l'hermitage quand il voudront y venir. Je souhaite à tous non des richesses mais-une bonne conscience un ardent amour pour Dieu. Que Jésus et Marie soient votre unique tout, priez pour moi et pour If succès de nos affaires… »

 

Deux lettres à M. Cholleton, Vicaire Général (5 août 1837 et 25 juillet 1838) pour obtenir le renouvellement des pouvoirs inhérents à son ministère sacerdotal « usque ad revocationem » et la permission de faire une prise d'habit le 15 août.

Ces deux lettres, renvoyées par M. Cholleton, portent les autorisations demandées.

— Une lettre à son neveu Frère Régis, lettre publiée dans la collection des Circulaires11.

 

Lettres adressées au Père Champagnat.

Les lettres des correspondants du Père Champagnat conservées aux Archives Générales sont les suivantes.

 

Lettres du B. P. Colin.

Il y a un certain nombre de lettres autographes et la copie d'une vingtaine d'autres. Nous reviendrons, dans un prochain article, sur cette correspondance mutuelle du R. P. Colin avec le Bienheureux P. Champagnat et le Vénéré F. François.

 

Lettres de M. l'abbé Courveille.

Nous possédons trois lettres de l'abbé Courveille au P. Champagnat. Le texte en a été publié dans les pages du Bulletin12. Nous donnons ici la photocopie de celle du 29 septembre 1826.

 

Lettres de M. Cattet, Vicaire Général.

Elles sont au nombre de 12, dont 5 ont été publiées dans le recueil des Circulaires13.

Dans les autres lettres, nous trouvons des détails intéressants concernant l'avis de M. Cattet au sujet des constructions et réparations entreprises par le P. Champagnat à l'Hermitage, les démarches de l'archevêché de Lyon pour appuyer la demande d'autorisation légale de notre Institut et les démêlés que cette question souleva au sein même du Conseil archiépiscopal.

On sait qu'après la loi de 1833 sur l'instruction primaire, le P. Champagnat, en raison de l'insuccès de ses démarches pour obtenir l'autorisation légale de son Institut, était à la recherche d'une solution pour faire exempter ses Frères du service militaire. Sur une suggestion de l'abbé Pompallier14, Monseigneur l'Archevêque de Lyon proposa à notre Fondateur d'unir ses Frères à ceux de M. Querbes, Supérieur des Clercs de Saint-Viateur. On se rappelle l'insistance du Bienheureux Père pour déjouer cette manœuvre, et l'on ignore peut-être qu'il avait déjà eu l'idée d'affilier ses Frères à ceux de l'abbé Chaminade, de Bordeaux (Marianistes), lorsque, par des circonstances providentielles, il fit connaissance de l'abbé Mazelier, ce qui lui permit d'avoir la solution recherchée.

Deux lettres de M. Cattet au P. Champagnat nous donnent des précisions sur ce moment critique de l'histoire de notre Congrégation. En voici le texte intégral :

 

1. Lyon 5 Xbre 1832.

Mon cher M. Champagnat

Après y avoir réfléchi le Conseil d'aujourd'hui est d'avis t/ue vous profitiez de l'Ordonnance Royale en faveur de la Congrégation de St Viateur, au lieu de sortir du Diocèse et de vous adresser à M. l'abbé Cheminade (sic) pour vous affilier et faire exempter vos frères par une voie légale, vous avez chez nous une voie plus facile et plus convenable.

Il suffirait donc de vous entendre avec l'abbé Querbes. il ne s'agit pas de changer vos règlemens pas plus qu'avec M. Cheminade. Toute prévention à part, vous avez dans ce moyen tous les avantages que vous proposiez sans avoir les inconvéniens.

Ne voyant ici que le bien et la plus grande gloire de Dieu, vous vous empresserez, mon chzr M. Champagnat, de suivre cette idée qui est aussi sage qu'elle est naturelle.

Croyez bien à tous les sentimens avec lesquels je suis

Votre très affectionné

Cattet,

V. G.

 

2. Lyon 6 Xbre 1832.

Monsieur

Quoique je vous aye écrit hier seulement, je viens vous annoncer que Monseigneur paroit plus décidé que jamais de continuer ses formalités auprès du gouvernement pour obtenir votre ordonnance, faites ce que demande le chef du Diocèse et ajournez indéfiniment ce que je vous disois dans ma dernière de la part du Conseil.

Vous ne parlerez donc pas à M. Querbes. Dieu bénira peut-être les nouvelles démarches de Mgr.

Votre Dévoué

Cattet.

V. G.

 

Lettres de M. Pompallier au P. Champagnat.

Il en reste 10, dont 8 ont été publiées dans les Circulaires15, les autres deux traitant d'affaires d'argent et donnant des nouvelles diverses.

 

Lettres au P. Champagnat par divers personnages.

Il s'agit de 15 lettres autographes. On peut voir le texte de 9 d'entre elles dans le premier volume des Circulaires16.

Les autres 6 sont celles :

— Du F. Louis-Marie qui, astreint au service militaire, écrit de Lyon (3 mai 1833) au P. Champagnat pour lui rendre compte des incidents et du résultat de sa visite au Conseil de Réforme. On y lit ce passage :

« … J'étois à la porte où je disois force memorare et où j'éprouvois des transes terribles, le capitaine se tourne vers moi et me dit: Vous êtes réformé!… 0 parole trois fois heureuse et mille fois attendue!…

Voilà, mon père, l'histoire de la providence du bon Dieu sur moi. Je n'oublierai pas de vous dire que tout le grand séminaire a prié pour moi, que le père Pomp. à fait brûler deux cierges devant la Ste Vierge et que ce n'est qu'aux prières des stes. âmes que je dois ma délivrance. C'est de Marie seule que je l'ai reçue car, humainement parlant, je ne pouvois pas l'espérer… »

— De M. l'abbé Verdier, Curé de Bourg-Argental (10 mai 1833), au sujet de l'école des Frères existant dans sa paroisse.

– De M. de la Rochelle (11 septembre 1837) qui demande des Frères pour une fondation à « la Pollue, sur la route de Lyon a Avignon, sur les confins du diocèse de Valence et Avignon ».

Deux lettres (10 mars et 6 novembre 1837) du R. P. Rigaud. S. J., au sujet de la fondation d'un établissement de Frères à La Louvesc (Ardèche). On trouve dans la collection des Circulaires17 la lettre-réponse du P. Champagnat datée du 21 mars 1837.

— Enfin, une lettre du P. Séon (Belley, 15 mars 1837) au P. Champagnat, lui demandant une place à l'Hermitage pour son vieux père.

A cette lettre fait suite une du R. P. Colin s'adressant au P. Champagnat (à qui il donne le titre de Supérieur) au sujet des démarches en vue d'obtenir l'autorisation du Gouvernement et autres questions diverses.

 

Conclusion.

On peut regretter la disparition de l'original des autres lettres, assez nombreuses, écrites par le Bienheureux Père ou lui étant adressées, et dont quelques-unes ont été publiées, en tout ou en partie, dans le premier volume des Circulaires, ainsi que dans la Vie écrite par le C. F. Jean-Baptiste.

Ces textes et les lettres autographes conservées aux Archives suffisent néanmoins pour montrer à quel point notre Bienheureux Fondateur, dans sa correspondance, avait le sens de la précision et l'esprit pratique dans le maniement des affaires et, surtout dans ses lettres adressées aux Frères, la sollicitude paternelle, l'amour ardent et le zèle apostolique qui sait trouver les idées et les mots qui apportent la lumière pour l'esprit et la force pour la volonté, afin de guider et de soutenir dans le chemin de la perfection les âmes spécialement vouées au service de Dieu.

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1 Circulaires des Supérieurs Généraux de l'Institut des Petits Frères de Marie (1817-1917). E. Vitte, Lyon, 1914, vol. I, p. 1-40 et 139-322.

2 Circulaires, I, pp. 209, 245, 246, 247, 251, 259, 266.

3 Voir : Vie du Vénérable M.-J.-B. Champagnat, 3ième édition, Desclée et Cie, 1931, après la page 288.

4 Circulaires, I, p. 153-154.

5 Op. cit. (1931), p. 343-344.

6 Anciennement, la plupart des lettres ne comportaient pas d'enveloppe. Une certaine façon de les plier permettait d'écrire l'adresse sur la même feuille de correspondance.

7 Vie… (1931), p. 316.

8 Alors Directeur à la Côte-Saint-André (Isère).

9 Ce qui veut dire : ne sera pas de tout repos.

10 Mot ajouté au texte par le P. Champagnat.

11 Circulaires, vol. I, p. 286.

12 Voir Bulletin de l'Institut, vol. XXII, pp. 168, 217-220 et 223-224.

13 Circulaires, vol. I, pp. 145, 148, 155, 157 et 160.

14 Voir Vie du Vénérable M.-J.-B. Champagnat, édit. 1931, pp. 224-227.

15 Circulaires, vol. I, pp. 166, 187, 196, 198, 199, 203, 210 et 214.

16 Circulaires, vol. I, Lettres : de M. S. A. Bourdin (p. 150), de M. Douillet (p 190) du R P. Forest (p. 218), trois lettres de M. Chanut (pp. 171, 271 et 283), de M. Fontbonne (p. 231), du T. H. F. Anaclet, E. C. (pp. 265) et de M. Libersat (p. 269).

17 Circulaires, vol. I, p. 221.

 

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