Dominus conservet eum !

10/Sep/2010

Avec tout le peuple chrétien, nous étions attristés dans notre piété filiale, il y a quelques semaines, par les nouvelles peu rassurantes qui circulaient dans la presse sur l'état de santé de notre Père commun, l'auguste Chef de la sainte Eglise.

Heureusement, le Seigneur, dans sa bonté, s'est laissé toucher par le concert de supplications qui s'élevait vers lui de tous les points de l'univers catholique, et, à la grande joie de ses Enfants dans le Christ, le vénéré Pontife a été comme miraculeusement délivré de la grave maladie qui avait inspiré de si justes alarmes. Qu'il en soit à jamais béni !

Après nous être unis aux chants d'actions de grâces qu'a provoqués partout cette heureuse guérison, il nous reste maintenant à prier avec ferveur pour qu'elle se maintienne et s'affermisse. Nous le ferons tout particulièrement pendant cette octave de la fête des saints Apôtres Pierre et Paul, comme nous y invitent nos Constitutions et la récente Circulaire du R. Frère Supérieur. Que de pressantes raisons s'unissent pour y porter!

Enfants aimants, comme nous devons être, de la sainte Eglise, comment ne sentirions-nous pas le besoin d'implorer du ciel la conservation du grand Pape qui a tant fait pour la défendre contre les insidieuses embûches de ses ennemis du dedans et du dehors, pour y maintenir dans toute leur vigueur les grands principes d'où est sortie depuis dix-neuf cents ans la régénération du monde, pour y faire fleurir les vertus que son adorable Fondateur est venu révéler à la terre; en un mot, selon sa belle devise, pour tout y instaurer dans le Christ!

Educateurs chrétiens de l’enfance, pourrions-nous oublier que c'est à lui que nous devons, parmi tant d'autres bienfaits, la belle Encyclique du 15 avril 1905 sur les maux déplorables de l'ignorance religieuse et le mérite du catéchisme, et le décret Quam singulari, où il rappelle avec tant d'opportunité le droit des tout petits à la nourriture céleste, qu'une coutume regrettable leur refusait?

Et comme Petits Frères de Marie, quels sentiments de reconnaissance ne devons nous pas avoir pour le Pontife si bon, qui nous a donné en tant de circonstances, des marques si spéciales de sa paternelle sollicitude ! Relisons, dans le recueil de nos Circulaires et quelques numéros du Bulletin, avec quelle affectueuse bienveillance il a toujours accueilli nos Premiers Supérieurs; combien il a daigné s'intéresser, en toute occasion, à notre Institut, à ses chères Causes de béatification et, en général, à toutes ses œuvres; relisons surtout le précieux Bref dans lequel il a bien voulu recommander "avec instance" au Clergé comme aux fidèles du monde entier de favoriser l'œuvre de nos Juvénats, et nos cœurs seront vraiment saisis d'attendrissement.

Il y a d'ailleurs bien d'autres voix éloquentes qui s'unissent pour nous inviter à demander fervemment au ciel, avec la sainte Eglise : que le Seigneur le conserve, prolonge longtemps ses jours ici-bas, le remplisse de consolation et de bonheur sur cette terre, et ne le livre point à la malice de ses ennemis. Nous les écouterons et nous répondrons à leur appel avec un cœur plein de piété et de filiale gratitude.

En deux discours remarquables, le P. Faber a prêché la dévotion à la sainte Eglise et la dévotion à N. S. P. le Pape, qui en est comme le complément naturel et le corollaire obligé. Ce doivent être là deux dévotions particulièrement chères à tous les Petits Frères de Marie comme elles le furent à notre Vénérable Fondateur et à son premier successeur, le vénéré Frère François, nos pères et nos modèles dans la vie religieuse.

Nous savons que le premier avait pour tous les Pasteurs de l'Église en général, et pour N. S. P. le Pape en particulier, un amour et un attachement qui allaient jusqu'au culte; qu'un jour où on lisait en communauté un Bref de Léon XII, il voulut que cette lecture fût écoutée à genoux, en témoignage de respectueuse vénération pour la parole du Vicaire de Jésus-Christ, et qu'il fit mettre dans les Règles de l'Institut un article conçu en ces termes: "L'obéissance et la soumission à N. S. Père le Pape et à toutes les décisions de la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, un amour filial et un dévouement absolu pour le Saint-Siège, le respect et la soumission pour les Evêques et une grande union avec les Pasteurs des paroisses, doivent faire un des caractères particuliers de l'Institut des Petits Frères de Marie„.

Quant au second, qui s'efforça toujours d'être une copie vivante du Vénérable, il ne pouvait manquer d'avoir les mêmes sentiments; aussi lisons-nous dans sa vie, qu'aux premières retraites auxquelles il assista après son retour d'Italie, en 1858, il ne se lassait pas plus de parler de Rome et du Saint Père que ses auditeurs de l'écouter; qu'il avait autant de joie à distribuer des médailles bénites par le Saint Père que les Frères à les recevoir et à les baiser longuement et avec piété, comme leur venant du Père commun, et que, quand il avait transmis à la communauté les paternelles bénédictions de Pie IX, il faisait passer ou plutôt avivait dans le cour de tous, les sentiments dont son propre cœur débordait: respect, reconnaissance, dévouement au Saint-Siège. "C'est là, répétait-il, le triple sentiment qu'il faut communiquer vigoureusement aux enfants de nos écoles".

Oh! gardons-nous de laisser jamais se perdre ou s'affaiblir parmi nous ces belles traditions des premiers temps de notre Institut. Veillons avec amour à ce qu'elles s'y maintiennent et s'y perpétuent dans toute leur fraîcheur et toute leur pureté. Restons unis par toutes les fibres de notre cour, par le plus parfait acquiescement de notre esprit et par toute la force de notre volonté à la sainte Eglise, à la Chaire de Pierre et par conséquent à N. S. P. le Pape, qui en est la personnification visible ici-bas. Ce sera là toujours notre force, notre sauvegarde, et le principe qui donnera à nos ouvres la vertu de porter des fruits. Ce n'est (lue de son adhérence avec le cep que le sarment reçoit la vie et la fécondité, et ce n'est que par la sainte Eglise que nous pouvons adhérer à Jésus-Christ, le Cep divin, comme il a daigné s'intituler lui-même.

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