Echos des fĂŞtes du Centenaire

25/Feb/2010

De tous les points du monde ils nous sont venus par essaims, ces mois derniers, et vibrants à l'envi, tour à tour, d'affectueuse bienveillance, de paternelle bonté, de fraternelle sympathie, de piété filiale, d'esprit de famille et de juvénile enthousiasme.

Oh ! pourquoi le Bulletin, au lieu de 20 pages, n'en a-t-il pas 500 à y consacrer ? Ce serait pour vous, chers Lecteurs, j'en ai la conviction, une vraie fête de constater à travers ces lignes, écrites en tant de langues et par des mains si différentes, quelle ferveur de sympathie éveille partout dans les âmes, du haut en bas de la hiérarchie catholique, le bel idéal que nous poursuivons.

Vous y verriez plus de 150 lettres de cardinaux, d'évêques, de hauts dignitaires ecclésiastiques, de supérieurs d'ordres et de congrégations religieuses, de pasteurs de paroisses, de catholiques éminents et même d'honorables représentants de l'autorité civile, faire un accompagnement aussi imposant que magnifique à la Lettre de N. S. P. le Pape que vous connaissez déjà.

Vous y verriez, dans la presque totalité des paroisses où nos Frères sont établis, de belles cérémonies religieuses organisées pour la circonstance attirer des foules reconnaissantes au pied de la chaire sacrée, où des voix éloquentes leur retracent les bienfaits de l'œuvre fondée par le V. P. Champagnat et courageusement poursuivie par ses disciples.

Vous y verriez les filiales adresses où les communautés particulières, réunies pour n'importe quelle occasion, expriment en termes touchants leur vénération pour le R. Frère Supérieur Général et ses aides les plus directs dans le gouvernement de l'Institut, en même temps que leur attachement sans réserve à leur chère Famille religieuse et la disposition où elles se trouvent d'employer tout ce qu'elles ont d'intelligence, de cœur, de volonté et de forces à la rendre de plus en plus prospère, plus digne des bénédictions de Dieu et de la bonne Mère et plus courageuse à poursuivre le noble but que lui assigna son Vénérable Fondateur.

Vous y verriez enfin les manifestations si spontanées et si expressives par lesquelles des milliers et des milliers d'enfants, d'adolescents, de jeunes hommes et même d'hommes de l'âge mûr expriment par des chants d'amour et de triomphe en l'honneur du V. P. Champagnat les sentiments d'affectueuse reconnaissance dont leurs cœurs sont remplis envers les Maîtres qui s'emploient ou se sont employés avec tant de sollicitude et de dévouement à former leur jeunesse.

Et tout cela, j'en suis sûr, vous ferait du bien à l'âme. Il est si consolant, par un temps d'épreuves comme celui que nous traversons, de pouvoir constater d'une façon si tangible que l'humble bataillon dont on fait partie n'est pas, grâce à Dieu, isolé, perdu pour ainsi dire dans la grande armée du bien ; mais qu'il est, au contraire, en cohésion étroite avec les autres unités de tous rangs qui avec tant d'unanimité se plaisent ainsi à la soutenir de leur estime, de leurs sympathies et de leur appui moral ! Il est si bon, si doux, d'éprouver qu'entre compagnons d'armes il n'existe ni dissentiments, ni divergences de vues. ni division d'aucune sorte, mais qu'on ne fait tous qu'un seul esprit, qu'un seul cœur, qu'une seule volonté dans la claire vision, l'amour et la poursuite du même but ! Il est si encourageant de voir la preuve que les efforts déjà faits dans cette voie n'ont été ni vains ni stériles, mais que, par la grâce de Dieu, ils ont abouti à de grands et durables résultats qui, pour l'avenir, en promettent de plus considérables encore !

Pas de regrets pourtant ! Ce que les limites étroites du Bulletin ne lui permettent pas d'entreprendre aujourd'hui, quelque autre le fera certainement un jour et beaucoup mieux. En attendant, pour faire un peu diversion à votre légitime impatience, prenons seulement, dans le volumineux dossier, quelques coupures à titre d'échantillons.

* *

« C'est donc à très juste titre, — disait N. S. P. le Pape, après avoir éloquemment mis en relief le rôle bienfaisant du Vénérable Père Champagnat et de son œuvre, — que tous ceux qui ont à cœur le vrai bien de l'Eglise et de la Société s'associent à la joie de vos fêtes et vous félicitent chaleureusement en bénissant Dieu avec vous. Nous le faisons Nous-même le premier, comme il convient, et de grand cœur.

A ces obligeantes paroles de l'auguste Chef de l'Eglise, une quinzaine de membres du Sacré Collège s'empressèrent de faire écho en termes trop bienveillants et trop glorieux pour notre œuvre pour qu'il nous soit permis de ne pas les citer, au moins dans leurs principales parties, avec une respectueuse gratitude :

S. E. le Cardinal Giustini, Protecteur de l'Institut : Dans les sentiments d'une vive et religieuse sympathie, je m'unis de cœur à la joie des Petits Frères de Marie, en train de célébrer le 1ier centenaire de leur saint et cher Institut. Il suffit de jeter un simple coup d'œil sur l'histoire de leur famille religieuse pour se sentir pénétré de reconnaissance envers Dieu Notre Seigneur ; car, s'il est une preuve évidente de sa bénédiction à leur égard, c'est bien certes la vaste et rapide extension de leur Institut, les mérites de leurs travaux et de leurs sacrifices, et les abondants fruits de salut qu'ils ont produits par l'éducation chrétienne de la jeunesse. C'est pourquoi, en félicitant Votre Révérence et tous les membres de l'Institut, je forme les meilleurs vœux pour son avenir, avec le souhait que tous gardent avec un soin jaloux l'esprit du Vénérable Fondateur, source certaine de toute prospérité pour l'Institut lui-même. En vous bénissant de tout cœur, je vous prie d'agréer1, etc. …

S. E. le Cardinal Sérafini, Préfet de la Propagande : Je vous remercie des souhaits qu'à l'occasion des fêtes de Noël vous avez bien voulu m'adresser au nom de votre Conseil et de tout l'Institut des Petits Frères de Marie. En retour, je vous prie d'agréer, ainsi que tous vous conseillers et tous les religieux soumis à votre juridiction, mes meilleurs vœux pour la prospérité et le développement de votre société, qui a si bien mérité de l'Enseignement catholique et des saintes Missions.

Puisque le 2 janvier prochain vous célébrez le centenaire de la fondation de l'Institut, tandis que les Petits Frères de Marie, s'efforceront d'honorer la mémoire de leur Vénérable Fondateur, le P. J. B. Marcellin Champagnat, et de s'inspirer de plus en plus parfaitement de ses exemples, je m'unirai bien volontiers en esprit à votre allégresse en implorant du ciel pour vous, Très Honoré Frère, pour tous les membres de l'Institut et pour toutes leurs florissantes œuvres des pays de missions les plus spéciales bénédictions du Seigneur.

S. E. le Cardinal Tonti, Préfet de la S. Congrégation des Religieux : Mon Très Révérend Frère : il m'a été particulièrement agréable d'apprendre la prochaine occurrence du premier centenaire de l’Institut des Petits Frères de Marie, commis à votre direction. Je m'en réjouis de tout cœur ; et je ne manquerai pas d'en rendre au Très-Haut de spéciales actions de grâces. J'ai eu l'occasion de connaître l'Institut des Petits Frères de Marie au Brésil, pendant que j'y remplissais les fonctions de Nonce Apostolique, et j'ai pu constater avec combien d'intelligence, de zèle et de dévouement ses religieux y faisaient leur œuvre. Daigne le Seigneur accorder une prospérité toujours plus grande à la méritante Famille religieuse dont vous êtes actuellement le digne Supérieur Général en lui donnant un plus grand nombre de solides vocations ! Le moment présent n'est pas favorable. Souhaitons le prompt retour de la paix, qui éliminera le principal obstacle à cet égard. Je vous bénis, ainsi que tous les membres de l'Institut, et je demeure avec la plus grande estime votre tout dévoué.

S. E. le Cardinal Pompili, Vicaire de Sa Sainteté : J'apprends avec une véritable satisfaction que le 2 janvier prochain l'Institut commis à votre sage direction fêtera le premier centenaire de sa fondation à La Valla par les soins de l'homme de Dieu que fut le Vénérable Champagnat. Je ne puis manquer, à cette occasion, de vous féliciter, vous et tous vos Confrères qui, fidèles à leur vocation ainsi qu'aux enseignements et aux exemples de leur Vénérable Père, s'appliquent, au profit de la jeunesse, malgré la difficulté des temps et une multitude d'obstacles, aux œuvres si nombreuses de piété et de zèle qui sont le but de la Congrégation. Il m'est agréable, en outre, de vous exprimer toute ma satisfaction pour le Collège San Leone, que depuis déjà bien des années les Petits Frères de Marie dirigent à Rome. Je souhaite donc que les fêtes du centenaire, en plus de la joie légitime pour le bien accompli durant un siècle d'existence, apportent aux Petits Frères de Marie un encouragement à plus d'activité et à plus de sacrifices encore, en vue d'acquérir plus de mérites au service de la Sainte Eglise ; et à cette fin j'implore bien cordialement sur vous, sur la congrégation et sur toutes ses œuvres, les plus précieuses bénédictions du Seigneur.

S. E. le Cardinal Luçon, Archevêque de Reims : J'unirai de grand cœur mes actions de grâces aux vôtres pour le centenaire de la fondation de votre Institut. Le bien qu'ont accompli les Petits Frères de Marie en se dévouant à la jeunesse des écoles leur a assuré la reconnaissance de tous les amis de l'Instruction et de l'Education chrétiennes. Que le Seigneur daigne bénir votre Congrégation et chacun de ses membres, et rendre aux Instituts religieux la liberté de continuer en France leur bienfaisant ministère ! Veuillez agréer, mon Très Honoré Frère, l'assurance de mon religieux dévouement en N. S.

S. E. le Cardinal Amette, Archevêque de Paris : C'est de tout cœur que je m'unirai, le 2 janvier à vos actions de grâces et à celles de tout votre Institut à l'occasion du centenaire de sa fondation. En remerciant Dieu de tout ce qui s'est fait en ce siècle par le dévouement du Vénérable P. Champagnat et de ses fils, je lui demanderai de continuer à bénir votre Congrégation et de lui rendre la liberté de se consacrer, en France, à la grande œuvre pour laquelle elle a. été fondée Je demeure reconnaissant (le tout ce qu'elle a fait pour le-diocèse de Paris, et je serai heureux le jour où elle pourra y reprendre ses œuvres.

S, E. le Cardinal Maurin, Archevêque de Lyon : J'ai été particulièrement heureux, en arrivant à l'Archevêché de trouver une copie de la belle Lettre de Sa Sainteté. C'est pour le cher Institut un document de la plus haute importance. Je félicite de tout cœur le Très Honoré Frère Supérieur Général, et fais des vœux ardents pour que la belle œuvre d'éducation chrétienne puisse être reprise sans entraves -dans notre cher pays par les fils du Vénérable Champagnat, ce digne émule de S. Jean Baptiste de la Salle.

S. E. le Cardinal Andrieu, Archevêque de Bordeaux. — Mon Très Honoré Frère : Je vous remercie d'avoir bien voulu me faire part du jubilé que vous avez célébré le 2 janvier 1917. On félicite les personnes centenaires, car la vie, quand on sait l'utiliser, est une chose infiniment précieuse. On doit à plus forte raison féliciter les Communautés centenaires, car on y connaît mieux qu'ailleurs le prix du temps ; et je félicite d'autant plus volontiers la vôtre que je l'ai vue à l'œuvre à Marseille et à Bordeaux, et qu'elle a toujours bien mérité de l'Eglise et de l'école chrétienne.

Comment n'en serait-il pas ainsi ? Elle a eu pour fondateur un prêtre aux vertus héroïques, et qui, déjà Vénérable, ne tardera pas, nous l'espérons, à monter sur les autels Elle se compose de religieux parmi lesquels on ne trouve que des disciples jaloux de se pénétrer de l'esprit du maître et de le faire revivre. Elle porte un nom qui autorise les plus doux espoirs parce qu'il est synonyme de puissance et de tendresse. Elle remplit le ministère le plus utile et le plus honorable de tous après celui du prêtre, et elle le remplit d'autant mieux qu'en inculquant à la jeunesse la connaissance et l'amour de la religion, base nécessaire de la morale individuelle et de la morale sociale, elle sert la cause de la patrie terrestre en même temps que celle de la patrie céleste.

Enfin elle n'oublie pas que les œuvres divines sont marquées au cachet du sacrifice et elle souffre sans se plaindre, quand on la persécute, heureuse et fière d'acquérir à ce prix, comme dit Bossuet, ce. je ne sais quoi d'achevé que le malheur ajoute à la vertu.

Après avoir tant reçu du ciel, votre Communauté éprouvait le besoin de chanter le cantique d'action de grâces, et je l'ai chanté avec elle le 2 janvier ; et, en remerciant Dieu de s'être montré si généreux à son égard, je l'ai prié de lui continuer des faveurs surnaturelles dont elle fait un si noble usage pour étendre le royaume de Jésus-Christ, le culte de son auguste Mère et l'influence des principes de l'Évangile, sans lesquels ni les hommes ni les peuples ne peuvent donner à leur vie une orientation qui leur assure la paix et le bonheur.

Des félicitations, des grâces et des prières, avec le souhait traditionnel : ad multos annos ! ou plutôt : ad multa soecula ! c'est ainsi que j'ai composé mon bouquet de fête et je vous le présente.

Veuillez l'agréer, Mon Très Honoré Frère, et le faire agréer à toute la famille jubilaire, avec l'assurance de mes sentiments de haute estime, de vive gratitude et de paternel dévouement en Jésus et Marie.

S. E. le Cardinal Dubois, Archevêque de Rouen : Bien volontiers je m'associe à la joie de votre famille religieuse, et avec vous je remercie Dieu des faveurs signalées reçues par votre Congrégation au cours des cent ans bientôt écoulés depuis sa fondation. J'y ajoute aussi des actions de grâces poil• le bien qu'elle a fait partout où elle a été appelée à travailler et tout spécialement dans le diocèse de Rouera. Soyez assuré de ma vive sympathie pour votre œuvre. Il me sera très agréable de soutenir partout où je pourrai les efforts des Petits Frères de Marie, si dévoués à la jeunesse des écoles. Daigne Dieu bénir vos labeurs apostoliques ! En son nom et selon vos désirs, je vous bénis moi-même de tout cœur.

S. E. le Cardinal Bourne, Archevêque de Westminster : J'ai appris avec bonheur que votre Institut célébrait, le 2 janvier 1917, le centenaire de sa fondation par le V. Champagnat et je suis heureux de saisir cette occasion pour témoigner à vous et à lui toute l'estime que je lui porte. Il y a longtemps déjà que j'ai pu apprécier l'enseignement des Frères Maristes et le dévouement qu'ils apportent à la rude tâche de l'éducation des enfants et des jeunes gens. J'en ai la preuve sous les yeux dans les excellentes écoles que les Frères dirigent dans les missions de Underwood Street et d'Islington. Je prie Dieu de bénir de plus en plus leurs travaux, surtout par les malheureux temps que nous traversons. Puisse leur bel Institut se propager et se développer pour le bien de la jeunesse catholique ! C'est le vœu que du fond du cœur j'adresse à vous et à tous vos chers coopérateurs :

S. E. le Cardinal Bégin, Archevêque de Québec : Vous avez célébré aussi pieusement que possible le glorieux centenaire de votre Institut des Petits Frères de Marie. La nouvelle m'en est venue par les journaux, et, avec tous vos chers religieux, j'ai remercié le bon Dieu des grâces et des bénédictions qu'il n'a cessé de répandre sur vous. Inaugurée dans la pauvreté et l'humilité, votre Congrégation, comme le grain de sénevé de l'Evangile s'est merveilleusement développée ; elle est devenue un grand arbre, ses rameaux s'étendent dans toutes les contrées de l'univers et protègent des milliers et des milliers d'oiseaux du ciel ou de pauvres enfants. Que d'actions de grâces vous devez au Tout-Puissant ! Le Saint Père, heureux de reconnaître le bien opéré par vos Petits Frères vous a honoré d'une superbe Lettre qui est et sera pour vous tous un titre de gloire et un précieux encouragement à continuer vos rudes et fructueux labeurs. Je m'associe à votre joie bien légitime et je demande au divin Maître de répandre encore sur toutes vos œuvres ses plus précieuses bénédictions.

S. E. le Cardinal Giorgi. — Il m'a été agréable d'apprendre que l'Institut des Petits Frères de Marie va célébrer le Centenaire de son heureuse fondation, due au Vénérable serviteur de Dieu Marcellin Champagnat. Ayant eu l'occasion de me rendre spécialement compte, dans l'exercice de mes fonctions près la S Congrégation des Evêques et Réguliers, de l'abondance d'excellents fruits spirituels produits par le dit Institut, je m'associe de cœur à tous les religieux Maristes pour rendre au Très Haut de toutes particulières actions de grâces pour avoir daigné doter son Eglise d'un Institut si bien en rapport avec les conditions des temps présents. Je fais en même temps des vœux pour que, dans son infinie miséricorde, il le fasse prospérer de plus en plus sous sa bénédiction et qu'il accorde à tous et à chacun des Petits Frères de Marie, et tout spécialement à vous, T. R. Supérieur Général, les plus douces consolations.

S. E. le Cardinal Sbarretti. — J'ai lu avec un véritable plaisir votre honorée lettre du 12 décembre dernier, par laquelle vous m'annoncez la célébration du premier centenaire de la Congrégation des Petits Frères de Marie. Je n'ai pas manqué, à cette heureuse occasion, de m'unir aux actions de grâces que de concert avec tous les membres de votre famille religieuse, vous avez fait monter vers le trône de Dieu pour les bienfaits que, durant un siècle de vie, il a daigné répandre sur l'œuvre du Vénérable Champagnat Dès les premières années de son sacerdoce, cet homme de Dieu avait compris toute la nécessité de l'Instruction religieuse ; c'est pourquoi il voulut que l'enseignement du Catéchisme fût le but primordial de son Institut, qui, fidèle à la pensée du Vénérable Fondateur, a déployé depuis dans ce sens une activité énergique et efficace pour là plus grand bien de la jeunesse. Et nous sommes heureux de voir maintenant que la Congrégation des Petits Frères de Marie, sous la bénédiction de Dieu s'est développée et étendue dans presque toutes les contrées du monde. Qu'ils continuent à s'appliquer avec un soin indéfectible à l'éducation religieuse de la jeunesse, surtout par l'enseignement journalier du catéchisme, donné de manière à faire non seulement connaître, mais aimer les sublimes, saintes et fécondes vérités de l'Eglise catholique ; d'autant plus que de nos jours la nécessité de l'enseignement catéchétique se fait sentir plus vivement que jamais, cet enseignement étant banni de presque toutes les écoles officielles. En agissant de la sorte, ils parviendront à gagner au ciel un nombre d'âmes de plus en plus grand, à mieux mériter encore de la famille chrétienne et ils attireront sur leur Institut, en abondance encore plus grande, les bénédictions du Très-Haut. Dans la confiance qu'ils ne se lasseront pas d'avancer de plus en plus dans la voie tracée par leur Vénérable Fondateur, et en donnant de grand cœur aux Supérieurs et à tous les membrés de la Congrégation une bénédiction spéciale, j'ai le plaisir de me dire, etc. …

S. E. le Cardinal Marini. — Il m'a été extrêmement agréable de recevoir de Vous, Très Révérend Frère, l'annonce que va bientôt arriver le centième anniversaire de la fondation de l'Institut des Petits Frères de Marie par le Ven. P. Marcellin Champagnat. De bien grand cœur je m'unirai à vous pour louer et remercier Dieu, l'auteur de tous biens, pour les grands services rendus à la sainte Eglise et à la société par les dignes Fils du Vénérable, par l'activité et le zèle qu'ils ont déployés dans toutes les parties du monde pour l'éducation de la jeunesse et la diffusion du culte de Marie, à la protection de laquelle ils sont redevables du remarquable accroissement de leur Institut. Je prie donc le Seigneur et la. Très Sainte Vierge qu'ils daignent bénir tous les Petits Frères de Marie, leurs œuvres et tout spécialement les élèves confiés à leur vigilante sollicitude ; et je fais des vœux sincères pour que soit réservé à notre glorieux Pontife Benoit XV l'honneur d'inscrire au catalogue des Bienheureux leur pieux Fondateur, le Vénérable Champagnat.

S. E. le Cardinal Richelmy, Archevêque de Turin, comme on sait déjà, vint en personne, malgré son état délicat de santé, nous apporter la joie de sa présence vénérée et le réconfort de sa paternelle parole.

Et à ces Princes de l'Eglise, plus de 90 Archevêques, Evêques et autres hauts dignitaires ecclésiastiques eurent à cœur d'unir leurs voix pour dire à nos Supérieurs, en des termes souvent touchants, qu'ils seraient de cœur avec nous en cette heureuse circonstance. Tels sont notamment :

En France, NN. SS. les Archevêques d'Arras, d'Auch, de Besançon, de Toulouse, et NN. SS. les Evêques d'Amiens, de Bayonne, de Beauvais, de Belley, de Carcassonne, de Clermont, de Digne, d'Evreux, de Fréjus, de Marseille, de Mende, de Montauban, de Moulins, de Nevers, d'Oran, de Périgueux, du Puy, de Rodez, de Tarentaise, de Valence et de Viviers ; Mgr. l'Evêque Auxiliaire de Lyon ; M.gr le Recteur des Facultés Catholiques de Lyon ; MM. les Chanoines S. Buy, Penel, etc. …

En Italie, Mgr. l'Archevêque de Gênes, NN. SS. les Evêques d'Albenga, d'Aoste, de Ceneda, d'lvrea, de LuniSarzana, de Mileto, de Mondovi et de Vintimille ; de Mr. le Chanoine Turco, Pénitencier de la cathédrale de Mondovi, etc. …

En Espagne, Mgr. l'Archevêque de Saragosse, NN. SS. les Evêques de Barcelone, de Gérone, de Léon, de Lérida, de Lugo, de Madrid-Alcalà, d'Orense, d'Osma, de Vitoria ; Mgr. l'Evêque Auxiliaire de Tolède, etc. …

Dans l'Empire Britannique, NN. SS. les Archevêques de Glasgow, de Montréal et de Sydney ; NN. SS. les Evêques de Kilmore, de Southwark, de Chicoutimi et de St-Hyacinthe ; Mgr. l'Evêque Auxiliaire de Québec, etc. …

Au Mexique, Mgr. l'Archevêque de Durango ; NN. SS. les Evêques d'Aguascalientes, de Campêche, de Léon, de Michoacan, de Tulancingo, de Zacatecas, etc.

Dans les autres contrées de l'Amérique latine, NN. SS. les Archevêques de Santiago (Chili) et de Popayán (Colombie) ; NN. SS. les Evêques de La Havane (Cuba), d'Ibagué (Colombie), de Mariana (Brésil), de La Plata (Rép. Argentine), etc. …

En Chine, NN. SS. les Vicaires Apostoliques du Tchili Septentrional, du Tchili Maritime, du Chantoung Oriental, du Chantoung Méridional et du Kiangsi Septentrional.

Bon nombre d'autres, au lieu d'envoyer directement leurs lettres à la maison mère, les ont adressées aux CC. Frères Provinciaux de leurs régions respectives ou aux CC. Frères Directeurs des maisons ; ce qui fait qu'elles ne nous sont pas encore arrivées.

Nombreux aussi sont les Supérieurs Généraux de Congrégations religieuses, soit de Prêtres soit de Frères, qui ont bien voulu s'associer à notre pieuse allégresse et nous ont exprimé leur religieuse sympathie en des termes qui méritent toute notre reconnaissance. Citons tout particulièrement les TT. RR. Pères Supérieurs Généraux des Rédemptoristes, des Pères Maristes, des Oblats de Marie Immaculée, des Pères du Saint-Sacrement, des Salésiens de Dom Bosco, des Peres de la Salette, des Marianistes ; M Lobry, Visiteur des Lazaristes ; le R. Père Supérieur des Pères du St-Esprit de Suse ; le R. P. Provincial des Clercs de St Viateur ; le Très Honoré Frère Supérieur Général des Frères des Ecoles Chrétiennes ; les TT. RR. Frères Supérieurs Généraux des Frères du Sacré-Cœur, des Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel, des Frères de Saint Gabriel, des Frères de la Sainte Famille, etc. …

De mois en mois, de semaine en semaine, de jour en jour, selon l'opportunité des circonstances, les fêtes du Centenaire, commencées avec un pieux enthousiasme, le 2 janvier dernier, dans l'intimité de nos maisons provinciales et de formation2 se poursuivent dans nos Etablissements des divers pays avec le concours des élèves actuels et anciens, de leurs familles et des amis de l'enseignement chrétien. Elles comprennent généralement, avec une cérémonie religieuse d'action de grâces, une séance récréative donnée par les enfants ; et sous les deux formes, elles ont le don d'attirer presque partout une assistance aussi nombreuse que sympathique. On comprend qu'il nous serait impossible de les décrire une à une et tout au long : ce sera la belle tâche du Mémorial, qui aura pourtant à se prémunir contre le danger de la monotonie. Tout ce que nous pouvons faire, pour notre part, c'est de donner, à titre de prémices, une petite esquisse de quelques-unes, que nous choisissons à dessein parmi celles qui ont eu lieu dans des pays fort distants les uns des autres.

 

1° A Londres

Des quatre écoles confiées à la direction de nos Frères dans la vaste métropole de l'Empire Britannique, une d'elles celle de Sainte-Anne, fondée en 1852 est le plus ancien de nos établissements situés hors .de France. Elle était donc toute désignée pour être le centre des fêtes du Centenaire dans la région. C'est ce qui eut lieu en effet, et grâce à la bienveillance et au concours empressé des bons Pères Maristes, qui ont la charge de la Paroisse, elles furent telles qu'à peine eût-on pu les désirer mieux, malgré des circonstances défavorables à plus d'un point de vue.

Sans compter les préoccupations de la guerre, qui concentrent et absorbent pour ainsi dire toutes les activités, les vacances de Noël, qui durent du 21 décembre au 8 janvier, mettaient jusqu'à un certain point les enfantes hors de la portée des Frères, et le caractère ouvrable du jour de la fête privait du loisir nécessaire beaucoup de gens qui auraient désiré assister aux offices ; mais la bonne volonté de tous réduisit au minimum possible l'effet de ces inconvénients.

En expliquant aux enfants, avant de les congédier pour les vacances, l'objet des principales fêtes du temps de Noël, les Frères avaient trouvé plus d'une occasion de leur parler, pour le

2 janvier, du Centenaire de la fondation de l'Institut des Petits Frères de Marie et de les inviter à assister aux offices qui auraient lieu à cette occasion.

Le dimanche, 31 décembre, et le lundi, 1ier janvier, les RR. Pères, dans les instructions qu'ils firent aux diverses messes parlèrent également de notre Centenaire et invitèrent chaleureusement les fidèles, principalement les enfants, à y prendre part en reconnaissance de l'œuvre de dévouement que depuis deux générations les Petits Frères de Marie — dont ils firent l'éloge — accomplissent dans la paroisse.

Mais voici enfin arrivé le grand jour si longtemps attendu. Après le Laudetur Jesus Christus, le Salve Regina et les Exercices du matin, qui eurent lieu comme de coutume, la Communauté assista à une première messe où, comme c'était tout naturel, tous ses membres firent une fervente Communion d'actions de grâces, en union avec le R. F. Supérieur Général et les chers Confrères disséminés à travers le monde. Pendant l'action de grâces, après la sainte Messe, chacun avait dans la pensée les deux principales intentions suggérées par la Circulaire du 11 novembre : remerciements et réparation pour le passé ; demande de nouvelles bénédictions et de nouvelles grâces pour l'avenir.

A déjeuner, des insignes commémoratifs furent distribués, et chaque Frère en épingla un sur sa poitrine ; puis, un peu plus tard, dans l'intervalle qui séparait le déjeuner de la grand'messe, des cierges furent offerts ; on en mit 15 devant la statue du Sacré-Cœur, 12 devant celle de Notre-Dame, 12 devant celle de saint Antoine de Padoue, 3 devant celle du Bienheureux Chanel et 8 devant le groupe du Calvaire ; tous furent allumés durant la messe d'action de grâces et le soir pendant le Salut du St Sacrement.

La Messe solennelle d'action de grâces fut célébrée par le R. P. Murphy, S. M., curé de la paroisse. Comme c'était un jour de travail et pour les autres motifs dont nous avons parlé plus haut, beaucoup de personnes qui auraient désiré venir ne le purent pas. Il y eut néanmoins une belle assistance d'adultes et les députations d'enfants amenées par les écoles de garçons dirigées par les Frères et les écoles de filles dirigées par les Sœurs Maristes achevaient de composer une très respectable assemblée. Tous les assistants, adultes et enfants, étaient parés de l'insigne commémoratif du Centenaire. Après l'Office, beau coup d'entre eux vinrent offrir aux Frères leurs cordiales félicitations en faisant des vœux pour la prospérité et l'extension toujours plus grande de leur bienfaisant Institut.

A 2 heures de l'après-midi, les 18 Frères des quatre maisons de Londres se trouvaient réunis à Sainte-Anne afin de commémorer par un dîner en famille le grand événement du jour ; et, grâce à l'intelligence et au dévouement des Frères de la Communauté, qui n'avaient rien laissé à l'imprévu, tout se passa à la fois joyeusement et religieusement.

Au dessert, l'arrivée attendue du R. P. Murphy fut saluée par de cordiaux applaudissements. Les Frères de Londres étaient heureux d'avoir cette occasion de lui exprimer leur gratitude pour toutes ses bontés à leur égard ; et, de son côté. il avait accepté avec plaisir de venir s'associer, lui et la chère Congrégation qu'il représente, à la joie des Frères en une si rare occasion. Par le riche fonds d'histoires et d'anecdotes recueillies durant ses longues années de séjour dans ce quartier extrême de Londres, il égaya très franchement la compagnie ; mais, ajoutant l'utile à l'agréable, il donna également aux Frères de précieux conseils sur la situation qui leur est faite aujourd'hui pour l'accomplissement de leur œuvre.

Répondant à un toast où le Frère Ezéchiel, Directeur de la Maison, l'avait chaleureusement remercié, comme de droit, des nombreuses marques de bonté que lui et ses vénérés confrères de la Société de Marie avaient données aux Frères de Londres, et tout spécialement du concours si bienveillant et si efficace qu'ils leur avaient prêté pour le succès de ces fêtes où ils avaient à rendre à Dieu de si justes actions de grâces pour les innombrables bienfaits reçus du ciel pendant le premier siècle de leur existence, le Révérend Père répondit en substance :

« Voilà bien des années, presque ma vie entière, que je suis à Sainte-Anne avec les Frères ; et j'ai toujours ressenti pour eux le plus grand respect, d'abord à cause du caractère sacre de l'œuvre que Dieu leur a confiée par l'intermédiaire de la plus haute Autorité de ce monde : la sainte Eglise catholique.

La mission dévolue aux Petits Frères de Marie est, dans le sens le plus large et le plus vrai du mot, un apostolat et un apostolat de la plus haute importance ; car, qu'est-ce que l'Eglise pourrait confier d'aussi précieux à un homme que les jeunes ouailles de son troupeau pour les instruire, les guider et les former ?

Il est vrai que le travail de l'enseignement ne reçoit pas toujours, de la part d'un monde dont l'idéal est basé aujourd'hui sur une philosophie si terre à terre le juste tribut de considération et de gratitude qui lui est dû ; mais, devant le ciel et devant l'Eglise, que peut-il y avoir de plus méritoire ? De là vient que, lorsque je vois tous les efforts que doit faire un Frère zélé pour apprendre à un enfant ses prières, pour les lui faire dire avec le respect et l'attention convenables ; pour préparer un ou plusieurs enfants à' recevoir pour la première fois Notre-Seigneur dans la Sainte-Eucharistie, et que je le vois se dévouer à cette tâche pour Dieu, sous la protection de notre céleste Mère, selon l'esprit de ses Règles et en union avec ses supérieurs, je ne puis m'empêcher de me dire en moi-même que la vie de ce Frère est vraiment héroïque.

Le bon travail accompli par les Frères à l'école Sainte-Anne pendant tant d'années, me rappelle les commencements de l'œuvre des Pères Maristes à Spitalfields, il y a quelque 67 ans. Son Eminence le Cardinal Wiseman avait fait appel à notre Supérieur Général d'alors, qui n'était autre que le Vén. Père Colin, afin d'obtenir des Pères Maristes pour son Archidiocèse de Westminster. Dans sa profonde humilité, le saint Fondateur demanda du temps pour réfléchir, et, lorsque peu de temps après, Son Eminence revint à la charge :

Oui, nous acceptons, dit-il, à condition que la paroisse confiée à nos Pères sera la plus pauvre de Londres. Et c'est à ce titre que le Cardinal nous donna la mission de Sainte-Anne à Spitalfields.

Après y avoir travaillé pendant quelque temps, les bons Pères, qui pour la plupart étaient Français, et, en plus du rude travail du ministère, devaient régulièrement consacrer une partie de leur temps à l'étude de l'anglais, eurent la pensée d'inviter les Frères à se charger des écoles.

Comme on nous l'a dit aujourd'hui, l'aide des Frères vint tout à fait à point, et pendant ces longues années nous avons travaillé ensemble en toute humilité, sous la bannière de la Reine du Ciel. Il est consolant de penser que nous sommes sortis de la même souche, que la dévotion à la Mère de Dieu présida à la naissance de nos deux Sociétés, que c'est sous son patronage que nous devons poursuivre en commun le grand ouvrage que nous avons entrepris et qu'enfin nous devons en recevoir la récompense dans le ciel.

Je suis heureux d'avoir pu m'unir à vous pour solenniser un jour si mémorable ; je vous souhaite les plus abondantes bénédictions du Seigneur pour lé nouveau siècle que nous commençons, et j'ai le ferme espoir qu'il ne sera ni moins riche en grâce de la part de Dieu, ni moins fécond de la vôtre, en œuvres du salut ».

Au salut solennel du Saint Sacrement, qui eut lieu à 7 heures du soir et où furent chantés l'O Salutaris, le Magnificat, le Te Deum, l'Adoremus et le Sub tuum, le R. Père Murphy s'adressa encore une fois aux Frères, qui occupaient les bancs en face de la chaire. Il prit pour titre : Haec dies quam fecit Dominus, exultemus et loetemur in ea ; et pendant un quart d'heure il développa éloquemment ce texte en insistant sur le bonheur et la reconnaissance dont nos cœurs devaient être remplis à la pensée de tout ce que Dieu a fait pour notre Société pendant ces cent ans. Avant la Prière du soir, après la récitation du Veni Creator, de l'Ave Maris Stella et de la Consécration au Sacré-Cœur, les Frères renouvelèrent leurs vœux en communauté et c'est ainsi que se termina cet heureux jour.

Le 4 janvier, en présence d'une députation des autres Communautés de Londres, de paroissiens de Sainte-Anne, et des deux écoles de garçons et de filles, eut lieu une Messe solennelle de Requiem pour les Frères, leurs parents et leurs bienfaiteurs décédés depuis 1817, avec communion pour les mêmes ; et enfin le 21 janvier, fête de sainte Agnès, presque tous les enfants de l'école des garçons et un nombre considérable de petites filles de l'école des Sœurs s'approchèrent de la Sainte Table et offrirent leur Communion aux intentions du R. Frère Supérieur Général pour demander la continuation des bénédictions de Dieu sur l'Institut des Petits Frères de Marie.

 

2° A Barcelone

Nos établissements de la chevaleresque Espagne n'ont voulu céder à personne la palme de l'émulation pour la célébration brillante et filialement enthousiaste des fêtes du Centenaire ; et à qui mieux mieux, ils se sont efforcés de les élever à la hauteur — ce n'est pas peu dire — de l'affection reconnaissante des Maîtres pour leur Vénérable Fondateur et des Elèves pour ceux à qui ils doivent le bienfait de l'éducation chrétienne. Mataró, Valencia, Murcia, Alicante, Burgos, Igualada, etc. avaient donné le branle ; et le mouvement, qui dure encore, s'est déjà étendu à la plupart des Maisons.

Le numéro central du programme était une Messe solennelle d'action de grâces où tout leur personnel, Maîtres et Elèves, se trouverait réuni, avec un nombre aussi grand que possible d'Anciens Elèves, et une représentation des Amis de l'enseignement chrétien. Selon les calculs préliminaires cela devait faire une assemblée de pas loin de 2500 personnes et les prévisions furent dépassées.

Pour avoir une enceinte où tout ce monde pût tenir à l'aise, on fit choix de l'Église Saint Augustin, à quoi se prêtèrent avec la plus grande bienveillance, le vénérable Pasteur de la paroisse et les autres membres de son clergé. Le temple, très beau par lui-même, reçut pour la circonstance une décoration splendide. L'autel et ses alentours étaient parés d'un magnifique assortiment de plantes précieuses et rares savamment disposées pour produire un effet esthétique, et tout le reste de l'église resplendissait d'une brillante illumination.

Mais ce qui en faisait le plus bel ornement c'était encore, et de beaucoup, les 1500 enfants en tenue de fête qui remplissaient une grande partie de la vaste nef, et dont la physionomie rayonnante et le maintien recueilli faisaient songer à cette brillante multitude de jeunes âmes resplendissantes de gloire dont la plume inspirée du Père Faber a composé le cercle extérieur de la céleste cour de l'Agneau divin3 (1).

Toute la ville s'était sentie prise d'une sympathie irrésistible à la vue de leurs longues files qui longeaient ses rues en bel ordre pour affluer vers l'église. Le reste de l'enceinte était rempli par leurs prédécesseurs aux écoles des Frères, leurs parents et des personnes amies.

Aux places d'honneur réservées dans le sanctuaire, on remarquait, avec le C. F. Econome Général de l'Institut et son socius le C. F. Louis Laurent, que les circonstances avaient amenés à Barcelone ; le C. F. Provincial ; des représentants d'un bon nombre d'ordres et congrégations religieuses (Capucins, Jésuites, Frères de la Doctrine Chrétienne, etc.), et de nombreux prêtres séculiers. Parmi les civils de distinction, il convient de mentionner spécialement, Mr Soler, Sénateur pour Barcelone, Mr A. Rusiñol Député aux Cortès, Mr Goyzoeta, doyen de la Faculté des Sciences, et parmi les militaires le Colonel Mercader, du Régiment de Numance, qui représentait le Capitaine Général.

Son Excellence Mgr Henri Reig, évêque de Barcelone, avait promis de venir officier pontificalement, mais des circonstances imprévues l'en empêchèrent ; il se fit remplacer par Mgr. Peris, évêque de Coria, assisté par MM. les chanoines Villaseca et Pla, et par D. Sabastian Pueyo, professeur de Religion à l'Institut de Barcelone :

Sous la direction du maestro Millet, le célèbre "Orphéon Catalan’’ interpréta brillamment la messe du Pape Marcel de Palestrina, l'Ave Maria de Victoria et le Te Deum de Comella.

Après l'évangile, Mr le chanoine Lladó, " magistral’’ de la cathédrale de Vich, monta en chaire et prononça un éloquent. sermon, où, après avoir montré l'action bienfaisante des Congrégations religieuses en général et des Petits Frères de Marie en particulier, il fit une brillante apologie de l'éducation chrétienne donnée par les Frères, en opposant ses bienfaits aux fruits empoisonnés de l'éducation prétendue neutre, qu'on s'efforce en tant d'endroits de lui substituer aujourd'hui ; et il termina par une émouvante prière où il se faisait l'interprète des sentiments qui doivent animer les membres de la Congrégation en cette heureuse solennité, qui est le point de démarcation entre un siècle qui finit et un autre qui commence.

En somme, l'Office tout entier revêtit un caractère grandiose et saintement impressionnant.

Il fut suivi d'un défilé général des Elèves dans quelques-unes des principales artères de la ville, où par leur allure martiale, leur bonne tenue et tout l'ensemble de leur conduite, non moins que par leur nombre imposant, ils firent encore à leur façon une apologie muette mais persuasive de l'éducation donnée par les disciples du Vénérable Champagnat.

Que Notre Seigneur et sa Très Sainte Mère daignent la rendre toujours salutaire, durable et féconde en vrais fruits de salut !

 

3° A Polistena (Calabre)

On n'aura pas oublié sans doute en quelles circonstances nos Frères furent amenés, au mois d'août 1909, prendre pied dans cette localité calabraise. C'était au lendemain du terrible tremblement de terre qui réduisit en quelques instants en un amas de ruines la florissante cité de Messine et étendit ses ravages, de l'autre côté du détroit, sur une grande partie de la province de Reggio. Le nombre des victimes fut immense et parmi ceux qu'avait épargnés le fléau il y avait des milliers d'orphelins.

On vit alors se produire un de ces beaux mouvements de sympathie et de solidarité chrétienne qui sont l'honneur de l'humanité ; non seulement des secours importants arrivèrent de toutes parts, mais ce fut, dans toute la Péninsule, un combat d'émulation parmi les établissements d'éducation, à qui adopterait, selon ses moyens, un certain nombre de ces jeunes infortunés. Mais ce n'était pas moins un crève-cœur pour la malheureuse Calabre, déjà éprouvée par la mort de tant de victimes, de voir ses enfants ainsi déracinés de leur sol natal et disséminés, pour ainsi dire, à tous les vents, loin des restes de leurs familles et de tout ce qu'ont de doux et de réconfortant les traditions locales.

Cette pensée poignante étreignait d'une façon particulièrement douloureuse le cœur généreux de Monseigneur Morabito, évêque de Mileto, que Dieu avait fait le père de toutes ces jeunes âmes. Sans guère d'autres ressources que sa charité sans bornes et sa grande confiance en Dieu, il fonda à Polistena, pour les recevoir et les conserver à la région, deux orphelinats : un pour les petites filles, qu'il confia aux Sœurs de St-Vincent de Paul, et un pour les petits garçons dont il pria instamment nos Supérieurs d'accepter la direction par une communauté de nos Frères.

L'œuvre était trop intéressante et trop belle aux yeux, de Dieu pour qu'on ne fit pas un effort en vue de répondre à la demande du saint évêque, et six Frères, sous la direction du Frère Marie Abraham, lui furent envoyés.

Les débuts furent pénibles ; mais peu à peu, grâce, de la part du vénéré Fondateur, à des sacrifices que peut seul inspirer l'amour surnaturel des âmes, et de la part des Frères à un dévouement qui n'attend sa récompense que de Dieu ; tout s'y est amélioré de manière que l' "Orfanotrofio Morabito’’ comme il n'est que juste de l'appeler, est déjà depuis des années une de nos œuvres qui donnent le plus de consolation aux Supérieurs.

La piété, le bon esprit, l'amour du travail, la régularité de la conduite, la générosité des sentiments y fleurissent avec une intensité qui fait plaisir à voir, et à la vénération reconnaissante pour le saint Prélat qui les aime comme ses enfants et les soutient au prix de mille sacrifices, les orphelins aiment à joindre un culte filial pour le V. Père Champagnat et sa famille religieuse, dans laquelle un bon nombre des meilleurs se sont déjà enrôlés.

Il était donc tout naturel que les fêtes du Centenaire eussent là un caractère particulier de sainte expansion et c'est bien ce qui eut lieu en effet.

Dès la veille, à 3 heures du soir, après avoir mis à l'ornementation de la maison toute la diligence et toute l'ingénieuse – industrie que savent inspirer l'amour et la reconnaissance pour suppléer à la richesse qu'on n'a pas, Maîtres et élèves se formèrent en cortège, pour aller au devant de Monseigneur qui paternellement s'était offert de lui-même à venir présider la fête. D'aussi loin qu'on put apercevoir sa voiture, un cri joyeux : « Evviva Monsignore » s'échappa de toutes les poitrines ; peu d'instants après, chacun était à genoux pour recevoir sa bénédiction, qu'il donna avec un accent où l'on sentit passer toute son âme ; et, au son de la belle fanfare de l'Orphelinat, il fut escorté triomphalement jusqu'à la maison ; dans la cour l'attendaient les bonnes Sœurs avec leurs orphelines, et, en bel ordre, on entra à la chapelle, où un Salut solennel .du Saint Sacrement, avec chant du Veni Creator, préluda à la fête du lendemain.

Voici enfin l'aurore attendue ! A 5 heures ½ on se réveille joyeux, aux doux accords de la fanfare, et, après la toilette des grands jours, on se rend à la chapelle pour le Salve Regina et la prière du matin, suivie de la messe de Communion, que célèbre Monseigneur, assisté de Mgr. Mancuso, Vicaire Général, et de M° le Chanoine Albanese, Directeur Spirituel du Séminaire. A cette messe assistent aussi les Sœurs et les Orphelines auxquelles une place à été préparée en transformant les classes qui font suite à la chapelle. Après l'action de grâces, les Frères renouvellent solennellement leurs vœux et les Enfants, la main sur l'Evangile, en font autant pour les promesses de leur Baptême.

C'est pieux, émouvant ; mais ce n'est qu'un prélude ; la cérémonie principale doit être la Messe d'action de grâces, fixée à 9 heures et demie.

A l'extérieur et à l'intérieur, la chapelle est aussi brillamment parée que l'ont permis les modestes ressources de la maison secondées par tout ce que la piété et l'esprit filial ont pu suggérer d'heureuses inspirations aux artistes décorateurs. Jamais elle n'avait paru si belle.

A l'heure dite, Monseigneur, revêtu de la soutane violette à longue traîne, du rochet et du camail sur lequel brille la croix pectorale, y fait son entrée, précédé des enfants de chœur et d'un clergé assez nombreux, au chant de l'Ecce Sacerdos Magnus ; puis tandis qu'il assiste au trône, selon les rites du Pontifical, Mgr. l'Archiprêtre de Polistena célèbre la grand'messe avec diacre et sous-diacre.

Nos petits orphelins, qui pour la plupart n'ont jamais assisté à pareille solennité, n'ont pas assez d'yeux pour regarder toutes ces magnifiques cérémonies ; et ce n'est pas sans peine, en dépit de toutes les recommandations du maître de chapelle, qu'ils parviennent à en détacher leurs regards ravis pour les tenir fixés sur les copies de la musique, ce qui ne les empêche nullement, disons-le tout de suite, de chanter la belle et pieuse messe de N. D. de Lourdes de Polleri avec une perfection qu'on eût crue supérieure à leur âge.

Après un moment de récréation, à l'issue de la Grand-messe, les musiciens voulurent réjouir l'assistance par l'exécution de quelques-uns de leurs plus beaux morceaux.

En attendant, le dîner se préparait et chacun à son insu se disposait à lui faire honneur. Il fut présidé par Monseigneur lui-même visiblement heureux de se trouver au milieu de ses Frères et de ses chers orphelins que sa présence remplissait à leur tour d'une indéfinissable allégresse.

. A 3 heures et demie, à la salle des fêtes, réunion générale que Sa Grandeur inaugure par un splendide panégyrique du Vénérable Père Champagnat et de son œuvre. Nous n'insisterons pas aujourd'hui sur cette pièce magistrale, dans l'espoir que bientôt, grâce au Mémorial, nos lecteurs auront la joie d'en pouvoir savourer la teneur authentique. Qu'il nous suffise, pour satisfaire à notre modeste rôle d'annaliste, de dire qu'elle émerveilla l'assistance et fut couverte d'enthousiastes applaudissements. Les enfants lui firent écho par une série de saynètes, de chants, de débits, de dialogues et autres morceaux de circonstance qui, à l'avantage appréciable d'entretenir la gaieté et de provoquer un intérêt sympathique, joignirent plus d'une fois celui de contribuer à l'édification.

La journée se termina par un salut solennel du Saint Sacrement, avec le Te Deum d'action de grâces et un hymne d'amour à la Bonne Mère dont la bénédiction a joué un si grand rôle dans la fondation et la prospérité de l'Institut.

 

4° A Beauceville (Canada)

Nos Frères ont là, dans le Collège du Sacré-Cœur, un établissement prospère en pays foncièrement chrétien. C'était un milieu idéal pour de belles fêtes du Centenaire ; et, comme on pouvait s'y attendre, elles s'y célébrèrent, les 22. 23 et 24 mai dernier. avec un éclat, un enthousiasme et une piété dont on y gardera longtemps l'agréable souvenir. Voici en quels termes un journal de la région, L'Eclaireur, en rendait compte dans son numéro du 1ier juin :

* *

Ainsi que nous l'avions annoncé précédemment, le Collège du Sacré-Cœur a fait la semaine dernière de superbes démonstrations pour commémorer le centième anniversaire de la fondation de l'Institut des Petits Frères de Marie, dits les Frères Maristes.

Notre paisible ville a été encore une fois témoin de l'art et de la distinction que savent mettre dans les manifestations publiques nos dévoués et habiles éducateurs religieux. A côté de la réjouissance, ces fêtes nous ont donné un magnifique sujet d'édification.

Comme il convenait, la religion a eu la première place dans ces fêtes, précédées et préparées par une neuvaine pour obtenir la béatification du Vénérable Fondateur, le Père Champagnat. Dès le 2 janvier, jour de l'anniversaire de la fondation, en une fête d'intimité, les Frères du Collège avaient manifesté à Dieu leur reconnaissance pour les faveurs obtenues durant ce premier siècle. Mais le Conseil de la maison avait décidé de remettre à la belle saison les démonstrations publiques.

Elles commençaient, le mardi 22, par une représentation pour les enfants du beau drame Renégat et Martyr, rendu par les premiers élèves du Collège. Par une gracieuse complaisance de M. le Président des commissaires, les élèves des écoles avaient congé durant les fêtes. Bon nombre d'entre eux en ont profité pour aller former leur goût et ennoblir leurs sentiments par l'audition de cette captivante pièce. A la première place se trouvaient les Révérendes Sœurs et leurs élèves. Bien que par un fâcheux contretemps les costumes attendus ne fussent pas encore arrivés, le jeune auditoire fut empoigné par le développement passionnant du drame et les entr'actes qui l'accompagnaient.

* *

Le mercredi 23 mai était le jour de la manifestation religieuse. Tous les cœurs se levaient riches d'espoir, quoique le ciel fût chargé de nuages, qui bientôt se résolvaient en pluie persistante.

A 6 h. 45 heures, avait lieu au Collège une messe d'action de grâces au cours de laquelle huit jeunes élèves faisaient leur Première Communion solennelle. Embellie d'un décor et de chants tout célestes, cette première cérémonie très pieuse réchauffa les cœurs et les embauma d'un parfum délicieux. "Il est vraiment dommage, disait un invité, que les murs de cette chapelle soient trop étroits pour admettre un plus grand nombre d'étrangers : on prie si bien ici !''

Vers les 9 heures .et un quart les élèves du Collège descendaient à l'église afin de prendre leur place pour la grand'messe solennelle d'action de grâces dite par un ancien élève du Sacré-Cœur, M. P. Poulin, vicaire à Ste-Marie. Il était assisté d'un autre ancien élève, M. C. Rodrigue, vicaire à Lévis, comme diacre et du Frère Ambroise comme sous-diacre. Sans se laisser intimider par le mauvais temps qu'il faisait, de nombreux et courageux fidèles s'étaient joints aux Frères Maristes pour rendre gloire à Dieu du bien accompli sous son inspiration et gagner l'indulgence plénière accordée par Notre Saint Père le Pape.

Sous l'habile direction de leur maitre de chant, les membres de la chorale du Sacré-Cœur exécutèrent avec une remarquable précision la messe dite Ave verum Corpus de A. Gastoué, d'une harmonie délicate mais difficile. C'était merveille d'entendre nos jeunes artistes rendre ce chef-d’œuvre de leurs voix fraîches, puissantes et parfaitement assurées. On sentait bien que c'était autant une prière qu'un chant. Rien, là, de théâtral, tout y est d'une beauté suave, angélique. L'Ave Maria de Fabre, chanté à l'Offertoire, était bien en harmonie avec l'office de la Ste-Vierge que l'on célébrait.

Après la lecture de l'Evangile, le R. P. Couet, dominicain, monta en chaire. Prenant pour texte ces paroles du Sauveur : Laissez venir à moi les petits enfants, il montra en un magnifique exorde comment l'Eglise et les saints avaient compris et pratiqué cet enseignement du ciel. Il fit voir ensuite comment le Vénérable Champagnat, à l'instar des grands bienfaiteurs de l'enfance, avait eu l'intuition du rôle prépondérant qu'une forte éducation chrétienne peut exercer sur la société. C'est l'honneur de l'abbé Champagnat d'avoir si bien senti le besoin de diriger l'enfance vers le bien dès les plus tendres années et c'est l'honneur de l'Institut des Petits Frères de Marie d'avoir continué son œuvre à travers le monde. Le R. P. prédicateur termina en souhaitant aux Frères Maristes de mériter encore le même honneur jusqu'au prochain centenaire.

A la sortie de la messe, l'orchestre du Collège exécuta le morceau de Gounod Dieu le veut, rendu avec un art, sinon consommé, du moins plein de promesses, par les membres de la société philharmonique sous la direction énergique et précise du très cher Frère Narcisse.

A midi, les nombreux invités se dirigèrent vers le Collège, où, dans une salle toute enguirlandée de banderoles et que des massifs de fleurs aux multiples couleurs transformaient en féérique bosquet, un dîner de la plus belle ordonnance les attendait.

A la droite du très cher Frère Joseph-Emeric, provincial des Frères Maristes, prenait place M. L. Vien, chapelain du Collège ; à sa gauche le R. P. Couet, prédicateur. Venaient ensuite le cher Frère Marie-Béatrix, directeur du Collège du Sacré-Cœur ; le cher Frère Priscilianus, directeur de l' école St-Denis à Montréal ; M. l'abbé P. Poulin, officiant ; Son Honneur le sénateur Godbou M. l'abbé Villeneuve, 1ier vicaire de la paroisse ; M. Couture, aumônier à l'Hôpital ; M. Legendre, vicaire à Beauceville ; M. l'abbé Ch. Rodrigue, ancien élève du Collège, vicaire à Lévis ; MM. le notaire Angers, Dr. Desrochers, N. Mathieu, bienfaiteurs insignes du Collège ; le cher Fr. M. Théophane, ancien directeur ; le cher Frère directeur de St-Joseph ; M. C. Lavoie, de la Banque Nationale ; M. H. Rénault ; MM. les curés de St-Hilaire et de St-Honoré ; M. E. Fortin, de l'Eclaireur, etc.

M. le curé Lambert, qui avait accepté l'invitation, n'avait pu venir, retenu qu'il était par le malaise tenace dont il souffre depuis longtemps déjà ; M. le maire Fortier ainsi que M. le juge Lepellier, qui avaient également accepté, se sont excusés de ne pouvoir tenir leur promesse.

Le dîner, organisé par un comité de dames dévouées ayant à leur tête Mme P. Angers, présidente, Mme C. de Léry et Mme J. Desrochers, portait un cachet de distinction et de délicatesse que seules des mains d'artistes et des cœurs chaudement sympathiques savent imprimer à leurs ouvrages. Sous leur impulsion et par leurs soins, ornementation, disposition et service du banquet, tout s'est exécuté dans un ordre parfait. Les étudiants qu'on avait improvisés garçons d'hôtel pour la circonstance. MM. F. Rodrigue, M. Begin, G. Houde, E. Dumont, Beaudoin, G. Poliquin, se sont acquittés de leurs fonctions à la satisfaction de tous.

A 3 heures 30 avait lieu à l'église paroissiale la bénédiction d'un magnifique drapeau du Sacré-Cœur, ouvragé d'une façon très artistique par les Sœurs Franciscaines de Québec. Ce superbe présent, qui fait la fierté des Ligueurs actuels, leur était offert par le généreux dévouement des anciens membres de la Ligue du Sacré-Cœur, qui ont mis le plus bel entrain à faire réussir la rafle que le Directeur de la Ligue avait organisée dans cette intention.

Après la bénédiction du drapeau par M. le curé Lambert, le chapelain du Collège, M. L. Vien, monta en chaire et clans une de ces allocutions pleines de feu dont il a le secret il fit parler les voix qui sortent des plis du drapeau. Il sut détailler en une exposition claire et enthousiaste les enseignements et les souvenirs que symbolisent les couleurs, la lance, la feuille d'érable, le cœur, l'inscription. Puis, d'une voix vibrante, il fit revivre les héros de l'histoire et les saluts dont le souvenir flotte au vent avec le drapeau de Carillon.

La soirée de cette belle journée du 23 mai se clôturait par la séance tant attendue où les grands élèves du Collège jouèrent avec plein succès le drame très poignant Renégat et Martyr. L'esprit déjà très cultivé de nos jeunes gens, initiés avec soin aux belles productions littéraires, avait tout de suite été captivé par l'allure chevaleresque de ce beau drame. Les situations pathétiques où se trouvent tour à tour Gui de Tournel, son fils et le petit Aziz, ont arraché des larmes à la plupart des spectateurs. Rarement a-t-on suivi une aussi belle pièce sur le théâtre du Sacré-Cœur, rarement aussi a-t-on vu salle plus comble et audience plus contente de sa soirée.

* *

Le lendemain, jeudi, 24 mai, le soleil se levait radieux, comme pour réparer l'oubli où il était resté la veille. En. quelques heures la boue des cours et des chemins s'était transformée en "terra firma’’ ; si bien qu'à son arrivée, le colonel T. Paquet trouva nos jeunes cadets solidement établis sur leur terrain de manœuvres, où ils formaient un carré inébranlable ; tel celui des Canadiens à Vimy. Accompagné du chapelain du Collège, du R. Frère Provincial et du cher Frère Directeur, le colonel passe le bataillon en revue tandis que les futurs héros se tiennent au port d'arme en une immobilité impeccable. Près d'une heure durant, l'instructeur militaire, le cher Frère Ambroise, fait exécuter les différentes manœuvres d'alignement, de déploiement, de rassemblement, de formation en colonnes et en bataillon, à quoi succèdent les exercices de culture physique exécutés avec le même ensemble et la même précision. M. le major ne pouvait moins faire que d'être satisfait. Aussi. après avoir félicité ses jeunes cadets, il leur accordait un congé d'honneur.

La revue terminée, le cher Frère Ambroise forme son bataillon en colonne de route et précédés de leur cadet-major, M. Begin, à cheval, au son des clairons et des tambours alternant leur cadence avec la fanfare, les cadets se mettent en marche pour la parade à travers les grandes artères de la ville. A leur tète, dans un soleil de gloire, flotte le superbe drapeau de soie frangé d'or que l'on vient de bénir, tandis qu'à travers les rangs reluisent les cuivres et les épées.

En arrière suivaient quatre voitures de gala où avaient pris place : le Rév. Frère Provincial des Frères Maristes, M. le major Paquet, le cher Frère Directeur du Collège, M. le chapelain, les Frères Directeurs de Saint-Joseph, de Saint-Georges, de Saint-Romuald.

Enchantés de cette grandiose démonstration, les gens. de Beauceville n'ont pas manque de dire leur admiration pour la belle tenue des cadets et pour la perfection avec laquelle furent exécutés les morceaux de fanfare et les airs de clairon.

Fatigués par quelque trois heures de manœuvres ou de marche, les élèves furent heureux de refaire leurs forces dans un riche dîner, auquel ils ne manquèrent pas de faire honneur.

Divers jeux les occupèrent ensuite jusqu'à 3 heures. Ils se dirigèrent alors vers le grand Hôpital, où M. le curé les avait conviés pour chanter un Te Deum d'action de grâces à l'occasion de l'arrivée des Sœurs Grises, qui venaient en prendre la direction. Les murs de l'Hôpital vibreront rarement si fort qu'ils le firent lorsque les 150 jeunes poitrines du Collège chantèrent le chant de triomphe, alternant avec la voix magistrale du cher Frère Priscilianus, Directeur de Montréal.

Le soir à 8,30 heures, un feu d'artifice, qui dura près de deux heures, mis fin à ces belles fêtes. Deux ballons lancés dans les nuages allaient porter au ciel la reconnaissance qui s'échappait de tous les cœurs tant pour les années de prospérité accordées à l'Institut des Frères Maristes que pour le succès avec lequel on venait de célébrer le Centenaire.

 

5° A Buga (Colombie).

Mon cher Frère Assistant : Je vous écris au lendemain de nos fêtes du Centenaire, qui ont été avant tout religieuses et conformes le plus possible aux précieuses directions données par le Révérend Frère Supérieur.

La Fête générale, fixée au 14 janvier, fut précédée d'un triduum de messes solennelles célébrées successivement dans chacun des trois établissements que nous avons dans la localité : Collège SI Thomas d'Aquin, Ecole communale et Collège public. Il y eut généralement peu de Communions parce qu'en raison de l'heure assez tardive où elles étaient célébrées nos élèves les plus fervents avaient déjà satisfait leur piété dans la grande et belle église des R.R. Pères Rédemptoristes, et que les autres se réservaient pour la fête générale où tous sans exception ont fait la sainte communion pour les besoins de notre Institut et aux intentions de nos vénérés Supérieurs.

Nous avons eu une Grand-messe extra solennelle comme il convient pour ce qui n'a lieu que tous les cent ans ; une messe à quatre voix chantée par les élèves 'de nos trois établissements et un groupe choisis d'artistes amis et d'anciens élèves, le tout accompagné par la Musique renommée qu'avait mise gracieusement à notre disposition Mr le Gouverneur du Département, ancien élève de notre Collège Saint Louis de Cali.

Le sermon de circonstance fut donnée éloquemment par le R : Père Supérieur des Rédemptoristes, le R. P. Cornaert, qui tient à honneur, dit-il, d'avoir deux de ses frères dans notre congrégation et qui connaît bien nos Supérieurs de la province de Beaucamps.

Pour cette occasion solennelle, Mr le Curé voulut bien permettre que la messe paroissiale eût lieu ce jour là, dans la vaste et magnifique église élevée récemment dans la localité par les Pères Rédemptoristes sous le nom de Templo del Señor de los Milagros. Jamais elle ne s'était vue si bien remplie. L'affluence y était peut-être plus grande encore que le jour même des grandes fêtes de sa Consécration présidées, il y a dix ans, par l'Internonce apostolique et plusieurs évêques.

Les Révérends Pères se sont montrés à notre égard d'une complaisance et d'une générosité que ne pourra jamais égaler notre reconnaissance. Non seulement ils n'ont mis aucune difficulté à ce que la solennité eût lieu dans leur église ; mais leurs Frères coadjuteurs se sont surpassés pour l'ornementation. Tout ce qu'ils avaient de plus beau, ils l'ont sorti comme pour leurs fêtes les plus extraordinaires. Et ils n'ont rien voulu accepter !

Après la Messe, Te Deum solennel ; et, après la sortie et le, défilé de nos élèves, dîner de famille chez nos Frères de l'Ecole communale. Mr le Curé, le R. Père Supérieur des Rédemptoristes, et plusieurs autres prêtres amis de notre Institut nous honoraient de leur présence.

Détail curieux : une vénérable Sœur de Saint-Vincent de Paul, retirée au collège que ses Sœurs dirigent ici à Buga, me rappelle à peu près chaque fois que j'ai l'occasion de la rencontrer cheminant tout doucement vers leur chapelle, qu'elle a bien connu notre vénérable Fondateur à Oullins, près de Lyon. Comme je lui demandais un jour quelle impression elle en avait gardée : ‘’Je ne l'ai jamais approché de bien près, me répondit. elle ; mais à première vue on remarquait en lui une grande humilité, beaucoup de simplicité et une grande bonté derrière sa timidité naturelle. — Un peu partout, ajoutai-je, il manifeste son crédit auprès de Dieu par de nombreuses faveurs extraordinaires. — Cela ne m'étonne pas du tout, fit-elle vivement : pour le peu que j'ai eu l'honneur de le connaître, j'en ai toujours gardé l'idée comme d'un saint et d'un homme de Dieu’’. Elle a 94 ans, dont elle a passé 60 en Amérique !

 

6° A Roma du Basutoland (Afrique du Sud)

Nos lecteurs savent que cette école fut fondée en 1907 par nos Frères de l'Afrique du .Sud en faveur des nègres du Basutoland, avec l'approbation et le bienveillant concours de Mgr. Cénez, O. M. L, Vicaire apostolique de la contrée. Depuis lors, comme à toutes œuvres qu'il veut bénir, Dieu ne lui a pas ménagé les épreuves, dont la mort soudaine et prématurée de son premier directeur, le C. F. Félix, et le terrible cyclone du 22 décembre 1912 sont les deux plus mémorables exemples ; mais elle parait aujourd'hui, grâce a Dieu, à peu près sortie des difficultés des débuts et parvenue, sous la direction dévouée du C. F. Frédéricus, à une prospérité qui, nous l'espérons, s'accroîtra encore.

Là aussi, on a eu à cœur de ne pas laisser inaperçue la grande date du Centenaire, et on a trouvé dans Mgr le Vicaire apostolique et les bons Pères Oblats, qui dirigent la Mission, le même cordial acquiescement et le même concours dévoué que nous venons de voir ailleurs.

La solennité avait été fixée au 18 avril, mercredi de Quasimodo… La veille au soir, arrive, avec une escorte de 50 cavaliers, le représentant du Grand Chef, dont les deux fils sont à l'Etablissement, et qui s'excuse de ne pouvoir venir lui-même.

Après les compliments de l'une et l'autre part, comme aurait dit le bon La Fontaine, on lui fait présent d'un bœuf pour régaler ses hommes et on l'invite, avec les Conseillers du Grand Chef, à prendre ses repas avec la Communauté. N'ayant pas d'appartements à leur offrir, on recourt pour le logement à la complaisance des bons Pères, qui n'est jamais en

défaut. Quant aux cavaliers de l'escorte, ils s'installent à leur fantaisie, selon leur usage coutumier, à l'hôtel de la Belle Etoile ; et, à 7 heures et demie, après l'Angelus, les trois belles cloches de l'Eglise annoncent à toute volée l'approche des fêtes du Centenaire. Alléluia !

Le lendemain après la méditation, avant la messe de communion, où doit se faire la rénovation des vœux, un des Pères de la Mission fait à la communauté une belle allocution toute de circonstance, où, prenant pour texte le premier verset du Magnificat, il invite les Frères à en dire joyeusement les paroles avec Marie, car non seulement, en effet, Dieu a fait en eux de grandes choses, mais par eux et leurs frères en religion il a fait de grandes choses, et les exhorte à exceller dans l'humilité qui, en eux et dans leur Institut comme en Marie, a été le principe de tout cela.

A 9 heures et demie, Messe pontificale d'action de grâces, où assistaient, en plus des officiants, sept prêtres en surplis. Les Kyrie, le Gloria et les autres chants communs furent très bien rendus en 4 parties par les élèves de l'établissement, de même que plusieurs motets également polyphones.

Après l'Evangile le R. P. Valat prononce un éloquent sermon, où il met en relief la difficulté et conséquemment le mérite de l'œuvre des Frères, un peu partout, mais surtout au Basutoland ; d'où les raisons, pour les catholiques de ce pays, de leur être particulièrement reconnaissants. Quoique ce fat un jour sur semaine, la grande église était remplie de fidèles, qui avaient tenu à venir joindre leurs actions de grâces à celles des Frères et leur donner une preuve d'affectueuse sympathie.

A leur dîner de famille, à midi, les Frères avaient pour hôtes Mgr l'Evêque, les RR. Pères de la Mission et leurs Frères coadjuteurs, qui avaient bien voulu ajouter cette marque de sympathie à tant d'autres qu'ils leur ont données à cette occasion. Au dessert, Monseigneur se leva et s'exprima en ces termes si bienveillants :

Mes chers Frères,

Permettez-moi de nie faire l'interprète de tous les Oblats du Basutoland, de ceux qui sont ici et des autres qui voudraient bien y être, pour vous offrir nos félicitations à l'occasion du Centenaire de votre fondation.

Quand nous étions jeunes, un siècle c'était pour nous le synonyme d'une éternité ; mais quand on a vécu plus de la moitie de cet espace de temps, cent ans sont loin de paraître aussi longs. Cependant cette période a suffi à votre Congrégation pour se multiplier de façon étonnante et s'étendre sur le monde entier ; personne n'arriverait à s'imaginer tout le bien qu'elle a fait et les millions de vies qu'elle a dirigées par une bonne éducation. Il est évident que la main de Dieu était avec vous, remplie de toutes ses grâces. En le remerciant avec vous, nous vous en félicitons.

Votre Vénérable Fondateur est à peine disparu d'au milieu de vous que voilà sa cause introduite et nous espérons avec vous le voir bientôt monter sur les autels. Le nôtre (pauvres évêques !) on n'en parle pas encore4. Soyez en félicités.

Et pour en venir à cette œuvre que vous avez fondée en Basutoland, je crois devoir réparer une erreur commise, ce matin, par le R. P. Valat dans son instruction quand il voulait m'en attribuer le mérite. Hélas ! ce mérite ne me revient pas, mais bien au zèle, à l'esprit de foi et au dévouement du cher Frère Frédéric. C'est lui qui s'est offert à venir aider les Oblats dans cette œuvre d'abnégation et de dévouement pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Qu'il en soit encore félicité ainsi que tous ceux qui lui ont prêté leur concours dévoué.

Cinq d'entre eux ont déjà reçu leur récompense, et leurs restes reposent à côté des indigènes qu'ils sont venus évangéliser ; ils sont les pierres de fondation et un gage de persévérance pour votre œuvre. Ils me rappellent une parole du Rév. Père Lebreton, qui, un jour, .dans ses courses apostoliques à travers les montagnes, étant tombé malade loin de toute mission, se consolait d'y mourir en pensant que sa dépouille n'y resterait pas abandonnée, mais qu'elle nous obligerait d'établir près d'elle une mission permanente.

Les croix, gage de tout vrai succès, ne vous ont pas manqué, et la mort subite d'un de vos élèves, dimanche dernier, semble présager que Dieu continuera de bénir vos travaux ; c'est par la croix qu'il a sauvé le monde, c'est par la croix que vous aussi vous sauvez les âmes. Le tout, est de la bien porter, et nous vous félicitons du courage et du dévouement que vous y avez montré jusqu'à présent.

Avec, nos félicitations, recevez aussi nos vœux : Nous demandons au Ciel avec vous que bientôt votre Fondateur reçoive les honneurs de la Béatification.

Nous souhaitons que votre admirable Congrégation continue de se multiplier et qu'après les temps désastreux que nous traversons, elle rentre en possession des établissements et des œuvres dont elle a été spoliée.

Nous souhaitons tous et de tout cœur que votre œuvre de Roma continue de marcher du même pas et de progresser dans les mêmes proportions qu'elle l'a fait ces deux ou trois dernières années. Enfin quand on fait le jubilé d'une personne, on lui souhaite encore de nombreuses années : ° Ad multos annos'. ,. Ce serait trop peu dire pour une Congrégation. Je lève mon verre et je souhaite à la vôtre la perpétuité : In perpetuum ! ! !

En termes du cœur, le Frère Directeur remercia Sa Grandeur et les bons Pères d'avoir bien voulu se .déranger pour donner à cette double fête du centenaire de la fondation de l'Institut et du cinquantenaire de l'arrivée d' s Frères dans l'Afrique du Sud la faveur si désirée de leur honorable présence ; exprima le désir et l'espoir que le second centenaire trouve au Basutoland une chrétienté fervente et florissante, où, sous le haut patronage des Révérends Pères Oblats, une plus nombreuse phalange de Petits Frères de Marie vraiment animés de l'esprit de leur Vénérable Fondateur dépense généreusement son zèle à guider vers Jésus-Christ et sa divine Mère les petits noirs régénérés.

La soirée en bonne partie fut occupée très agréablement par une séance musicale et athlétique donnée par les élèves devant un public de plus de 600 personnes, dont le contentement et la sympathie se traduisirent par de fréquents et chaleureux applaudissements.

Le lendemain, jeudi, la matinée, après la Messe et la Bénédiction du Saint-Sacrement, où assistait beaucoup de monde, fut consacrée à des jeux sportifs très réussis, et la soirée à un concert fort amusant, arrangé par les enfants eux-mêmes, et où se reflétaient naïvement, mais non sans un certain art instinctif, les mœurs et les usages des Basutos dans leurs villages..

Le représentant du Grand Chef, qui avait assisté avec son escorte à tous les exercices, exprima hautement sa satisfaction.

« J'ai voyagé dans tout le Sud de l'Afrique, dit-il, et je dois dire que je n'ai pas rencontré de meilleure école que la vôtre. Ce que je viens de voir et d'entendre ici, je le garde dans mon cœur et je vais le raconter au Grand Chef, qui sera certainement heureux de l'entendre».

Le vendredi matin, service solennel pour tous les membres et les bienfaiteurs défunts de l'Institut, et le soir, à la tombée de la nuit, sous un ciel parsemé d'étoiles, pèlerinage au Calvaire en plein air qui domine la maison et dont toutes les stations avaient été brillamment illuminées. Du pied de la grande croix, après avoir dit la prière pour gagner l'indulgence, les élèves de leurs voix sonores font retentir l'air de quelques beaux cantiques.

Alleluia ! Deo gratias !

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1 (1) De plus, à la môme occasion, Son Eminence eut la paternelle attention d'envoyer, au R. Frère Supérieur Général son portrait en grand format avec sa Bénédiction autographe, formulée en ces termes si pleins d'affectueuse bienveillance :

" Nella fausta ricorrenza centenaria della fondazione del santo e carissima Istituto dei Piccoli Fratelli di Maria, con tutto il cuore imploro dal Signore una specialissima benedizione sul R.mo Superiore Generale, Fratel Stratonico, e su tutti i Fratelli componenti il Consiglio Generale di direzione e di amministrazione, perchè in essi si mantenga sempre vivo il sublime ideale del Ven. Fondatore ,,.

Roma, 2 Gennaio 1017.

F. Card. Giustini, Protettore.

C'est, à l'égard de notre éminent Protecteur, une nouvelle dette de reconnaissance, que nous nous efforcerons d'acquitter par un redoublement de vénération filiale et de bonnes prières a son intention.

2 Du Canada, du Mexique, de Colombie, du Brésil Centre, du Brésil Sud, du Brésil Nord, de l'Argentine, de Chine, de l'Espagne, et d'Ecosse, notamment, nous sont venues à ce sujet des relations charmantes.

3 Cf. Le Saint Sacrement, Livr. IV, Sect. 2.

4 Sa Grandeur fait allusion a Mgr de Mazenod (1782-1861), évêque de Marseille et fondateur des RR. Pères Oblats de Marie Immaculée, qui ont fait et font encore tant de bien dans l'Eglise. Nous saunes fondés à espérer que ce qui n'a pas encore été entrepris pour sa canonisation ne tardera pas à l'être, à la grande satisfaction de tous ceux qui connaissent ses vertus et les grandes œuvres opérées par ses fils spirituels. (Note de la Rédaction).

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