Ecole de Huánuco

15/Sep/2010

Huanuco est une ville du Pérou centro-oriental, capitale du Département et de la province de même nom. Sa population est de huit à dix mille âmes, Elle est située en plein massif andin, dans la magnifique vallée où coule, encore tout près de sa source, l'Huallaga, le premier grand affluent du Marañón, qui devient plus tard l'immense fleuve des Amazones. Une distance de 270 Km, la sépare de Lima, dans la direction du N-N-E ; mais pour les 2/3 elle peut être franchie en chemin de fer. La ville elle-même n'est guère qu'à 1850 mètres d'altitude ; mais pour s'y rendre, il faut passer par des hauteurs de plus de 4.000 mètres.

Dès 1909, son zélé et pieux évêque, S, G, Mgr Drinot, avait demandé de nos Frères pour diriger une école primaire, en attendant qu'il pût leur confier, aussi un collège et une école d'arts et métiers qu'il se proposait d'établir. Mais la pénurie de sujets ne permit pas tout d'abord aux Supérieurs de lui donner satisfaction.

Ils n'avaient cependant pas perdu de vue sa demande et lui, de son côté, ne manquait pas de la renouveler fréquemment. On fit donc un effort en 1912 pour lui envoyer trois Frères sous la direction du Frère Modesto, qui avait été un des fondateurs de la communauté du Callao.

Leur œuvre ne fut pas sans difficultés ; mais on peut dire qu'elle a été tout de même, ou peut-être à cause de cela même, bénie de Dieu et fructueuse pour les jeunes âmes de cette population, qui a beaucoup souffert de l'ignorance religieuse, mais où abondent encore, grâce â Dieu, les hommes de bonne volonté.

A leur tâche ordinaire de faire la classe, tous les jours ouvrables, de 8 à 11 heures ½ du matin et de 1 à 4 heures 1/2 du soir, ils ajoutèrent, à la demande de Monseigneur, d'aller faire le catéchisme, tous les jeudis pendant une heure aux enfants grands et petits des écoles publiques, et de les préparer à la Première Communion. Il y en avait, les pauvres délaissés, qui étaient arrivés à l'âge de 20 ans sans savoir, au moins d'une manière pratique, ce que c'était que Confession ni Communion.

Ce fut une consolation pour eux d'en voir un bon nombre apporter à se laisser instruire, une docilité et un bon vouloir que le divin Maître récompensa par des grâces tout à fait spéciales, L'année dernière, le jour de la Fête-Dieu, ils eurent la joie d'en voir 250 au moins s'approcher de la Sainte Table, avec des dispositions très édifiantes.

Depuis lors, l'œuvre a continué : mais le travail des Frères s'est allégé en ce sens qu'ils sont présentement aidés, dans leur fonction de catéchistes volontaires, par leurs grands élèves — dont quelques-uns séminaristes — qu'ils ont formés à cela.

Quant à l'école, elle n'a pas cessé non plus de bien aller. Elle a actuellement 200 élèves, dont une quarantaine d'internes, Monseigneur se dit très satisfait.

Malheureusement la charge est bien lourde pour les trois Frères qui composent la communauté. Ils auraient besoin d'être au moins le double, d'autant plus que leur œuvre promet de s'accroître encore ; mais où en prendre, hélas ! pour leur adjoindre, lorsque les rangs déjà trop clairs en tant d'endroits, ont dû s'espacer encore par le départ des 500 et plus qui ont dû abandonner le poste qu'ils occupèrent dans l'éducation pour aller prendre celui qui les attendait sous les drapeaux ?

Des maux affreux de la guerre, délivrez-nous, Seigneur, Dieu de la Paix !

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