Education de la piété

F. D.

25/Sep/2010

C'est le thème d'un excellent opuscule1 qui nous est tombé dernièrement sous la main, et que nous nous faisons un plaisir de signaler à ceux de nos lecteurs qui ne le connaîtraient pas encore. Notre persuasion est qu'ils seront vivement intéressés, comme nous l'avons été nous-mêmes par la rare connaissance de l'âme enfantine qu'il suppose chez l'auteur, par le parfum de zèle industrieux et plein de sollicitude qui s'exhale de toutes ses pages, et par le caractère éminemment pratique de sa méthode, qui le rend vraiment digne, à notre humble avis, d'être le vade mecum du Maître chrétien désireux avant tout d'inspirer à ses élèves une piété solide et durable, qui est la meilleure garantie de leur persévérance dans le bien. Sans prétendre aucunement remplacer ni même suppléer le vrai texte, qui non seulement est à lire in extenso, mais à étudier, et à méditer, les lignes qui suivent voudraient du moins inspirer le désir de le connaître, dans la conviction que cela équivaudrait, ou peu s'en faut, à le faire apprécier.

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Faire de ses élèves de vrais chrétiens, c'est-à-dire des chrétiens fervents, éclairés, solides, zélés, soucieux, en un mot, d'honorer leur nom et leur foi par la pratique des vertus évangéliques qui en font le caractère: telle est bien certainement la préoccupation de tout bon religieux éducateur, car c'est là, en somme, sa véritable raison d'être, la condition sans laquelle on ne le comprendrait pas.

Il ne peut, à la vérité, se dissimuler que, pour l'accomplissement d'une si grande tâche son action personnelle n'est, au fond qu'un facteur et qu'elle serait comme fatalement condamnée à la stérilité s'il ne réussissait à lui associer d'une part la bonne volonté de l'enfant et d'autre part le secours de la grâce sans laquelle on ne peut rien dans cet ordre d'idées; et c'est pourquoi justement la meilleure part de ses soins a pour but la poursuite de ce double objet.

Mais, dans ces limites, il sait quelle est nécessaire, obligatoire par conséquent, et, pour la rendre efficace, il n'est pas d'effort qu'il ne soit disposé à faire, de sacrifice qu'il ne consente volontiers à s'imposer. Tout en s'en remettant pour le succès aux dispositions de la Providence, il ne se tient pour satisfait, en ce qui le concerne, que si sa conscience peut lui rendre le témoignage qu'il n'a rien négligé, pour l'obtenir, de ce qui lui était moralement possible.

Ne peut-il pas arriver cependant que, même avec de si bonnes dispositions, avec des intentions si droites, avec des vues si justes par certains côtés, on devienne véritablement à son insu la cause d'un insuccès au moins relatif, qui n'était nullement dans les desseins de la Providence?

Si, malheureusement, cela peut arriver, et cela n'arrive en effet que trop souvent dans la culture de la piété chez les jeunes âmes, soit que nos efforts, trop incohérents, manquent d'unité et d'enchaînement logique ; soit que nous nous attachions trop exclusivement à obtenir des actes extérieurs, sans nous soucier assez du principe dont ils émanent ; soit enfin que notre zèle à nous-mêmes consiste trop uniquement dans l'emploi de moyens extérieurs, sans avoir pour principe et pour aliment une vie intérieure assez intense.

Et c'est pourquoi notre auteur pose très justement en principe que, pour faire naître chez les enfants une piété vraie, solide et durable, une piété personnelle qui ait sa source dans la foi et les sentiments du cœur et non une piété mécanique, faite d'entraînement plus que de convictions, et prompte à s'évanouir clés qu'au milieu éminemment favorable qu'est l'Ecole chrétienne succède un milieu indifférent ou plus ou moins hostile, il faut au maître chrétien:

Une méthode très précise qui lui suggère toujours au moment opportun quels exercices essentiels il faut demander à tous, quels exercices de surérogation il convient de proposer aux plus fervents, dans quelle mesure conseiller la fréquentation des sacrements, quels efforts personnels il faut demander pour la préparation à la communion, etc…., afin d'obtenir d'une part que tous les enfants s'acquittent avec toute la ferveur possible des exercices pieux qui se font en commun et que d'autre part une bonne élite d'entre eux y ajoutent, pour leur propre compte et en leur particulier, quelques exercices supplémentaires de simple conseil ;

Une méthode animée d'une piété personnelle vive et profonde, puisée dans l'amour de Dieu et dans l'ardent désir de faire du bien aux jeunes âmes, qui, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, lui enseignera les meilleurs moyens de s'y prendre pour mettre les enfants en présence de Dieu, leur inspirer un vif désir de lui être agréables, et d'obtenir de Lui les grâces dont ils ont besoin.

Une grande fidélité à appliquer constamment cette méthode sans se lasser ni se décourager, ayant soin de préparer chaque jour les prières et les autres exercices pieux de la classe avec autant et même plus de soins encore que les autres parties de son programme tout en comptant, pour en assurer le fruit, beaucoup plus sur la grâce de Dieu que sur son industrie personnelle.

A la base de toute vraie et solide piété, doivent se trouver un certain nombre de sujets capitaux qui sont les véritables piliers de cet édifice surnaturel. Ce sont : la prière, la sainte Messe, la fréquentation des sacrements, la préoccupation des fins dernières, l'apostolat et la dévotion à la T. Sainte Vierge. Sur chacun de ces points, l'auteur donne des conseils et des directions à la fois très pratiques et très efficaces que nous allons aborder successivement avec lui, en nous contentant, cela va sans dire, d'en effleurer les sommets.

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En ce qui concerne les Prières, il faut viser tout d'abord à obtenir que les enfants prennent l'habitude de réciter chez eux, avec une assiduité absolue, les prières essentielles du matin et du soir. Nous avons souligné l'expression chez eux, parce qu'il importe de ne pas les induire à assimiler les prières à des exercices scolaires.

Les jours où ils font la prière en classe avec les autres, cette prière pourra être courte; mais il est essentiel qu'elle ne soit pas manquée. Les jours de congé, il conviendra qu'elle soit plus longue, tout en les avertissant qu'ils n'y sont pas obligés sous peine de péché et que Dieu, sous ce rapport, demande plutôt la qualité que la quantité.

Dans les prières qui se font en classe comme dans celles que les enfants font en leur particulier, le bon maitre cherche avant tout à obtenir d'eux une vraie ferveur personnelle, c'est-à-dire qu' ils prient avec attention, avec cœur afin qu'ils en retirent le plus possible de grâces; et pour cela, il tâche de leur inspirer, d'une manière habituelle, les sentiments qu'ils doivent avoir en priant: présence de Dieu, reconnaissance pour ses bienfaits, désir de lui plaire et d'attirer ses grâces, et de les amener à prier d'une manière conforme â ces sentiments par une attitude recueillie, un ton pieux, une allure posée, une diction intelligente; et pour cela il a soin, au début de la prière, de leur rappeler par quelques mots très simples mais bien sentis le souvenir de la présence de Dieu et de réveiller leurs sentiments de piété.

Outre ces prières essentielles du matin et du soir, qui se font à la maison ou en classe, en commun ou isolément, il faut s'efforcer d'obtenir que les enfants, chacun selon leur dévotion, fassent en leur particulier quelques prières facultatives de bonne volonté, ou s'imposent quelques pratiques pieuses comme d'offrir à Dieu, une fois par jour, pour le soulagement des âmes du Purgatoire, toutes les indulgences qu'ils pourront gagner; de réciter une ou plusieurs fois par jour les prières du Scapulaire bleu, de dire un, deux, trois Ave Maria avant de se mettre au lit, de faire au moins une fois le jour une visite au Saint Sacrement, etc. Il serait bon de les inviter à choisir pour l'accomplissement de ces pratiques une heure fixe et commode, afin de ne pas les oublier.

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En tête de toutes ces pieuses pratiques, se place naturellement l'assistance à la sainte messe, qui est non seulement l'action la plus auguste et la plus sainte du Christianisme, mais encore celle qui rend à Dieu le plus d'honneur et nous procure à nous-mêmes la plus grande abondance de grâces. Il est donc particulièrement important que les enfants prennent l'habitude de ne jamais y manquer quand elle est d'obligation, et que de plus ils se fassent un pieux devoir du cœur d'y assister le plus souvent possible, même quand ce n'est pas de précepte. Et pour cela, il convient de leur répéter souvent, en s'efforçant de le leur faire bien comprendre, que les Dimanches et les fêtes l'assistance à la sainte messe étant une grave obligation de conscience, il faut, pour pouvoir s'en dispenser, une raison grave, plus grave, par exemple, que pour manquer la classe; et que, même les autres jours, se priver de la sainte messe quand on pourrait facilement y assister, c'est, sinon faire un péché, se priver tout au moins de grâces précieuses et par conséquent faire tort â son âme.

Il est d'usage assez général, dans les écoles chrétiennes, de conduire les enfants tous ensemble à la sainte messe, soit les dimanches et fêtes soit même les jours sur semaine; et, à beaucoup de points de vue, c'est une pratique très recommandable. Mais elle a le sérieux inconvénient d'exposer les élèves, à regarder la sainte messe comme un exercice scolaire semblable à tous les autres et, s'ils n'appartiennent pas à des familles foncièrement chrétiennes, à s'en dispenser, une fois sortis de l'école. On comprend donc combien il serait désirable, tout en conservant les avantages, de pouvoir écarter ce danger. Ce sera faire beaucoup dans ce but que d'attirer souvent l'attention des enfants sur l'erreur regrettable qu'il y aurait à tomber dans cette confusion, et de leur rappeler que l'assistance à la sainte messe n'est nullement un exercice scolaire, mais, selon le cas, un devoir rigoureux qui oblige toute la vie, ou une pratique de religion aussi excellente que pleine de consolation.

Mais il ne suffit pas d'obtenir l'assistance, même assidue et volontaire, à la sainte messe : il faut encore arriver, dans la mesure du possible, â ce que les enfants y assistent non d'une manière distraite et passive, mais avec attention, avec foi, avec piété, afin d'obtenir ainsi dans une plus large mesure les grâces précieuses et abondantes que Notre Seigneur lui-même vient nous y offrir, et pour cela il importe de les instruire opportunément, selon leur âge, de tout ce qui a trait à ce divin sacrifice, leur apprenant à suivre d'eux-mêmes, sans attendre de signal, les prières et les mouvements propres à chaque partie;. les habituant surtout, au moment de la consécration, à penser à Notre Seigneur qui vient parmi nous, à le prier tout bas, en inclinant la tête, lui demandant la grâce de l'aimer toujours davantage, de mériter le ciel, etc. …; aux plus grandets, qui savent déjà lire et comprendre, il sera très utile d'apprendre à se servir de leur dévotionnaire ou de leur paroissien, pour s'unir au prêtre, en récitant avec lui les prières propres aux divers moments du rite sacré.

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En plus de leur objet spécial, les prières et l'assistance au saint sacrifice de la messe constituent la meilleure préparation à la digne et fréquente réception des sacrements de Pénitence et d'Eucharistie, qui est le pivot de toute vie vraiment chrétienne. L'éducateur pieux et zélé ne l'oublie pas; sa préoccupation favorite est d'obtenir le plus possible de communions ferventes préparées par de bonnes confessions, Et c'est ici surtout que le livre que nous analysons pourrait lui être une direction excellente.

La pensée qu'il ne perd jamais de vue, sur ce point comme sur les autres, est que, s'il importe d'obtenir beaucoup de confessions et de communions, il importe beaucoup plus encore de les obtenir pieuses, ferventes et, autant que possible, spontanées, procédant d'une piété "personnelle'' et non d'un entraînement irréfléchi ou d'une sorte de respect humain à rebours. C'est pourquoi, dans l'organisation, de la fréquentation des sacrements dans les écoles chrétiennes, il distingue deux méthodes: celle des communions générales, pour lesquelles les enfants se confessent pendant la classe à des jours déterminés, et la méthode des communions individuelles, pour lesquelles chaque enfant va se confesser individuellement quand il veut, en dehors des heures de classe; et il pose comme règle générale que la formation d'une piété sérieuse et intense doit consister en une heureuse combinaison de toutes deux. Il faut que, de temps en temps, il y ait des confessions pendant la classe, afin que le confesseur, prenant les enfants par "petits groupes", ait mieux le temps de les former à loisir, et aussi, pour réveiller, par l'influence du bon exemple, les indifférents qui ne sont pas encore capables de prendre d'eux-mêmes une initiative aussi considérable; mais il faut aussi à tout prix habituer les enfants à se confesser et à communier d'eux-mêmes, indépendamment des autres. Dans les deux cas, le principal rôle appartient naturellement au confesseur, qui a pour cela une mission et des grâces d'état spéciales ; celui du professeur consiste surtout à le seconder, soit en instruisant solidement ses élèves de tout te qui a trait au sacrement de pénitence, soit en insistant souvent et avec cœur sur l'importance de s'en approcher fréquemment et avec les dispositions requises, soit enfin en disposant toutes choses, d'accord avec le confesseur, pour que les enfants puissent facilement se confesser quand ils le désirent, sans qu'il en résulte d'abus, pour eux ni pour la classe.

Il en est de même en ce qui regarde spécialement la communion, qu'il importe si fort de rendre fréquente, spontanée et fervente. Ici encore, le principal rôle appartient au Confesseur; mais quel précieux concours peut y apporter un professeur vraiment pieux, zélé et saintement industrieux, qui a pris à cœur d'amener ses élèves à penser souvent à leur prochaine communion et à faire chaque jour quelque chose pour s'y préparer: prières pour demander la grâce de la bien faire; efforts pour rendre dans ce but leurs prières particulièrement ferventes, pour passer une heure, une demi-journée, une journée sans rien faire de répréhensible; sacrifices légers, comme de ne pas s'accouder, de se gêner pour les autres, de s'abstenir de parler, etc.; sacrifices qui coûtent, comme de se priver entièrement d'un dessert, d'une partie de plaisir,… il sait tout leur suggérer à propos, il obtient souvent d'eux des actes de générosité vraiment touchants pour "faire plaisir à Jésus'', pour se préparer à le bien recevoir. Et qui pourrait dire combien de grâces en sont la suite !

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La grande pensée qui doit préoccuper l'esprit d'un maître vraiment chrétien, dans les soins qu'il se donne pour former ses élèves à la piété, c'est le souci de leur destinée après la mort. Les préserver de la damnation éternelle, en faire des élus pour le ciel, où ils jouiront éternellement de la vue de Dieu, tel est le but de tous ses efforts; telle est la grâce qu'il demande à Dieu dans toutes ses prières, et qu'il les invite avec une inlassable insistance â demander dans les leurs, afin de graver d'une façon aussi inoubliable que possible dans leurs esprits et dans leurs cœurs une notion très nette des fins dernières, des condition du salut, la préoccupation de le réaliser à tout prix, le souci d'éviter le péché mortel, de vivre habituellement en état de grâce et d'y rentrer au plutôt par une bonne confession quand ils ont eu le malheur d'en sortir par un péché grave, ou même dès qu'ils ne sont plus sûrs d'y être. Et. comme toujours, notre auteur donne, pour y arriver, des moyens très opportuns, que nous recommandons à sa suite : faire, dans le catéchisme de classe, une large part aux fins dernières ; faire prendre l'habitude de se demander chaque jour, à certains moments favorables, par exemple le soir au moment de l'acte de contrition : Irai-je au ciel ?….. Irai-je en enfer?…; de demander souvent au bon Dieu, particulièrement à la sainte messe, au moment de la consécration la grâce d'une bonne mort; de faire beaucoup de bonnes communions afin de gagner le ciel, d'y avoir une belle place auprès de Dieu, etc. …

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Quand la piété est vive et sincère, elle aime à se couronner de l'esprit de zèle et d'apostolat qui n'en est pas seulement la conséquence toute logique et une des formes les plus caractéristiques, mais l'aliment et le soutien. C'est peut-être en essayant d'entraîner les autres au bien que l'enfant s'y entraîne et s'y fortifie le plus efficacement lui-même, comme c'est en enseignant qu'on réussit le mieux à apprendre. La pratique du zèle, dans la forme et la mesure où elle est accessible aux élèves selon leur âge et leur condition, peut donc être considérée comme un des facteurs les plus importants de la piété dans les écoles chrétiennes. Il peut consister, d'abord à plaindre le malheur des pauvres âmes qui vivent en dehors des pratiques salutaires de la religion et à prier souvent pour elles, par exemple pour les âmes qui vont bientôt paraître devant Dieu et qui ne songent pas à s'y préparer, particulièrement s'il s'agissait d'âmes de leurs parents ou qui ont droit de leur être chères à quelque autre titre. Puis, à la prière, il peut joindre discrètement l'action. Un enfant pieux peut demander par exemple affectueusement à sa mère, à son père de l'accompagner à la sainte messe, à la sainte Table, surtout si c'était le jour de sa Première communion ; à ne pas travailler ou à ne pas les faire travailler les jours de dimanche et de fête parce que le Bon Dieu le défend ; les aînés peuvent préparer leurs petits frères, leurs petites sœurs ou d'autres petits parents à la première communion privée, etc. …, etc. … Ce sont des entreprises que Dieu a toujours pour agréables et qu'il se plaît souvent à couronner d'un succès presque miraculeux, sans compter qu'elles initient et aguerrissent pour de plus compliquées qui se présenteront dans la suite.

Enfin, il serait difficile de comprendre une vraie et solide piété où n'entrerait pas comme un élément essentiel la dévotion à Marie, la céleste Mère de tous les chrétiens, notre toute-puissante avocate auprès de Dieu et le canal mystérieux par lequel il se plaît à nous faire arriver ses grâces. Si donc nous désirons faire pénétrer efficacement- dans l'esprit et le cœur de nos élèves la connaissance et l'amour de Jésus avec la ferme volonté de le servir fidèlement, n'oublions pas de travailler en même temps à leur faire connaître, aimer et servir Marie. Que le désir de leur inspirer une tendre et solide dévotion à cette divine Mère n'ait pas seulement sa place dans nos efforts, mais qu'elle en soit pour ainsi dire l'âme, nous souvenant que le plus sûr moyen d'arriver au Fils c'est de passer par la Mère : Efforçons-nous de leur faire prendre, et pour toute leur vie l'habitude de réciter chaque jour, sans jamais y manquer, une prière à la T. Sainte Vierge ; de se préparer par une neuvaine à ses principales fêtes ; de célébrer ces mêmes fêtes par une communion fervente et bien préparée ou de s'imposer en son honneur quelque autre pratique analogue, dans la confiance que ce sera pour eux une sauvegarde dans les périls de la foi et de la vertu en même temps qu'un gage de retour dans la bonne voie s'il leur arrivait de s'en écarter.

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Et, après avoir ainsi parcouru tout le cycle des dispositions et des pratiques les plus essentielles pour constituer une piété solide et durable; après avoir signalé, chemin faisant, les moyens pratiques de les inculquer profondément dans les jeunes âmes, l'auteur ajoute, pour terminer, cette observation qui se recommande d'une façon si légitime à l'attention des Maîtres chrétiens, comme d'ailleurs de tous les apôtres, quelle que soit la spécialité où se circonscrit particulièrement leur action :

‘’Si l'on applique jour par jour tous les moyens indiqués dans ce modeste "résumé", il y a toute probabilité que les enfants apporteront, au sortir de leurs classes, des habitudes sérieuses de piété dont on peut beaucoup espérer; mais à une condition : c'est que le professeur y apporte toute son âme pour entraîner les âmes de ses élèves et attirer en elles la grâce de Dieu, qui seule doit tout féconder.

Tel père, tel fils. Telle piété du Maître, telle piété des élèves. Vous réussirez à faire faire d'excellentes communions dans la mesure où vous puiserez vous-mêmes dans des communions nombreuses et préparées avec soin l'amour de Notre Seigneur que vous voulez communiquer à vos enfants. Leurs prières seront ferventes dans la mesure où vous y apporterez vous-mêmes plus de foi en la présence de Dieu et un désir plus vif d'attirer ses bienfaits sur votre classe.

Vous leur inspirerez une préoccupation profonde de leur éternité s'ils sentent que la préoccupation dominante de vos propres efforts est de les sauver, et de leur faire gagner plus encore de mérites pour le ciel que de bons points ou de bonnes places dans les concours''

                                                                                                                                     F. D.

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1 Petite Méthode pour l'Education de la Piété dans les Ecoles chrétiennes, par M. l'Abbé Viquesney. En vente: 76, rue des Pères, Paris.

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