Enseignement religieux en Australie

16/Mar/2010

II. « Catholic Evidence Method » pour l'enseignement de la religion : Quelques principes directifs.

L'enseignement.

a) Nous devons enseigner toute la classe et non pas seulement quelques unités. Tous les élèves, même les moins doués, préparent un travail et le donnent devant leurs camarades. Chacun d'eux aura le livre de texte, un Nouveau Testament et une bonne provision de livres de consultation et de références. Les publications de la C.T.S. (Catholic Truth Society), pour la propagation de la vérité catholique sont inappréciables et peuvent être acquises graduellement de manière à former une bibliothèque de classe. Les élèves eux-mêmes se les procurent.

En enseignant des points de doctrine nous nous assurerons que la classe saisit clairement l'enchaînement de l'exposé et comment il s'encadre dans l'enseignement catholique. Le maître se tiendra aux propositions suivantes comme à des principes directifs : Ce que j'enseigne est une partie du système doctrinal et doit être mis en relation avec l'ensemble; et encore : Cette doctrine est exposée à des attaques de divers côtés, je dois prévoir les moyens de défense.

En d'autres termes, au début de l'année scolaire, le maître disposera le programme (syllabus) en un tout cohérent et logique. Si le travail est réparti sur deux années (la 4ième et la 5ième), il donnera de meilleurs résultats.

Au commencement des cours, on en donnera un préliminaire et complet d'apologétique catholique, afin que les élèves aient dans l'esprit une esquisse du système catholique. Le minimum requis semble être ici : l'existence de Dieu ; l'historicité du Nouveau Testament ; la divinité du Christ ; le Christ, fondateur de l'Église ; l'Église catholique seule a les notes caractéristiques de l'Église du Christ, c'est pourquoi elle enseigne avec autorité divine.

Le cadre du système catholique sera parfaitement précisé et chaque point particulier de doctrine que nous avons à enseigner s'y rattachera. La Catholic Evidence Method fait ainsi de l'enseignement religieux un tout coordonné et non pas, comme il arrive trop souvent, une série de détails isolés.

b) Il est un second point pour l'enseignement de cette matière. Le maître exigera des étudiants une plus ample connaissance de ce que l'on peut appeler la littérature de la doctrine à discuter. Par exemple, au sujet du baptême, le maître enseigne, comme par le passé : le mode d'administration, les effets, ce qui le supplée, etc. … Mais les élèves étudieront tout ce que la Sainte Écriture contient par rapport au baptême : conversation de Notre-Seigneur avec Nicodème, du diacre Philippe avec l'eunuque, saint Pierre et Corneille, etc. …

L'utilité de ceci, c'est que les enfants se familiarisent avec l'Écriture comme avec une narration cohérente ; ils voient les doctrines actuelles enseignées et pratiquées dans la primitive Église ; ils connaissent la base scripturaire, l'histoire de leurs croyances.

En ce qui concerne l'emploi de l'Écriture, quelques points pratiques sont à noter, à la fois pour l'enseignement et pour la Lecture (conférence finale). 1) Confiez à la mémoire les textes importants. Le maître doit se les rendre parfaitement familiers, car les élèves apprennent rapidement les textes qui reviennent fréquemment sur ses lèvres. Mais il faut aussi que les élèves eux-mêmes étudient les textes et sachent les épisodes évangéliques les plus importants. 2) Pendant la leçon ayez toujours le Nouveau Testament en main et citez-le souvent. Pour la conférence elle-même, ne citez jamais de mémoire. Employez le livre et faites lire à l'élève le verset qui précède le texte cité ainsi que le verset suivant. Cela empêche les citations tronquées des textes et les contresens sur un passage isolé. Faites en sorte que les élèves emploient dans leur conférence quelques textes qu'ils exploitent de leur mieux, plutôt que d'en prendre un grand nombre dont ils ne tirent pas de profit.

c) Un troisième principe directif pour l'enseignement de la leçon est essentiel. Il concerne la différence de méthode pour la présentation de la doctrine et de l'apologétique. En apologétique, il faut que, dès le début, les élèves voient nettement en quoi elle consiste et à quoi elle vise. Tout le processus se donne comme une investigation rationnelle. La question de l'inspiration et de l'autorité n'intervient pas. L'Église, la Bible et le Christianisme ne constituent pas ici comme la base de la croyance. L'apologétique est matière de philosophie et d'histoire.

Pour nos classes, les sujets mentionnés ci-dessus suffisent. Nous n'avons pas besoin de les traiter tous par l'Evidence Method, mais la série entière doit être connue et employée.

Pour l'existence de Dieu un argument sera suffisant : Cause première, Premier moteur, preuve par l'ordre de l'Univers (peut-être celui-ci est-il le meilleur pour les élèves).

Pour l'historicité des Écritures, il ne faut pas faire état de l'inspiration, mais considérer le verdict des savants et même des non-catholiques à cet égard. Pour la divinité du Christ, assurez-vous que l'argument est clairement exposé. Le Christ s'est affirmé Dieu. Il a opéré des miracles en son propre nom pour prouver sa déclaration. En conséquence, il était Dieu. Pour la fondation de l'Église, nous nous servons des évangiles comme d'un document historique ; par suite il est raisonnable d'accepter ce que l'Église enseigne.

Une fois arrivé à ce stade, on passe de l'apologétique au dogme chrétien et la méthode change immédiatement. L'argumentation, maintenant, s'appuie sur l'autorité. La doctrine de la Sainte Trinité, par exemple, ne peut pas être exposée comme un thème d'apologétique. Il ne faut pas confondre les deux méthodes de raisonnement, et les étudiants les distingueront aussi dans leurs devoirs écrits et leurs « lectures » ou conférences. Ainsi les preuves de l'existence de l'enfer se présentent d'une autre manière que celles de l'existence de Dieu.

En tout sujet purement doctrinal, il faut toujours partir de l'enseignement défini de l'Église. On ne le perdra pas de vue et on rattachera les choses enseignées à l'ensemble de la doctrine. Une fois établi l'enseignement de l'Église sur le sujet en question, on l'appuie sur les données de la Révélation et de la Tradition et finalement, on montre qu'il n'est pas contraire à la raison. Si ce mode d'argumentation est suivi, les élèves l'adopteront dans leurs travaux, et il leur sera possible d'aborder un sujet d'une façon scientifique.

En achevant le cours d'apologétique, il faudra expliquer clairement aux élèves que l'acte de foi est un acte surnaturel posé par l'intelligence dirigée par la volonté et sous l'influence de la grâce. L'acte de foi, a pour objet les vérités révélées par Dieu.

Les objections. Elles sont de deux sortes : celles présentées par le maître et celles avancées par les élèves.

a) Objections venant du maître. Ce sont celles que l'on peut considérer comme régulières. On les résout au cours du développement du sujet. On les place aussi à la fin de la leçon pour s'assurer que les explications sont comprises par les écoliers. Ainsi, parlant du baptême, on peut résoudre les problèmes soulevés au sujet de ce sacrement, par exemple : un hérétique peut-il administrer validement le baptême ? Dans cet ordre d'idées, c'est une excellente tactique que de proposer des cas et applications modernes. Cela donne beaucoup de réalité à l'instruction religieuse. De même, à propos de la Sainte Trinité, l'antique question : Si Dieu était sur la terre pendant trente-trois ans, ne manquait-il pas une personne à la Trinité ? est un bon moyen de se rendre compte si les élèves ont saisi, non seulement cette doctrine mais tout l'ensemble de la divinité du Christ et de l'Incarnation.

b) Objections venant des élèves. Celles-ci peuvent être préparées d'avance ou venir spontanément. Les deux genres sont bons et doivent être traités en classe. Si le maître ne peut résoudre la difficulté soulevée, il consultera un prêtre et donnera la réponse à la classe avant d'achever la matière. Les élèves peuvent trouver de ces problèmes dans des livres tels que : Question Box, Radio Replies, etc. …

Le maitre lui-même aura recours à plusieurs de ces livres pour choisir les exemples de difficultés destinés à son enseignement. L'ouvrage de Maisie Ward, Training Outlines donne à cet égard un excellent matériel. D'ailleurs le maître recueillera éventuellement une bonne liste d'objections parmi celles qui seront proposées au cours de l'année scolaire.

Les questions des enfants seront toujours sérieusement examinées. Ils peuvent poser des difficultés l'un à l'autre ainsi qu'au maître qui leur en propose de son côté. Mais quelle que soit l'objection, les élèves seront amenés à discuter la réponse autant que possible d'après certains principes directifs mis en lumière au cours de l'enseignement. Ainsi une question d'apologétique se ramènera à la base rationnelle et la réponse se développera de manière que l'objecteur puisse voir comment elle s'adapte à l'ensemble des études antérieures. S'il s'agit d'une objection en matière de doctrine, le questionneur devra reconnaître l'autorité enseignante de l'Église et alors accepter le dogme. S'il rejette ces prémisses, il n'y aura naturellement pas de terrain commun d'entente et la réponse sera abandonnée.

Ce procédé stimule l'intérêt des élèves qui se rendent compte que la religion a un aspect pratique. Le danger contre lequel il faut se prémunir est que l'exercice ne dégénère en une simple poursuite d'objections. Il faut donc avoir constamment en vue l'ensemble de la doctrine. Par exemple, à propos de l'Incarnation, l'antique question peut être posée : Si Marie est Mère de Dieu, elle a dû exister avant Dieu ? La réponse sera donnée en classe si les notions fondamentales ont été établies durant l'exposé de la doctrine, c'est-à-dire si la notion de personne est saisie (et cela n'est pas aisé !), si l'on ne confond pas existence avec naissance, anéantissement avec mort, si l'on sait que ce que faisait le Christ, Dieu le faisait, etc. L'objecteur peut être amené à résoudre lui-même sa propre question.

Les travaux écrits. Comme on l'a déjà indiqué, le devoir peut porter sur tout le sujet et être traité par toute la classe ou bien chaque aspect du sujet assigné a un groupe d'élèves. Ce second procédé paraît convenir à une classe nombreuse qui dispose d'un temps limité pour l'étude de la religion et les « lectures » appropriées. En troisième lieu, un seul élève développe le sujet ; en ce cas, il lui faut du temps et une direction pour cette étude particulière. Ce moyen convient à une classe peu nombreuse ou à un internat. Le premier procédé sera le plus généralement employé.

En tout cas, pour que le travail soit bien exécuté, le maître donnera un temps suffisant et les élèves auront les instruments nécessaires, tels que :

a) Un cahier de notes ; il est indispensable pour le bon fonctionnement du système. Le recueil de notes compilées pendant les leçons ou extraites des lectures personnelles sera une précieuse ressource pour l'élève quand il écrira son travail ou donnera sa conférence.

b) Un bon livre de texte ; chaque élève aura le sien. Le meilleur en anglais est probablement celui de Sheehan.

c) Une bibliothèque suffisante de consultation. Ainsi qu'il a été dit, les meilleures publications pour pays anglais sont celles de la C.T.S. (Catholic Truth Society). Les maîtres se tiendront eux-mêmes au courant de ces brochures et du catalogue et se les procureront selon les besoins. Il a été dit également que c'est aux élèves à acquérir les livres plutôt qu'à l'école. En outre, la classe devrait avoir à sa disposition : l'Encyclopédie Catholique, le Catéchisme du Concile de Trente et autres livres tels que Words of Life (Martindale) qui donnent comme la carte de toute la position catholique. Les maîtres formeront une bibliothèque scolaire de références selon leur expérience des besoins.

Au début et tout le temps peut-être, le maître aura à fournir aux étudiants une esquisse du devoir à écrire et devra corriger leurs efforts. Quand le travail est préparé pour être débité en public, cette attention s'impose davantage.

Voici un échantillon de canevas ou sommaire à fournir aux élèves :

 

PLAN D'UNE LECTURE

OU CONFÉRENCE SUR LA RÉSURRECTION :

Introduction : Importance du sujet (cf. I Cor., xv, 12-20). Analyse du texte et du contexte, puis résumé.

I. Le fait historique de la résurrection. (ce point est à développer tout au long.)

a) Témoignage des Évangélistes et de saint Paul. Ces témoins connaissaient la vérité ; disaient la vérité ; ils moururent en témoins de la vérité de la résurrection.

b) Le silence significatif de la synagogue. La résurrection était prêchée à Jérusalem même et non à des milliers de lieues de la localité dans laquelle on affirmait qu'elle s'était produite toute fraude eût été aisément découverte (cf. Actes, II, 22-40 ; IV, 10 ; IV, 33).

c) Le grand nombre de Juifs qui crurent à la résurrection précisément à Jérusalem même (cf. Actes, II, 41 ; IV, 4).

d) Brève réfutation des théories rationalistes (comme dans Sheehan).

II. La résurrection est réellement un miracle. (C'est-à-dire la vérité philosophique de la résurrection.)

Loi de nature que le mort ne revient pas à la vie. Celui qui peut revenir à la vie par sa propre puissance doit être le maître de la vie et de la mort (cf. Sheehan).

III. La vérité de la résurrection en relation avec l'enseignement révélé.

a) La preuve principale de la divinité du Christ (cf. Math., XII, 39-40).

b) Elle met le sceau de la divinité sur l’Église (cf. I Cor., plus haut).

c) Elle est le type et le gage de notre propre résurrection au dernier jour.

 

Livres à consulter : Sheehan, Book, 1 ; Catholic Encyclopaedia Ward, C. E. Training Outlines; Johnstone, Plain Talks on the catholic religion; Pope, The Godhead of Christ (E.C.T.S.) ; Jarrett, The Resurrection (E.C.T.S.).

Objections et réponses : Rumble, Radio Replies; Lambert, Answers to AtheistsConway, Question Box.

 

4° La conférence (The Lecture). Comme il a été dit, chaque élève passera à son tour pour donner une « lecture » ou petite conférence, non pas nécessairement devant un grand public mais devant une réunion ordinaire de la classe. Les élèves timides ont besoin d'être encouragés à parler. S'ils sont arriérés, on peut même leur permettre de lire leur travail plutôt que de donner une conférence. Mais tous auront leur tour.

Dans les débuts, non seulement le maître fournira le canevas et aidera à la préparation du petit discours, mais il le facilitera, en aidant pour l'expression aussi bien que pour la disposition, pour la manière de prévenir les objections comme pour y répondre. Il montrera aux élèves où ils devront introduire les textes scripturaires et comment les faire valoir. Plus tard, quand l'élève aura progressé, l'aide ne lui sera plus autant nécessaire et le maître pourra éventuellement placer au tableau noir une liste des « lectures » ou conférences pour la future réunion et laisser l'élève désigné faire le reste par lui-même.

Ceci est un idéal à poursuivre ; mais la marche pourra être lente et les maîtres seront tentés de se décourager peut-être. Qu'ils soutiennent l'enthousiasme et les bons résultats viendront.

Le temps accordé pour une « lecture » sera approximativement dix minutes. Il est difficile à un écolier, même des classes supérieures, de bien parler plus longtemps sur un sujet religieux. Dans nos propres écoles, si nous gardons l'instruction religieuse de trente minutes, nous aurons assez de temps pour une conférence avec questions et commentaires du maître. Si cependant on y consacre une heure entière, alors deux ou trois « lectures » peuvent être données et suivies de questions et commentaires.

Ces séances (Guild Meetings) devraient se tenir régulièrement. En quelques écoles, elles ont lieu tous les quinze jours ; en d'autres, chaque mois. Les réunions publiques, auxquelles les parents assistent, se font une ou peut-être deux fois par an. C'est dans les séances régulières en classe que le travail est meilleur. Pour nos propres écoles, avec leur programme chargé, six « guild meetings » par an semblent suffisants. Si, en ces occasions, on met un temps convenable, trois ou quatre conférences pourraient se donner. De cette façon, la plupart des élèves des classes supérieures auraient l'opportunité de parler en public.

 

Quelques remarques secourables:

a) L'élève récitera son petit discours au lieu de le lire.

b) Il aura un Nouveau Testament et s'en servira au besoin.

c) Le maître fait fonction de président de la séance ; il protège celui qui parle, et s'oppose à toute question qui s'écarte du sujet de la conférence. Il prend note des questions auxquelles l'orateur répond fautivement et les traite à la fin de l'exercice. En aucun cas, le président n'enlèvera la parole au conférencier. Même si ce dernier patauge, il faut le laisser se tirer d'affaire et ne pas répondre pour lui. Le président ne marquera pas non plus de l'étonnement pour ce qui est avancé par le conférencier ou l'objecteur.

A la fin des objections, le président répond aux questions auxquelles l'orateur n'a pas su répondre ou l'a fait d'une façon insuffisante. Il apprécie l'exposé du sujet et la manière de résoudre les difficultés.

d) Dans sa conférence, l'orateur doit prévenir la plupart des objections communes, en particulier les modernes.

e) Quand une question est posée, l'orateur la répète ; cela l'aide ainsi que l'auditoire. La réponse doit être donnée d'un ton de voix entendu de toute la salle.

f) On attend que le discours soit fini pour poser questions et objections. On n'interrompt pas durant la conférence ; cette règle doit être rigoureusement observée, surtout dans les premiers essais, et même en tous jusqu'à ce qu'une grande assurance et habileté soient développées. Il est plus sûr de n'apporter aucune exception à cette règle.

g) On peut poser toute question en rapport avec le sujet. Le maitre peut aider à poser les questions surtout au début et montrer où se trouve l'objection. Les livres sus-mentionnés : Dr Rumble's, Maisie Ward's, etc. …, sont des mines d'objections. Il n'est pas nécessaire que l'objecteur connaisse la réponse à son objection avant de la poser. Parfois des questions très importantes ont été posées en classe et ce serait mal de gêner un élève, spécialement quand nous essayons de cultiver cet esprit d'investigation et de controverse.

Tous les sujets du syllabus (programme) n'ont pas besoin d'être traités selon cette méthode. On l'appliquera à un certain nombre de sujets choisis à cet effet. Il n'est pas possible, sans doute, de traiter ainsi les instructions sur la morale et les dévotions. Nous aurons toujours à préparer nos enfants à la réception des sacrements, à leur enseigner les prières, la manière d'entendre la sainte Messe, la liturgie, l'histoire, etc. …

Ayant fait le choix des matières, nous nous assurerons que les leçons de Catholic Evidence Method ont un temps réservé. Au reste, le mode d'enseignement impliquant objections et petites conférences pourrait s'appliquer avec profit à quelques sujets ci-dessus mentionnés.

Jusqu'ici la méthode a été envisagée comme si elle concernait seulement les deux classes supérieures des cours secondaires. Mais on a décidé de l'appliquer dans toutes les classes. Elle peut s'utiliser en 1ière, 2nde, 3ième années, mais les maîtres ont à la modifier notablement. Il n'est pas possible à des jeunes élèves de saisir le cours d'apologétique, bien qu'on puisse leur en enseigner quelque peu, par exemple, l'existence de Dieu qui peut être mise à leur portée. Même ainsi les sujets doivent être principalement doctrinaux et l'argumentation sera basée presque entièrement sur l'autorité ; c'est clair et certain.

 

Classes primaires. — Pour les élèves des écoles primaires, se pose un problème réellement sérieux. La masse de nos élèves quitte l'école à 14 ans. Ils n'ont pas eu la formation envisagée pour les élèves de l'enseignement secondaire, et cependant, les dangers courus sont peut-être plus grands. Ils vont dans les ateliers, les usines, etc. où les agents communistes sont nombreux et actifs. Une certaine préparation devrait être essayée pour les mettre en état d'affronter ce piège. Jusqu'ici, on leur enseigne la religion principalement au point de vue moral et doctrinal. Quelque chose doit être fait pour leur fournir aussi le moyen de défendre leur foi.

Il n'est probablement pas possible de donner à nos élèves des classes primaires la Catholic Evidence Method, mais quelque effort a été tenté dans ce sens. Le Rev. James Thompson, C.M. of St. Mary's Training College, Strawberry Hill, Eng. a inventé ce qu'on appelle Méthode des cas (Case Method) pour l'enseignement de la religion. Dans un récent numéro de la Revue du Clergé, il a publié un article intitulé : Casus conscientiœ in the Class Room dans lequel il décrit et illustre cette méthode.

A la fin d'une leçon sur un sujet de morale, le maître contrôle la connaissance des élèves en leur soumettant des cas. Naturellement, cela n'est possible que pour l'enseignement de la morale. Ces cas demandent à être bien conçus auparavant et bien énoncés. Le Père Thompson a fait imprimer ou copier pour les enfants des cas suivis de questionnaires. (Voir The Clergy Review, England.)

Cette méthode des cas est essayée en Australie. Le Dr Carroll, de Springwood, a compilé un petit recueil de cas à l'usage des maîtres.

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Il est évident que cette façon d'enseigner la religion dans les écoles n'est donnée ici qu'à titre documentaire pour renseigner sur les diverses activités pédagogiques. Pour les lecteurs avertis, la méthode en question n'est qu'un essai d'adaptation au degré secondaire de la « disputatio » traditionnelle en honneur dans certains cours universitaires. Les étudiants y exposent les thèses enseignées par le professeur et répondent aux objections de leurs camarades, en se conformant à des règles de discussion très précises et très courtoises.

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