Etre lhomme du Christ

F. H. N.

16/Oct/2010

« Vie intérieure cultivée, exercée

et perfectionnée sans cesse ; cette

vie intérieure est indispensable

pour votre vie mixte,

pour votre activité extérieure. »

S. S. Pie XII.

 

Vocation chrétienne. — En toute âme chrétienne Dieu recherche l'image de son Fils. Le baptisé, quel qu'il soit, est appelé à reproduire, pour la gloire et le plaisir divins, les traits du Christ. « Exprimer le Christ aux yeux du Père », telle est la vocation chrétienne. Chacun de nous est « comme une extension de l'être de Jésus-Christ » (P. Schrijvers) ; en chacun de nous, le Christ s'achève et poursuit son rôle ; « rendez grâces en toutes choses : c'est ce que Dieu demande de vous en Jésus-Christ » (S. Paul, I Thess., V, 18).

Nous n'avons pas le droit d'être des médiocres, des tièdes. Car « ce que Dieu veut, c'est notre sanctification » (I Thess., IV, 3), c'est-à-dire un accomplissement, un épanouissement de notre personne dans l'amour de Dieu par le Christ.

Nous perdre ou nous unir à Jésus, nous ravaler ou croître « à tous égards en union avec celui qui est le chef, Jésus-Christ » (Eph., IV, 15), tout le problème de la vie est là.

C'est un problème d'appartenance au Christ : « Nul ne vient au Père que par moi » (Jo., XIV, 6). Saisis par le Christ, nous avons pour « fruit la sainteté, pour fin la vie éternelle » (Rom., X, 10). Idéal réalisable si nous maintenons l'union vitale, si nous sommes l'homme du Christ. « Ainsi que le sarment ne saurait de lui-même porter du fruit et qu'il doit rester uni au cep, de même vous non plus, vous n'en pouvez porter si vous ne demeurez en moi. Hors de moi, vous ne pouvez rien faire » (Jo., XV, 4-5).

 

Vocation d'apôtre. — Ainsi donc « notre capacité vient de Dieu » (II Cor., II, 17) ; notre valeur spirituelle dépend de notre incorporation au Christ, notre sainteté de notre identification à Lui ; posséder Jésus, c'est nous sanctifier. Or qui le possède, le communique. Le chrétien logique est apôtre : il donne Jésus. Il le donne parce qu'il le possède. Sanctification personnelle et apostolat ne se séparent point: Nous serons des apôtres si nous sommes des saints. Quiconque se sanctifie, se rend capable de sanctifier les autres, en sent le besoin et la passion. Il le peut, il le doit : « Je vous ai chargés d'aller et de produire du fruit. » (Jo., XV, 16.) Mais Jésus ajoute : « Comme tu m'as envoyé dans le monde, moi aussi je les ai envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient aussi sanctifiés dans la vérité. » (Jo., XVII, 18, 19.) C'est proclamer que la grâce est le fondement de tout apostolat ; Jésus nous lance, après nous avoir, pour ainsi dire, largement approvisionnés de Dieu. C'est pourquoi nous pouvons en parler, « non avec des paroles qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec celles qu'enseigne l'Esprit, en exprimant les choses spirituelles par un langage spirituel » (I Cor., II, 13).

En somme, l'apôtre est ou l'homme du Christ ou un comédien hypocrite ; homme de Dieu ou pantin ridicule ! Seul Dieu peut faire croître quand nous avons semé, seuls les moyens surnaturels fécondent nos efforts. Notre action est vaine que l'union au Christ ne vient pas vivifier, l'apostolat exige la grâce divine. « Ce qu'il y a de primordial pour l'apostolat du prêtre et du laïque, c'est la vie intérieure, la vie d'union à Dieu, la vie d'oraison, la vie dont parle saint Paul lorsqu'il s'écrie : « vous avez une vie toute cachée en Dieu avec le Christ.. » (S. S. Pie XII, novembre 1944.) Avec Jésus, l'apôtre saura reconnaître : Je ne puis rien faire de moi-même » (Jo., V, 30) et devenir, à la suite du divin crucifié, un être de prière, de sacrifice et de renoncement. L'apôtre chrétien a un code : le crucifix ; un moyen : la ressemblance au Christ ; une fin : « il faut qu'il croisse et que je diminue » (Jo., III, 30), comme disait saint Jean-Baptiste devant le Maître.

 

Agitation stérile. — Nous aurions donc tort de croire à l'efficacité de notre simple activité naturelle. Nos efforts, nos moyens, nos œuvres, tous nos instruments d'apostolat ne donnent des résultats que Si le Saint-Esprit les valorise ; l'action de l'apôtre est uniquement celle du Saint-Esprit. Une activité fiévreuse, des moyens nombreux, puissants, remarquables, une réclame attrayante, tapageuse, notre dévouement même, tout cela reste stérile pour la sanctification des âmes, si Dieu n'en est la vigueur. L'apôtre seul ne peut pas convertir, c'est le Saint-Esprit qui convertit. Aussi toute activité naturelle, débordante qui fait obstacle à notre propre sanctification est-elle désordre, pure perte de temps. L'agitation, même celle d'un apôtre, est un trouble. Compter sur nos talents, erreur foncière ; don du Christ aux âmes, l'apostolat est une œuvre surnaturelle opérée par la grâce dont l'apôtre est l'instrument.

Méditons la pêche miraculeuse (Luc, v). Que de fois nous devons avouer nous aussi, « Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ». Car à nos efforts s'oppose notre impuissance à transformer une autre Ame que la nôtre. Tragique impuissance ! Mais si Jésus nous fait « pêcheurs d'hommes », si Jésus est avec nous alors nos œuvres prennent une fécondité surprenante ; Lui seul gagne les âmes, nous, « nous sommes des serviteurs inutiles » (Luc, XVII, 10). Dieu veut d'abord et surtout, notre amour, notre sainteté, enfin nos œuvres si elles continuent celles de son Fils dont nous sommes une « humanité de surcroit » (Sœur Élisabeth de la Trinité). Comme les serviteurs de Cana, les apôtres n'ont qu'une consigne, celle de la Vierge : « Faites tout ce qu'Il vous dira. » (Jo., II, 5).

 

Action féconde. — Si la valeur de notre apostolat dépend de la place faite à Dieu dans notre vie, nous devons être oublieux de nous-mêmes pour nous consacrer tout entiers aux intérêts divins ; nous devons nous tenir dans la disposition habituelle du Christ : « Voici que je viens pour faire votre volonté. » (Héb., X, 7). Union et soumission à Dieu, action féconde « car nous sommes ouvriers avec Dieu » (I Cor. III, 9). Indépendance et recherche de soi, action nulle : « Dieu qui fait croître est tout. » (l Cor., III, 7.) La seule chose à faire, « l'unique nécessaire » est de vivre pour Dieu, de nous livrer, de nous abandonner à lui ; toute action féconde est activité de Dieu en nous.

Notre union à Dieu est donc vitale ; elle est la condition nécessaire, indispensable de notre vie spirituelle et de notre rayonnement. L'apostolat véritable devient cet appel qu'exerce toute âme de feu, débordante d'un amour dominateur, l'amour du Christ. La simple présence d'une telle âme logique jusqu'à la sainteté, logique jusqu'à la folie de la croix, cette simple présence, témoignage convaincant, est un apostolat. La vérité a passé d'une telle âme dans toute sa vie ; elle dit et fait la vérité ; elle est l'un des ouvriers de vérité. Elle attire à Dieu, elle entraîne ; son existence est un appel puisque Jésus transparaît au travers de toute sa conduite. Le Christ vit en elle, elle peut donner de sa lumière aux autres sans rien perdre de la sienne.

 

Conditions d'une action féconde. — Dans cette perspective, le christianisme n'est plus un système d'idées abstraites ou mortes. C'est une vraie vie, la vie du Christ en nous ; c'est une spiritualisation progressive de tout notre être ; c'est une aspiration et un progrès vers une union à Dieu plus complète, c'est notre vie terrestre divinisée dans ses moindres détails. C'est pour cela que Jésus nous a laissé ce mot d'ordre : « Demeurez dans mon amour. » (Jo., XV, 9.) En effet, il veut vivre en nous sa propre vie d'amour envers le Père ; il veut prolonger sa vie terrestre en travaillant, souffrant, peinant, priant pour nous ; il veut si bien nous incorporer à Lui qu'il puisse sans cesse glorifier davantage son Père avec de nouveaux cœurs prêtés par les âmes généreuses. Cette merveille d'amour divin, ne la méconnaissons pas. Prenons conscience avec joie, de notre grandeur ; notre vie ne doit-elle pas être la continuation de la vie de Jésus puisque « nous avons été greffés sur le Christ » ? (Rom., VI, 5). Jésus désire vivre sa vie en nous. A nous d'avoir cette volonté et ce courage de chasser tout ce qui pourrait gêner ou affaiblir cette prise de possession de notre âme par le Christ. Pour que sa charité et sa grâce croissent en nous, à quelles exigences devons-nous satisfaire ? Quelles conditions devons-nous réaliser pour « adhérer à Dieu » ?

Tout d'abord « Veillez » (Matt., XXVI, 41), nous a répondu le Maître. Car cette vie intérieure que nous devons conquérir, maintenir, défendre, enrichir, exige une vigilance prudente et continuelle pour nous vider de nous et nous emplir de Dieu par la pureté d'intention. Si nous ne veillons pas, l'égoïsme, l'amour-propre, l'orgueil ou autres tendances inférieures s'insinueront dans nos actes et les rendront inefficaces au point de vue surnaturel. Sans vigilance notre sensibilité se boursoufle, notre imagination part à la dérive, nos pensées s'éparpillent, notre volonté est paralysée par le tiraillement ; dans le désordre de notre âme, nos désirs ne se tournent plus vers le vrai bien. En tout temps, il nous faut maîtriser pour orienter tout notre être vers Jésus, pour nous maintenir sous le regard de Dieu et de Marie. Sans cette constante vigilance, ce n'est pas de toute notre âme que nous irons à Dieu et notre vie intérieure n'aura aucune base sérieuse. Notre valeur morale dépend en grande partie de notre puissance d'attention, de notre vigilance.

De plus, si nous ne veillons pas, le démon, toujours à l'affût, saura profiter de notre insouciance et la tentation s'installera en nous. Tout petitement au début ; pensée à peine dangereuse, désir à peine médiocre, image simplement inutile, rêverie alanguissante, nuance de jalousie ; bientôt tout cela croîtra avec une telle luxuriance que nous serons affolés. Il fallait veiller ; n'est-ce pas pendant la nuit, c'est-à-dire l'incurie, que l'ennemi vient semer l'ivraie ?

Enfin la vigilance nous empêchera de tomber dans la précipitation, la course aux résultats immédiats donc peu sérieux, le désir effréné du rapide, le rythme trépidant des productions en série. Précipitation, maladie très dommageable ! Sainteté et apostolat sont œuvre de patience.

La vigilance nous donne assez de maîtrise de nous-mêmes pour ne pas tout gâter par notre empressement et notre inquiétude, pour savoir mettre le temps nécessaire aux œuvres spirituelles et morales. « Par votre patience, vous possèderez vos âmes » (Luc, XXI, 19), vous saurez attendre le moment de la Providence, appuyer vos actes sur le bon sens et la prudence, qualités sans lesquelles rien n'est solide ; la grâce se greffe sur la nature, elle ne se substitue pas à elle. Pour cela, il faut veiller sinon, comme les disciples d'Emmaüs, nous ne reconnaîtrons pas même Jésus marchant avec nous.

Vigilance d'abord ; prière ensuite. « Veillez et priez (Matt., XXVI, 41). Sans vigilance pas de prière possible. Le silence intérieur, la chasse aux idées vaines, inutiles, au vacarme intérieur, aux banalités toujours renaissantes qui défilent dans nos têtes, l'arrêt du va-et-vient continuel de nos chimères, le repos imposé aux caprices de notre tête vagabonde, en un mot le recueillement, empêchant toute attache désordonnée, conditionne la prière. Ne nous plaignons pas trop de nos prières distraites, elles le sont parce qu'il n'y a plus de place pour elles dans ce bavardage incessant qui remplit nos âmes. Le silence intérieur est le secret de la prière continuelle.

Car nous devons prier sans cesse : « Il faut toujours prier et ne jamais cesser de prier » (Luc, XVIII, 1), nous a dit Notre-Seigneur. Saint Paul, maintes fois, nous renouvelle ce précepte : « Priez sans cesse. » (I Thess., V, 17.) Élément capital de notre vie d'union à Dieu, la prière doit remplir la totalité de nos vies. Elle n'est point certains moments réservés, même nombreux ; elle doit être le tout de nos vies religieuses. Consacrés à Dieu, nous devons, par un exercice systématique de la vertu de religion, être un culte vivant de la Sainte Trinité. Religieux, nous possédons le, privilège d'appartenir à l'exercice officiel et professionnel de la vertu de religion. C'est par le service généreux de Dieu, par la perfection de la vertu de religion que nous devons atteindre et gagner l'intimité de notre Père. Notre-Seigneur a demandé à tout chrétien de glorifier Dieu constamment ; nous, à plus forte raison, nous sommes tenus d'être des serviteurs fidèles toujours en service, toujours disponibles, toujours en prière, notre vertu spécifique étant celle de religion. Ainsi la prière continuelle est pour nous une double obligation ; prenons conscience, avec acuité, de ce devoir strict qu'est la prière continuelle pour un religieux.

Vivons identifiés à Jésus, nous pourrons réaliser ce culte continuel de Dieu. Agir avec Jésus, en Lui et par Lui, reste le moyen de prier toujours, de glorifier toujours, d'être l'écho de « la louange de gloire » du ciel entier. La vie la plus surchargée, la plus mouvementée peut être une vie de prière. Tout faire pour Dieu, par amour pour Dieu, en union avec le Christ : voilà la prière continuelle. La prière n'est plus une cassure dans notre journée, un hors-texte, elle est un mode unique de vie possible partout. Agir est une manière de prier ; prier, une nourriture de l'action ; faire la volonté du Père aussi généreusement que possible, reste la disposition fondamentale. Prier toujours, c'est sanctifier l'instant présent en le vivant pour Dieu comme il doit être vécu ; c'est tout faire par amour, vivre comme vivait la Sainte Famille à Nazareth ; c'est demeurer chrétien, religieux toute la journée, dans tout son être, dans toute sa vie, ses pensées et ses actions ; c'est parler avec Dieu dans le temps réservé à la prière seule, travailler pour Lui, se reposer avec Lui, tout accomplir en soutenant son regard posé sur nous. Portion du Christ total, chacun de nous doit, à chaque instant, participer à la louange du Père, en étant un digne membre du Fils, donc sacrifier ce qui n'est pas digne de Dieu.

La prière continuelle exige par conséquent un renoncement continuel ; ainsi le sacrifice de la Croix s'achève en nous et par nous ; le Christ continue son infinie Rédemption à travers la banalité et la monotonie de notre pénible quotidien vécu avec Lui, instant par instant. « Soit que nous veillions, soit que nous dormions, vivons tous ensemble avec Lui. » (I Tess., V, 10.)

Par ces derniers mots « vivons tous ensemble avec Lui », saint Paul ouvre une nouvelle perspective ; la prière continuelle est aussi une vie de charité envers le prochain comme nous « attaché » au Christ. L'esprit de service, ce courant chaud passant dans toute notre journée, le support — pénible d'abord, peu à peu plus aisé — des inévitables imperfections de nos compagnons de route, la joie semée autour de nous, voilà de belles formes de la prière continuelle. Formes sans équivoques, que la routine ne contaminera pas. Que de sourires coûteux à la nature, sont d'excellentes prières ! Par nous, Jésus veut se donner à nos frères, à tous ceux qui nous approchent, mais se donner sous un mode nouveau. Soyons donc ses ministres et non ses caricatures. Réalisons en vue d'une prière continuelle ce noble programme donné par saint Paul aux Thessaloniciens : « Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal ; mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit à l'égard de tous. Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses : c'est ce que Dieu demande de vous en Jésus-Christ. » (I Thess., v, 15-19.)

 

Ambiance mariste. — Ce climat de vie s'accorde parfaitement avec notre idéal mariste vécu dans l'esprit de notre Vénérable Fondateur. Voici un plan de vie splendide et précis : « Étudier Jésus, s'unir à Lui parla sainte communion, l'aimer, le bénir, le remercier, penser à Lui : c'était sa vie intérieure. Faire connaître Jésus, lui gagner des cœurs, se livrer à toutes les œuvres de zèle que comportaient son état et son emploi : c'était sa vie extérieure ; ces deux sortes d'œuvres remplissaient toutes ses journées. » (Biographies, p. 299.) Ces lignes, si denses, si belles, on les croirait d'une sainte Thérèse, sont le résumé de la vie du Frère Pascal ; il allait à Dieu par l'amour ; être médiocre est déjà une infidélité à sa vocation, il le savait. Mariste généreux et convaincu, ayant fait du Christ le centre de sa vie, il suivait le conseil de notre Vénérable Père qui veut nous. voir « étudier d'une manière particulière Notre-Seigneur et méditer assidûment sa vie, ses souffrances et ses vertus. (Avis, p. 137.)

Homme de bon sens, homme d'action et homme de Dieu, notre Fondateur a une conception très intéressante de la sainteté ; il nous a laissé des avis adaptés à notre genre de vie, savons-nous en profiter? D'après lui, le saint est un homme comme nous, faible, capable de pécher, chargé de nos misères ; mais le saint surmonte cela, combat et sort victorieux car il est humble, obéissant, mortifié, uni à Dieu ; et le saint réussit parce qu'il aime Jésus et vit de la miséricorde divine. Aussi le saint est-il caractérisé par son rayonnement, il est lumière et modèle, par sa joie, par sa maîtrise de lui-même, donc sa charité. (Avis, chap. XX et XXI.)

Rien d'extraordinaire, mais que d'idées ! Idées que nous nous émerveillons de trouver ailleurs ! Le rôle de l'amour et de la confiance comme dans la voie d'enfance spirituelle, le rayonnement à la manière demandée par Pie XI, la joie et la charité ainsi qu'un saint Jean Bosco, toutes ces pensées fondamentales ne sont-elles pas d'un homme dont la vie est toute calquée sur Jésus ? Totalement livré à Jésus, il redit, sans cesse : « Nisi Dominus, aeficaverit domum, in vanum laboraverunt qui aedificant eam »; il le redit mais toujours avec une confiance absolue en la Providence. Encore enfant, il a eu ce mot splendide qui devrait illuminer nos moments de lutte ou de crise : « Je réussirai puisque Dieu m'appelle. » Une telle attitude ne se trouve que chez les vrais disciples de Jésus, chez ceux qui croient qu'il faut, pour faire les œuvres de Dieu, « un grand dévouement, une solide vertu, beaucoup de piété et une entière confiance en Dieu ». (Biographies, p. 320.)

Reproduire Nazareth, vivre la vie du Christ, c'est bien ce qu'attend de nous notre Père Fondateur : « Tout à Jésus par Mare » ; toute notre vie transfigurée en prière, tout accomplir en ayant Jésus devant les yeux et dans le cœur, réaliser en toute logique le « viens et suis-moi » de l'Évangile. Et tout Mariste sincère aimera ces directives si propres à le rendre digne de la Vierge, parfait modèle d'une vie au service de Jésus, d'une âme en marche vers Dieu avec Jésus.

 

Mystère d'Emmaüs. — Car Jésus est toujours en chemin. Chaque jour il essaye d'entraîner après lui des âmes de plus en plus nombreuses. Il nous veut, nous, pour aller avec Lui, plus loin. Sans nous, le Christ total resterait incomplet, chacun étant un fragment du Corps mystique. Le plus grand Christ, par notre absence ne pourrait point se réaliser. Nous manquerions mais aussi ceux que nous aurions pu conquérir, soutenir ou relever. Comme pour saint Paul, une vérité doit donc guider nos vies, un amour les exalter : le Christ ; « Etre l'homme du Christ, tout est là. » (L. de Grandmaison.)

                                                                                F. H. N. (frère Henri-Noé, Colin)

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