Grands Exercices – Un beau jour Ă  N.-D. de lHermitage

09/Oct/2010

Ce fut le 8 août dernier. Les heureux habitants de la vieille maison qui nous est si chère voyaient arriver avec joie 35 jeunes Frères dans les murs vénérables élevés jadis par les mains de notre Père et de nos aînés.

O jour béni, pour la vieille demeure qui fut si longtemps en deuil et qui sentait la vie refluer dans son enceinte!

C'était presque le cas de redire avec le Joad d'Athalie :

Jérusalem venait plus charmante et plus belle!

D'où lui viennent de tous côtés

Ces enfants qu'en son sein elle n'a point portés?

Lève, Jérusalem, lève ta tête altière…

En effet, les jeunes Frères qui arrivaient ce jour-là, quelques-uns de bien loin, puisqu'il y en avait de sept Provinces, allaient y commencer les Grands Exercices de Saint Ignace.

Le soir même s'ouvrait la longue retraite. Le R. P. Terrel allait la prêcher, les CC. FF. Stanislas et Joseph-Philippe la présider, et. le C. F. François de Borgia A. G. y donner quelques intéressantes conférences.

 

Le local — L'ancien local du Noviciat, désert depuis trente ans, avait été aménagé tout exprès. Ses deux salles étaient, l'une meublée de 35 bureaux neufs, pour servir aux réunions, conférences et prières, l'autre destinée à se promener en cas de mauvais temps. Le dortoir avait été divisé en petites cellules cloisonnées et fermant par un rideau. On se serait cru au Grand Noviciat. Les cours donnaient de l'espace pour les silencieuses allées et venues des récréations. C'est dans cette organisation parfaitement adaptée que se déroulèrent les 28 jours de retraite.

On put voir tout le temps les pieux retraitants tantôt recueillis, ou prenant des notes à leur bureau, tantôt arpentant les différents coins de la propriété, comme dans un pèlerinage continuel.

En effet, toute la maison et les lieux qui l'entourent forment le grand reliquaire de l'Institut. Et si ceux qui l'habitent finissent par s'y accoutumer, ceux qui n'y font que passer en ont l'esprit constamment en émoi.

Voici l'emplacement de la chapelle du bois qui servait en 1825, pendant la construction de la maison, voici les rochers que fit sauter le P. Champagnat, voici les sentiers où il passa et les murs qu'il éleva. Tout cela parle doucement au cœur d'un enfant de l'Institut. Sa vie qu'on lit, ses Avis, Leçons, Sentences, qu'un écoute, font retentir de nouveau sa voix, au milieu du vallon solitaire, aussi tranquille que de son temps.

Et que dire de la visite à son tombeau ainsi qu'à la chambre des souvenirs, où le C. F. Vice-Postulateur nous donnait tous les détails qu'il sait si bien narrer. Aussi que de longues et fréquentes prières nous avons faites sur sa tombe vénérée, pour nous, pour nos Pr vinces, nos Supérieurs, tout notre Institut.

 

Les congés. — C'était déjà une grâce inestimable de vivre à l'Hermitage. Mais par une faveur singulière, les congés traditionnels des Grands Exercices eurent pour nous un attrait spécial. Le premier nous conduisit à Valfleury, pèlerinage à la Ste Vierge, situé à 12 kilomètres de Saint Chamond. On y admira les splendides stations du Chemin de croix monumental et les 15 chapelles du Rosaire, qui ornent le vallon aux alentours de l'église. On eut même le plaisir de s'asseoir sur le rocher en forme de chaise, où la tradition dit que s'assit la Sainte Vierge, lorsqu'elle apparut. Et un des jeunes Frères en conclut, ses pieds affleurant juste le sol, qu'il avait la même taille qu'elle.

Puis ce fut, la fois suivante, La Valla où, avec une émotion difficile à décrire, nous pûmes visiter le berceau de l'Institut et y voir, tels qu'on les conserve avec piété filiale la chambre du V. P. Champagnat et divers souvenirs de lui. Ce sont notamment la fameuse table du premier réfectoire où eut lieu l'épisode de la salade et une des enclumes primitives en pierre, sur laquelle on faisait des clous.

C'était un samedi et on avait jeûné. Mais, vu ce qui allait suivre, un bon déjeuner nous fut alors offert. L'escalade du mont Pilat, mont sacré de l'Institut, occupa le reste de la matinée pour les plus vaillants. On trouva excellentes les airelles et les framboises qui en couvrent le sommet. On ne fut de retour pour dîner que vers trois heures du soir.

 

Marlhes. — Le plus beau congé fut néanmoins le dernier, où, laissant reposer nos jambes intrépides, nous eûmes un vaste autocar pour aller jusqu'à Marlhes.

Ce fut un vrai pèlerinage, d'abord à la belle église paroissiale, où l'on trouve une chapelle destinée, quand le bon Dieu nous aura exaucés, au P. Champagnat. Elle a déjà un vitrail tout prêt. On y voit le futur Bienheureux entouré d'enfants et de quelques Frères.

De là, on passa à la vieille école, fondée jadis par le saint Frère Louis et enfin à la maison natale du V. Fondateur, au hameau du Rosey. L'Institut en a acquis une partie, afin de la conserver intacte, celle où est la chambre qu'occupa le jeune séminariste. Vraiment, mon Dieu, il n'y vivait pas dans le luxe.

Le retour s'effectua par Saint Genest-Malifaux où les Frères nous offrirent à dîner, et par le Bessat, fief célèbre du zélé Frère Laurent.

Il ne nous reste qu'à souhaiter qu'une nombreuse postérité de jeunes Frères puissent jouir à l'Hermitage de l'inappréciable faveur de faire les Grands Exercices si bien commencés. Souhaitons que plus heureux encore que nous ils puissent y invoquer, non plus seulement du fond du cœur, mais solennellement le Bienheureux Marcellin Champagnat.

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