Grèce – Examen à Athènes

04/Oct/2010

Enfin, c'est fini, depuis le 18 décembre, où j'ai subi les épreuves finales.

Au mois de juin, n'étant pas assez prêt, à mon gré, j'avais retardé les principales épreuves jusqu'à la session d'après les vacances, et n'avais subi que les trois examens de travaux pratiques.

Mais quelle ne fut pas ma surprise, au début d'octobre, d'apprendre que j'avais encore un supplément de cours à fournir, parce qu'on avait remarqué et noté cinq de mes absences aux leçons d'astronomie. Et après cela, on dit que les études ne sont pas sérieuses en Grèce !

Inutile de discuter la décision ; les examinateurs ont toujours, non seulement le dernier mot, mais aussi votre sort entre les mains.

Il a bien fallu se mettre en règle, et ce n'est qu'à la mi-décembre que je fus bureaucratiquement prêt pour les épreuves finales.

Le 18 donc, vers 9 heures je me présente à l'Université. Le portier me trouve matinal et il m'annonce que les professeurs viendraient seulement vers 11 heures. Il m'ouvre leur salle et je m'installe confortablement dans un fauteuil professoral. Il faut savoir que depuis un mois nous sommes en grève; et qu'à cause de certaines bagarres provoquées par les étudiants, la police a occupé l'Université. Le directeur, un officier très courtois, m'a reçu bien poliment.

Je repasse mes notes de Physique. Le cœur bat plus fort que d'habitude. Mon compagnon de salle, l'officier en question, est étonné d'apprendre que je viens pour subir des examens pour la licence-ès-sciences et non ès-Théologie! C'est que, lui ai-je dit, actuellement, pour propager les idées chrétiennes, c'est la mode de les habiller d'esprit scientifique.

Il abonde dans mon sens. Bientôt il m'affirme que pour faire un bon prêtre il faut beaucoup de science. Je lui fais remarquer que la vertu passe bien avant et la conversation se poursuit dans le domaine religieux. J'avais, en somme, assez bien répondu à ce premier examinateur inattendu.

Les autres s'amènent enfin. Je me débarrasse d'abord de l'examen de physique mathématique, relativement facile. Quelques minutes après le professeur d'astronomie arrive. C'est une sommité scientifique, et d'ailleurs, un homme fort religieux. Directeur de l'observatoire depuis 30 ans, le voilà maintenant Président de notre Académie, qui n'est plus silencieuse. Il me pose quelques questions à la galope dont je me tire fort bien.

La matinée avait été bonne. La soirée ne le fut pas autant. La pétrographie faillit être un désastre. Si la physique théorique me releva, je rechutai dans la minéralogie, et la paléontologie seule me parut une petite victoire. .

La Providence s'amusait ainsi, je pense, à me donner une leçon toujours utile : il ne faut jamais compter sur soi, même dans les matières où on se croit fort.

Bref, le cœur un peu trop ému, je n'osai pas attendre le résultat et rentrai au Collège, remettant au lendemain d'affronter avec aplomb la liste des réussites. Je m'endormis en peu tard, et eus des rêves pénibles.

Le lendemain vers 11 heures donc, je me rends au bureau de la Faculté. Je m'attendais à être « collé » sur quelques matières. Aussi comme j'ai ouvert grands les yeux quand les camarades sont venus me féliciter. De fait, sur 9 candidats, il n'y en avait que deux qui avaient réussi. L'un avait la mention Bien, ce n'était pas moi: et l'autre la mention Très Bien. Je ne pouvais y croire.

Aussi, de vives actions de grâces sont montées du fond de mon cœur vers le bon Dieu et la Sainte Vierge, ainsi que vers Sainte Thérèse de l'Enfants Jésus, à qui je m'étais recommandé et les vrais auteurs de ce résultat.

A midi, tous les nouveaux licenciés réunis dans une vaste salle en présence de leurs camarades, montent sur l'estrade auprès du Recteur pour prêter le serment d'usage. Et alors, devant tout le monde, suivant la coutume qui est d'embrasser le premier de la promotion, il m'a donné l'accolade. Vous voyez d'ici le tableau : le recteur de l'Université d'Athènes embrassant un petit Frère de Marie et le félicitant dans la langue d'Aristote, pendant que je ne savais où me mettre. Que le bon Dieu et l'Institut en soient glorifiés?

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