Grugliasco – La FĂŞte de lAssomption

U. T.

19/Sep/2010

Bien saintement impressionnante et pleine de réconfort a été aussi, peu de semaines après, la journée du 15 août, solennité de la bienheureuse Assomption de Marie et fête patronale de l'Institut, où se terminait la retraite des Frères de la Communauté, des Scolastiques et d'une quarantaine d'anciens Juvénistes de Saint-François-Xavier qui achevaient leur postulat1.

Naturellement ce sont surtout ces derniers qui donnaient à la fête sa physionomie caractéristique. Jusqu'à présent, la Maison-Mère actuelle n'avait pas eu de noviciat ; depuis quinze ans que nous y vivons, nous, les anciens, nous nous étions déshabitués du beau spectacle des cérémonies de la prise d'habit, et voilà que la Providence, à qui tous les moyens sont bons, se servait du malheur des temps pour le replacer sous nous yeux. En nous rajeunissant de vingt, trente, quarante, soixante ans et plus, Elle nous ramenait ainsi à ce jour plus ou moins lointain où nous étions nous-mêmes l'objet d'un bonheur semblable à celui dont rayonnait le front de ces heureux jeunes gens, et nous faisait repasser par les inoubliables émotions qu'il apporte irrésistiblement à l'âme.

Nous sommes bien sûrs d'ailleurs qu'il ne rappelait pas des souvenirs moins chers quoique plus récents, à la généreuse phalange de Scolastiques et autres jeunes Frères qui se disposaient à renouveler leur consécration au Seigneur par une nouvelle émission de leurs vœux annuels.

Aussi, comme il allait au cœur, comme il paraissait de circonstance, en dépit du triste temps on nous vivons, ce gaudeamus omnes in Domino par lequel, ce jour là, l’Eglise commence l'introït de la messe ! La pieuse allégresse, la sainte joie, l'affectueuse gratitude envers Dieu, l'action de grâces étaient si bien l’atmosphère où se mouvaient les pensées et les sentiments, que le prédicateur de la retraite, le R. Père Blanpied (Réd.) ne crut pas pouvoir mieux se mettre à leur unisson qu’en prenant pour thème de son instruction d’ouverture le texte même du Magnificat, extase du bonheur, de la reconnaissance et de l'humilité de Marie, dont il sut tirer, d'ailleurs, avec son éloquence accoutumée les applications les plus élevées et les plus pratiques.

Puis vint la série d'actes émouvants que l'on sait : la procession des heureux postulants vers le pied de l'autel, leur touchant dialogue avec le célébrant, leur sortie pour aller déposer les livrées du monde, le chant solennel de l'In Exitu, leur retour au pied de l'autel revêtus de l'habit religieux, leur consécration à Marie, l'imposition des noms de religion, l'émission des vœux annuels par les jeunes Frères, la rénovation des vœux perpétuels par les plus anciens, etc. … La cérémonie fut longue ; mais sans nul doute elle ne le parut à personne, tant elle était captivante, sympathique et pleine de pieux intérêt.

Délicieuse fête en somme. Nous aimons à penser que la Très Sainte Vierge, le Vénérable Fondateur et nos trois mille et tant de Frères du Paradis la contemplaient du haut du ciel avec des yeux de complaisance et en bénissaient Dieu avec nous.

Puissent-ils obtenir le don de la sainte persévérance à la fois à ceux qui en furent les héros et à ceux qui en furent les spectateurs édifiés.

                                                                                U. T.

______________________

1 Cela vient de ce que, au mois de février dernier, la plupart des juvénistes de Saint-François-Xavier ayant atteint l'âge réglementaire et les conditions de ravitaillement, â cette époque, rendant difficile leur envoi à Santa Maria, on avait arrange les choses comme il suit : le petit nombre de ceux qui étaient trop jeunes furent placés dans les juvénats des environs, et les autres restèrent seuls à la Maison Mère pour y faire leur postulat C’est en vue d'un motif analogue que, sur la demande des Supérieurs, la même Maison Mère vient d'être érigée canoniquement pour eux en noviciat provisoire

RETOUR

Retraite du RĂ©gime...

SUIVANT

Retour du C. F. Diogène...