Grugliasco – Larbre de Noël du Juvénat Saint François Xavie

03/Sep/2010

Bien que la Noël soit la fête de tout le monde, on peut dire néanmoins à bon droit qu'elle est d'une façon toute spéciale la fête des enfants, puisque en ce jour Jésus a si particulièrement honoré leur âge, en choisissant de venir parmi nous sous la forme de l'un d'eux. Et c'est bien ainsi ; en effet, que de temps immémorial on a coutume de la considérer dans les familles chrétiennes.

Dans la grande famille qu'est la communauté de Grugliasco c'était donc, le 25 décembre dernier, la fête particulière des Juvénistes de Saint François Xavier, et l'industrieuse prévoyance de leurs Maîtres n'avait rien oublié pour que le gaudium magnun, la « grande joie » annoncée par les anges dans la nuit bienheureuse, dont Noël est le mémorial, devînt pour eux, sous tous les rapports, une douce réalité.

Le but dut être largement atteint, car il était facile de voir, ce jour-là plus encore que de coutume, si possible, que tout dans leur physionomie comme dans leurs attitudes portait l'empreinte de la dilatation de cœur, du pur contentement, en un mot de la joie ; non de la joie bruyante, folâtre, évaporée, et le plus souvent toute de commande, sous laquelle tant de mondains cherchent à étouffer les remords d'Une conscience coupable, mais de cette joie calme, sainte, sereine, qui est le rayonnement extérieur de la paix de l'âme et dont les enfants de Dieu ont le privilège exclusif.

En dehors des offices religieux, qui furent splendides, touchants, et auxquels les juvénistes prirent une part importante soit comme chantres soit comme enfants de chœur, le « clou » de la journée fut le tirage de l'arbre de Noël, présidé par le R. F. Supérieur entouré des membres de son Conseil, et auquel se firent aussi un plaisir d'assister les Frères du Grand Noviciat et tous les membres 'de la Communauté de la maison.

Le cher objet de la fête était un beau sapin, dont la veille au soir on ne voyait pas trace, mais qui avait poussé comme par enchantement durant la nuit, et dont les branches, ornées de rubans et de lumières, portaient en guise de fruits toute sorte de bonnes et jolies choses.

On le chanta tour à tour dans les belles langues de Racine, de Milton, de Goethe, du Tasse et de Cervantes, non sans provoquer de chaleureux applaudissements, qui partaient chaque fois de tous les points de la salle, en l'honneur des chantres aussi bien qu'en celui du héros.

Je ne sais si les premiers purent contenir un petit mouvement de fierté, qui du reste n'eût pas été sans excuse. Quant au second, très modeste sous la pimpante décoration dont il était revêtu, il entendait sans la moindre émotion appliquer les plus flatteuses épithètes à ses divers noms de Sapin, de Fir-Tree, de Tannenbaum, d'Abeto et de Pinabete, et recevait tous les compliments avec la sereine indifférence du sage, qui, sans souci du blâme ou des louanges des hommes, n'a d'autre préoccupation que de les rendre heureux. On eût dit un Saint Nicolas, à la figure vénérable et souriante, les mains toutes pleines de cadeaux et d'étrennes, qu'il apportait au nom de Jésus enfant.

Il s'agissait maintenant d'attribuer, sans léser le droit de personne, chacun de ces cadeaux et de ces étrennes à son destinataire inconnu ; et, comme c'est l'usage en pareille circonstance, on eut recours à la voix du sort. Successivement, à l'appel de son nom, chaque juvéniste vint donc tirer d'une main hésitante le numéro mystérieux qui devait lui faire la part un peu plus ou un peu moins belle ; puis, d'un air tantôt satisfait et tantôt qui s'efforçait de l'être, il recevait des mains du Révérend Frère l'objet correspondant : livre intéressant, crucifix, image, médaille, jeu de patience, paume à jouer, etc. …, etc. …

La salve d'applaudissements qui accueillait la proclamation le chaque numéro, avait ainsi une signification qui variait entre a félicitation et la condoléance ; mais les moins favorisés eux-mêmes avaient lieu d'être contents et ils le furent en effet. Ils se dirent avec raison que le sort, souvent injuste dans le détail, ne l'est presque jamais dans l'ensemble, et qu'il se plait à réparer demain son erreur d'aujourd'hui.

En quelques mots heureux, le Révérend Frère Supérieur dit la raison, fit ressortir le vrai sens et tira la moralité de la séance ; mais c'est de la plénitude du cœur qu'on remercia tous ensemble le Saint Enfant Jésus du petit passe-temps dont la fête de sa naissance avait fourni l'occasion, et dont, on emportait une impression si agréable.

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