Il leur Ă©tait soumis

05/Sep/2010

Jésus, pendant le cours de sa vie mortelle, nous a donné, au degré le plus sublime, l'exemple de toutes les vertus ; de sorte que, pour arriver sûrement à la sainteté, il n'y a pas de moyen aussi efficace que de marcher sur ses traces. Mais ne semble-t-il pas qu'il ait voulu être tout spécialement notre modèle dans la pratique de la sainte obéissance ?

Quoique dans la réalité il ne dût soumission à qui que ce soit, afin de nous enseigner efficacement l'obéissance, que nous avons tant de peine à apprendre, il a voulu passer la plus longue partie de sa vie dans un. état qui parait anéanti ; de lui, pendant ce temps, l'Évangile ne dit autre chose sinon qu'il obéissait. Erat subditus, il était soumis (Luc., II, 51).

Et à qui Jésus obéit-il ? Ce n'est pas seulement d'une manière directe à son Père céleste, à qui tout obéit dans le ciel et sur la terre ; ruais encore, pour l'amour de lui, à sa mère et à son père nourricier, à Marie et à Joseph, qui sont sans doute les deux créatures les plus saintes qui soient au monde ; mais qui enfin ne sont que des créatures, dont les lumières et la sagesse sont à une distance infinie des lumières et de la sagesse suprêmes dont il est l'éternel foyer. Et il leur obéit promptement, cordialement, sans délai, sans discussion, sans mauvaise humeur, non seulement en acquiesçant d'un cœur joyeux à toutes les manifestations de leur volonté, mais en tâchant de les prévenir, et en faisant tontes choses avec toute la perfection possible, qu'elles soient par elles-mêmes agréables ou non.

Oh ! quel admirable exemple ! Et qu'il a de quoi confondre les misérables subterfuges, dont s'avise trop souvent notre orgueil pour excuser notre manque d'Obéissance !

Qui pourra se croire, pour obéir, d'une condition trop élevée, d'une trop grande intelligence, d'un savoir trop vaste ou trop profond, lorsque Jésus, le Dieu tout-puissant, la Sagesse éternelle, la Science infinie, fait des neuf dixièmes de sa vie ici-bas un acte continuel d'obéissance ? Qui pourra objecter que ses supérieurs ont moins de lumières, de clairvoyance ou de jugement que lui, lorsqu'il voit un Dieu se soumettre humblement à deux de ses créatures ? Qui pourra se plaindre que les choses qu'on lui commande ne sont pas dignes de lui, s'il veut bien se souvenir que le même Dieu, dont une seule parole a tiré l'univers du néant et dont l'infinie sagesse se fait comme un jeu d'y maintenir l’ordre et l’harmonie, n'a pas trouvé indigne de lui de prendre part aux plus humbles travaux d'un pauvre ménage ?

Entrons souvent en esprit dans la sainte demeure de Nazareth, nous, dont l'obéissance doit être une des principales vertus ; mettons-nous humblement à l'école de Jésus enfant et adolescent, et tachons de tirer profit des divins enseignements qu'il nous y donne. Apprenons de lui non pas seulement à obéir, mais à rendre notre obéissance parfaite et méritoire. Efforçons-nous, à son exemple, de ne pas faire seulement avec exactitude ce qui nous est commandé ; mais de le faire de bon cœur et avec diligence, en conformant joyeusement, sans récrimination ni murmure, notre volonté à la volonté du supérieur légitime qui nous commande, et dans la persuasion qu'en lui obéissant nous obéissons à Dieu même dont ils nous tient la place.

Ce sera le moyen de nous montrer véritablement religieux, d'attirer les bénédictions du ciel sur tout ce que nous ferons, de rendre notre vie sainte et féconde, de multiplier prodigieusement nos mérites, de maintenir constamment notre âme dans le calme et la paix du Seigneur et de nous procurer, après la mort, la couronne éternelle ; car, d'après la parole même de Jésus- Christ, celui-là entrera sûrement dans le royaume du ciel qui fait ici-bas la volonté de son Père céleste (Matt. vii, 21), et on la fait toujours quand on obéit fidèlement et avec esprit de foi.

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