inauguration chapelle de Jaen

25/Oct/2010

Bénédiction et inauguration du nouveau Collège
« Santa Maria de la Capilla »,
à Jaén.
 
Le 8 mars dernier, le nouveau collège mariste de Jaén a été solennellement béni et inauguré.
S. Exc. Mgr Félix Romero Menjibar, évêque de Jaén, avait bien voulu accepter de procéder à la bénédiction des locaux, heureux de partager la joie de la famille mariste en ce jour fortuné. Diverses personnalités de la ville qui portent le plus grand intérêt à notre œuvre apostolique avaient tenu également à assister aux divers actes de cette journée d'inauguration.
Après les cérémonies d'usage, le digne prélat, dans une émouvante allocution, exprima sa grande joie d'avoir dans son diocèse un établissement scolaire vraiment magnifique qui permet les plus beaux espoirs pour la formation spirituelle et culturelle des jeunes d'aujourd'hui, des hommes et des dirigeants de demain. Il remercia l'Institut Mariste, en la personne du C. F. Provincial, de l'excellent travail déjà réalisé à Jaén en matière d'éducation chrétienne et redit, en terminant, sa confiance et son espoir concernant les futures générations de jeunes dont la formation à la vie chrétienne et sociale sera initiée et perfectionnée dans cette nouvelle pépinière mariste.
Tous ceux qui ont assisté à cette inauguration garderont l'inoubliable souvenir d'une grande journée scolaire vécue dans une ambiance de grand esprit de famille et de joie exubérante.
  
Un peu de géographie et d'histoire locale. — La ville de Jaén, capitale de la Province qui porte ce nom, est situé en Andalousie, au sud du Guadalquivir, sur le flanc du coteau de Santa Catalina. C'est une très vieille ville qui a été le théâtre de nombreuses batailles au cours des siècles : Carthaginois, Romains, Wisigoths et Arabes y ont laissé des traces de leur passage.
Siège d'un évêché dépendant de l'archevêché de Grenade, Jaén compte parmi ses plus beaux monuments une cathédrale édifiée au XVI° siècle sur les restes de l'Assomption, ancienne mosquée convertie en église après la prise de Jaén sur les Maures par Ferdinand III le Saint, en 1246. Elle a pour caractéristiques son unité et l'harmonie de ses lignes qui produisent une heureuse impression, quel que soit l'angle d'où on l'aperçoit. Dans la chapelle principale on vénère la relique de la Sainte Face qui, selon une vieille tradition, est un des plis du linge avec lequel sainte Véronique essuya la sueur du visage de Jésus-Christ sur la route du Calvaire.
La ville, dont la population actuelle est d'environ quatre-vingt mille habitants, s'accroît rapidement grâce au « Plan Jaén » qui comporte de grandes améliorations prévues pour la province sous les divers aspects agricole, industriel, forestier et minier qui feront de cette région une des plus riches de l'Andalousie.
 
Débuts de l’œuvre mariste à Jaén. — L'arrivée de nos Frères à Jaén, en septembre 1930, répondait à une mesura de précaution envisagée par le Conseil Provincial.
On voyait alors se dessiner à l'horizon politique de l'Espagne une grave menace, non seulement pour le fonctionnement pacifique de l'école catholique, mais encore pour l'Eglise elle-même dans l'exercice de sa mission apostolique. Les sociétés secrètes, en pleine intelligence avec le gouvernement sectaire, claironnaient à tous les vents l'heure de leur revanche sur ce qu'elles appelaient la « dictature des consciences ».
La prudence conseillait de prendre certaines positions pour le cas où le fauve, temporairement déchaîné, serait livré à ses féroces instincts. Jaén fut une de ces positions choisies en conformité avec la situation politique d'alors.
L'école fut ouverte le 1ierseptembre 1930 avec 105 élèves et installée tout d'abord dans quelques dépendances du palais épiscopal qui, six ans plus tard, allait être détruit par les hordes révolutionnaires. Dès les premiers jours, les familles apprécièrent la compétence et le dévouement des maîtres religieux chargés de l'instruction et de l'éducation chrétienne de leurs enfants. Aussi le chiffre des inscriptions des élèves augmenta-t-il rapidement, atteignant celui de trois cent cinquante au cours de l'année scolaire 1935-1936 qui fut la dernière.
 
Fermeture et réouverture. — Les nuages porteurs de l'orage révolutionnaire s'étaient abattus sur l'Espagne. Tout ce qui portait la marque chrétienne fut emporté par la vague d'impiété qui déferla sur une grande partie du pays. Les dix Frères qui formaient alors la Communauté se réfugièrent chez des familles amies. Nous devons ici rendre un hommage spécial de profonde reconnaissance à la famille Merelo pour sa conduite héroïque en faveur de nos Frères durant toute cette période révolutionnaire.
 La guerre achevée, au printemps de 1939, le collège ne put être rouvert immédiatement, faute de personnel. On sait, en effet, que cent soixante-dix Frères Maristes furent victimes de la Révolution de 1936, sans compter ceux qui périrent sur les champs de bataille pendant les trois années de guerre civile et ceux que les événements de cette période de troubles arrachèrent à leur sainte vocation et à l'exercice de l'apostolat.
Après des démarches longues et laborieuses, menées par les autorités locales auprès des dirigeants de la Province Mariste, le collège de Jaén rouvrit ses portes le 6 octobre 1952, dans un local provisoire en attendant que fut achevée la construction d'un nouvel édifice aux vastes proportions, destiné à poser des bases solides et durables à l'action éducatrice des Frères Maristes dans la capitale de cette province d'Espagne, la plus riche en oliveraies.
 
 Le nouveau collège-internat « Santa Maria de la Capilla ». — Le 2 avril 1955 avait lieu, avec une grande solennité, la pose de la première pierre du nouveau bâtiment scolaire. Toutes les autorités locales et le Conseil Provincial s'étaient donné rendez-vous à l'emplacement choisi où se rassembla aussi une grande partie de la population. Tous ceux qui prirent connaissance des plans de l'édifice projeté en firent un grand éloge, manifestant leur vif désir de voir bientôt réalisé le vœu unanime des habitants de Jaén souhaitant pour leur ville une maison d'éducation chrétienne répondant à toutes les exigences pédagogiques modernes.
L'édifice, récemment achevé, est situé dans un quartier de la ville appelé Cité Scolaire, du fait qu'on trouve là rassemblés les centres d'enseignement les plus importants de Jaén.
Le terrain sur lequel est bâti le collège a 25.000 mètres carrés et donne sur trois grandes rues.
La construction elle-même comprend trois corps de bâtiments : le central et deux latéraux. Elle est symétrique par rapport à un axe central où se situe l'entrée principale du collège qui longe une grande avenue sur 104 mètres de façade. L'édifice a été déclaré d'« intérêt social » par le Gouvernement, le 17 avril 1956. 
La distribution et les installations des locaux peuvent rivaliser avantageusement avec les meilleurs établissements similaires. Le style est à la fois moderne, sobre et simple. On a visé avant tout à faire du pratique par une adaptation aussi parfaite que possible des locaux à leur destination, pour y recevoir deux cent cinquante élèves pensionnaires et un millier d'externes.
Les cours, les terrains de sport sont aménagés pour toutes sortes de jeux scolaires et divisés en sections pour les diverses catégories d'élèves. Les arbres des allées et les parterres aux fleurs variées ajoutent une note de fraîcheur et de gaieté à la beauté de la propriété. La piscine et les douches sont convenablement situées.
L'édifice scolaire et ses dépendances forment un ensemble magnifique qui embellit la ville et fait honneur à l'Institution qui en a assumé la construction et le bon fonctionnement pour le plus grand bien de la jeunesse qui vient s'y instruire et s'y éduquer.

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