Inauguration du Collège de Pont-Rouge

15/Sep/2010

Au cours de ces dernières années, les autorités religieuses et scolaires de Pont-Rouge avaient travaillé de concert à l'érection d'un bel édifice pour servir de local à un Collège dont elles avaient résolu de doter le pays, et dont elles ont confié la direction aux Frères de notre Institut.

Ce remarquable établissement, fruit de très méritoires sacrifices de la part de cette progressive population, fut inauguré le 3 octobre dernier, jour de N.-D. du Saint Rosaire, par une fête magnifique, en présence de Son Éminence le cardinal Bégin, Archevêque de Québec et de Son Excellence Sir Lomer Gouin, Premier Ministre de la Province, qui, non contents de prendre l’œuvre sous leur haut patronage, l'avaient favorisée de leurs bienveillants encouragements.

La cérémonie débuta, vers les 2 heures du soir, à l'église paroissiale, richement parée et remplie d'une très nombreuse assistance, par un salut solennel du Très Saint Sacrement, où Son Eminence officia, et où M. le Premier Ministre assistait en place d'honneur.

Puis, après le chant du Veni Creator, on se rendit processionnellement au Collège, où Son Eminence, assisté de Monseigneur Rouleau, principal de l'Ecole Normale de Québec, et des abbés Tessier et Gauthier, procéda selon les rites habituels à la bénédiction de l'édifice.

La cérémonie religieuse était terminée. Elle fut immédiatement suivie, devant une foule qu'on peut bien estimer au moins à 7.000 personnes, de la cérémonie civile, qui commença par la belle adresse de M. le Curé de la paroisse, le Rd F. J. Bourque, au vénéré Cardinal.

Le dévoué Pasteur, qui a puissamment contribué au développement de la paroisse, rappelle délicatement à l'illustre prince de l'Eglise les jours d'heureuse mémoire où lui-même était le père spirituel de cette bonne population, justement fière de le revoir aujourd'hui revêtu de la pourpre romaine, et le remercie de la bienveillante condescendance qu'il fait paraître aujourd'hui envers son ancien troupeau et fait des vœux pour que le Seigneur le protège et lui accorde de longs et heureux jours.

Monsieur Bussière, qui prend ensuite la parole au nom de la Commission scolaire dont il est le digne Président, se fait l'interprète de toute la Province pour remercier M. le Premier Ministre de l'intérêt constant et si éclaire qu'il a pris aux questions d'éducation pendant toute la durée de son Gouvernement, et en particulier du concours libéral qu'il a bien voulu apporter à l'érection du cher Collège qu'on est en train d'inaugurer. C'est un bienfait que n'oublieront pas les citoyens de Pont-Rouge.

En réponse, Son Eminence d'abord, puis M. le Premier Ministre, après avoir exprimé tout le plaisir qu'ils éprouvent de se trouver à une si sympathique fête, se plaisent à constater chacun à son point de vue particulier les progrès accomplis par le pays, font des vœux pour que ces progrès se continuent, et expriment l’espoir que le nouveau Collège, sous la direction dévouée des Petits Frères de Marie, y contribuera pour sa bonne part : c'est pourquoi tous deux remercient le Frère Provincial, présent à la cérémonie, d'avoir fait bon accueil aux propositions de la Commission scolaire.

Enfin, une troisième et dernière partie de la fête se passe l'intérieur du Collège, où les Frères et leurs élèves font à Son Eminence et à Monsieur le Premier Ministre une affectueuse démonstration de respect, de reconnaissance et de bonne volonté à correspondre à tous les témoignages de haute bienveillance dont ils avaient été l'objet de leur part.

Après s'être fait, au nom des Petits Frères de Marie et de leurs œuvres canadiennes, l'éloquent interprète de ces sentiments, le Frère Directeur affirma que la communauté de Pont-Rouge n'épargnerait aucun effort pour ne pas tromper les justes espérances qu'on avait mises en elle, et que, moyennant la grâce de Dieu, tous ses soins iraient à former des enfants qu'on voulait bien lui confier des chrétiens conscients de leur foi, des citoyens vertueux et éclairés, en un mot des hommes dignes en tout des glorieux ancêtres dont ils descendent.

Le Cardinal et le Premier Ministre se montrèrent particulièrement touchés de cette démonstration ; ils y répondirent par de bonnes paroles, et après quelques chants bien exécutés par la chorale du Collège, prit fin cette belle journée qui laissera d'inoubliables souvenirs.

                                                               (D'après le Soleil de Québec, 4 octobre 1915).

RETOUR

Une lettre de son Eminence le Cardinal Archev...

SUIVANT

Nos soldats...