Introduction

L. R.

17/Sep/2010

Le voici enfin, votre premier Bulletin de l'an de grâce 1917.

— C'était bien temps, dites-vous, n'est-ce pas ? Il s'est fait assez attendre.

— Bien longtemps, en effet ; et il s'en excuse. Ne lui en voulez pas trop cependant : cela, veuillez croire, n'a pas tenu principalement à lui.

S'il était si heureux, aux premiers jours des autres années de vous apporter les pieux souhaits des Supérieurs et de toute la maison de Grugliasco, quelle n'eût pas été sa joie, à l'aurore de celle-ci, de venir vous donner le jubilant Laudetur du Centenaire ?

Mais le pauvret, par ce temps de guerre, est à ta merci de tant de gens ! Sans parler de ses rédacteurs, à qui le temps fait beaucoup plus souvent défaut que l'ouvrage, il lui faut à point nommé le concours des papetiers, à court de matières premières ; des graveurs, toujours encombrés de travaux « pressants » ; des imprimeurs, dont le personnel a été décimé par la mobilisation,… et, tandis que chacun se fait attendre sa petite part de temps, les jours et les centaines s'enfuient avec une vitesse dont vous n'avez pas l'idée.

D'ailleurs, son humble voix, de quelques obligeantes sympathies que vous vouliez bien l'honorer, eût été mal qualifiée, cette fois, pour venir nous inviter à la sainte joie et à l'action de grâces ; l'honneur en revenait à de plus respectables et plus autorisées, qui n'ont pas manqué de se faire entendre en leurs temps : d'abord la voix bien-aimée et si paternellement vibrante du Révérend Frère Supérieur ; puis, à bref intervalle, la voix auguste et révérée du Souverain Pontife.

La sienne, évidemment, ne pouvait que leur faire un respectueux cortège ; vie sorte que, somme toute, il, vous arrive bien à son rang.

Il vous arrive gracieusement paré d'une robe nouvelle, où l'habile main des Frères Marcy et Virgilus a brodé, avec l'art que le cœur sait mettre à tout, une lumineuse synthèse de notre épopée de famille.

Il vous arrive, porteur de pieuses réflexions et de chers souvenirs suggérés par les premiers temps de notre histoire religieuse.

Il vous arrive enfin tout parfumé des inoubliables impressions qu'ont laissées dans nos cœurs les pieuses fêtes du 2 janvier.

Nous avons donc confiance que, selon votre aimable habitude, vous ne laisserez pas de lui faire bon accueil malgré ses airs d'avoir fait l'école buissonnière : vous voyez qu'en réalité il n'y a pas de sa faute, et qu'il a été "retenu pour de bonnes raisons".

En retour, nous osons vous promettre pour lui que non seulement, dans l'avenir comme dans le passé il mettra, son application à vous être à la fois utile et agréable, niais qu'il redoublera d'industrie et de soins pour arriver mieux encore à ce double but surtout si de votre part, vous continuez, comme il espère, à lui assurer sans lassitude le précieux appoint de votre coopération dévouée.

L.R.

Grugliasco, le 22 février 1917

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