La catéchèse en Amérique latine

21/Jun/2010

DEFI – RECHERCHE – PROJETS

« Les pauvres sont évangélisés » (Lc. 7,22).

Introduction.

L'évangélisation en Amérique latine est pleine de splendeurs et d'ombres. Les besoins sont immenses, mais les possibilités latentes ne le sont pas moins.

De toutes parts on commence à découvrir les symptômes d'un mouvement qui promet de s'étendre très vite: une nouvelle façon de vivre l'Evangile est en train de naître. De nombreux indices, presqu'imperceptibles au début, annoncent l'épanouissement d'une vie chrétienne dont les caractéristiques bien particulières sont encore imprévisibles1. C'est comme l'action d'un puissant ferment dont les effets se font lentement sentir. Les raisons d'être optimiste ne manquent pas. Les temps actuels sont gros de flatteuses promesses.

En Amérique latine, plus peut-être qu'en aucune autre partie du monde, l'Eglise, le peuple de Dieu, se tournent vers les pauvres, les ignorants, les opprimés. Et ce mouvement semble être irréversible.

Les pays d'Amérique latine présentent les uns par rapport aux autres des différences considérables. Même à l'intérieur de chaque pays, l'on constate une grande hétérogénéité. Toutefois les ressemblances sont assez nombreuses pour permettre de faire une évaluation générale de l'évangélisation.

Une grande inquiétude règne parmi les responsables du message chrétien. Par contre, le témoignage de nombreux laïcs assumant la responsabilité qu'ils tiennent, en tant que chrétiens, de leur mission prophétique dans l'Eglise, fait naître de grands espoirs.

Les fruits de cette prise de conscience sont, en premier lieu, les communautés de base qui donnent à l'Eglise latino-américaine un visage particulier, C'est ensuite la catéchèse spécialisée de la famille, des hôpitaux, des groupes de jeunes, les cercles bibliques, etc. … Ce sont enfin de nombreux autres modes informels d'évangélisation.

Les évangélisateurs sont de jour en jour plus conscients de la nécessité de mettre le Christ au centre de leur effort en se ralliant pleinement aux paroles du Pape: « Il n'y a pas de véritable évangélisation tant qu'on n'annonce pas le nom, le message, la vie, les promesses, le règne, le mystère de Jésus de Nazareth, Fils de Dieu2 ».

Beaucoup d'instituts religieux trouvent que l'heure actuelle est particulièrement favorable pour réaliser leur mission évangélisatrice. Nous aussi, Frères Maristes, nous apportons notre petite contribution à la tâche de l'évangélisation de l'Amérique latine.

Cependant nous sommes tous à nous interroger sur la situation de ce demi-continent dont l'analyse déborderait les limites de ce travail. Nous nous contenterons donc de la présenter ici brièvement, quitte à compléter par la suite, si l'occasion s'en présente.

 

DEFI


En l'an 2.000, plus de la moitié des catholiques du monde se trouveront enAmérique latine. (Catholicisme en chiffres, 1976)

 

De nombreux facteurs historiques, politiques, sociaux et religieux mettent l'Amérique latine sérieusement au défi d'être évangélisée.

 

Peuple jeune.

« En Amérique latine plus de 50 %

des habitants ont moins de 20 ans ».

(Catholicisme en chiffres).

 

Il n'est pas possible de réfléchir sérieusement sur ces statistiques sans tressaillir devant la grandeur de la tâche que les évangélisateurs doivent affronter.

« La jeunesse constitue, non seulement le groupe le plus nombreux de la société latino-américaine, mais encore une nouvelle et puissante force de pression.

Elle se présente, dans une grande partie du continent, comme un nouveau corps social, porteur d'idées et de valeurs qui lui sont propres et d'un dynamisme intérieur bien à elle. Elle cherche à participer activement, en assurant des responsabilités et des fonctions nouvelles à l'intérieur de la communauté latino-américaine3 ».

La jeunesse a pris conscience du pouvoir que lui donne le nombre et le dynamisme. La mode et les chansons, la littérature et les moyens de communication de masses,… tout porte la marque du tempérament particulier des jeunes.

Les forces traditionnelles, officiellement vouées à l'évangélisation, se sentent débordées par la tâche, par ce foisonnement de vie, par cette envahissante marée que nul ne peut maîtriser.

 

Peuple riche… mais une richesse mal distribuée.

 

« En Amérique latine presque 100

millions de personnes vivent dans

un état d'extrême pauvreté4 ».

 

C'est la situation économique qui lance à l'évangélisation le défi le plus grave.

Chaque jour qui passe augmente la dépendance de la plus grande partie des nations du continent à l'égard des grandes puissances et des entreprises multinationales. Ainsi, dans chacune de ces nations, le fossé qui sépare les riches des pauvres se creuse de plus en plus vite et profond.

Pour pas mal de gens le salaire ne suffit pas à faire face aux besoins les plus pressants. Les personnes qui vivent entassées dans des cabanes et dans des taudis sans lumière et sans eau sont une multitude.

Les paysans n'arrivent pas à récupérer les forces dépensées dans leur travail journalier, tandis que dans les villes le chômage est un problème croissant.

Pour la plupart de ces gens l'espoir de sortir de l'impasse s'est évanoui.

La réflexion sur cette situation d'injustice a débouché sur la « théologie de la libération » dont l'Amérique latine a fait l'apport à la pensée théologique universelle.

 

Peuple libre… mais dépendant.

 

« La vie politique de nombreux pays

d'Amérique latine est manipulée de

l'étranger par les moyens économiques».

 

La situation politique de chaque pays de l'Amérique latine a une influence profonde sur l'évangélisation. Dans certains pays l'instruction religieuse peut compter sur l'appui officiel de l'Etat; quelques uns le tolèrent; d'autres l'interdisent. Dans ce dernier cas les évangélisateurs ont un sérieux obstacle à contourner, parfois au péril de leur vie.

Les gouvernements militaires sont l'indice d'un malaise qui règne dans les sociétés latino-américaines. D'où le désarroi de type économique et social débouchant sur des positions radicales et polarisées.

L'Amérique latine apparaît ainsi comme un champ de bataille où les grandes puissances se livrent des assauts politiques, idéologiques et sociaux.

Dans une telle situation, nombreux sont les prêtres et les catéchistes, luttant pour que justice soit faite aux parias, souffrant le martyre parce qu'ils ont porté préjudice aux intérêts des groupes au pouvoir.

 

Peuple catholique… en voie d'évangélisation.

 

« En Amérique latine la proportion

des catholiques est de plus de 90% ».

 

En ces pays le catholicisme est l'héritage de la colonisation. Ce fait n'est pas sans soulever de nombreux problèmes, comme, entre autres, la nécessité d'une authentique évangélisation des masses qui se disent catholiques.

La religiosité en Amérique latine présente des caractéristiques semblables à celles que les psaumes nous révèlent du peuple d'Israël, à savoir la croyance en un Dieu providence, plein de bonté, puissant et vengeur. Les Israélites louaient le pouvoir de Yahvé le priant sans cesse d'exercer son omnipotence contre leurs oppresseurs. De même en nos pays, la religiosité populaire conçoit Dieu comme un être tout puissant, plein d'amour. Le peuple lui demande, directement ou par l'intermédiaire des saints, de le délivrer de ses ennemis, de le secourir dans ses besoins comme l'infirmité, l'injustice et la faim.

Aujourd'hui, de plus, nous sommes fortement provoqués par la sécularisation. Jour après jour, il faut réajuster sa manière de vivre la vie chrétienne.

Enfin, c'est le prosélytisme de certaines sectes; les tensions internes entre traditionalistes et progressistes aux solutions trop radicales, voire extrémistes; les désorientations certaines quant au contenu du message à cause des changements trop rapides; le désaccord enfin sur la manière de voir la situation parmi les membres de l'épiscopat.

 

RECHERCHE

 

«Nous sommes conscients que nous

éduquons la foi des hommes du

troisième millénaire ».

 

L'Esprit souffle avec force dans plusieurs directions. Non seulement chez les responsables directs, évêques et prêtres, mais aussi chez de nombreux fidèles, un grand enthousiasme pour travailler à l'évangélisation se fait jour.

Aux jeunes, ceux de la dernière heure, cet effort paraît naturel, mais nous qui avons supporté le poids du jour et de la chaleur, nous considérons ce mouvement inattendu comme une véritable révolution.

Les signes de cette prise de conscience du besoin de l'évangélisation sont, parmi d'autres, la prolifération, dans les divers pays, des écoles de catéchèse et de pastorale, en commençant par les instituts interaméricains du CELAM dans les villes de Santiago du Chili, de Medellin, de Quito, de Rio de Janeiro et de Mexico.

Des prêtres, religieux et laïcs en nombre s'y sont inscrits, pleins d'entrain, bien que plusieurs d'entre eux avaient fait leurs études dans des instituts internationaux renommés comme ceux de Bruxelles, Paris, Munich, Fribourg, Madrid, Rome et Turin5.

Un autre signe de ce réveil du peuple de Dieu, c'est l'apparition de nombreux mouvements apostoliques, comme les communautés de base, les groupes apostoliques, les organisations familiales, etc. …

 

PROJETS

 

« Dans un monde en voie de sécularisation,

l'Eglise découvre à nouveau se mission

prophétique de messagère de la Bonne

Nouvelle du salut ».

(Paul VI)

 

Ces dernières années, le magistère de l'Eglise a redécouvert l'importance de l'évangélisation du peuple de Dieu. Dans ce but il a promu l'élaboration de divers projets6.

Nombreux sont les congrès, les symposiums, les réunions de toutes sortes dont l'unique objectif était d'étudier la meilleure méthode pour proclamer l'Evangile, pour faire face à la situation changeante où vivent aujourd'hui les peuples d'Amérique latine et pour relever le défi que les baptisés lancent à leurs pasteurs. Chacune de ces réunions, c'est comme un jalon sur le chemin parcouru jusqu'à ce jour par la catéchèse latino-américaine.

 

Septième semaine internationale de catéchèse.

Ils étaient plus de deux cents experts évangélisateurs et catéchistes réunis à Medellin (Colombie) du 11 au 18 août 1968.

Autant les rapports que les conclusions des différents groupes de travail ont dicté des changements radicaux dans la méthode et le contenu de la catéchèse, quant à l'attention respectueuse portée à celui qui doit recevoir le message, comme à la manière de le transmettre. Parmi bien d'autres, on peut citer comme exemple la définition de la catéchèse comme «l'action par laquelle un groupe humain comprend sa situation, la vit et l'exprime à la lumière de l'Evangile » ou cette affirmation: « La situation de l'homme et ses aspirations authentiquement humaines forment une partie essentielle du contenu de la catéchèse ». Ces deux postulats ont guidé notre travail pendant les années suivantes7.

Il n'est peut-être pas sans intérêt de connaître les thèmes traités par les huit commissions d'étude. Ce sont: la formation des catéchistes, — catéchèse et Bible, — la rénovation de la catéchèse face à la religiosité populaire, — le matériel catéchétique, — catéchèse et liturgie, — la réforme catéchétique, — la catéchèse des adultes, — les moyens de communication pour la catéchèse.

On a peu parlé de cette semaine internationale, n'empêche que ses conclusions devaient avoir une influence décisive sur les positions de progrès prises par les évêques quinze jours après, lors de la deuxième Conférence Générale de l'Episcopat Latino-américain.

 

Deuxième Conférence Générale de l'Episcopat Latino-américain.

 

L'assemblée s'était partagée en seize commissions de travail. Les conclusions des évêques rejoignaient celles des catéchistes, leur ajoutant cependant la force conférée par leur autorité.

Les changements proposés par cette conférence extraordinaire allaient être décisifs. Le sens de l'évangélisation dans nos pays fut complètement retourné. Son contenu lui-même subit une métamorphose impressionnante. Ces idées nouvelles se sont répercutées dans l'Eglise universelle. Suite aux directives de cette importante rencontre, de nombreuses conférences épiscopales, — celles du Brésil, du Chili, de l'Honduras, du Mexique, etc., ont promulgué des lettres pastorales sur la position de l'Eglise en matière politique, économique et sociale.

 

Premier Congrès de théologie: «Foi et Développement8».

 

Il a pu se réunir après deux années d'intense préparation, comprenant plusieurs pré-congrès et de nombreuses séances d'étude. Pas moins de huit brochures monographiques qui devaient être analysées dans les réunions préliminaires, avaient été composées. Parmi les 700 participants de ce congrès les délégués de plusieurs pays d'Amérique latine étaient nombreux.

Dans la ligne de réflexion de Medellin, ce congrès a ouvert des horizons insoupçonnés. Il a souligné l'intime relation entre le développement des peuples et leur salut, tout en jetant les bases d'une théologie du développement. Il a mis au point une méthode pour l'application des citations de la Bible, de la théologie et du magistère, aux situations concrètes de la vie de l'homme.

La réforme des villes, les campagnes, la démographie, la famille, la politique, l'économie, les moyens de communication sociale, la société, l'Eglise, l'éducation, tels étaient les thèmes abordés. Les questions du travail et du prolétariat furent effleurées en passant.

Son principal apport a été de mettre en lumière l'étroite relation entre la méthode et le contenu de la catéchèse. Il a, de plus, souligné le fait que Dieu nous parle aujourd'hui par les événements, qu'il se manifeste à nous dans les réalités de ce monde9.

 

Deuxième Congrès International de Catéchèse, Rome 1971.

 

L'Amérique latine était représentée par 124 délégués à cet important événement de l'Eglise universelle.

Il s'était fixé comme l'un de ses buts principaux la rédaction du Directoire Général de la Catéchèse, dont le projet avait fait l'objet d'études approfondies dans tous les pays de notre continent.

Le groupe latino-américain lui fit un apport non négligeable dans le domaine des moyens de communication pour la catéchèse et l'évangélisation, comme en témoigne le rapport final.

 

Rencontre continentale sur l'évangélisation par les mass-média.

 

Sur ce thème, non moins important qu'actuel, plusieurs réunions préparatoires s'étaient organisées dans chaque pays. Puis en juin 1977 la rencontre s'est faite à Lima, Pérou. Son objectif était de planifier l'apport que l'Amérique latin allait faire au premier congrès international à Munich en novembre 1977, sur l'évangélisation par les mass-média.

Après une analyse de la situation dans les différentes régions de l'Amérique latine il s'est avéré que l'emploi de cette méthode en catéchèse produit des résultats chaque jour meilleurs et qu'il existe des groupes d'experts qui préparent systématiquement les catéchistes à se servir efficacement des moyens audio-visuels10.

 

Troisième Conférence générale de l'Episcopat latino-américain.

 

Plus de 300 évêques se réuniront en octobre 78 à Puebla (Mexique) pour mettre au point un projet d'évangélisation de l'Amérique latine qui réponde aux pressantes circonstances du moment.

Leur tâche ne sera pas facile. Ils essaieront d'offrir quelques solutions à d'innombrables problèmes. Ils devront faire face aux menaces qui de jour en jour grandissent démesurément, évaluer les réalisations de ces dernières années, prêter l'oreille aux clameurs qui montent du peuple de Dieu, poser les jalons pour une adaptation des structures ecclésiales aux changements. D'où le thème choisi: «l'évangélisation dans le présent et le futur en Amérique latine ».

Le peuple de Dieu est dans l'expectative des décisions et des conclusions que les évêques dégageront de leurs réflexions. Quant à nous, catéchistes, nous serons tributaires des résultats de ce grand événement.
______________________________

1 Voici quelques uns de ces symptômes: – désir d'authenticité, – plus grande sincérité dans les relations, – aspiration à la fraternité humaine, – sens de la communauté, -prise de conscience de la situation d'injustice et de la nécessité d'aller vers le pauvre pour découvrir avec lui la Bonne Nouvelle, – recherche du plan de Dieu dans les événements et désir d'y correspondre d'une manière vraiment évangélique, – relation plus profonde avec Dieu tant au niveau personnel que communautaire, – effort pour dépasser les ritualismes et les inconvenances dans les relations avec Dieu, – désir d'une liturgie qui mette vraiment le Christ au centre de la vie chrétienne, – ample participation des laïcs à l'évangélisation, – prise de conscience de compter parmi les prophètes, – un plus grand engagement pour témoigner de la vie évangélique, – immunisation face au contre-témoignage, – recherche d'une réalisation personnelle et collective comme réponse au plan de Dieu, – engagement dans les réalités terrestres avec la conviction que toutes les découvertes scientifiques et techniques de l'homme s'unissent en un hymne de louange au Créateur.

2 Paul VI, Exhortation apostolique « Evangelii nuntiandi » 8 décembre 1975, N°. 22.

3 Presencia de la Iglesia en la Transformación de América Latina, (Présence de l'Eglise dans l'évolution de l'Amérique latine) Mexico, 1968, p. 63.

4 La Evangelización en el Presente y en el Futuro de America Latina, (L'évangélisation dans le présent et le futur de l'Amérique Latine). Mexico, 1968, p. 37.

5 Les catéchistes sortis de ces institutions devaient exercer une influence décisive sur l'organisation de la catéchèse dans leurs pays respectifs. Beaucoup d'entre eux occupent actuellement des postes clef comme secrétaires dans des organismes, tant nationaux que diocésains, pour la catéchèse et l'évangélisation. Certains de ces catéchistes travaillent à la publication de revues, participent à l'élaboration des textes et à la préparation du matériel audiovisuel.

6 Directoire général de catéchèse, 2ième Congrès international de catéchèse; deux synodes consacrés à l'évangélisation; l'Exhortation apostolique « Evangelii nuntiandi »; document sur l'Ecole catholique, etc. …

7 La mise au point de la catéchèse à partir de l'anthropologie, fortement recommandée par Vatican II dans sa Constitution Gaudium et Spes étaient en route depuis plusieurs années déjà. Pendant la Semaine Internationale de Catéchèse, EICHSTAET 1961, Mr. André Brien, dans un exposé sensationnel, avait souligné la nécessité pour la catéchèse de tenir fermement compte de l'aspect anthropologique, (cf. Teaching all nations, 1962). En 1963 parut l'oeuvre de Paul LEHMAN, « L'éthique dans le contexte chrétien ». En 1965 J.B. METZ publia plusieurs études préconisant une théologie politique. La même année parut la « Théologie de l'Espérance » de Moltman. L'année suivante, en 1966, à Genève, s'est tenue la Conférence Mondiale du Conseil Œcuménique des Eglises sur le thème: « Eglise et Société ». Le N°. 30 de Concilium, 1968, traitait le thème: « La foi et la réalité sociopolitique ».

En Amérique latine on a publié de nombreuses études sur la théologie de la libération dont la plus célèbre est peut-être celle de Gustavo GUTIERREZ, parue en 1972.

Mais ce qui, d'après nous, devait sanctionner ce virage vers l'anthropologie, c'était le travail des deux grandes réunions tenues à Medellin en août-septembre 1968 où les évêques d'abord, les catéchistes ensuite, envisageaient d'appliquer la doctrine conciliaire de la Constitution Gaudium et Spes aux besoins de l'Amérique latine.

8 Réuni à Mexico du 24 au 28 novembre 1969. Il a été suivi par la rencontre latino-américaine de théologie sur le thème « Libération et captivité ».

9 Cf. le « Memoria » de ce congrès.

10 Au cours de cette rencontre on a pu clarifier de nombreuses idées sur l'évangélisation. Il est apparu que les mass-média existaient depuis plusieurs années déjà, mais que la manière nouvelle de les utiliser leur donne actuellement une exceptionnelle efficacité.

Il a donc été convenu que la nécessité d'une formation sérieuse en ce domaine, à tous les niveaux, sera tenue comme prioritaire. De plus, il fut arrêté d'un commun accord que cette formation sera donnée dans les séminaires de prêtres et dans les maisons de formation des religieux et des religieuses. Enfin l'on a demandé que la formation, non seulement à la méthode de groupe, mais encore à la communication de masse soit intégrée dans les programmes.

On a mis l'accent non pas sur la méthode mais sur le groupe, ou plutôt sur le travail du groupe. Cela change donc et la méthode et les objectifs.

Dans l'ensemble on considère ces méthodes non comme de simples auxiliaires, mais comme un langage adéquat pour la communication et l'approfondissement du message, enfin pour l'intercommunication des membres du groupe entre eux comme avec la communauté.

On a défini le groupe comme « un nombre homogène et limité de personnes qui dans une recherche commune, tendent activement, par un processus continu de communication par le dialogue, vers une conversion évangélique qui suppose un engagement pour le changement de la société.

Ce groupe utilise les mass-média en partant d'une réalité pour l'examiner puis la transformer à la lumière de la foi. (cf. Document du congrès, apport de l'Amérique latine).

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