La Province des Etats Unis (Suite)

09/Oct/2010

St. Agnes, N. Y. — Onze ans s'écoulèrent sans aucune fondation aux Etats-Unis. On tâchait de se fortifier autour de Montréal et de Québec. Toutes les recrues restaient en terre canadienne. Et puis, les sujets parlant anglais faisaient défaut. L'année 1903 vit s'ouvrir deux écoles, St. Agnes à New York et Haverhill, dans l'Etat du Massachusetts.

La première nous fut offerte par Mgr Brann, curé de la paroisse et un grand admirateur du frère Zéphiriny. Au début, les trois premières classes seulement furent confiées aux Frères. Le digne pasteur, un des membres les plus marquants du clergé new-yorkais et membre de plusieurs commissions administratives diocésaines se rendit vite compte du travail sérieux accompli par les nouveaux maîtres. Aussi, en deux fois successives le nombre des Frères fut augmenté. Entre 1910 et 1920, l'enregistrement s'éleva au-delà dé 500 et Mgr. Brann était fier d'affirmer alors qu'il présidait une distribution de prix à St Ann's Academy : «En dix ans les bons Frères Maristes ont entièrement renouvelé ma paroisse.»

Tout d'abord, les Frères trouvèrent les enfants de ce quartier très populeux de New York pas mal turbulents et plutôt enclins à l'indocilité. Mais graduellement, notre méthode d'éducation comme partout ailleurs changea ces natures revêches en d'excellents élèves, acharnés au travail, soumis á leurs professeurs et particulièrement remarquables par leur esprit de corps. Grâce à de nombreux succès dans divers concours diocésains, cette école s'est créé un renom que beaucoup d'institutions similaires lui envient.

Les années qui suivirent la guerre mondiale virent un complet bouleversement dans le quartier où s'élève l'école St. Agites. De toutes parts un engouement pour une trop facile spéculation se répandit parmi tous les rangs de la société. Des « gratte-ciel » avec leur armature de fer et de ciment surgirent de terre de toutes part comme par enchantement et cernèrent complètement le local scolaire. Force fut aux familles d'où venaient nos enfants de trouver des logements dans la banlieue, ce qui amena un fléchissement de plus d'un tiers des élèves.

A cette époque, le digne successeur de Mgr Brann, Mgr Cludwick, précédemment supérieur du grand séminaire de New York conçut l'heureuse idée d'ouvrir une « High School », afin de garder plus longtemps les. enfants sous l'influence éducatrice de religieux. Les résultats ont prouvé que le perspicace pasteur avait bien agi. L'année dernière, ses cours comptaient 205 étudiants provenant de 56 paroisses différentes, fait unique sans doute parmi nos écoles. Ces enfants ne sont admis qu'après avoir subi un examen éliminatoire sérieux. Il s'ensuit que nous avons ainsi la fine fleur des écoles élémentaires de la grande métropole, ce qui explique le haut niveau intellectuel de l'établissement.1

Depuis sa fondation, St Agnes a donné 4 prêtres au clergé séculier et deux au clergé régulier avec encore cinq ou six séminaristes. Nous comptons aussi parmi nous cinq Frères, anciens élèves de St Agnes. A ce nombre doivent être ajoutés 6 novices 3 postulants et autant de juvénistes.

La seule société organisée dans l'école est celle de St Joseph, avec communion générale le 1ier dimanche du mois.

(à suivre)

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1 On peut s’interroger sur l'opportunité de cette carte ici, d’autant qu’elle se trouvait dans le numéro précédent, à la page 271 du N° 99 de janvier 1935. [note du f. L. R.]

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