La Province du Brésil Central

F. A. J.

02/Mar/2010

A cette place, il est d'usage, comme on sait, depuis tes premiers commencements du Bulletin, d'insérer dans chaque numéro une courte monographie de quelqu'une de nos plus intéressantes œuvres, surtout de celles qui, en vertu des circonstances, présentent une certaine actualité. Nous avons cru devoir, cette fois-ci, déroger un peu d cette vieille coutume en remplaçant la monographie ordinaire par un extrait fort suggestif que le C. Frère Augustin-Joseph, Assistant Général, a bien voulu nous communiquer de son rapport sur la visite de délégation qu'il a faite, il y a quelque mois, dans la Province du Brésil Central. Dans le numéro de juillet 1909, nous avons publié, sur cet intéressant groupe d'œuvres, une courte notice que pourront relire nos abonnés curieux de comparer: ils verront quelle magnifique expansion ont prise la plupart d'entre elles, sous la bénédiction du Sacré-Cœur et de la T. Sainte Vierge, pendant cette période de 15 ans.

* *

C'est le 20 octobre que, muni de la bénédiction du Rév. Frère Supérieur, je m'embarquais à Bordeaux sur le ''Massilia'' ; et à quinze jours de distance exactement, le samedi 3 novembre, je débarquais à Rio de Janeiro. Dès le lendemain matin je prenais le chemin de Mendes, la maison provinciale, où je reçus, comme à Rio du reste, le plus fraternel accueil de la part de Mr. l'Aumônier, du C. F. Provincial, du C. F. Directeur et de toute la communauté. Après 2 ou 3 jours de repos, je revenais à Rio en compagnie du C. F. Exupérance, Provincial, et nous commencions ensemble une visite des établissements; laquelle se termina vers le 8 décembre. Une première retraite eut lieu à Mendes du 12 au 19 décembre; puis une seconde à Franca du 28 décembre au 4 janvier. Le recueillement, l'esprit de prière, le silence, l'attention aux instructions et la parfaite docilité qui ne cessèrent de régner durant ces deux retraites me donnèrent une haute idée du bon esprit qui anime tous les Frères de la province. De Franca nous repartîmes, le C. F. Provincial et moi, pour une seconde visite à tous les établissements. Et le 15 février je reprenais à bord du ''Pincio'' le chemin du retour pour arriver à Gênes le 5 mars et à Grugliasco le lendemain 6, invité à donner, pour le Bulletin, un petit aperçu de mon voyage, je puiserai quelques extraits dans mon rapport au Rév. Frère Supérieur, me bornant à faire connaître la situation actuelle des œuvres de la province pour ne pas répéter ce que les comptes rendus des visites précédentes ont déjà fait connaître. Je commencerai par faire monter vers Dieu et notre Bonne Mère un hymne de reconnaissance pour le bien dont nos Frères ont été les instruments sur cette terre du Brésil, depuis 27 ans qu'ils y sont établis; comme aussi pour la prospérité dont, par l'effet de la même bénédiction céleste, n'ont guère cessé de jouir nos collèges de la région.

La Province comptait, au 1ier janvier 1924: 48 Frère stables; 71 profès perpétuels; 52 profès temporaires; 4 novices, 7 postulants et 95 juvénistes, ce qui donne un total de 277 membres.

Le personnel des 8 écoles se composait de 115 Frères donnant l'instruction et l'éducation chrétiennes à 3.800 enfants: 1.200 internes et 2.600 externes.

 

I. S. PAULO: Gymnasio do Carmo.

Fondé en 1899 par le Vénérable Ordre Tertiaire du Carmo, il débuta dans un local qui ne tarda pas à devenir insuffisant. C'est pourquoi, en 1912, l'O. T. fit construire le magnifique local actuel, lequel ne correspond déjà plus aux nombreuses demandes; car c'est par centaines qu'on est obligé de refuser des élèves chaque année.

Le personnel comprenait, au moment de la visite: 19 Frères et près, de 800 élèves. Le nombre des inscriptions s'est élevé à 835 au cours de l'année 1923. Les élèves sont répartis en 17 classes: 9 d'enseignement primaire et 8 d'enseignement secondaire.

La maison est contiguë à l'église de RR. PP. Carnes et attenante à la belle chapelle de l'Ordre Tertiaire. Un aumônier en titre est chargé du service religieux; il est aidé dans son ministère par les RR. PP. Carmes qui, non contents d'assurer à x Frères, une messe chaque jour à 6 h. du matin, viennent encore chaque semaine confesser les enfants, en très grand nombre, qui désirent faire la sainte communion le dimanche. Le 1ier vendredi du mois le nombre des communions réparatrices dépasse 200.

Il existe aussi, parmi les élèves, une congrégation de la sainte Vierge, dirigée par les RR. PP. Jésuites.

Quelques chiffres pris au hasard dans le tableau général donneront une idée de la marche du ‘’Carmo’’ depuis sa fondation.

Années 1899 1910 1915 1920 1923

Frères 6 14 17 18 18

Elèves 195 395 564 744 835

Bacheliers — 12 8 13 14

1ière Comm. — 43 90 96 125

 

C'est aussi, au Carmo qu'est rédigé, à l'usage de la Province, le Bulletin des Etudes, qui est un puissant excitateur pour notre chère jeunesse, par les travaux qu'ils propose, les conseils pratiques qu'il donne et le Croix d'honneur qu'il distribue.

L'espace nous manque pour parler de l'excellente réputation dont jouit le "Carmo'' dans la grande ville de S. Paul, grâce d'abord aux succès qui couronnent chaque année scolaire, puis, surtout, à la forte, solide et sérieuse éducation à base d'esprit chrétien que les jeunes gens y reçoivent.

 

II. S. PAULO: Cambucy.

C'est à la générosité du bon Docteur Ismael Dias que nous devons l'immeuble de Cambucy dans lequel est installé depuis 1901 un externat semi-gratuit; c'est la faible rétribution, qui la rend accessible aux bourses moins fortunées. Là, 4 Frères donnent leurs soins et leur dévouement à 300 élèves, la plupart fils d'ouvriers et qui ne restent guère à l'école au-delà de 14 ans. Aussi le programme est-il simplement celui de l'enseignement primaire; mais avec une large place pour le catéchisme et la formation chrétienne. L'établissement possède une petite chapelle dans laquelle un prêtre de la paroisse vient dire la sainte messe une ou deux fois par semaine.

Comme on peut le voir par le petit tableau suivant, l'établissement se développerait rapidement si le local était plus vaste.

Années 1917 1920 1922 1923.

Frères 4 4 5 4

Elèves 129 200 287 303

 

III. RIO DE JANEIRO: Collegio Dioces. S. José.

Le Collège Saint-Joseph de Rio, fondé en 1902 est installé dans les locaux du Séminaire, qui appartiennent à l'Archevêché et pour lesquels on paie une location annuelle. Par sa situation dans une vaste et magnifique propriété, il jouit des avantages de la campagne, tandis que la facilité des communications, par le moyen des trams ou bonds, lui donne tous ceux de la ville, et lui permet en particulier de recevoir de nombreux externes.

Le nombre d'élèves inscrits pour l'année 1923 s'est élevé à 617 se partageant ainsi: internes et semi-internes: 337; externes payants: 262; externes gratuits: 18. La communauté comprenait 23 Frères. Le petit tableau ci-dessous donnera une idée de la marche ascensionnelle du Collège depuis 1915.

Années 1915 1920 1922 1923.

Frères 20 22 22 23

Elèves 356 425 515 617

Bacheliers 10 10 8 7

1ière Communions 87 85 87 88

Dans ces chiffres ne sont pas compris les élèves de l'école gratuite S. Joaquim, dont le nombre a toujours dépassé la centaine.

Les pensionnaires et un certain nombre d'externes assistent à la messe tous les jours dans la magnifique chapelle du Séminaire. Les communions y sont nombreuses chaque matin. La dévotion à la Très Sainte Vierge est en honneur parmi ces jeunes gens. Il existe aussi parmi eux la ‘’Garde d'Honneur du S.C.’’ et une " Association d'anciens élèves’’ dont tiennent à honneur de faire partir des hommes qui occupent de belles situations soit dans la ville soit dans l'Etat.

Un certain nombre de ces jeunes gens sont affiliés à la ‘’Propagation de la foi’’.

Le nombre des 1ière communions qui se sont faites au Collège s'élève à 1.498.

L'enseignement comprend 4 années de primaire et 5 de secondaire ou gymnasial.

De plus les élèves qui le désirent reçoivent l'instruction militaire théorique et pratique, qui leur est donnée par un sergent instructeur. Un examen a lieu à la fin de chaque année devant une commission nommée par le ministre de la guerre; et les lauréats de cet examen reçoivent la ‘’caderneta’’, livret militaire, qui les dispense du service en caserne.

Le Collège S. José avec toutes ses dépendances étant la propriété de l'Archevêché, et Monseigneur ayant manifesté l'intention d'y rétablir le Séminaire dans un avenir plus ou moins éloigné, deux terrains ont été achetés, l'un au centre de la ville, à destination d'externat; l'autre plus en campagne pour y établir un pensionnat.

 

Ecole gratuite S. Joaquim — Créée sous le patronage et avec le bienveillant concours de S. E. le Cardinal Archevêque de Rio, cette école procure le bienfait de l'éducation chrétienne à plus de 120 élèves pauvres du quartier, répartis en deux classes. Par de ferventes, nombreuses et solennelles premières communions que Son Eminences a eu la bonté de présider à plusieurs reprises; par la ‘’Garde d'Honneur du Sacré-Cœur’’; par le culte de la Ste Eucharistie, et de la communion fréquente, on s'efforce de développer en eux l'esprit chrétien et de leur donner de solides convictions religieuses.

 

IV, FRANCA : Institut Champagnat.

Notre premier établissement dans cette ville date de 1902. Il comprenait au début: un Pensionnat et un externat, complètement séparés et même assez éloignés l'un de l'autre. Le Pensionnat fut fermé en 1908; et l'externat continua jusqu'en 1912, époque à laquelle expiraient les dix années pour lesquelles le local était mis à notre disposition. II fut alors fortement question de retirer les Frères; mais la Providence permit de trouver la vaste et belle propriété actuelle. Deux constructions furent édifiées, l'une en 1917, l'autre en 1922; mais déjà elles sont insuffisantes; car, au moment de la visite, l'établissement comptait près de 400 élèves présents, dont plus de 150 internes. On a remarqué que la grande prospérité date du jour où l'établissement a pris le nom d'lnstitut Champagnat.

L'enseignement comprend les 4 cours primaires et les 3 premiers cours d'enseignement secondaire; distribués en 10 classes. 14 Frères sont employés au travail de l'éducation de ces chers enfants. Il y a de plus l'instruction militaire comme pour les autres Collèges. Les pensionnaires et quelques externes assistent à la messe tous les jours dans la vaste et gracieuse chapelle; et un certain nombre font la sainte communion.

L' ‘’Apostolat de la Prière’’ est en honneur parmi ces jeunes gens. Une confrérie ‘’Les Chevaliers du St. Sacrement’’ groupe les plus pieux; et entretient parmi eux l'amour de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, et la dévotion à la communion fréquente.

Mouvement du personnel durant les dernières années:

Années 1916 1918 1921 1922 1923.

Elèves inscrits 178 225 265 361 423

 

V. UBERABA : Collegio du S-C. de Jésus.

C'est un des plus beaux établissements de la Province. Fondé en 1902, il se composa d'abord uniquement du Collège diocésain avec toutes ses dépendances, qui nous fut donné par Mgr. l'Evêque d'Uberaba. En 1908 une vaste étendue de terrain y fut ajoutée. Deux importantes constructions furent édifiées, l'une en 1910, l'autre en 1920 et constituent actuellement le Collège proprement dit. Le Collège du Sacré-Cœur jouit dans cette région déjà lointaine, puisque Uberaba est à environ 1300 kil. de Rio, d'une excellente réputation soit au point de vue de l'éducation soit à celui de l'instruction. L'enseignement comprend comme ailleurs 4 années de primaire et 5 de secondaire ou gymnasial avec l'instruction militaire. Les 4 années de primaire sont toutes dédoublées; ainsi que l'une des années de secondaire; ce qui un total de 14 classes; entre lesquelles étaient réparties pour l'année 1923, 563 élèves; 363 internes et 200 externes payants, sans compter plus de 60 externes à l'externat gratuit N. D. de Lourdes que l'établissement a fondé pour faire participer aussi les élèves moins fortunés au bienfait de l'éducation chrétienne. Il est juste de dire que la municipalité d'Uberaba, désireuse de prendre part à cette bonne œuvre, a exempté le Collège de tout impôt.

Il existe au Collège d'Uberaba, comme à Mendes, du reste, un poste météorologique dont tous les appareils ont été fournis par l'Etat. Un Frère est chargé de faire les observations 3 fois par jour, et de les communiquer par télégramme à la capitale. Il reçoit une subvention annuelle assez importante pour ce service. Le zèle des Frères combiné avec celui de M. l'Aumônier et des RR. PP. Dominicains, qui furent durant des longues années les Aumôniers du Collège, produit des résultats très consolants parmi cette intéressante jeunesse. Le chiffre de 19.300 communions distribuées dans la chapelle au cours de l'année 1923, est assez éloquent par lui-même. La ‘’Milice de St. Thomas’’ pour les grands élèves, et la ''Légion blanche'' pour ceux qui ont moins de 15 ans, constituent des foyers de piété, d'énergie chrétienne et de vertu. Trente-six jeunes gens ont obtenu à la fin de l'année devant la Commission militaire la ‘’caderneta’’ qui les dispense de la caserne. Et la proportion des succès aux examens devant les ‘’Bancas examinadores'' commission qui se transporte chaque année au Collège pour les examens officiels, a été très élevée pour l'année 1923 (90 %).

Prenons quelques chiffres au hasard pour donner une idée de la marche du Collège depuis sa fondation :

Année 1902 1905 1910 1917 1920 1923.

Frères 10 14 17 18 19 20

Elèves 110 181 263 344 421 562

 

VI. SANTOS: Gymnasio Santista.

Placé auprès de l'église du S.C., desservie par les Révérends PP. Jésuites, le Gymnasio Santista, tout en bénéficiant de ce voisinage salutaire, a contribué, pour sa modeste part, au mouvement religieux qui s'accentue chaque jour dans cette ville si intéressante de Santos. L'établissement actuel avec sa nombreuse population scolaire, nous transporte loin de ses débuts plutôt modestes. A part un troisième étage construit sur la partie antérieure de la maison, et qui sert de dortoir divisé en cellules pour les Frères, le local est celui qui a été décrit dans les rapports précédents.

L'enseignement au Gymnasio Santista comprend: 1° : 5 années de secondaire ou gymnasial, réparties en 6 classes; 2° : 4 années de primaire en 7 classes ; 3° : 3 années d'enseignement commercial, dont le programme a beaucoup de points communs avec le programme secondaire ; 4° : l'instruction militaire et la gymnastique, dont les leçons sont données par un sous-officier de la garnison.

Quelques chiffres pour donner une idée de la marche du personnel depuis la fondation :

Années 1905 1910 1915 1922 1923.

Frères 8 12 16 15 15

Elèves inscrits 166 340 460 468 528

L'établissement ne possède pas de chapelle; mais Notre-Seigneur dans son église du S.-C. est le plus proche voisin des Frères, et une messe leur est assurée chaque matin à six heures.

L'Apostolat de la Prière groupe un grand nombre d'élèves du Collège. Il y a chaque 1ier vendredi et chaque dimanche du mois, une nombreuse et fervente communion réparatrice.

Les RR. PP. Jésuites ont établi pour les jeunes gens qui quittent le Collège, leurs études finies, une ‘’Congrégation de la Sainte Vierge'', qui est très florissante.

Quelques anciens élèves ont constitué une ‘’Conférence de St. Vincent de Paul’’. Ils se réunissent chaque dimanche dans une salle du Collège sous la présidence du C. Frère Directeur. Enfin il existe une ‘’Association d'Anciens Elèves''.

Le Gymnasio Santista est un des établissements d'éducation les plus importants de Santos. Aussi les habitants en sont fiers; et il n'est pas rare d'entendre dire au passage de ces jeunes gens bien alignés, bien silencieux, gracieux et dignes dans leur joli costume blanc: "Nosso Gymnasio'' (Notre Gymnase).

 

VII. S. PAULO: Collegio Archidiocesano.

Le Collège Archidiocésain, le Gymnase du Carmo, et l'école de Cambucy donnent l'éducation à plus de 1500 élèves de la grande ville de St. Paul et des environs. C'est en 1908 sur les instances de Mgr. Duarte, actuellement archevêque de St. Paul, que le C. Frère Adorator, surmontant ses craintes bien justifiées en face d'une œuvre aussi considérable, accepta de prendre la direction du premier de ces établissements à la suite des prêtres du diocèse, qui avaient eux-mêmes remplacé les capucins fondateurs. Le Collège est installé dans les locaux du Séminaire, dont il occupe la plus grande partie. Ces locaux sont malheureusement insuffisants pour répondre aux nombreuses demandes et c'est par centaines qu'il faut refuser chaque année des élèves qui se présentent. En prévision de la nécessité on nous pourrions nous trouver de quitter les locaux actuels, un terrain a été acheté dans un des quartiers les plus sains et les mieux situés de la ville.

Le personnel du Collège comprenait à l'époque de la visite: 18 Frères et 391 élèves tous internes. Le nombre des inscriptions s'est élevé à 423. L'enseignement primaire, en 4 années, est donné dans 4 classes; et l'enseignement secondaire en 5 années, dans 7 classes. De plus, l'instruction militaire avec tous les .avantages qu'elle comporte, est donnée à tous les élèves qui le désirent. .

Extrait de tableau général du personnel:

Années 1908 1910 1914 1920 1923.

Internes 164 244 275 374 423

Bacheliers 12 12 14 14 12

Pour donner une idée de l'esprit chrétien qui règne au Collège Archidiocésain, il suffit de dire que, à la messe de chaque matin, il y a toujours une centaine de communions. Le chiffre de communions distribuées clans la chapelle s'est élevé en 1920 à 30.000: en 1921 à 33.900; en 1922 à 35.000; en 1923 à 40.000. Les aumôniers qui se sont succédé jusqu'à cette époque ont tous été d'ardents promoteurs de la communion quotidienne; et Mgr. D. Joâo Baptista de Ladeira, Secrétaire général de l'Archevêché, actuellement aumônier, de concert avec le Frère Directeur et tous ses Frères, entretient avec un grand zèle cette pieuse dévotion.

Le mouvement religieux est encore puissamment soutenu par plusieurs congrégations, dont il serait intéressant, si l'espace nous le permettait, de détailler l'organisation et le fonctionnement.

C'est d'abord l' ‘’Apostolat de la Prière’’ avec toutes ses pratiques; offrande de la journée, le matin avant la prière; communion réparatrice à peu près générale tous les fers vendredis.

C'est ensuite la ‘’Milice Angélique’’ dont la divise est: ‘’Pour Dieu, pour la Patrie, pour la Science et la Vertu’’.

Puis: les "Chevaliers du St. Sacrement'', dont le but et le règlement sont à peu près les mêmes, avec, en plus, l'intention de promouvoir, par tous les moyens possibles, la dévotion à la Sainte Eucharistie.

Et enfin: la ‘’Conférence de St. Vincent de Paul’’, composée d'anciens élèves, et dont les réunions se tiennent au Collège sous la présidence d'un Frère.

Succès scolaires, pour 1923: Bacheliers, 12; livrets militaires, 39; admis aux écoles supérieurs diverses, 17; anciens élèves sortis des écoles supérieures avec le grade de docteurs, 24.

 

VIII. VARGINHA : Collegio do Sagrado Coraçâo.

Le Collège de Varginha, situé dans l'Etat de Minas Geraes, est le dernier en date pour sa fondation (1917), qui correspond avec le centenaire de l'Institut. Voici en quelques mots l'histoire de cette fondation.

Le vénérable curé de la paroisse, ‘’Padre Leonidas’’, homme d'une belle intelligence au service d'un cœur dévoré de zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, rêvait de doter sa paroisse d'une école chrétienne. Il groupa sous le nom de ‘’Sociedade do Culto a Sciencia'', les notabilités du pays; et par le moyen dé souscriptions, cette Société fut bientôt en mesure de réaliser la construction d'un collège. La direction nous en fut offerte; mais, le manque de personnel ne nous permettant pas d'accepter, on dut la confier à un personnel laïc.

Un bail de cinq ans fut signé; mais, pour de multiples raisons, dut être résilié deux ans après la signature. Le G. Frère Adorator, passant dans ces parages, eut l'idée de faire une visite au "Padre Leonidas''; et lui annonça son arrivée. Quel ne fut pas son étonnement de se voir, à sa sortie de la gare, l'objet d'une véritable ovation. Après avoir entendu plusieurs discours, il fut conduit en triomphe au presbytère où les plus vives instances lui furent faites pour le décider à donner des Frères. Le lendemain on visita l'établissement; et les bases d'une fondation furent posées. Le local avec son mobilier et toutes ses dépendances, était mis à notre disposition, presque à la seule condition de nous engager à y tenir un collège durant cinquante ans sans pouvoir l’employer à un autre usage. Le 3 janvier 1917 les Frères faisaient leur entrée dans le nouvel établissement, au milieu des manifestations de la joie la plus sincère et la plus cordiale de la part de la population tout entière.

La propriété se compose de la maison, grande construction rectangulaire à un étage, et d'un terrain d'une contenance de trois hectares environ. Elle domine la ville, qui est elle-même à 1.000 mètres d'altitude ; et de là-haut on découvre un des plus beaux panoramas que l'on puisse rêver; ''pastos'' ou pâturage où paissent des milliers de têtes de bétail: plantations de café qui escaladent les collines en lignes pressées; montagnes bleues. qui bornent au loin l'immense horizon, etc. …

L'épreuve qui est la marque des œuvres de Dieu, n'a pas manqué au Collège ; mais une ère de prospérité qui suit d'ordinaire une période d'épreuves, paraît s'ouvrir et lui promettre un consolant avenir.

Le personnel, au moment de la visite, se composait de 11 Frères et de 154 élèves dont 94 internes et semi-internes, et 60 externes. Il y avait eu 161 inscriptions.

L'enseignement comprend:

1° Les 4 années d'enseignement primaire;

2° Les 4 premières années de secondaire ;

3° Un cours de commerce dont la sanction est un diplôme

de commerce auquel une loi de l'État de Minas confère le caractère- officiel. Les Frères eux-mêmes font subir les examens et décernent le titre.

L'instruction chrétienne et la formation religieuse tiennent une grande place au Collège de Varginha. Le Sacré-Cœur a été intronisé solennellement le 25 juin 1918. La congrégation des ‘’Chevaliers du St. Sacrement’’ développe parmi ces jeunes gens, la dévotion à la sainte Eucharistie et à la communion fréquente. La plupart des élèves se confessent et communient au moins une fois la semaine.

 

IX. MENDES.

Tout a été dit dans les rapports précédents sur la maison de Mendes ; sur le coup de Providence qui nous en assura la possession à un moment critique pour la Province : sur les charmes de cette poétique solitude que l'on a qualifiée de ‘’Paradis de Mendes’’. – Nous nous contenterons donc de la caractériser en deux mots. Au point de vue naturel, Mendes est une réduction du Brésil, une miniature, une ‘’maquette’’ du Brésil; car on y trouve en petit tout ce qui fait le charme de ce beau pays; les majestueuses forets vierges couronnant les collines largement ondulées; les eaux limpides et abondantes; les ‘’pastos’’ immenses constamment animés par la présence des bœufs et de chevaux; les plantations de café, de canne à sucre, de maïs; les collines avoisinant la maison couvertes d'arbres fruitiers du pays: jambeiros, jobocatibeiros, jaqueiros, mangueiros, etc. …, et même quelques-uns de nos pays: vigne, poiriers, pommiers, qui s'acclimatent à la longue.

Au point de vue religieux, au spirituel, Mendes est le centre, le cœur de la province; car c'est là que se forme notre chère jeunesse; c'est de là que partent les artères qui portent partout la vie et la fécondité: c'est là que dans de ferventes retraites le sang généreux de la province vient se revivifier, s'épurer. Mendes est encore un reliquaire où sont gardés les restes vénérés de tant de Frères qui ont dépensé leurs forces, leur santé, leur vie au service de Jésus et de Marie dans les œuvres de la province; et parmi eux, de celui qui fut un charmeur, un semeur de joie, d'esprit surnaturel : le saint Frère Adorator. Du haut de la colline de Santa Cruz, ou mieux, du haut du ciel, où ils ont reçu leur récompense, ils sourient aux efforts généreux d'une vaillante jeunesse et au dévouement de tous ceux: Provincial, Directeur, professeurs qui dirigent et soutiennent ces efforts. Du haut du ciel ils intercèdent pour obtenir à tous cette grâce de la persévérance qu'ils ont obtenue et méritée eux-mêmes.

Pour tout dire en un mot, Mendes est la maison provinciale.

Dans le local de l'ancienne ‘’fazenda’’, auquel se sont ajoutées successivement: 1° une construction qui renferme une magnifique chapelle et deux dortoirs; 2° une deuxième construction où se trouvent divers services: cuisines, réfectoires pour les différents groupes, et la taillerie; 3° enfin une maison de date toute récente à l'usage du juvénat, trouvent place sans se gêner, sans se pénétrer, l'administration générale, le scolasticat, le noviciat, le juvénat et quelques employés.

Le personnel de Mendes se compose actuellement de 165 personnes, savoir : juvénistes, 105 ; postulants, novices et scolastiques, 30; professeurs, 12; employés divers, 18.

Par la dévotion à Jésus-Hostie, dont le vénéré aumônier, R. P. Macellari, est un ardent promoteur; par le culte filial de la T. Sainte Vierge Marie, et du bon saint Joseph; par l'éclat des cérémonies et la parfaite exécution des chants, dans la belle et pieuse chapelle, toujours gracieusement et richement ornée, il s'est établi à Mendes une atmosphère de piété, de régularité, de ferveur qui ne peut manquer de rayonner sur toute la province et d'exercer sur la jeunesse en formation une salutaire influence.

Il faudrait parler en détail des différents groupes de la maison: juvénat, noviciat, scolasticat, bons anciens qui utilisent leurs dernières forces au service de l'Institut, de l'exploitation agricole, de l'Apostolat des noirs. Il y aurait intérêt à entrer dans quelques détails sur l'organisation des études religieuses et profanes dans la Province ; sur la magnifique collection de livres classiques, comprenant près de 200 volumes, laquelle est le fruit d'un travail et d'un dévouement au-dessus de tout éloge; sur le recrutement vigoureusement intensifié depuis quelques années, et qui permet de concevoir pour l'avenir de magnifiques espérances. Mais ce serait la matière d'un article qui pourra venir en son temps.

Pour résumer d'un mot, je dirai que la Province du Brésil Central s'efforce de faire le mieux possible sa partie dans le ‘’quatuor’’ mariste qu'elle forme avec ses trois sœurs : Brésil Nord, Brésil Sud et Argentine. Du reste entre ces quatre provinces existe non seulement la plus parfaite harmonie, mais une noble et sainte émulation à qui procurera le plus de gloire à Dieu et à Marie par la sanctification personnelle de chacun et le zèle pour le salut des âmes; c'est-à-dire, en un mot, par la réalisation la plus approchée possible du double but pour lequel le vénérable Fondateur a créé notre cher Institut.

F. A. J.

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