La vie missionnaire à lécole

01/Oct/2010

L'âge scolaire étant par excellence la période de la vie où la parole et l'exemple font sur l'âme des enfants et jeunes gens une impression vive, profonde et conséquemment durable, il est du devoir des maîtres de ne rien négliger, dans la pratique de leur enseignement, de ce qui est propre à nourrir sainement l'esprit, à élever le cœur et à former la conscience.

Or, ne semble-t-il pas que, parmi les matières d'enseignement généralement reconnues comme très propres à produire ce triple résultat, il conviendrait de faire une place importante aux événements si multiples, si variés et souvent si héroïques dont se compose, pour ainsi dire, la trame de la vie missionnaire?

Sans doute le culte de la science, le goût des lettres et des arts, l'amour de la patrie, la gloire des armes, la passion de nouvelles découvertes, ont sur les jeunes esprits une puissance d'attraction capable de les mener à de magnifiques efforts dans la poursuite du vrai, du bien, du beau et méritent à ce titre d'être louées et encouragées ; mais ne peut-on pas dire que la vie missionnaire, outre qu'elle est souvent une actuation pratique de la plupart de ces idéaux, les égale, si même elle ne les dépasse pas, par l'élévation du but poursuivi et par la noblesse des moyens employés pour l'atteindre?

Délivrer des esprits humains du joug de superstitions avilissantes et de séculaires erreurs pour les élever à la conception chrétienne du divin et de l'éternel ; retirer des populations immenses de l'abrutissement des sens pour les amener à la pureté individuelle, familiale et sociale de l'Évangile; déterminer à vivre d'une vie pacifique, laborieuse et sereine ceux qu'on a ainsi rachetés ; préparer leurs esprits à recevoir les germes de la civilisation et à coopérer au progrès humain, dans l'agriculture, l'industrie, les lettres et les arts, n'est-ce pas là un des buts les plus hauts qu'il soit possible de se proposer?

Et y tendre non par la violence, non par la cupidité, non par la passion de dominer, non par l'ambition des titres honorifiques et des dignités; mais par le sacrifice de sa vie, passée sur .une terre souvent inexplorée, parfois inhospitalière, au milieu des privations continuelles au sein d'une nature inculte et d'une humanité sauvage sans possibilité de trouver ni consolation ni assistance : quelle noblesse et quelle générosité dans les moyens !

Les missionnaires sont modestes et simples, mais courageux et forts. On les trouve toujours bons, doux, charitables, patients, mais pénétrés â un haut degré d u sentiment de la dignité de leur état, par où, sans le chercher, ils s'imposent à tout le monde. Aux yeux de leu conscience brille seule l'image de Jésus crucifié, qui est leur guide en ce monde et qui doit être leur récompense en l'autre.

Et cette vie, à la fois si douce, si modeste, si simple, si héroïque, si calme au dedans quoique souvent si mouvementée au dehors, exerce sur les jeunes aines dont la droiture n'a pas encore été faussée par le vice, une sorte de séduction ineffable, en même temps qu'elle est un des éléments les plus indispensables de la civilisation du genre humain. Pourquoi donc, dans les classes, élevées, ne pas tirer un parti plus important et plus efficace de ce puissant moyen d'éducation religieuse, morale et sociale en lui donnant, dans l'enseignement de l'histoire, la belle place à laquelle il a droit, et en introduisant dans les recueils de morceaux choisis de littérature à l'usage des élèves, quelques-unes des meilleures pages de la littérature missionnaire ?

Quant aux classes inférieures, bien que l'âge des élèves soit en général encore trop tendre pour pouvoir en tirer un parti aussi direct, nul n'ignore combien salutaire et durable est l'impression que laissent dans leur esprit, dans leur cœur, les récits et les anecdotes de la vie missionnaire qu'ils rencontrent dans leurs livres de lecture. Ce serait contribuer très efficacement à leur éducation morale et religieuse de les y insérer avec moins de parcimonie. Elles y auraient à coup sûr un effet beaucoup plus intéressant et plus profitable, étant donné qu'il s'agit d'histoires vécues, que les récits fantastiques et les contes insignifiants qu'on a coutume d'y trouver.

C'est en se fondant sur des raisons si solides que les méritants Coopérateurs Salésiens, dans leur X° Congrès international, tenu, il y à deux ans, à l'occasion du 500 anniversaire de la fondation des premières missions salésiennes devenues depuis, grâces à Dieu, si nombreuses et si fécondes en fruits de salut, formulèrent les vieux suivants, dont nous sommes heureux de nous faire l'écho dans notre modeste milieu, en souhaitant qu'ils n'y aient pas seulement un accueil sympathique — ce dont nous sommes certains par avance ; mais qu'ils y deviennent, dans toute la mesure du possible, un idéal à réaliser:

Que. dans les livres de lecture et les anthologies en usage dans les classes, soit de l'enseignement primaire soit de l'enseignement secondaire, il soit fait une juste place à des sujets intéressants empruntés à la vie missionnaire et adaptés à l'âge et a la capacité des élèves.

2° Que dans les bibliothèques scolaires une place convenable soit faite aux livres et aux revues illustrées gui ont trait aux missions.

3° Que dans les leçons et les conférences accompagnées de projections lumineuses les sujets relatifs à la vie mission, et aux missions aient aussi la part importante qui leur revient.

4° Que la diffusion des images et des cartes postales relatives aux missions s'intensifie de plus en plus.

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