Le Frère Basilio Rueda Guzmán – le nouveau Supérieur Général

04/Nov/2010

Mexicain, né le 16 octobre 1924 à Acatan-de-Juárez, il devait bientôt aller vivre à la grande ville de Guadalajara et y fréquenter l'école des Frères. La persécution n'est pas encore terminée. On fait la classe dans les maisons de certains des parents. Puis, tout doucement, le sectarisme se contente d'être verbal et le Colegio Cervantes que dirige le Frère Leoncio Martin peut s'ouvrir sans crainte.

Le jeune Basilio a bien pensé à la vocation mariste, car une atmosphère de profonde vie spirituelle règne à l'école, et il n'est pas rare du tout qu'un élève en retournant chez lui, dise un chapelet entier, ou qu'avant d'entrer à l'école, il fasse une visite au St-Sacrement dans une église du quartier. Mais la Providence permet que le désir du jeune élève ne puisse pas se réaliser immédiatement.

A 14 ans, il quitte donc l'école et travaille dans le commerce de son père jusqu'à 18 ans. Une participation aux bénéfices semble bien un moment le tenter, mais une autre séduction plus grande s'exerce sur lui. Il n'a pas cessé ses relations avec les Frères du Collège. La chaleur de leur vie communautaire, leur dévotion à Marie l'ont conquis. Il sera Frère.

En 1942, il entre donc au juvénat à Tlalpan, puis l'année suivante au postulat qu'on a réorganisé après une longue interruption, prend la soutane le 12 septembre, pour la fête du Saint Nom de Marie, et sous l'excellente direction du Frère Othonis, fait un noviciat que toute son équipe prolonge jusqu'au 8 décembre 1944.

Le scolasticat de Querétaro lui aussi recommence à fonctionner cette année-là et Frère Basilio y reste deux ans comme élève et un an comme professeur.

Ensuite, à l'Institut Mexico, il fait la classe tout en préparant l'examen de fin d'Ecole Normale, puis en étudiant la philosophie à l'Université de Mexico.

Le voilà maintenant professeur puis directeur de juvénat. Sa thèse est en cours (L'être et la valeur) qu'il préparera plus spécialement en 1958, sous le patronage de M. Oswaldo Robles.

Il enseigne la philosophie à l'Institut pré-universitaire et à la Faculté tenue par les Jésuites.

En 1961, son Provincial lui propose un stage au Monde Meilleur. Ce mouvement, qui groupe en communauté ecclésiale des prêtres, des religieux de tous ordres, des religieuses, des laïcs, se propose comme but de mettre à jour la pastorale des pays d'Amérique latine et de mobiliser, pour une période plus ou moins longue, les forces vives de l'Eglise prises dans le clergé, les congrégations ou le laïcat.

Pratiquement cette activité s'exerce au moyen de retraites et de sessions de 8 à 10 jours.

Après un an au Mexique en 1961-1962, le voilà au travail à Rome en 1963 et 1964 avec, en particulier, des sessions de trois mois où des prêtres de divers pays viennent faire une préparation préconciliaire; et enfin à nouveau en Amérique du Sud: Equateur, Venezuela, Chili, Colombie, Mexique, Panama, Guatemala.

En 1965, après ces quelque cinq ans de « diaspora », F. Basilio retourne à la vie mariste communautaire à Siguënza, maison provisoire qui remplace St-Quentin, comme sous-maître, puis comme maître des Seconds Novices, en attendant la construction de l'Escorial qui sera le tremplin au généralat. Frère Basilio Rueda gagne le cœur de tous ses Seconds Novices comme il gagnera un an et demi plus tard le cœur des Capitulants, y compris de ceux qui n'ont pas voté pour lui.

* * *

L'ascension qui suit l'élection n'est ni exactement celle du Capitole, ni exactement celle du Calvaire; plutôt celle de la Vierge qui s'en va au pays des montagnes. Comme tous les autres membres de la maison généralice, en toute simplicité, le nouveau Supérieur Général monte à la chapelle chanter le Magnificat.

En effet si la tâche est écrasante, il peut avoir confiance.

Comme l'Indien qu'il évoquera au repas de midi, il peut compter sur la Vierge de Guadeloupe: « Est-ce que je ne suis pas là, moi, ta mère? ».

Impossible de rappeler ici tout au long l'ambiance familiale de ce repas, les discours en toutes les langues, même chinois et malawien. Mais, de la réponse vraiment émouvante du Révérend Frère invoquant ses années au « Monde Meilleur » et le bonheur de la reprise de contact ensuite avec sa famille religieuse, il faut surtout retenir la promesse de diriger le plus possible l'Institut vers les pauvres et les missions et celle de gouverner en équipe.

Les télégrammes ou câblogrammes envoyés ou reçus pleuvent depuis la fin de la matinée et pendant tout l'après-midi. Déjà même se présentent à la Maison Généralice des personnalités venues féliciter le nouvel élu: un évêque ancien élève, un ambassadeur, le Supérieur Général des Frères des Ecoles Chrétiennes…

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