Le jugement dernier

Gilbert

11/Sep/2010

Ecce Dominus remet.


Quel bruit s'est élevé? La trompette sonnante

A retenti de tous côtés,

Et sur son char de feu la foudre dévorante

Parcourt les airs épouvantés!

Ces astres teints de sang et cette horrible guerre

Des vents échappés de leurs fers,

Hélas! annoncent-ils aux enfants de la terre

Le dernier jour de l'univers?

L'Océan révolté loin de son lit s'élance

El de ses flots séditieux

Court en grondant battre les cieux

Tout prêts à le couvrir de leur ruine immense.

C'en est fait: l'Eternel, trop longtemps méprisé,

Sort de la nuit profonde

On, loin des yeux de l'homme, il s'était reposé:

Il a paru; c'est lui: son pied frappe le monde

Et le monde est brisé.

¤  ¤  ¤ 

Tremblez humains! Voici de ce juge suprême

Le redoutable tribunal.

Ici perdent leur pris l'or et le diadème;

Ici l'homme à l'homme est égal.

Ici la vérité tient ce livre terrible

Où sont inscrits vos attentats,

Et la Religion, mère autrefois sensible,

S'arme d'un cœur d'airain contre des fils ingrats…

Sorte de la nuit éternelle,

Rassemblez-vous, finies des morts,

El, reprenant vos mêmes corps,

Paraissez devant Dieu: c'est Dieu qui vous appelle!…

¤  ¤  ¤ 

Arrachés de leur froid repos,

Les morts dru sein de l'ombre avec terreur s'élancent

Et près de l'Eternel en désordre s'avancent,

Nies et secouant la cendre des tombeaux.

O Sion, oh! combien ton enceinte immortelle

Renferme en ce montent de peuples éperdus!

Le Musulman, le Juif, te Chrétien, l'Infidèle

Devant le même Dieu s'assemblent confondus.

Quel tumulte effrayant! Que de cris lamentables?

Ciel! qui pourrait compter le nombre des coupables!

Ici, prés de l'ingrat,

Se cachent l'imposteur, l'avare, l'homicide

Et le guerrier perfide

Qui vendit sa patrie en un jour de combat;

Ces juges trafiquaient du sang de l'innocence

Avec ces fiers persécuteurs;

Sous le vain nom de bienfaiteurs,

Ces grands semaient ensemble et les dons et l'offense.

Où fuir ? où vous cacher?… L'œil vengeur vous poursuit,

Vous, ingrats, jadis rois, ici sans diadème:

Les antres, les rochers, l'univers est détruit;

Toul est plein de l'Etre-Suprême!

Coupables, approche:

De la chaise des ans les .l'ours de la clémence

Sont enfin retranchés.

Insultez, insultez aux pleurs de l'innocence!

Son Dieu dort-il? répondez-nous!

Vous pleurez! vains regrets: ces larmes font leur joie;

A l'ange de la mort Dieu vous a promis tous

El l'enfer demande sa proie?…

¤  ¤  ¤ 

Mais d'où vient que je nage en des flots clarté?

Ciel! malgré moi s'égarant sur ma lyre,

Mes doigts harmonieux peignent la volupté!

Fuyez pécheurs, respecte mon délire:

Je vois les élus du Seigneur

Marcher d'un front riant an fond du sanctuaire:

Des enfants doivent-ils connaitre la terreur

Lorsqu'ils s'approchent de leur Père''…

Quoi! de tant de mortels qu'ont nourris tes bontés

Ce petit nombre, ô Ciel! rangea ses volontés

Sons le joug de tes lois augustes!

Des enfants, des vieillards, quelques infortunés!

A peine raout regard voit entre mille justes

S'élever deux fronts couronnés.

Que sont-ils devenus tous ces peuples coupables

Dont Sion vit ses champs couverts?

Le Tout-Puissant parlait; ses accents redoutables

Les ont plongés dans les enfers.

Là tombent condamnés et la sœur et le frère,

Le père avec le fils, la fille avec la mère,

Les amis, les amants, et la femme et l'époux,

Le roi prés du flatteur, l'esclave avec le maitre:

Légions de méchants, honteux de se connaitre

El livrés pour jamais au céleste courroux.

¤  ¤  ¤ 

Le juste enfin remporte la victoire

Et de ses longs combats, au sein de l'Eternel,

II se repose environné de gloire;

Son bonheur est au comble et n'a rien de mortel.

Il voit, il sent, il connait, il respire

Le Dieu qu'il a servi, dont il aima l'empire;

Il en est plein, il chante ses bienfaits.

L'Eternel a brisé son tonnerre inutile

Et, d'ailes et de faux dépouillé désormais,

Sur les mondes détruits le Temps dort immobile.

                                                    Gilbert.

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