Le juvénat à Desbiens

19/Oct/2010

Depuis plusieurs années déjà, les Frères Maristes de la province de Lévis désiraient voir l'établissement d'un juvénat dans la région du Lac Saint-Jean, si fertile en vocations. Leurs vœux viennent d'être exaucés par l'inauguration du juvénat de Notre-Dame-du-Lac.

Il y a deux ans, l'administration provinciale faisait l'acquisition d'un terrain de soixante hectares dans la localité de Desbiens, village industriel de fondation récente, au sud-ouest du lac Saint-Jean, que fait vivre le moulin à papier St. Raymond Mills, à l'embouchure de la rivière Métabetchouan. Ce terrain, situé sur un plateau, à quelques centaines de mètres du village, entre le lac qu'il domine et les derniers contreforts des Laurentides qui viennent mourir à un kilomètre de la maison, est limité d'un côté par la rivière charriant sans cesse au moulin, sauf en hiver, les tronçons des conifères à transformer en papier.

En avril 1948, on commençait les fondations d'une construction qui devait se poursuivre pendant plus d'un an, suivant des plans soigneusement élaborés pour recevoir une centaine d'enfants et loger de 20 à 30 Frères. Lors de la visite du Révérend Frère Supérieur Général, l'an dernier, l'édifice ne présentait encore que ses murs en béton que l'on achevait d'élever. Au mois de juin de cette année, le travail était terminé et un groupe de scolastiques, sitôt leurs examens achevés, s'y rendaient pour compléter les terrassements et mettre la maison en état de recevoir les Frères pour la retraite. Au cours de deux retraites successives, en juillet, la plupart des Frères de la province ont pu admirer cette maison dont ils sont fiers et dont la construction fait honneur à ceux qui en ont préparé les plans et l'ont conduite à bonne fin.

De l'extérieur, l'édifice se présente comme un bâtiment moderne en brique, de couleur crème, d'une façade de 60 mètres à laquelle s'ajoute une aile perpendiculaire de 35 mètres. Le corps principal de l'édifice comprend un rez-de-chaussée et deux étages ; l'aile où se trouve la chapelle compte un étage de plus. Les lignes du monument sont plutôt sobres, presque sévères ; son style s'est volontairement dépouillé de tout ornement superflu. Le tout est entièrement à l'épreuve du feu.

Quand on pénètre à l'intérieur, on rencontre au rez-de-chaussée les appartements nécessaires à une maison d'éducation : installation de chauffage des plus modernes qui fournit également, en tout temps, l'eau chaude dans toutes les parties de la maison, cuisine bien éclairée, dépenses et chambre frigorifique, réfectoires, salle d'épluchage et vaste salle de récréation que l'on apprécie particulièrement dans les pays froids.

Au premier étage, on trouve d'abord en entrant par la porte principale à l'extrémité de la façade, les parloirs et, en face, la chapelle bien éclairée, 'attrayante dans ses lignes modernes. On ne peut manquer d'admirer le mobilier aux tons clairs, sorti entièrement des ateliers de nos Frères : autels, bancs, bénitiers, chandeliers, crédence. Le plancher en ciment a été revêtu de tuiles de caoutchouc, ce qui élimine le bruit des pas et favorise le recueillement. La voûte est finie en plâtre acoustique, heureuse réalisation qui met en valeur es chants et la musique. Du haut de sa niche, au-dessus du maître-autel liturgique, la Vierge, Marie Médiatrice, étend les mains vers ses enfants, tandis que sur leur socle respectif, le Sacré-Cœur et Saint Joseph surmontent les autels latéraux.

Sur le même étage, quatre classes bien éclairées voisinent la chapelle. Là encore, le mobilier comprenant des pupitres individuels a été fait par les Frères. A l'opposé de la chapelle, le corridor des classes s'ouvre sur une vaste salle d'étude qui peut contenir une centaine de pupitres individuels, mais que devant l'affluence des nouvelles recrues, on a dû transformer momentanément en dortoir.

A l'étage supérieur, sont aménagés le dortoir et les chambres. Ce dortoir permet de disposer 90 lits. Des lavabos nombreux et une installation moderne de douches permettent de vaquer rapidement aux soins de propreté. Les chambres ayant chacune lavabo et garde-robe, sont suffisamment nombreuses pour loger les Frères de la communauté et les Frères de passage.

Après la dernière retraite, à la fin de juillet, les juvénistes de Lévis, quittant le juvénat Sainte-Anne qui allait devenir le noviciat, venaient prendre possession de leur nouvelle demeure. A la fin d'août, les postulants partaient pour le noviciat et les nouveaux continuant d'arriver, on se trouva, à la mi-septembre, devant le problème de 120 enfants à loger dans une maison construite pour une centaine. Sur ce nombre, il y avait 95 nouveaux, dont 50 % venaient de nos écoles. La rentrée dépassait les espérances.

Outre le personnel du juvénat et quelques Frères employés, la maison abrite encore l'infirmerie provinciale, où nos malades et infirmes continuent dans la prière, la souffrance et la résignation, à exercer l'apostolat auprès de la jeunesse et à mériter les bénédictions divines sur la province tout entière.

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